Voyage poétique au Congo

Message de Elisée Kitemi « Jeune Poète » reçu ce jour 18/03/2022 dans la messagerie de cette page.

Bonjour.J’aime cette page, votre photo de couverture aussi.

Si vous permettez, je pourrais poster l’un de mes textes avec ce profil svp ?

Voilà l’extrait dudit texte.

.

✓#CONQUÉRANT.

.Je ne sais dans quel trou je suis tombé,

Le vent m’a porté telle une feuille lobée,

Le papillon face au nectar a succombé,

Le passionné poète après la muse il baie….

.

Les vers intarissables.

Extrait : #CONQUÉRANT._08/01/2022.

Signé : Elisée Kitemi « Jeune Poète ». Merci d’avance.

Elise Kitemi Je suis congolais aussi.

.

___ TA DIVINE BEAUTÉ ___

Je me sens plein d’entrain, d’énergie, de vigueur,

Suis-je le seul charmé dans cette multitude?

Serein mon oeil curieux, de te voir sans rigueur,

Certes, la plus belle, au coeur plein de gratitude.

J’éprouve une arduité, autant grande à dépeindre

Ton immense beauté qu’à être trop distant

De toi, de ta douceur. Belle âme, jamais moindre!

Et comme un grand soleil, tes beaux yeux brillent tant.

Ton corps, si bien sculpté, qu’on ne peut s’en passer,

Ta peau est très douce, où le désir prend racine,

Ton coeur fleurit que je ne pourrai m’en lasser,

Ô ton si beau sourire et si doux me fascine!

Ô femme, ta beauté, de quoi est-elle empreinte?

A-t-elle un grain divin que Dieu nous cacherait?

Ô femme, serais-tu sacrée ou beauté sainte?

Ta beauté demeure mystique, il semblerait.

.

Écrit par : Élisée Kitemi Jeune Poète.Les vers intarissables RDC Lubumbashi Voilà

8 septembre 1926 | André Gide, Voyage au Congo

LE SPECTACLE DEVIENT RESSEMBLANT

8 septembre.

Il est réjouissant de penser que c’est précisément à ses qualités les plus profanes et qui lui paraissaient les plus vaines, que l’orateur sacré doit sa survie dans la mémoire des hommes. Je m’attendais à une végétation plus oppressante. Épaisse, il est vrai, mais pas très haute et n’encombrant ni l’eau ni le ciel. Les îles, ce matin, se disposent sur le grand miroir du Congo d’une manière si harmonieuse qu’il semble que l’on circule dans un parc d’eau. Parfois quelque arbre étrange domine le taillis épais de la rive et fait solo dans la confuse symphonie végétale. Pas une fleur ; aucune note de couleur autre que la verte, un vert égal, très sombre et qui donne à ce paysage une tranquillité solennelle, semblable à celle des oasis monochromes, une noblesse où n’atteint pas la diversité nuancée de nos paysages du Nord. Hier soir, arrêt à N’Kounda, sur la rive française. Étrange et beau village, que l’imagination embellit encore; car la nuit est des plus obscures. L’allée de sable où l’on s’aventure luit faiblement. Les cases sont très distantes les unes des autres ; voici pourtant une sorte de rue, ou de place très allongée ; plus loin, un défoncement de terrain, marais ou rivière, qu’abritent quelques arbres énormes d’essence inconnue ; et, tout à coup, non loin du bord de cette eau cachée, un petit enclos où l’on distingue trois croix de bois. Nous grattons une allumette pour lire leur inscription. Ce sont les tombes de trois officiers français. Auprès de l’enclos une énorme euphorbe candélabre se donne des airs de cyprès. Terrible engueulade du colon « Léonard », sorte de colosse court, aux cheveux noirs plaqués à la Balzac, qui retombent par mèches sur son visage plat. Il est affreusement ivre et, monté sur le pont du Brabant, fait d’abord un raffut de tous les diables au sujet d’un boy qu’un des passagers vient d’engager et dont il prétend se ressaisir. On tremble pour le boy, s’il y parvient. Puis c’est à je ne sais quel Portugais qu’il en a et vers lequel il jette ses imprécations ordurières. Nous le suivons dans la nuit, sur la rive, jusqu’en face d’un petit bateau que, si nous comprenons bien, le dit Portugais vient de lui acheter, mais qu’il n’a pas encore payé. « Il me doit quatre-vingt-six mille francs, ce fumier, cette ordure, ce Portugais. C’est même pas un vrai Portugais. Les vrais Portugais, ils restent chez eux. Il y a trois espèces de Portugais, les vrais Portugais ; et puis les Portugais de la merde ; et puis la merde des Portugais. Fumier ! Ordure ! Tu me dois quatre-vingt-six mille francs… » Et il recommence, répétant et criant à tue-tête les mêmes phrases, exactement les mêmes, dans le même ordre, inlassablement. Une négresse se suspend à son bras ; c’est sa « ménagère », sans doute. Il la repousse brutalement, et l’on croit qu’il va cogner. On le sent d’une force herculéenne… Une heure plus tard, le voici qui rapplique sur le pont du Brabant. Il veut trinquer avec le commandant ; mais, comme celui-ci, très ferme, lui refuse le champagne qu’il demande, s’abritant derrière un règlement qui interdit de servir des consommations passé neuf heures, l’autre s’emporte et l’enguirlande. Il descend enfin, mais, de la rive, invective encore, tandis que, reculé dans la nuit à l’autre bout du pont, le pauvre commandant à qui je vais tenir compagnie, tout tremblant et les larmes aux yeux, boit la honte sans souffler mot. C’est un Russe, de la suite du Tsar, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, qui a pris du service en Belgique, laissant à Leningrad sa femme et ses deux filles. Après que Léonard est enfin parti, rentrant dans la nuit, cette pauvre épave proteste : « Amiral ! Il me traite d’amiral… Mais je n’ai jamais été amiral… » Il craint que la duchesse de Trévise n’ait ajouté foi aux perfides accusations de Léonard. Le lendemain, il nous dira qu’il n’a pas pu dormir un seul instant. Et par protestation, par sympathie, les passagers, qui jusqu’alors l’appelaient simplement : « capitaine », ce matin lui donnent du « commandant » à qui mieux mieux. Le spectacle se rapproche de ce que je croyais qu’il serait ; il devient ressemblant. Abondance d’arbres extrêmement hauts, qui n’opposent plus au regard un trop impénétrable rideau ; ils s’écartent un peu, laissent s’ouvrir des baies profondes de verdure, se creuser des alcôves mystérieuses et, si des lianes les enlacent, c’est avec des courbes si molles que leur étreinte semble voluptueuse et pour moins d’étouffement que d’amour.

