Gustave Mathieu, poète à Bois-le-Roi

Fresque sous le pont du chemin de fer à Bois-le-Roi

Gustave Mathieu
1808 – 1877
(Photo prise par Nadar)

          Etienne Carjat ( 1828 / 1906 )

      
    Caricaturiste et photographe, ami de Gustave Mathieu

Portait de Gustave Mathieu par  Étienne Carjat
  Etienne Carjat ( 1828 / 1906 ) Caricaturiste et photographe, ami de Gustave Mathieu

Comme Armand Silvestre qui nous à déjà fait son portrait,

Etienne Carjat nous le décrit ainsi :


Il était rustique, sa vie était simple, il aimait les champs,
les bois, les eaux, il aimait la forêt de Fontainebleau .
Pour cela il n’avait pas tardé à prendre demeure à Bois le Roi,
près de son admirable Marguerite qu’il à souvent chantée dans ses vers .

Portrait de Gustave Mathieu

L’avez-vous vu passer par un matin d’avril,
          L’oeil vif, la joue ardente et la lèvre vermeille?…
          L’avez-vous vu passer, toujours jeune et viril,
          Décoré de muguet, son feutre sur l’oreille?

         
 Faisant sonner son pas sur le grès net et clair,
          Fier comme un mousquetaire en quête d’aventure,
          Il va, la barbe en pointe et la moustache en l’air,
          Aspirer les senteurs de la jeune nature.

   
       A l’heure où le bon Black, est encore endormi,
          Il est déjà sous bois, cueillant la violette
          La forêt le connaît, chaque arbre est un ami
          Qui l’arrête en passant, d’un ; Bonjour, cher poète !

        
  Il cause avec le chêne et répond au bouleau ;
          Le peuplier lui plaît, le saule l’intéresse;
          Il aime le platane; il protège l’ormeau;
          A la ronce, à l’ortie, il parle avec tendresse.

     
     L’animal et l’oiseau des arbres sont jaloux;
          Nemrod en gai Sylvain n’a rien qui les effraie;
          La biche le regarde avec ses grands yeux doux.;
          Perdrix, lièvres, lapins, pour le voir font la haie.

          
Sur la cime d’un hêtre, un. corbeau gouailleur
          Lui dit : Comment vas-tu, fol amant d’Amphitrite?
          Le rossignol l’appelle et le coucou railleur
          Lui crie en s’envolant : Prend garde à Marguerite !

        
  Un merle en belle humeur siffle un motif joyeux
          Sur lequel. Pour lui plaire, il écrit des paroles,
          Pendant que le ramier, d’un bec licencieux,
          A la chaste colombe apprend des gaudrioles .

          
Pour lui, le papillon ravive ses couleurs
          Et se laisse admirer sur la rose entrouverte;
          Les soirs d’été, parmi. les nénuphars en fleurs,
          La rainette à fleur d’eau montre sa tête verte

          
La nuit, dans le bleu « ombre et velouté du ciel,
          Vénus à son poète apparait plus brillante,
          Phoebé qui lui pardonne un quatrain criminel,
          Lui montre en souriant sa face étincelante.

        
  Il suit le vert sentier qui mène à Bois-le-Roi,
          C’est là, qu’est la maison où Marguerite veille;
          La brune incomparable au logis fait la loi,
          Mais elle est bonne femme et cuisine à merveille !

       
   Le rimeur attardé l’embrasse bruyamment,
          Vite, à table ! Chacun mange, boit, rit et cause,
          Puis, le souper fini, tous deux honnêtement:
          Vont chercher le repos dans leur chambre bien close.

          Une vague lueur a rosé le lointain;
          Chante-Clair se hérisse et, d’un poumon sonore,
          Fanfare aux paresseux la chanson du matin :
          Gustave, le cou nu, vient saluer l’aurore.

      
    Un petit vent d’ouest tout imprégné de sel,
          Comme un parfum subtil dilate sa narine;
          Il se souvient du Cap et de Coromandel
          Hurrah! L’ancien gabier a senti la marine.

          Il part pour Étretat ou pour Kérouzerai;
          Les pécheurs au teint brun l’attendent sur la grève;
          Leur ayant peint la mer d’un ton robuste et vrai,
          Pour entendre ses vers un vieux Breton l’enlève.

          
Barde de l’océan, il chante tour à tour,
          
La complainte du bord qui fait pleurer le mousse,
          Le refrain du corsaire et la chanson d’amour ,
          Pour laquelle, soudain, sa voix se fait plus douce.

          Il taquine en riant le matelot songeur,
          Blond Médor goudronné qui regrette Angélique;
          Tout son être prend flamme en parlant du Vengeur
          Sombrant pour la patrie et pour la République.

