La yole de Mallarmé

Maquette de la yole visible au Musée Mallarmé

Mallarmé loue tout d’abord plusieurs embarcations, dont une yole et une périssoire, avant de se faire construire à Honfleur, entre 1876 et 1879, un canot en bois doté d’un mât et d’une voile blanche qu’il compare un jour à « une grande page blanche ». Baptisé « le S.M. », le canot devient le compagnon d’aventure de Mallarmé. Coiffé d’une casquette de marin, le poète navigue en toutes occasions, quand le temps le permet, pour se promener, seul ou accompagné, et trouver l’inspiration.

Six photographies d’amateur, attribuées à Julie Manet
llustration : Mallarmé] — [Julie Manet ?]
Stéphane Mallarmé et sa yole, le S.M., sur les bords de Seine. [Valvins, 1896 ou 1897].
6 photographies d’amateur, attribuées à Julie Manet.
https://www.sothebys.com/…/bibliotheque…/lot.154.html

Si tu es dans la fluide yole à jamais littéraire…
Si tu es dans la fluide yole à jamais littéraire…

Valvins
Paul VALÉRY

Recueil : « Album de vers anciens Â»

Si tu veux dénouer la forêt qui t’aère
Heureuse, tu te fonds aux feuilles, si tu es
Dans la fluide yole à jamais littéraire,
Traînant quelques soleils ardemment situés

Aux blancheurs de son flanc que la Seine caresse
Émue, ou pressentant l’après-midi chanté,
Selon que le grand bois trempe une longue tresse,
Et mélange ta voile au meilleur de l’été.

Mais toujours près de toi que le silence livre
Aux cris multipliés de tout le brut azur,
L’ombre de quelque page éparse d’aucun livre

Tremble, reflet de voile vagabonde sur
La poudreuse peau de la rivière verte
Parmi le long regard de la Seine entr’ouverte.

Relier – Mélanie Leblanc
Fil de coton noir brodĂ© sur toile de coton blanc. (2019-2020)

Se relier à l’écriture des aïeules.
Se relier à une passion de Mallarmé.
Relier le recto et le verso.

Je n’avais jamais brodé de ma vie. Ce fut une évidence que je devais le faire quand j’appris que Mallarmé voyait la voile de sa yole comme la page blanche où s’écrit le poème.

«L’ombre de quelque page éparse d’aucun livre / Tremble comme ta voile et vagabonde sur / Sur la poudreuse chair immense de l’eau verte / Parmi le long regard de la Seine entr’ouverte» avait écrit Paul Valéry lors d’une visite à Valvins.

Lors de mes premiers essais, j’ai dĂ©couvert qu’un autre mot pouvait s’écrire de l’autre cĂ´tĂ© de la toile. Cela m’a rappelĂ© un poème de Juarroz dans lequel il fait rĂ©fĂ©rence aux mots qui s’écrivent de l’autre cĂ´tĂ© de la page et dans PoĂ©sie et crĂ©ation cette phrase « C’est l’envers des choses qu’il faut dĂ©couvrir Â».
J’ai donc cherché à pouvoir écrire un poème lisible des deux côtés, la voile étant placée au centre de la plus grande pièce du musée, le long d’une poutre qui évoque le mât.

Mélanie Leblanc

Source : https://relier-musee-mallarme.com/oeuvres/yole/

« Ce pli de sombre dentelle, qui retient l’infini, tissĂ© par mille, chacun selon le fil ou prolongement ignorĂ© son secret, assemble des entrelacs distants oĂą dort un luxe Ă  inventorier, stryge, nĹ“ud, feuillages et prĂ©senter.
Avec le rien de mystère, indispensable, qui demeure, exprimé, quelque peu. »

Stéphane Mallarmé

Les cĂ©lèbres barques et bateaux d’Odilon Redon sont inspirĂ©s de la yole de MallarmĂ©…

Théâtre de Valvins

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