André Gide, Voyage au Congo, éditions Gallimard, 1927 et 1928 ; Collection folio, 1995, pp. 40-41-42. https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2008/09/8-septembre-192.html

Voyage au Congo

Voyage au Congo est un journal d’André Gide publié en 1927 aux éditions Gallimard. Il relate un voyage effectué par l’écrivain de juillet 1926 à mai 1927, en Afrique-Équatoriale française, de l’embouchure du Congo au lac Tchad. La sincérité du récit en fait, outre un inestimable état des lieux en ce milieu des années vingt, un véritable réquisitoire contre les pratiques des compagnies commerciales — et accessoirement de l’administration — à l’égard des Noirs. Le livre suscite une vive émotion et conduit même par la suite à des réformes En savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voyage_au_Congo

Itinéraire d’André Gide

CHAPITRE 1 : LES ESCALES

André Gide longe les côtes africaines en bateau du 26 juillet au 11 août 1925 et fait escale à :

Dakar, Conakry, Grand-Bassam, Libreville, Port-Gentil, Mayoumba, Pointe-Noire, Matadi, Kinshasa (Léopoldville), Brazzaville, Stanley-Pool.

CHAPITRE 2 : LA LENTE REMONTÉE DU FLEUVE

L’expédition longe le fleuve Congo en baleinière du 5 septembre au 29 septembre et fait escale à :

Stanley-Pool, Tchoumbiri, Bolobo, N’kounda, Irébou, lac Tomba, Eala, Liranga,Coquilhatville, Bobolo, Impfondo, Bétou, Dongou, Laenza, Boma-Matangé, Mongoumba, Bangui.

L’objectif est d’arriver à Fort-Archambault chez Marcel de Coppet pour Noël.

CHAPITRE 3 : EN AUTOMOBILE

Il est reçu par le gouverneur Auguste Lamblin. Il effectue une boucle en automobile dans les terres de l’Oubangui-Chari du 29 septembre au 17 octobre et fait étape à :

Bouali, Fort-Sibut, Grimari, Bambari, Moussareu, Foroumbala, Bangassou, Bambari, Fort-Crampel, M’béré, Fort-Sibut.

Il croise Félix Éboué le 8 octobre à Bangassou.

CHAPITRE 4 : LA GRANDE FORET ENTRE BANGUI ET NOLA

Il longe la rivière Oubangui du 18 octobre au 4 novembre et fait escale à :

M’Baïki, Boda, N’goto, Bambio, Bakongo, N’délé, Dokundja-Bita, Katakouo, Kongourou, Nola.

CHAPITRE 5 : DE NOLA A BOSUM

Il part en expédition à pied avec les porteurs (en tipoye) du 5 novembre au 8 décembre et fait étape à :

Nola, Gama, Mokéto, M’bengué, Sapoua, Pakori, Berbérati, Zaora-Yenga, Bafio, Carnot, Sangoua, Bakissa, Bougendui, Cessona, Abo-Boyafé, Abba, Niko, Barbaza, Abo-Bougima, Baboua, Gambougo, Lokoti, Déka, Dahi, Bouar, Batara, Bosoum.

CHAPITRE 6 : DE BOSOUM A FORT ARCHAMBAULT

Il continue l’expédition à pied du 9 décembre au 24 décembre et fait étape à :

Bosoum, N’ganamo, Bossa, Bossangoa, Yandakara, Bouca, Batangafo, Fort-Archambault.

CHAPITRE 7 : FORT-ARCHAMBAULT-FORT-LAMY

Il termine l’expédition en baleinière le long du Chari vers le lac Tchad (du 25 déc au 20 février) et fait escale à :

Fort-Archambault, Boïngar, Fort-Lamy, Goulfeï, Bol, Yakua, Mani, Fort-Lamy.

Voir aussi :

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