Jumelage poétique Langenargen / Bois-le-Roi

  1. Rencontres poétiques
    1. Langenargen se souvient…
    2. Novalis
    3. Schiller
    4. Alphonse de Lamartine
  2. Mallarmé et l’Allemagne
  3. La bohème en Allemagne

Rencontres poétiques
Langenargen se souvient…



Quand vient le bleu profond des vastes ciels d’été
Qui rendent le regard si heureux et intense
Leur répond au lointain le beau lac de Constance,
D’un doux reflet sur l’onde de complicité.

Habitée d’infini, de paisibilité,
Langenargen connaît aussi les brèves instances
Des rêves qui révèlent les légères inconstances
Quand le miroir du lac perd sa lucidité.

Elle se souvient alors de ce petit village
Au cœur de la forêt qui traverse les âges,
Entrelacs de mémoires d’antiques hérédités :

Bois-le-Roi qui toujours, au loin de ses rivages,
Ecrit le grand poème qui enchante les pages
de l’histoire sans fin d’une longue amitié.

Michaël Vinson, poète à Bois-le-Roi

NB. Langenargen est une ville allemande située sur les rives du Lac de Constance et qui est jumelée avec Bois-le-Roi.

Novalis
Portrait de Novalis.

« La poésie est le réel véritablement absolu. C’est le noyau de ma philosophie. Plus c’est poétique, plus c’est vrai », peut-on lire dans ses premières pensées. Philosophe, scientifique et poète, il place la poésie au cœur et au-dessus de toutes les disciplines en faisant d’elle celle qui permet d’assurer leur fusion pour mieux comprendre l’univers. Elle est selon lui « l’héroïne de la philosophie » et « élève chaque individu à la totalité à travers une opération de connexion qui lui est propre ».

http://www.poesis-editions.fr/novalis-poesie-reel-absolu/

Schiller
Portrait de Schiller par Anton Graff (1785)

LE POUVOIR DU CHANT.

Voyez le torrent qui tombe du haut des rocs : il descend avec le bruit de la foudre, entraînant dans sa course les pierres de la montagne et les troncs des chênes. Le voyageur étonné écoute ce fracas avec un plaisir mêlé de terreur. Il entend le mugissement des flots et ne sait d’où ils viennent. Ainsi le chant s’échappe d’une source qu’on n’a jamais découverte. Qui peut expliquer la magie du poëte uni aux redoutables êtres dont le pouvoir dirige les fils de la vie ? Qui peut résister à ses accords ? Comme s’il tenait entre les mains la baguette du messager des Dieux, il gouverne le cœur ému, il le fait descendre dans l’empire des morts, il l’élève vers le ciel, il le conduit de pensée en pensée et le berce entre les sentiments sérieux et légers. Quelquefois, dans les cercles de la joie pénètre tout à coup, avec sa nature mystérieuse et gigantesque, un affreux destin. Alors toutes les grandeurs de la terre s’inclinent devant cet hôte étranger. Les vaines rumeurs de la joie se taisent, tout masque tombe, et devant l’image victorieuse de la vérité toute œuvre de mensonge disparaît. Ainsi, lorsque le chant résonne, l’homme se dégage de tout vain fardeau, pour prendre sa dignité intellectuelle et sentir une force sainte. Aussi longtemps que dure la magie des chants, il se sent plus près des Dieux ; rien de terrestre ne doit arriver à lui, toute autre puissance doit rester muette, nulle douleur ne l’atteint, et les rides de la sollicitude s’effacent. De même qu’après les larmes d’une longue séparation, après les désirs sans espoir, un enfant se précipite sur le cœur de sa mère avec les larmes du repentir ; de même le chant ramène des régions étrangères le cœur fugitif, au bonheur de son innocence ; les froides règles le glaçaient, la nature fidèle le réchauffe.

Schiller

Voir d’autres poèmes sur wikisource https://fr.wikisource.org/wiki/Po%C3%A9sies_de_Schiller/Le_Pouvoir_du_chant

Alphonse de Lamartine
Lac de Constance



Alphonse de LAMARTINE
1790 – 1869
Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :

 » Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

 » Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

 » Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

 » Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! « 

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Mallarmé et l’Allemagne

La bohème en Allemagne

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