Retrouver La ForĂȘt

Des rencontres et des entretiens avec des personnes en lien avec les forĂȘts

Un intĂ©rĂȘt particulier pour les forĂȘts en libre Ă©volution

Une approche sensible autour du lien affectif

Un livre, un film et des reportages photo et vidéo

Le projet:

RETROUVER LA FORET est un projet d’aventure Ă  vĂ©lo de 6000 km Ă  travers les forĂȘts d’Europe pour explorer le lien entre les Hommes et la nature, pour dĂ©couvrir les forĂȘts les plus emblĂ©matiques et les plus caractĂ©ristiques de notre continent.

Au dĂ©part de la Bretagne et jusqu’Ă  la forĂȘt de Bialowieza en Pologne, Ă  travers 12 pays, je vais visiter les massifs forestiers et rencontrer des personnes en lien avec l’Ă©cosystĂšme forestier. J’ai un intĂ©rĂȘt tout particulier pour les espaces dits en « libre Ă©volution » (forĂȘts anciennes, rĂ©serves intĂ©grales et zones de rĂ©ensauvagement). 

Par cette aventure, et avec les supports de restitution, j’ai envie de dĂ©couvrir l’Ă©tat des forĂȘts d’Europe dans une double approche : les menaces et les dĂ©fis d’un cĂŽtĂ©, et la beautĂ© et l’Ă©merveillement de l’autre.

La finalité:

La finalitĂ© principale de mon projet est d’explorer le lien entre l’Humain et la forĂȘt. 

Par ce projet, je vise plusieurs objectifs :

– Comprendre le rapport sensible et affectif qui relie les Hommes et les forĂȘts en Europe

– Chercher des Ă©lĂ©ments pour Ă©laborer une nouvelle relation entre l’espĂšce humaine et le reste du vivant et transmettre les rĂ©sultats Ă  un maximum de publics

– DĂ©couvrir puis faire connaitre les forĂȘts d’Europe dans leurs spĂ©cificitĂ©s et leur diversitĂ©, mais Ă©galement alerter sur les menaces et les dangers qui pĂšsent sur elles.

– Agir concrĂštement et m’engager personnellement pour la prĂ©servation de la nature sauvage en Europe

– Prendre connaissance et faire prendre conscience des enjeux pour la forĂȘt de demain

– CĂ©lĂ©brer l’Ă©merveillement et la contemplation de la nature

Une volontĂ© de transmission:  

J’ai l’envie de partager et de transmettre. C’est pourquoi je suis muni de carnets et d’une camĂ©ra, avec le projet de diffuser des photos et des vidĂ©os pendant mon voyage. A mon retour, je prĂ©vois la publication d’un rĂ©cit et la rĂ©alisation d’un  reportage vidĂ©o. 

Qui suis-je?

Je suis Karly, de mon vrai nom Charles Grzybowski, originaire de Normandie et amoureux de la forĂȘt depuis mon enfance. AprĂšs avoir Ă©voluĂ© dans le secteur agricole et dans le domaine de l’éducation populaire, je rĂ©alise maintenant des projets d’aventure et d’exploration Ă  la recherche de rĂ©ponses sur le monde et sur moi-mĂȘme.

Pour en savoir plus sur la philosophie de mon projet ou pour échanger, envoyez-moi un message

Épisode 1 – Bretagne : l’imagination qui vient

Retrouver la forĂȘt pour retrouver le pouvoir de l’imaginaire

Construire des relations saines et durables entre les humains et le reste du vivant : voilĂ  au fond la motivation premiĂšre Ă  l’origine de mon projet de voyage Ă  travers les forĂȘts d’Europe.

Le dĂ©part de cette recherche aventureuse me fait tourner le dos Ă  l’OcĂ©an pour me lancer vers l’Est. En traversant la Bretagne, je cherche Ă  explorer la dimension spirituelle de la forĂȘt. Avant d’aller vers les lointains pour chercher des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse, j’ai eu envie de faire un dĂ©tour par l’histoire : Quel Ă©tait le rapport des Celtes Ă  la forĂȘt ? Est-ce que les anciens peuples d’Europe Ă©taient plus proches de la nature ? A quel moment est-ce qu’on a pris une mauvaise direction ?