  Etienne Carjat

Source : http://boisleroi77.chez.com/carjat.html

Parfums, chants et couleurs : poésies / par Gustave Mathieu

Les Parfums, Chants et Couleurs renferment des pièces charmantes :

Cenderinette , le Retour des hirondelles,
la Plainte du pâtre, les Adieux à la falaise.
Et enfin la Légende de l’Etang

Poèsie douce et simple, pleine de détails délicieux, dont on a fait une romance touchante.
Cette pièce est bien connue; mais nous ne résisterons pas au plaisir de la cité encore :

Légende de l’Etang. – l’enfant noyé

Ecoutez ce qu’il arriva
De cet enfant qui s’esquiva
Du toit de sa mère
Par ce beau jour sans pareille
Tout de parfums et de soleil
De brise légère
Les doux rossignolets sous bois
Réjouissaient à pleine voix
La nature entière

Le nez en l’air la joue en feu
L’enfant fuyait sous le ciel bleu
Et par la prairie
Quand il eut fait de papillons
Et de bleuets par les sillons
Sa moisson fleurie
Voilà qu’il arrive à l’étang
Le front mouillé tout haletant
Face épanouie

La demoiselle aux ailes d’or
Allant rasant encore
L’onde frissonnante
Sur un beau nénuphar en fleurs
Fière de ses vives couleurs
Se fixa brillante
Pour la saisir l’enfant courut
Prit l’eau pour l’herbe et disparut
Sous la fleur tremblante

Petits enfants n’approchez pas
Quand vous courez par la vallée
Du grand étang qu’on voit là-bas
Dans le brouillard sous la feuillée


Tombe de Gustave Mathieu au cimetière de Bois le Roi en 1877
Il parait que ce farceur de Gustave Mathieu avait demandé que l’on mit ce coq avec cette inscription:
« Quand ce coq chantera Mathieu ressuscitera ».

Chanteclair ou le coq gaulois

Chanteclair, c’est la vigilance,
Le courage, l’activité,
L’amour, la vie et la semence,
L’étrenelle fécondité,
L’éperon haut, portant sa crête,
Comme un bonnet de liberté
Chanteclair va dressant la tête,
Marquant le pas, ferme planté!
Dans un petit cercle écarlate
Le voilà, clignant au soleil,
Sablé d’or fin, tout l’oeil éclate,
Des feux de l’orient vermeil,
Lors sur ses argots, il se hisse,
Le col gonflé vient en avant
Tout le plumage se hérisse
Son chant cuivré perce le vent.

————

Voici quelques-uns de ses vers à propos du
 » Retour des hirondelles « 

Sur les maisons illuminées
Des beaux rayons d’or du lointain.
On entend par les cheminées,
Les menus propos du matin
De ces bavardes hirondelles,
S’entretenant à leur réveil,
Tout en lissant leurs longues ailes.
De vent, de pluie et de soleil.
Les hirondelles sont venues.
Sortant du bleu da firmament
De la brise et des blanches nues .
On ne sait pas d’où ni comment
Les hirondelles sont venues.

Quand le départ de ces oiseaux annonçait le retour du froid, la note du poète était triste

Aux premières feuilles jaunies
Fuyant l’azur du firmament.
Les hirondelles sont parties .
On ne sait pas où ni comment
Les hirondelles sont parties !…

Et lorsque la vieillesse apparaît

Mais déjà mes cheveux s’en vont
Et ma barbe en pointe s’éclaire
De ces petites fleurs qui sont
Pâquerettes de cimetière…
Ma face automnale rougit
S’allumant comme un feu de joie
Le coin de mon œil en sourit
Par une grande patte d’oie.

http://boisleroi77.chez.com/mathieu1.html

Léopold AMAT. La Légende du grand étang. Chant et Piano 1851

Légende du Grand Étang. – l’enfant noyé

Poèsie douce et simple, pleine de détails délicieux, dont on a fait une romance touchante.
Cette pièce est bien connue; mais nous ne résisterons pas au plaisir de la citer encore :

Ecoutez ce qu’il arriva
De cet enfant qui s’esquiva
Du toit de sa mère
Par ce beau jour sans pareille
Tout de parfums et de soleil
De brise légère
Les doux rossignolets sous bois
Réjouissaient à pleine voix
La nature entière

Le nez en l’air la joue en feu
L’enfant fuyait sous le ciel bleu
Et par la prairie
Quand il eut fait de papillons
Et de bleuets par les sillons
Sa moisson fleurie
Voilà qu’il arrive à l’étang
Le front mouillé tout haletant
Face épanouie
La demoiselle aux ailes d’or
Allant rasant encore
L’onde frissonnante
Sur un beau nénuphar en fleurs
Fière de ses vives couleurs
Se fixa brillante
Pour la saisir l’enfant courut
Prit l’eau pour l’herbe et disparut
Sous la fleur tremblante

Petits enfants n’approchez pas
Quand vous courez par la vallée
Du grand étang qu’on voit là-bas
Dans le brouillard sous la feuillée

http://boisleroi77.chez.com/legetang.html

Almanach de Jean Raisin, joyeux et vinicole, pour 1860, 3e année. Publication sous la direction de Gustave Mathieu. Il reste un seul exemplaire pour 650€ !
https://www.abebooks.fr/Almanach-Jean…/18677236606/bd

Les chansons de Gustave Mathieu célébraient surtout le vin – Jean Raisin, le Triomphe du vin –
Il fonda aussi, en 1854, Le « journal de Jean Raisin », « revue joyeuse et vinicole » 

Souvenir de Bois-le-Roi (1876)

Le bâton de houx

Itinéraire d’art entre Bois-le-Roi et Samois-sur-Seine

Gustave Mathieu vint habiter à Samois-sur-Seine. Sa maison, au bord de Seine existe encore.
Après avoir appartenu au peintre Veyrasat, c’est actuellement l’hôtel beau rivage (ou la résidence Beau Rivage, un peu plus loin, à chercher plus précisément)
http://boisleroi77.chez.com/gmathieu.html

La bande des cinq de Bois-le-Roi

Poètes de la Bohème Bellifontaine en Voyage….

Voir aussi :

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