Poésie boulangère

Boulangerie Bisson à Bois-le-Roi
https://boulangeriebisson.fr/

Virginie Bisson

Merci pour ce joli poème …🙂

Michaël Vinson

Bonjour et merci d’apprécier ce petit « quatrain boulanger » ou « baguette poétique » confectionnée sous le pouce de l’inspiration! Et heureux également qu’ayant été publié comme une petite « bouteille à la mer » sur facebook, comme tous les poèmes que l’on peut publier sur ce réseau ou internet et qui ne suscitent en général aucune réaction, il a pu être repêché par au fond le véritable destinataire, c’est à dire vous-même, membre de la famille Bisson! (dans la famille Bisson vous êtes la mère, la fille, la cousine?!). Comme vous l’avez trouvé, alors ce quatrain est à vous! Et ca me fait dire que, comme vous appréciez la poésie, on pourrait proposer la boulangerie et la pâtisserie comme « thème poétique », notamment pour la « journée mondiale de la poésie » du 21 mars (et on pourrait imaginer à proposer d’accrocher quelques poèmes dans votre boutique ce jour-là?). Il existe d’ailleurs une « poésie comestible » sur le thème général de la gastronomie et certains poètes locaux (Charle Monselet à Barbizon), ont été célèbres sur ce plan. Puis enfin, ce qui compte surtout c’est de redonner à la poésie une proximité avec notre vie de tous les jours, montrer que la poésie ce n’est pas quelque chose d’obligatoirement lointain et inaccessible mais qu’elle à un rôle a jouer au cœur même de la société. C’est une manière de voir le monde, « de jouer avec lui » aussi…. La poésie est le vrai moteur de la communication et de la créativité dans tous les secteurs de la vie. Bref, tout ceci pour vous dire que je vais donc continuer dans le fil de cette discussion et proposer quelque chose de « comestible » sur un plan poétique maintenant! Avec tous mes remerciements pour avoir pris la peine de me remercier!

  1. Les boulangers et la poésie
    1. Madeleine Lagrange, ancienne boulangère-poète à Poitiers
  2. Tous les poèmes…
    1. La boulangerie
    2. Le boulanger du village  (Léon Duvauchel )
    3. Le boulanger (Jean Aicard)
  3. Quatrains pâtissiers
  4. Voir aussi

Les boulangers et la poésie

Madeleine Lagrange, ancienne boulangère-poète à Poitiers

Pendant 27 ans, Madeleine Lagrange a tenu la boulangerie La Poésie, rue Chaume-de-la-Cueille. Elle a fait le bonheur des clients avec ses poèmes.

Madeleine Lagrange – tout le monde l’appelle « Mado » dans le quartier – a tenu la boulangerie-pâtisserie du haut de la rue de la Cueille-Mirebalaise pendant 27 ans. Avec son mari – fils de boulangers montmorillonnais – ils ont racheté le fonds de commerce à un oncle en 1969. Lui était au four, elle en boutique.
Pour bien commencer la journée« Mon mari voulait que la boulangerie reste ouverte jour et nuit ! » L’adresse est rapidement connue des noctambules en quête d’un petit-déjeuner à la sortie de discothèques de Poitiers. Les affaires marchent bien. Il faut dire « qu’il n’y avait pas toutes les boulangeries autour », note Mado.
Mais une idée fidélise encore davantage la clientèle. « Quand Béatrice, la vendeuse, arrivait à 8 h, je venais chercher de quoi prendre mon petit-déjeuner. Chez moi, je griffonnais des poèmes, toujours gais. Un jour, je me suis dit : “ Si je les mettais sur un panneau devant la boulangerie. ” Ça a tellement marché que les gens s’arrêtaient au stop à l’angle de la rue, se souvient-elle, dans un grand éclat de rire. Je les voyais sourire, je me disais qu’ils allaient bien commencer la journée. »
Les clients apprécient… et en redemandent. Les poèmes se succèdent. Les sources d’inspiration ne manquent pas : la rentrée des classes, le 1er mai et son muguet… Le passage à l’euro en 2002 aussi : « Affichez vos prix en euros, vous deviendrez des héros. […] A minuit, le franc n’a plus cours légal. Vous devrez avoir vidé vos malles. » La boulangerie est rebaptisée La Poésie.
Des clients apportent même leurs propres textes. Comme Romain, 9 ans en 1989, qui écrit « Un petit moustique pas très sympathique ». Mado en déclame les vers, qu’elle connaît par cœur. L’ancienne boulangère a compilé tous les poèmes dans plusieurs carnets. Des souvenirs qu’elle conserve précieusement. À l’époque, elle fait même éditer un petit carnet rose avec des poésies. « Certaines personnes l’ont conservé, elles m’en parlent encore ! »
Il y a 20 ans, son mari tombe malade. Le couple vend l’affaire. Quatre boulangers se succèdent à La Poésie. Depuis la semaine dernière, Melvyn Dousselin, boulanger, et sa compagne Lara Charaudeau, pâtissière, sont les nouveaux propriétaires. Si le nom La Poésie est resté, le principe d’afficher des poèmes n’a jamais été repris. Mais qu’importe pour Mado, le principal « c’est que la boulangerie de quartier résiste ». Aujourd’hui, la retraitée qui habite à deux pas de La Poésie, écrit encore quelques vers. Et se rend chaque jour à la boulangerie. Évidemment.