« Non, les gaulois n’étaient pas des adorateurs de la Nature ». Sous une cape de laine qui le protĂšge du vent froid, Taliesin avance Ă  bon pas dans le bois du Duc. Il s’arrĂȘte, se retourne vers moi, Ă©voque sa pratique sacerdotale puis reprend la marche dans une ambiance rĂ©solument mystĂ©rieuse. Ce druide basĂ© en pays de Locronan tient Ă  distinguer sa pratique de celle de beaucoup d’autres groupes druidiques de Bretagne : « vous rencontrerez des personnes qui mĂ©langent des Ă©lĂ©ments du renouveau celtique avec des pratiques inspirĂ©es du chamanisme d’autres rĂ©gions du monde. Ils ont tendance Ă  diviniser les arbres, Ă  accorder un statut de sacrĂ© Ă  la nature. Nous ne nous inscrivons pas du tout dans cette tendance. Mais cela n’empĂȘche pas d’entrer en relation avec les arbres, en tant qu’ĂȘtre vivant ! »

A l’Ordre Druidique de Dahut, l’organisation dont il est fait parti, on se revendique PolythĂ©iste et on honore les Dieux. Pour Taliesin, il s’agit d’ĂȘtre en cohĂ©rence historique avec les peuples paĂŻens de l’époque prĂ©-chrĂ©tienne. « Les gaulois ne vivaient pas en forĂȘt, et ne chassaient pas le sanglier ! Ils Ă©taient Ă©leveurs, cultivateurs et vivaient dans des hameaux agricoles. Ils pouvaient vĂ©nĂ©rer des arbres sacrĂ©s, mais il s’agissait d’individus ou de petits bosquets. Leur relation au monde passaient par l’intermĂ©diaire des Dieux ».

Tout en s’inscrivant dans l’époque moderne, la pratique de l’ODD respecte cette tradition. C’est dans ce bois dans lequel nous Ă©changeons qu’il a fait la rencontre de Cernunnos, le Dieu du renouveau et des cycles de la nature. Au sujet des cĂ©rĂ©monies proposĂ©es en Bretagne, il conseille humblement « d’essayer, de ressentir et de faire son propre avis. Mais il faut toujours faire attention au folklore. »

Cet aspect folklorique, on y est rapidement confrontĂ© en abordant les forĂȘts de Huelgoat puis de BrocĂ©liande. Les amateurs de voyage en autonomie n’apprĂ©cieront que moyennement les itinĂ©raires ultra-flĂ©chĂ©s avec les lieux qu’il « faut voir », les sites patrimoniaux « incontournables » et les monuments « Ă  visiter ». Les espaces naturels Ă  parcourir sont tellement bien dĂ©limitĂ©s qu’on a parfois l’impression d’ĂȘtre face Ă  un dĂ©cor de parc d’attraction, et certains habitants du secteur n’hĂ©sitent pas Ă  parler de « Merlin-land » ou de « Disneyland Huelgoat ».

On peut aussi rester perplexe sur la relation globale au vivant dans cette rĂ©gion. Pendant que nous regardons les quelques derniers Ăźlots de forĂȘts prĂ©servĂ©es, nous oublions peut-ĂȘtre un peu trop vite que l’impact de l’humain sur la nature en Bretagne est d’abord celui de l’industrie du lait, du porc et de la volaille, et qu’il se nomme pesticides, algues vertes, destruction de zones humides, de talus et arrachage de haies.

Dans le cadre de ma recherche sur la dimension spirituelle de la forĂȘt, ce qui m’intĂ©resse en fait c’est de distinguer ce qui relĂšve du folklore local, de la reconstruction touristique ou de la vĂ©ritĂ© historique. Or, les allusions aux druides et Ă  la culture celte de l’antiquitĂ© croisent ici les lĂ©gendes arthuriennes Ă©crites au Moyen-Age ainsi que des menhirs et des mĂ©galithes prĂ©sents depuis le nĂ©olithique.

