
De Pipi-plage à Valvins, à l’état de songe.

Les vagues imaginatives assaillent le poète. Bientôt le voyage.


Remonter la Seine par la rive droite…

… du pont du négoce de Chartrettes au pont de la Haute littérature à Valvins. Le long et limpide cheminement fluvial de l’argent au service de l’art.
Rétablissement du monde.
Fin du prologue.
- Le départ, enfin.
- Passerelle des Poètes à Bois-le-Roi
- Tourisme Poétique sur les pas de Gustave Mathieu, poète à Bois-le-Roi
- Bientôt, Fontaine-le-Port
- S’abandonner comme un poème le long du fleuve
- Valvins de Léon Dierx
- Voir aussi
Le départ, enfin.
Laisser les vieux poèmes remonter à la surface pour remplir le rôle mystérieux qui est le leur, au-delà du temps et de l’espace. Et donner naissance à d’autres, ronde sans fin de la création, de la vie vraie et pleine.
Les hommes naissent des rivages

Aussi loin que nous portent les nuages sur le fleuve,
Aussi clair et limpide le poème de l’eau,
Coureur libre et tranquille en son lit où s’abreuve
Les esprits craquelés des demeures du Chaos,
Dans la petite crique où s’apaisent les vagues
Illusions d’une vie qui semble être vécue,
Sans cesse s’échappant des rêves qui divaguent
En méandres improbables patiemment revécus,
L’homme ici se rappelle qu’il est né du rivage
Par un matin du monde aux premières émulsions,
De ses bulles de joie miroitant son visage
Aux yeux clairs qui se rient de son apparition.
La rameuse

Ouverte sur le fleuve, l’âme saisie de ses rames
Demande au corps docile, des paisibles environs
La lente traversée respirée d’avirons,
En la barque enchanteuse qui sans cesse fend la lame.
Peu à peu s’émerveille la rameuse qui bat,
De coups lourds et profonds les noires et tristes ondes,
Echos de l’eau à l’ombre du désespoir du monde,
Et songe au clair poème qui se chante tout bas.
Aux lisières de la berge, des saules ondulent leur moire
Dans le calme miroir qui de leurs fils déplie
Les mystérieuses entraves de l’étrave accomplie,
Glissant dans l’abysse sans fond de la mémoire.
Si peu apparaissent ces jours lascifs qui n’ont
Que l’âpre volonté de briser les défenses
De l’homme effrayé du retour de l’enfance,
Ces temps plein d’innocence où naissent les premiers noms.
Aspirées du vertige qu’exhale en continu
Le langage trop obscur de flots à peine troublés
Quelques fois de belles âmes, en la rive ensablées,
S’échouent et s’abandonnent à l’Amour inconnu.
Des bulles de secret percent nonchalamment
la surface sans rides et pigmentent la soie
D’une tapisserie de lumière et de joie
Au motif révélé du subtil changement.
Alors glisse à nouveau la barque qui emporte
A l’infini du large niant toutes les nuits
Trop pesamment lestées des silences de l’ennui,
Et du dernier barrage passe la Grande Porte.
NB. Les coups de rames de ce poème en rimes riches embrassées sont reprises du magnifique poème de Paul Valery intitulé le « rameur ».
Passerelle des Poètes à Bois-le-Roi

Bienvenue au poète qui est en chacun de soi.
Tourisme Poétique sur les pas de Gustave Mathieu, poète à Bois-le-Roi
Vers Samois-sur-Seine en Poésie : au rythme du poème qui fait courir la Seine
Au rythme du poème qui fait courir la Seine,
Gustave m’embarqua aux rivages de Samois
Emportant avec nous un peu de Bois-le-Roi,
Ce village désolé où l’art est bien en peine.
Le long sillon dans l’eau, ce jour là si sereine,
Trouva sa rime riche d’un écho d’autrefois
Au ponton d’avant-terre des tout premiers émois
Que connaissent les acteurs avant d’entrer en scène.
Metra, Poupart d’Avyl, Castellani, Lenoir,
Regardaient de la-haut les nouveaux chercheurs d’art
Partir sans crier gare pour un nouveau voyage :
Le voyage du possible dans un monde impossible
Où chante la vie ouverte en son cœur invisible
Dans la promesse d’accueil d’un si beau rivage.
Bientôt, Fontaine-le-Port
Le poète, toujours, à la recherche d’un port.
A suivre.
S’abandonner comme un poème le long du fleuve

Au long cours de la Seine
J’ai vu le long fleuve qui traverse les âges,
De courbes en courbes arpenté par les cieux,
Et son onde paisible réfléchie en nos yeux
Qui du fil de son eau nous invite au voyage.
Nonchalamment, le long des chemins de halage,
J’ai laissé dériver, des justes milieux,
Les pensées affranchies aux mille et un lieux
Qui d’un monde sans âme ont tourné la page.
J’aime tant ces moments librement embarqués
Sur l’antique courant des mystères dévoilés,
Ces langoureux émois au long cours de la Seine
Qui du souffle de nos vies brèves riment toujours
L’écoulement poétique qui allège nos peines.
Dis-nous, belle Sequana, guérirons-nous un jour?
Sonnet de Michaël Vinson
Valvins de Léon Dierx

