Toussaint

Une des grandes fêtes de l’année : le triomphe de nos frères, qui nous ont précédés avec la même nature humaine et parmi les mêmes dangers. Leur générosité à correspondre à la grâce divine et leur vertus ont reçu la couronne éternelle. Nous fêtons aujourd’hui leur victoire. Nous fêtons également tous les saints inconnus ou qui n’ont pas trouvé place dans la liste d’honneur de l’Église. Puisse leur exemple être pour nous un stimulant et leur intercession un continuel secours.

  1. 1er novembre : L’ Assemblée des Saints en fête…
    1. Prier pour les défunts, particulièrement en ce temps de Toussaint
  2. 2 novembre, commémoration des fidèles défunts
  3. Les Défunts, la Toussaint et Halloween
  4. La Toussaint dans l’art : la peinture
  5. L’art de la poésie et la Toussaint
  6. Événements
    1. Pèlerinage poétique sur les tombes de Mallarmé, Misia et Larronde
1er novembre : L’ Assemblée des Saints en fête…

Pôle Missionnaire Catholique de Fontainebleau

La Toussaint est la fête de tous les saints, connus ou inconnus : le peuple des petites gens, des humbles, des laissés-pour-compte, ceux qu’on exploite, les affligés, les découragés, les malades, les perdus qui ont mis leur confiance en Dieu.

Historiquement, cette fête fut située dans la suite de Pâques ou de la Pentecôte. Le sens est clair : la Toussaint fête la victoire du Christ Ressuscité dans la vie des hommes de foi, ainsi que la présence de l’Esprit Saint dans le cœur des croyants. C’est au 8e siècle que la Toussaint fut transférée au 1er novembre à Rome, et au 9e siècle qu’elle fut étendue au monde entier.

« Rien ne nous assure que les saints canonisés soient plus grands », note Thérèse de Lisieux. En regardant autour de nous, nous savons reconnaître en certains une merveilleuse sainteté. En songeant à ceux qui nous ont précédés, nous pouvons penser que nous avons tous des saints dans notre généalogie, et même parmi nos ancêtres proches…

La Toussaint est la fête du triomphe du bien sur le mal. Elle célèbre la réussite du projet de Dieu qui nous a voulus « saints et sans tache, en sa présence, dans l’amour » (Ephésiens 1,4). En ses fils, le Père couronne ses propres dons aux formes multiples.         

Enfin, c’est la fête de la Communion des Saints car nous sommes tous les fruits du travail, des larmes, de la tendresse des autres, des prières connues ou anonymes… Une immense chaîne de solidarité. Célébrer la Toussaint, c’est donc se savoir héritier de la foi de nos prédécesseurs : c’est aussi, fort de cet héritage, se faire bâtisseurs de l’avenir… 

Lien du site de la chorale du pôle

Horaire des messes et bénédictions dans les cimetières

Prier pour les défunts, particulièrement en ce temps de Toussaint

Faire célébrer une messe, c’est croire en la puissance d’Amour que le Christ manifeste dans le Mystère de sa Croix et de sa Résurrection. L’Eucharistie est ce même Mystère célébré dans tous les temps et tous les lieux.

La messe n’a pas de prix, c’est un bien spirituel. Mais dès les origines du christianisme, les fidèles ont contribué à la célébration de l’Eucharistie par des dons et des offrandes destinés à assurer les frais du culte, la subsistance des prêtres, la vie de l’Église. Il ne s’agit donc pas d’acheter une messe, et c’est pourquoi on ne parle pas de « prix » d’une messe mais plutôt « d’offrande » ou « d’honoraires de messe ». Il s’agit d’une participation financière dont le but principal est de subvenir aux besoins du prêtre et de sa communauté.

Offrir une messe

2 novembre, commémoration des fidèles défunts

Une messe unique du pôle aura bien lieu à st Louis de Fontainebleau à 18h30 le 2 novembre.