https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/poitiers-madeleine-lagrange-l-ancienne-boulangere-poete

Tous les poèmes…

La boulangerie

Noble métier,
Celui de boulanger,
3h00 du matin,
Premier bruit du pétrin,
Quand tout le monde dort encore,
Il travaille déjà fort,
Au cœur de la nuit,
Il pétri, façonne et cuit,
Pains et viennoiseries,
Pour le plaisir des grands et des petits,
Dur métier que celui de boulanger,
Week-ends sacrifiés,
Horaires décalés,
Faut être sacrément passionné !
La boulangerie c’est une vie,
L’amour du bon pain ça a un prix.

Source : https://www.facebook.com/102142061988337/photos/a.102151321987411/111559691046574/

Le boulanger du village  (Léon Duvauchel )

Tandis que là-haut tout est fête,
Que le château s’emplit de bruit,
En bas, le boulanger s’apprête
A veiller aussi cette nuit.

De son logis, près des tourelles,
Il peut suivre dans le fracas
Les avant-deux, les pastourelles,
Les cotillons et les polkas ;

Les vitres toutes lumineuses,
Sous le grand ciel noir comme un four,
Lui montrent l’ombre de danseuses
Sautant et tournant tour à tour.

Il est tard ; il faut qu’il se hâte.
Ayant bu son verre de vin,
Il mêle, pour faire la pâte,
L’eau, la farine et le levain.

Il délaie, il pétrit, il roule
Ces blocs lourdement maniés
Qui vont bientôt remplir le moule
Des corbeilles et des paniers.

On croirait un ogre qui ronfle
Quand, dans ses gestes continus,
Un réseau de muscles se gonfle
Sur sa poitrine et ses bras nus

 Léon Duvauchel (1848-1902)

Le boulanger (Jean Aicard)


— Que fais-tu là, boulanger ?
— Je fais du pain, pour manger.
Tu vois je pétris la pâte.
Le monde à faim ; je me hâte.

— Mais tu gémis, boulanger
— Je gémis… sans m’affliger :
Je geins, en brassant la pâte.
Le monde à faim ; je me hâte.

— Qu’as-tu fait là, boulanger ?
— J’ai, pour faire un pain léger,
Mis du levain dans la pâte.
Le monde à faim ; je me hâte.

— Que dis-tu donc, boulanger ?
— J’ai mes pelles à charger,
Quand J’aurai coupé ma pâte
Le monde à faim ; je me hâte

— Et puis après, boulanger ?
— Dans mon four, je vais ranger
Tous mes pains de bonne pâte.
Le monde à faim ; je me hâte.

— N’as-tu pas chaud, boulanger ?
— Si ; mais pour m’encourager,
La chaleur dore ma pâte
Que je retire en grand-hâte.

— Merci, brave boulanger
Le monde pourra manger !

Jean Aicard.

Quatrains pâtissiers

Voir aussi

Publié par Michaël Vinson

Poète et créateur culturel.

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