
Pour Armand Point, le moyen de lutter pour l’IdĂ©al passe par le renouveau des valeurs ancestrales.
Présentation
Armand Point né à Alger le 23 mars 1861 et mort à Naples le 6 février 1932 est un peintre français.
Il est le chef de file d’une communautĂ© d’artistes qu’il a fondĂ©e Ă Marlotte, le logis de Haute-Claire, qui s’inscrit dans la lignĂ©e du mouvement symboliste.
Biographie
Armand Point est le fils de François Victor Point (nĂ© en 1835), plâtrier d’origine bourguignonne et de son Ă©pouse Caroline AmĂ©lie Mestas (nĂ©e en 1838), modiste d’origine espagnole. Il est orphelin de père Ă six ans et de mère Ă sept ans, Ă la suite des Ă©pidĂ©mies successives de cholĂ©ra et de typhus. Sa tante maternelle Mme Mestas va alors l’Ă©lever. ArrivĂ© Ă Paris, il entre en classe de 9e du collège Rollin en avril 1870. Il suit les cours de dessins de Auguste ClĂ©ment Herst (1825-vers 1888), Ă©galement professeur des filles de ThĂ©ophile Gautier. Armand Point commence par peindre des tableaux d’une esthĂ©tique naturaliste, puis en 1877, il quitte le collège et gagne l’AlgĂ©rie pour dessiner les paysages de sa terre natale. Durant la pĂ©riode de son sĂ©jour en AlgĂ©rie, il est mobilisĂ© pour faire la campagne de pacification de la Tunisie. SĂ©duit par l’Afrique du Nord, il peint des sujets de genre orientaliste.
Il rentre en 1888 Ă Paris, oĂą il est dĂ©jĂ connu pour ses Ĺ“uvres naturalistes envoyĂ©es au Salon dès 1882. En 1890, il fait la rencontre dans la forĂŞt de Samois d’ÉlĂ©mir Bourges (1852-1925), un poète fĂ©ru d’art avec lequel il restera liĂ© d’amitiĂ© jusqu’Ă la mort de ce dernier. Ă€ cette Ă©poque s’Ă©veille en lui le dĂ©sir et la passion de possĂ©der toutes les techniques pour Ă©laborer son projet de marier l’art et la poĂ©sie. Durant ces annĂ©es, son Ă©lève HĂ©lène Linder (1867-1955) devient sa maĂ®tresse.
Le thème de la Femme devient le sujet majeur des toiles qu’il expose au Salon des artistes français Ă partir de 1889.
En 1890, il s’installe Ă Marlotte dans la forĂŞt de Fontainebleau.
En mai 1893, il obtient une bourse de voyage et part en Italie avec sa compagne HĂ©lène Linder, Ă l’esprit artistique et ouvert qui marque profondĂ©ment l’artiste. Il se ressource parmi les primitifs italiens et prĂ´ne dĂ©sormais un art sous les auspices de la tradition. Ayant reconstituĂ© un procĂ©dĂ© de peinture Ă l’Ĺ“uf, il allie cette technique savante Ă son inspiration symboliste.
S’inspirant des anciens, il constitue en 1896 Ă Marlotte une colonie d’artistes active jusqu’en 1903, oĂą se mĂŞlent peintres, sculpteurs, doreurs, Ă©mailleurs et orfèvres qui crĂ©ent avec des techniques retrouvĂ©es, tapisseries, bijoux et objets d’art. Ce cĂ©nacle intellectuel baptisĂ© logis de Haute-Claire devient un haut-lieu du symbolisme que visitent Odilon Redon, Oscar Wilde, ÉlĂ©mir Bourges, StĂ©phane MallarmĂ©, Stuart Merril ou encore le diplomate Philippe Berthelot, dans une atmosphère studieuse que Paul Fort qualifiera dans ses mĂ©moires de « cour d’amour ». Peu reconnu par les critiques, jugĂ© passĂ©iste et accusĂ© de pastiche, Point Ă©prouve pour le Moyen Ă‚ge et la Renaissance la mĂŞme admiration qu’Edward Burne-Jones et les prĂ©raphaĂ©lites. Pour lui, le moyen de lutter pour l’IdĂ©al passe par le renouveau des valeurs ancestrales.
Son inspiration Ă©volue progressivement vers une note idĂ©aliste et JosĂ©phin Peladan l’invite au Salon de la Rose-Croix esthĂ©tique dont il fera l’affiche avec LĂ©onard Sarluis en mars 1896.
Son ami le peintre Mario PĂ©rouse (1880-1958) lui fait dĂ©couvrir l’École de Murol, lieu ou il vient peindre tous les hivers en 1919, 1921, 1923 et 1924, produisant des Ĺ“uvres absolument diffĂ©rentes de ses prĂ©cĂ©dents tableaux.
Il est le père de Victor Point (1902-1932), enseigne de vaisseau, hĂ©ros de la Croisière Jaune qu’il dirigea pour CitroĂ«n en 1931, avant de se suicider par dĂ©pit amoureux l’annĂ©e du dĂ©cès de son père en 1932 qui, mort Ă Naples, souhaitait ĂŞtre inhumĂ© Ă Bourron-Marlotte.
Tableaux

Armand Point, La Joie des choses (1884)
Voir aussi :