Commémoration des fidèles défunts

Les Défunts, la Toussaint et Halloween

Jean-Louis Ragot

La fête des Défunts a une longue histoire. Elle se célébrait déjà à cette période automnale dans l’Antiquité. Chez les Nordiques la fête des morts s’appelait Jol. Ils se recueillaient et éparpillaient leurs offrandes, au gré du vent, pour les défunts. Ce jour-là, les portes de Hel, le monde des morts, sont ouvertes et la croyance populaire selon laquelle à cette date les morts voyagent en bandes par les airs a longtemps survécu en Europe. C’est surtout chez les Celtes que l’on trouve un antécédent à notre fête des défunts. La nuit précédant le 1er novembre était la nuit de Samain, le nouvel an celtique, c’était une fête guerrière où se marquait la fin de la période chaude, celle de la guerre. C’était aussi une fête agraire et pastorale, liée aux conditions cosmiques et végétales de la saison. A cette date à mi-chemin entre l’équinoxe d’automne et le solstice d’hiver, le parfum de la nature a changé, on sent une odeur de décomposition des feuilles mortes, on assiste à une métamorphose colorée de la vie végétale, les grains de blé ont été semés et meurent sous la terre. Tout semble mourir, le soleil a perdu de son éclat, c’est la fin de la vie qui était apparue au printemps. Les fruits et la moisson ont été récoltés, les troupeaux sont rassemblés, d’ailleurs, le nom de Samain signifie rassemblement. C’était une fête d’obligation pendant laquelle les druides, les guerriers et les paysans se retrouvaient pour célébrer le début de la nouvelle année agricole et pastorale. En cette saison de mort apparente de la végétation, on honorait les ancêtres morts et les proches disparus. On croyait que pendant cette période le monde des morts et celui des vivants entraient en communication. A l’opposé, dans le cycle du calendrier celtique, se trouve la nuit de Beltaine, la veille du premier mai, qui ouvre la saison chaude. Pendant la nuit de Samain, toutes les forces obscures de la nature sont éveillées, en particulier les morts, contre lesquels il faut se protéger, mais auxquels un hommage est aussi rendu. Ce sera plus tard une époque censée être propice à la sorcellerie. Associé à des récits de fantômes, ce temps était considéré comme dangereux, un temps de grande vulnérabilité spirituelle et l’occasion de nombreux rites magiques dans le but de conjurer le mauvais sort et de communiquer avec l’autre monde. Le but de ces rites était d’apprivoiser les puissances du monde inférieur qui contribuaient à la fertilité. Les anciens Irlandais croyaient qu’à cette fête, le dieu Dagda s’unissait à la déesse Morigu qui était la reine des enfers ; le Dagda est le dieu-druide. Responsable du sacré, de la science, et des contrats, il règne sur le temps, sur les éléments, ainsi que sur l’Autre monde, le monde des esprits, que l’on appelait le Sid. La fête de Samain marque la fin des fêtes des récoltes. On a fêté l’abondance, puis on a semé le blé qui commence sa gestation souterraine. Dans la vie agraire, c’est le retour au point de départ, aux fondations de l’ordre cosmique. Cela implique un contact avec les ancêtres mythiques, comme les Tuahta dé Danann en Irlande, mais aussi un danger car les revenants pouvaient s’échapper du monde des morts qui était entrouvert cette nuit-là. On représentait la ronde des morts par des cortèges de déguisements et de masques. Mais le côté ludique s’accompagnait de sérieuses prières pour les disparus. D’autant plus que ceux-ci étaient considérés comme des médiateurs entre les vivants et les forces souterraines.

L’Eglise chrétienne, qui fêtait la Toussaint le 13 mai, déplaça cette fête au 1er novembre en 835 et consacra le 2 novembre à la fête des trépassés. En installant ses célébrations sur l’ancien festival celtique, le christianisme conserva de nombreuses traditions, notamment celle d’allumer des feux au sommet des collines au crépuscule du 31 octobre. Mais le culte des morts immémorial et enraciné dans la culture persista, et aujourd’hui encore, les gens confondent la Toussaint et la fête des Défunts. De plus la Toussaint est fériée alors que le 2 novembre ne l’est pas. Le jour des chrysanthèmes, c’est le 1er et non le 2 novembre. L’Église se trouve confrontée à un écueil culturel qui persiste encore de nos jours. Elle a échoué dans sa tentative de récupérer la fête millénaire, car les comportements sociaux ne retiennent que la célébration des morts. La vielle fête celtique de Samain est devenue la « Veillée de Tous les Saints », nommée All Hallow’s Eve ou Halloween en Irlande. On leur offrait des messes, des cierges et des prières. On aurait tort d’oublier les célèbres lumignons dont le but était de guider les morts dans leur route vers l’au-delà. Halloween donnait lieu à des divertissements juvéniles avec des cortèges d’enfants déguisés. Dans toute l’Europe les enfants allument des bougies à l’intérieur de courges ou de navets percés de trous représentant des yeux, des nez et des bouches. Le but est de faire peur aux entités de l’autre monde qui rodent cette nuit-là aux alentours des maisons. Ailleurs c’était un verre rempli d’eau et d’huile d’olive sur laquelle flottait un petit support avec une mèche. On le posait allumé sur le rebord de la fenêtre, à l’extérieur, avec la même finalité que les calebasses, et à l’intérieur du foyer, on disait le rosaire pour les morts de la famille.

