Les Plâtreries

Photo prise à partir du « pont de Valvins » ou « La terrasse de Mallarmé » avec vue sur les Plâtreries

« C’est agrĂ©able, disait MallarmĂ©, d’avoir un pont Ă  cĂ´tĂ© de chez soi c’est une terrasse. J’y viens le soir fumer un cigare. La rivière large, calme, semble un lac… »

Au loin sur la rive gauche de la Seine, le hameau des Plâtreries à Samois-sur-Seine.

  1. 7, quai des Plâtreries à Samois-sur-Seine
  2. Les amis de Mallarmé
  3. « Ruissel sous Bois »
  4. Flaubert et l’Éducation sentimentale
    1. 10 quai des des Plâtreries, Samois-sur-Seine
  5. Album facebook
  6. Les Rencontres de l’Autre Côté de Valvins

7, quai des Plâtreries à Samois-sur-Seine

Restaurant « A la bonne matelote ». Samois-sur-Seine


Les Plâtreries sont au début du 19ème siècle un quartier très vivant grâce à l’activité du Port-à-l’-Anguille.
La réputation de l’auberge « A la bonne Matelote » et surtout celle de sa matelote d’anguilles attirait depuis Paris des hommes célèbres, artistes, écrivains, hommes politiques.

Victor Hugo, dĂ©putĂ© de l’AssemblĂ©e nationale, 1849.

Gustave Flaubert, circa 1860; carte-de-visite portrait by Étienne Carjat

Elle a Ă©tĂ© frĂ©quentĂ©e par Victor Hugo et Chateaubriand. Flaubert est allĂ© y dĂ©jeuner lors de son repĂ©rage en forĂŞt de Fontainebleau (juillet-aoĂ»t 1868) et l’auberge a servi de modèle pour L’Éducation sentimentale. Ce lieu est aujourd’hui fermĂ© et on ne sait ce qu’il en deviendra..

C’est là aussi que Mallarmé fait loger ses amis trop nombreux pour sa petite maison de Valvins.

Les amis de Mallarmé

Ancienne auberge des Plâtreries (A la bonne Matelote) où Mallarmé logeait ses invités car sa maison de Valvins était trop modeste pour accueillir du monde.

Petit mot posĂ© sur la porte de l’auberge, lieu maintenant privĂ© et fermĂ©.

« Ruissel sous Bois Â»

Flaubert et l’Éducation sentimentale

Flaubert arrive Ă  « La Plâtrerie Â», un hameau de Samois-sur-Seine Ă  l’est de Fontainebleau â€“ au XIXe siècle, la berge s’appelle « Port Ă  L’anguille Â» â€“ et s’arrĂŞte pour dĂ©jeuner. Sur le carnet, il suit une approche logique des lieux :


– il relève le nom de l’auberge et de son patron, inscrits sur la façade, une première fois « Ă  la bonne matelotte Bertaut Â» (Carnet 12, f° 34), puis une seconde fois de manière plus prĂ©cise « Ă  la Bonne Matelotte PĂ©rier Gervais Bertaut Â» (Carnet 12, f° 32). Cet Ă©tablissement a construit sa rĂ©putation sur la spĂ©cialitĂ© culinaire aux poissons, au point d’être rĂ©pertoriĂ© dans le guide Joanne : « On peut aussi suivre le bord de la Seine Ă  gauche et aller dĂ®ner aux Plâtreries (quinze minutes), localitĂ© renommĂ©e pour ses matelottes. Â» (Joanne, 208) ;
– il consigne le paysage extĂ©rieur avec soin, l’organisant par plans, du plus lointain au plus proche : « en face […] Ă  gauche sur l’autre rive […] au loin […] Au 1er plan Â» (Carnet 12, f° 34) ;
– il retient l’économie locale : « bachots, boutiques Ă  poisson […] Filets sur des batons Â» (Carnet 12, f° 33v°) ;
– il rapporte la particularitĂ© du lieu, l’humain avant le matĂ©riel : responsable de la maison, personnel de service, clientèle : « L’aubergiste α ses servantes […] une « Dame Â» qui est au premier […] une des servantes, blonde, charmante, Ă  traits fins me sert, en chapeau de paille â€“ une autre , tout Ă  l’heure, tirait de l’eau Ă  un puits […] elle Ă©tait brune ou châtain â€“ les cheveux roulĂ©s derrière la tĂŞte en petites tresses Â» (Carnet 12, f° 33) ; puis les Ă©lĂ©ments du dĂ©cor intĂ©rieur : « Dans la salle de l’auberge caricature de BellangĂ©, portraits de 1830 Lamennais Odilon Barrot Â» (Carnet 12, f° 33v°), « Le papier de la salle oĂą je dĂ©jeune reprĂ©sente des Chinois â€“ en bas une large plinthe verte […] Aux murs de la salle avec les caricatures de genre de BellangĂ© batailles de SolfĂ©rino Magenta Â» (Carnet 12, f° 32v° et f° 32).

Bon nombre de ces prĂ©cisions et singularitĂ©s s’insèrent dans le roman : FrĂ©dĂ©ric et Rosanette prennent un repas « dans une auberge face Ă  la Seine Â» oĂą « une matelote d’anguilles Â» leur est servie (És, 485), « plus loin, Ă  gauche, le toit d’une maison faisait une tache rouge sur la rivière Â», sur la berge bordĂ©e de « joncs Â» « des perches plantĂ©es au bord pour tenir des filets Â» et « une fille en chapeau de paille tirait des seaux d’un puits Â» (És, 486).

10 quai des des Plâtreries, Samois-sur-Seine

10 quai des des Plâtreries, Samois-sur-Seine

L’intĂ©rĂŞt de Flaubert pour la « Maison de Mr Pavie chalet hollandais avec une porte Ă  toit de chaume â€“ vases de faĂŻence bleue sur les coins. Â» (Carnet 12, f° 33v°) peut s’expliquer par une curiositĂ© artistique envers un phĂ©nomène culturel qui se dĂ©veloppe vers 1850 autour de Fontainebleau et des bords de Seine â€“ Samoreau, HĂ©ricy, Samois-sur-Seine, Melun â€“ avec l’arrivĂ©e du chemin de fer : la construction par les bourgeois aisĂ©s de fastueuses villĂ©giatures. Ces demeures de type manoir, villa, chalet, petit château, cottage, appelĂ©es « les Affolantes Â», sont d’une architecture qualifiĂ©e d’éclectique avec colombages, terrasses, balcons, patios, ornements. Les artistes, peintres, musiciens, Ă©crivains â€“ Degas, Bonnard, Renoir, Debussy, Saint-SaĂ«ns, MallarmĂ© â€“ aiment se rĂ©unir dans ces villas Ă  la belle saison. Le jardin d’agrĂ©ment de la villa voisine de l’auberge, 10 quai des Plâtreries, « Ruissel-sous-Bois Â», est inscrit Ă  l’inventaire gĂ©nĂ©ral de la base MĂ©rimĂ©e, ministère français de la Culture, rĂ©fĂ©rence IA77000105.

Voir dans les pas de Flaubert en forĂŞt de Fontainebleau

Album facebook

Les Rencontres de l’Autre Côté de Valvins

Voir aussi :

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