Voyage poétique au Congo. Chapitre 2 : la lente remontée du fleuve

Fleuve essentiel me voici debout entre deux âges tu épouses toujours cette terre ensemble avec la foudre ton nom n’a pas vieilli tu me connus espiègle à la pêche debout sur ton dos tes allées de roseaux escortant ma pirogue dans le parc de tes eaux les écoliers de Poto-Poto* ont grandi à te voir au bout de leur maison nous aimions vivre de ton corps tes cils s’étendaient à l’infini au-delà de l’île-rônier maintenant que ton nom se confond avec la liberté fleuve essentiel trop tôt parti à l’Océan tu deviens l’écriture de notre soleil tout reste fondé sur toi ton annonce invente l’espoir en nous tu occuperas toujours tous les temps et tous les âges fleuve de mon pays et de mon enfance.

THEOPHILE OBENGA *Poto-Poto : Quartier de Brazzaville (Congo) http://marin56.canalblog.com/archives/2017/11/03/35831823.html

Manuscrit de Sony Labou Tansi

« Le Fleuve commence ici », choix de textes. « Le fleuve commence ici » se présente comme un patchwork de textes d’écrivains des deux rives du Congo évoquant leur fleuve en des termes qui leur sont propres, souvent à rebours de toute influence conradienne. Ce florilège n’est pas exhaustif et se veut même une collection en devenir de textes sur le fleuve, destinée à accueillir les extraits favoris des lecteurs.

Lire ici https://journals.openedition.org/coma/2890#tocto1n1

Traversée du Stanley-Pool

Traversée du Stanley-Pool. Ciel gris. S’il faisait du vent, on aurait froid. Le bras du pool est encombré d’îles, dont les rives se confondent avec celles du fleuve ; certaines de ces îles sont couvertes de buissons et d’arbres bas ; d’autres, sablonneuses et basses, inégalement revêtues d’un maigre hérissement de roseaux. Par places, de larges remous circulaires lustrent la grise surface de l’eau. Malgré la violence du courant, le cours de l’eau semble incertain. Il y a des contre-courants, d’étranges vortex, et des retours en arrière, qu’accusent les îlots d’herbe entraînés. Ces îlots sont parfois énormes ; les colons s’amusent à les appeler des « concessions portugaises ». On nous a dit et répété que cette remontée du Congo, interminable, était indiciblement monotone. Nous mettrons un pointd’honneur à ne pas le reconnaître. Nous avons tout à apprendre et épelons le paysage lentement. Mais nous ne cessons pas de sentir que ce n’est là que le prologue d’un voyage qui ne commencera vraiment que lorsque nous pourrons prendre plus directement contact avec le pays. Tant que nous le contemplerons du bateau, il restera pour nous comme un décor distant et à peine réel.

Chapitre II : La lente remontée du fleuve. Carnets de voyage d’André Gide

«Ici Pool Malebo»

«Des rives du Congo, un feu s’allume glauque. Ses flammes sont des tambourins qui, dans le monde, ont fait un tour éclair, illuminant point par point ses sombres ilôts. »

La bibliographie de l’écrivain-poète congolais Gaëtan Ngoua s’est enrichie d’une neuvième œuvre. «Ombres d’une vie de silence» est un recueil de poèmes de 149 pages publié l’année dernière aux Editions Stellamaris, en France, et vendu en librairie au prix de 25 euros (16 375 F. CFA).

Le dernier fruit de l’ingéniosité de Gaëtan Ngoua renferme 144 poèmes, entre autres: «Pas le dur labeur», «Jusqu’au dernier cri», «Tous victimes», «Noble est ce métier», «Lève-toi Congo!», «Aux sources de mon bonheur», «La haine», «La vie, une sempiternelle école», «Sans rêve, point de rêves», «Vacuité des étoiles», «Ici Pool Malebo», «On ne perd pas d’aimer», «Imposture», «Radeau naufragé», «Toi Afrique», «Fils de malafoutier», «Rive gauche, rive droite», pour ne citer que ceux-là.


«Des rives du Congo, un feu s’allume glauque. Ses flammes sont des tambourins qui, dans le monde, ont fait un tour éclair, illuminant point par point ses sombres ilôts.
«Ombres d’une vie de silence» est dans ce sillage, le cri d’un homme heurté, au milieu d’un monde lugubre qui, par son chant, essaie de lever le doigt vers le ciel luisant, pour nommer les incartades de la vie. D’un beau sourire coule une savoureuse joie. C’est ma profession de foi. Et d’une fine joie naît un bonheur. Ne perdez pas votre temps dans des heurts! Il y a beaucoup mieux à faire, allez-y, vivez, ça se joue une seule fois.
Après, c’est trop tard. Mais ne vous faites pas trop fêtards. La vie n’a pas besoin de trop d’accessoires pour s’asseoir. Il suffit parfois d’un petit regard pour faire des brouillards.
Oui, il faut se battre. Mais sans se faire abattre», lit-on, à la quatrième page de couverture du livre.
Pour la petite histoire, Gaëtan Ngoua a vu le jour le 7 août 1970 à Kabala (Mbila-Komono), dans le département de la Lékoumou.
Diplômé supérieur en communication et en philosophie, l’auteur de «Ombres d’une vie de silence» est lauréat de trois prix littéraires: Prix Congo Emergent Awards, première édition spéciale du septennat 2008, catégorie: Prix Henri Lopès; Prix Orfèvre des mots du Grand collège de la Ballade des idées, saison 2009; 2e Prix international de poésie organisé par les Editions+, dans le cadre de la Première saison des lettres congolaises 2009.
Ses huit autres recueils de poèmes sont: «Rêves candides», «C’est urgent», «Mon doux peuple», «Ode pour mon enfance», «A la cueillette des voies lactées», «Sentiers d’espérance», «Bruits des lendemains», et «Mi-fleuve, mi-mer».

Véran Carrhol YANGA

Ce recueil publié aux éditions de la Fleuvitude offre une poésie inspirée du fleuve et de la mer, deux symboles importants de vitalité de la patrie du poète, le Congo-Brazzaville.

Le fleuve et la mer sont deux grandes sources d’inspiration pour les écrivains et artistes congolais. La littérature qu’ils inspirent, découlent à travers les pages, les fresques et les morceaux de musique. Le fond poétique demeure souvent le même. La quête de liberté, le culte de la sacralité de la vie, le mystère des eaux, leur douceur, leur violence aussi et leur rôle nourricier sont souvent mis en relief comme thématiques. La différence repose notamment sur le style, d’un auteur à l’autre.

En savoir plus :

https://www.adiac-congo.com/content/lire-ou-relire-mi-fleuve-mi-mer-de-gaetan-ngoua-128115

Fleuvitude

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