Au XIXe siècle, il y eut une grande famine en Europe et de nombreux Irlandais émigrèrent aux États-Unis. La fête d’Halloween se généralisa dans tout le pays. La mentalité changea dans un contexte américain qui n’était plus agraire mais commercial. C’est sous cette nouvelle mentalité marchande que cette fête revient en Europe depuis quelques années sous une forme apparemment dépourvue de tout aspect religieux, où seul l’aspect ludique, autrefois réservé aux enfants, survit dans un cadre exclusivement commercial. Ce nouveau surgeon de la fête d’Halloween est on ne peut plus suspect sur le plan spirituel, car il a une connotation infernale. Le nouveau Halloween qui sévit depuis les années 1990 est une fête anti-traditionnelle et antichrétienne. Son ambiance macabre, avec ses sorcières, ses toiles d’araignées et autres immondices sinistres commercialisés, constitue une célébration des ténèbres très dangereuse en cette période, car la nuit précédant le 1er novembre est un temps de grand danger et de vulnérabilité spirituelle. Autrefois cette fête donnait lieu à des rites importants ayant pour but de conjurer le mauvais sort, aujourd’hui elle prend l’aspect d’une fête des ténèbres et d’une banalisation du mal. La tradition a été travestie en une célébration de la mort où les vivants, au lieu de se protéger, se mêlent au cortège des morts en transit vers l’autre monde. L’aspect ludique camoufle un rituel de magie noire. Ainsi, alors que le 2 novembre était un jour de prières libératrices ayant pour but de conduire les morts sur la route de la Lumière, le nouveau Halloween et son folklore nauséabond, par inversion satanique, mène les vivants vers les ténèbres.

Jean-Louis Ragot

Calendrier traditionnel

La Toussaint dans l’art : la peinture
La Toussaint – Emile FRIANT – 1888 – Musée des Beaux-Arts de Nancy

Il existe un tableau sobrement nommé La Toussaint. Cette œuvre d’art d’Émile FRIANT date de 1888 et représente une scène du jour de la Toussaint. Les membres d’une famille, un hommage deux femmes et deux fillettes sont aux abords d’un cimetière. Vêtus du noir, ils ont les bras chargés de chrysanthèmes, la fleur de la Toussaint par excellence.

Au premier plan, appuyé contre ce que l’on devine être l’un des piliers du cimetière, un mendiant fait la charité dans l’espoir de récupérer un peu de dons en ce jour de grande visite du cimetière. À l’arrière-plan, on distingue de nombreuses silhouettes dans le cimetière, toutes venant rendre visite à leur proche disparus.

Aujourd’hui exposé au sein du musée des Beaux-Arts de la ville de Nancy, le tableau avait reçu la « récompense donnée par le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts » au Salon de 1889, un évènement durant lequel de nombreux chefs-d’œuvre de la peinture et de la sculpture étaient réunis au Champ de Mars.

Source : https://www.dansnoscoeurs.fr/articles/toussaint-art

L’art de la poésie et la Toussaint

Paul Verlaine, célèbre poète du XIXème siècle a publié en 1892 un poème intitulé Toussaint dans le recueil Liturgies intimes. Dans ce poème, l’artiste évoque la fête de la Toussaint et l’importance d’honorer la mémoire de nos proches disparus. Le voici :

Ces vrais vivants qui sont les saints
Et les vrais morts qui seront nous,
C’est notre double fête à tous.
Comme la fleur de nos desseins,


Comme le drapeau symbolique
Que l’ouvrier plante gaiment
Au faîte neuf du bâtiment
Mais, au lieu de pierre et de brique.


C’est de notre chair qu’il s’agit.
Et de notre âme en ce nôtre œuvre
Qui, narguant la vieille couleuvre.
A force de travaux surgit.


Notre âme et notre chair domptées
Par la truelle et le ciment
Du patient renoncement
Et des heures dûment comptées.


Mais il est des âmes encor,
Il est des chairs encore comme
En chantier, qu’à tort on dénomme
Les morts, puisqu’ils vivent, trésor


Au repos, mais que nos prières
Seulement peuvent monnayer
Pour, l’architecte, l’employer
Aux grandes dépenses dernières.


Prions, entre les morts, pour maints
De la terre et du
Purgatoire,
Prions de façon méritoire
Ceux de là-haut qui sont les saints.

 

Événements
Pèlerinage poétique sur les tombes de Mallarmé, Misia et Larronde

Tombe d’Olivier Larronde à gauche et de Stéphane Mallarmé, à droite.

Bouquet de roses rouges et blanches sur un nuage de gypsophile déposé au nom de l’Association des Amis du Musée Shintaro Zuzuki, représenté par Madame Chikako Nagakura, et de lAmicale Artistique Franco Japonaise en Seine-et-Marne

Texte qui accompagne le bouquet :

私が「花!」と言う。すると、私の声がいかなる形も押しやったその忘却の外に、人の知る蕚ではない何ものかとして、あらゆる花束の不在である概念、におやかな概念そのものが、音楽的に立ち昇る。(ステファヌ・マラルメ、「詩の危機」) 私もまた「花!」と言おう。かの人に何ものかを捧げるため。

Je dis : une fleur ! et, hors de l’oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d’autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tous bouquets.

(Stéphane Mallarmé, Crise de vers)

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