C’est peut-ĂȘtre DamEnora qui m’offrira la clĂ© pour apprĂ©hender ces forĂȘts entre histoires et lĂ©gendes. Je la rencontre au milieu des ajoncs en fleurs, en remontant, songeur, de l’Arbre d’Or et du Val sans Retour.

« Vous ĂȘtes une fĂ©e ? » Je n’aurai pas pu lui faire une pire insulte : c’est une sorciĂšre. Nous discutons de la vie, du noir et de l’ñme. En me parlant du « Jardin aux Moines » , cet ensemble de blocs de pierre, elle indique : « on ne connaĂźt pas la fonction exacte, et c’est trĂšs bien comme ça. Ne cherchons pas Ă  trouver rĂ©ponse Ă  tout, gardons une place pour les mystĂšres ».

Le mystĂšre : et si c’était l’un des biens les plus prĂ©cieux que pouvaient nous offrir les forĂȘts ? Les bois de Huelgoat et de BrocĂ©liande nous aident Ă  renouer avec l’un de nos pouvoirs : celui de l’imagination. Ici, les fĂ©es et les mages, et lĂ , les chevaliers errants en quĂȘte du Graal. Plus loin, des histoires de dragons et de fontaines magiques. Les univers se croisent et se mĂ©langent tellement qu’à TrĂ©horenteuc, l’église abbatiale parvient Ă  rĂ©unir en ces vitraux spiritualitĂ© paĂŻenne et chrĂ©tienne.

La rĂ©ponse ne se situe alors pas dans le recherche des liens que les populations celtes entretenaient avec le vivant. Ils Ă©taient dĂ©jĂ  ambivalents et paradoxaux. La relation de vĂ©nĂ©ration/dĂ©testation est peut-ĂȘtre prĂ©sente depuis l’émergence de l’agriculture, et les sacrifices d ‘animaux pratiquĂ©s par les gaulois empĂȘchent de fantasmer un rapport harmonieux qui aurait cessĂ© du jour au lendemain.

Notre Ă©poque n’accorde plus beaucoup de place au rĂȘve et mystĂšre. Il reste le noĂ«l aux enfants, et les compĂ©titions sportives aux adultes pour s’autoriser Ă  sortir d’un univers par trop rationnel. Alors, nous pouvons voir dans le sens du merveilleux des leviers pour sortir de l’emprise mortifĂšre de l’Homme sur son environnement. Et la constitution de nouveaux fonctionnements relationnels avec le vivant ne saurait faire l’impasse de ce pouvoir de l’imaginaire.

La modernitĂ© qui accouche d’un rapport dualiste nature/culture et qui place l’homme au dessus du reste de vivant (comme maĂźtre et possesseur de la nature) et Ă©galement l’époque de la disparition du spirituel au nom de l’avĂšnement du sacro-saint Rationalisme. Pour sortir de cette sĂ©quence, les forĂȘts, celle des mythes comme celle d’aujourd’hui, nous ouvrent en fait des lignes de fuites face au rĂšgne de l’individu, de la technique, de l’argent et du consumĂ©risme.

S’autoriser à ne pas tout expliquer.

Redire enfin : sacré.

Ecouter les conteurs pour faire taire les ingénieurs.

Regarder vers les bois pour feindre d’y voir des fĂ©es.

Se tourner vers le Ciel.

S’intĂ©resser aux ĂȘtres non humains.

S’inspirer de Perceval.

Rechercher le Graal.

Renouer avec le mystĂšre et le merveilleux.

Reprendre sa place dans le Cosmos.

RĂ©concilier l’Histoire et la lĂ©gende.

Rallumer les imaginaires.

Retrouver la forĂȘt.

Source : Retrouver la forĂȘt sur facebook

Voir aussi : La forĂȘt et son imaginaire social

Karly

Baumwipfelweg Bayrischer Wald

Liens externes :

Voir aussi :

Publié par Michaël VINSON

Poëte et Créateur Culturel Pays de Fontainebleau & Carladez : Art, Culture et Territoires Pour une Poëtique de la Vie

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