Le latin mystique, les poètes de l’antiphonaire

  1. A lire ou télécharger sur Gallica
  2. Echos
  3. Préface de J.K/ Huysmans
  4. Sources et liens externes
  5. Voir aussi
A lire ou télécharger sur Gallica

Le latin mystique, les poètes de l’antiphonaire et la symbolique au moyen âge, miniature de Filiger / par Remy de Gourmont ; préface de J.-K. Huysmans

Lire en ligne ou télécharger sur Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55759246.texteImage

Echos



« Le Latin Mystique, c’est vraiment huit cents ans de poésie, huit cents ans de poésie latine méconnue, méprisée par ignorance et par dogmatisme, qui se dévoilent à nous. Gourmont a voulu prouver qu’après Virgile, après Cicéron, après Claudien, le dernier des écrivains latins que l’Université tolérait, la langue latine avait continué de vivre longtemps, et qu’elle avait produit jusqu’au XIIIe siècle, et au delà, des oeuvres belles, variées, originales souvent ». (Noël Arnaud)

Grands lecteurs du Latin mystique : Georges Bataille, Blaise Cendrars, Frédéric Lefèvre, Henry Miller… (aux Amateurs de compléter la liste).

Coll. particulière.


Reliée en tête, une lettre autographe signée de Gourmont sur le même papier, en date du 12 juin 1892 : « (…)je ne dois à nul (hormis de nécessaires services) donner des exemplaires du Latin mystique, mais que vous soyez à cette règle l’unique exception me plaira… Je suis, monsieur, votre humble frère en Saint-Bernard. » En fin de volume, un article d’Anatole France sur le livre de Gourmont, paru dans L’Echo de Paris, est ajouté à l’exemplaire.

Echos 122, rue du Bac, 5 mai 92. Mon cher ami, Vous vous plaignez, paraît-il, de mon silence et mon entrée que vous croyez finale dans le Nirvana. L’explication, c’est que je suis en train de vendre du papier et c’est un métier très rude parce qu’il faut d’abord l’acheter sous un format pour le revendre plié selon tel mode. Je me suis donc mis à publier, par souscription, un ouvrage, que j’eus l’imprudence d’écrire sur les poètes latins dits et crus décadents, depuis Claudien jusqu’à l’auteur du Stabat au treizième siècle. J’ai fait fabriquer du papier exprès, couleur des bas de Monseigneur ; tout le monde en veut, il n’y en a plus. Vous voyez que mon commerce marche. Je pense à un papyrus nuance des jarretières cardinales ; je connais quelques délicieux mattoïdes qui se jetteraient dessus. Vous verrez tout cela en détail dans le numéro du Mercure que je vous envoie. (Et, entre parenthèses, si vous voulez vous tenir au courant de la littérature, je vous la recommande, cette revue ; c’est plein de comptes rendus, livres, revues, etc., des plus complets.) […] (Lettre à Emile Barbé, Imprimerie gourmontienne, n° 3,1921).
La documentation de ses livres, qui semble merveilleuse au premier abord, était, en réalité, fort rudimentaire. Son art en ce genre de travaux était celui d’un cuisinier supérieur, alchimiste habile et qui tire de vulgaires herbes, d’ordinaires viandes, les coulis les plus raffinés, les sauces les plus pointues. Toute la partie d’A Rebours sur la poésie latine de la décadence est condensée du vaste travail d’Ebert, qui ne cite presque jamais aucun texte. C’est sur les analyses de ce lourd et docte professeur que des Esseintes piqua ses ingénieuses épithètes. D’un mot pittoresque, Huysmans résume souvent toute une page, tout un chapitre du consciencieux Allemand, et en somme, si la vérité classique est dans L’Histoire générale de la littérature en Occident, la vérité impressionniste est dans A Rebours. Huysmans fut fort étonné de mon travail sur les poètes latins du moyen âge, dont l’idée venait pourtant de chez des Esseintes. Cela lui donna le goût de cette langue faisandée qu’il ne connaissait guère que de seconde main : la singulière préface du Latin mystique montre que ses connaissances philologiques étaient des plus restreintes. Il s’en passa très bien. Cet A Rebours, que j’admirais alors peut-être à l’excès, est resté pour moi un des livres les plus curieux de notre temps et qui vient dans son genre à la suite de Bouvard et Pécuchet (R. G.).

20 mai [1892] Vu Remy de Gourmont dans son modeste intérieur de la rue du Bac. Sa robe de chambre est un froc de capucin. Son Latin mystique est lent à paraître ; faute de l’éditeur. Des exemplaires seront en papier violet-évêque et rouge-cardinal. « On ne s’intéresse pas à la littérature aujourd’hui », me répète-t-il d’une voix timide et légèrement bégayante. La littérature consiste à écrire, sur du papier extravagant, à l’usage de quinze maniaques. (Journal de l’abbé Mugnier ).

6 juin 1892. Monsieur, je suis un latiniste plutôt débile. Le document ci-joint vous le prouvera. Cependant, j’ai l’honneur de croire le latin et surtout le latin d’église, qu’il vous plaît d’appeler « mystique », incomparablement plus valide que toutes les langues prétendues vivantes. Je rêve donc de posséder votre livre dont le coût m’intimide et me déconcerte. Il pourrait m’être profitable pour certain travail difficile que je prépare depuis longtemps sur l’époque de Philippe-Auguste. Veuillez croire en outre qu’il me serait infiniment agréable de le tenir de vous-même. J’ignore si cette largesse vous est possible et, à la vérité, je n’y ai aucun droit, n’ayant été, jusqu’à ce jour, ni votre ami ni votre ennemi. Quelle que soit votre réponse ou la profondeur de votre silence, soyez assuré. Monsieur, de ma considération littéraire. LÉON BLOY.

Bien que le faible tirage de son livre ne lui permît aucun service de presse, Remy de Gourmont fit aimablement exception en faveur de Léon Bloy qui reçut l’un des 220 exemplaires de l’édition originale du Latin mystique. (Joseph Bollery, Léon Bloy. Sa maturité – Sa mort) (1) Lettre encyclique (en latin) aux Evêques pour plaider la cause de la béatification de Christophe Colomb, Paris, 1890. J’aurais pu l’être, mais je n’ai jamais été des intimes de Rémy de Gourmont. Et pourtant, depuis quarante ans, je ne crois pas avoir publié un livre ou un écrit sans que son nom y figure ou que je ne le cite d’une façon ou de l’autre. C’est dire combien profondément j’ai subi l’emprise du maître que je m’étais choisi à vingt ans. Tout ce que j’ai appris dans les livres c’est à ses livres que je le dois car j’ai lu tous les livres qu’il cite, mais j’ai surtout appris dans la fréquentation de ses propres ouvrages l’usage des mots et le maniement de la langue. Un livre comme Le Latin mystique a été pour moi une date, une date de naissance intellectuelle. Je la célèbre tous les ans en m’achetant un tome de la Patrologie, mais aussi en souvenir de l’antiphonaire qu’il portait ce jour-là sous le bras et qu’il emporta chez lui, 71, rue des Saints-Pères, où je le vis disparaître. (Blaise Cendrars, Bourlinguer) Un livre l’avait beaucoup marqué, Le Latin mystique de Remy de Gourmont, où il est rapporté que les moines, pendant la récitation et l’extase, changent la prosodie et la séquence musicale. (Miriam Cendrars) Cendrars s’est libéré très vite de ses ascendants, Remy de Gourmont au premier chef, principalement par son Latin mystique dont on retrouve l’accent dans Séquences et même dans Pâques à New York (T’Serstevens). Arrivé à la Bibliothèque impériale, il y entra, machinalement. Il parcourait, distrait, des catalogues, quand son œil se fixa soudain et il eut un petit frisson : « Remy de Gourmont,  Le Latin mystiqueles poètes de l’antiphonaire et la symbolique au Moyen Age, Paris, 1892 ; édition des souscripteurs. » Il remplit un bulletin et commanda le livre pour le lendemain matin. […] Il était très content. Il n’avait jamais pu se procurer le livre de Remy de Gourmont ; depuis longtemps, il désirait le lire. Le Latin mystique ! Son esprit, comme d’un tremplin, rebondissait. […] Pour se calmer, il se récita, à mi-voix, le Coucher du soleil romantique, de Baudelaire (Blaise Cendrars, Aujourd’hui, suivi de Essais et réflexions, Denoël, 1987). M. André de Gourmont nous a communiqué un souvenir très savoureux. Après la parution du Latin mystique Rémy était un homme heureux : « Voilà un livre, disait-il, que je pourrai offrir à mon curé ! » (Léon Blouet, « Mon paroissien, Rémy de Gourmont ») Dans le désarroi de l’exode de 1940, il jette sur le verso d’une enveloppe ouverte en deux, datée du 26 juillet 1940 à Nice, quelques réflexions sur la souffrance que lui cause l’éloignement de sa bilbliothèque. Parmi les auteurs ou les livres qui lui manquent alors, il note, à côté du Latin mystique de Rémy de Gourmont, les livres de Delteil, de Montherlant, de La Varende. (Un auteur, Jean de La Varende ; un critique, Frédéric Lefèvre, présentés par Nicole Villeroux) M. de Ventrelong. – Seuls les esprits portés au paradoxe ont chance de dire des vérités. Jean-Marc. – Ceci est une apologie de Diderot et de Remy de Gourmont. M. de Ventrelong. – C’est que notre dernier sage est parfois admirable. Ainsi, dans cette préface nouvelle qu’il a ajoutée à l’édition récente du Latin mystique, ces remarques sur la langue écrite et la langue parlée, quel utile complément aux articles et aux brochures de Marcel Boulenger ! (« Dans la bibliothèque », Almanach littéraire Crès, 1914) Vu dans le catalogue de Thierry Bodin, Les Autographes, n° 101, juillet 2002 : 213.

Henry MILLER (1891-1980) écrivain américain : 19 août 1951, à Pierre LALEURE ; 1 page in-fol., adresse ; en français. Il le remercie de l’envoi de 5 livres dont Le Latin mystique de Remy de GOURMONT presque introuvable […] . Descendant à Saint-Wandrille, nous allâmes y visiter Maeterlinck […]. Maeterlinck parla à Gourmont du Latin mystique, puis me chuchota : « Cet homme est une bouteille à encre. » (Natalie Barney, Aventures de l’esprit)

Source : http://www.remydegourmont.org/de_rg/oeuvres/latinmystique/notice.htm

Préface de J.K/ Huysmans

Lire la suite : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55759246/f8.item.texteImage

Sources et liens externes
Voir aussi

Publié par Michaël Vinson

Poète et créateur culturel.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :