Dire la poésie

Sur sa table de bois très sombre, carrĂ©e, aux jambes torses, il (MallarmĂ©) disposa le manuscrit de son poème; et il se mit Ă  lire d’une voix basse, Ă©gale, sans le moindre « effet », presque Ă  soi-mĂŞme….
J’aime cette absence d’artifices. La voix humaine me semble si belle intĂ©rieurement, et prise au plus près de sa source, que les diseurs de profession presque toujours me sont insupportables, qui prĂ©tendent faire valoir, interprĂ©ter, quand ils surchargent, dĂ©bauchent les intentions, altèrent les harmonies d’un texte; et qu’ils substituent leur lyrisme au chant propre des mots combinĂ©s. Leur mĂ©tier n’est-il pas, et leur science paradoxale, de faire prendre momentanĂ©ment pour sublimes les vers les plus nĂ©gligĂ©s, mais de rendre ridicules, ou d’anĂ©antir, la plupart des Ĺ“uvres qui existent pas elles-mĂŞmes? HĂ©las! J’ai quelques fois entendu HĂ©rodiade dĂ©clamĂ©e, et le divin Cygne!

Paul Valéry

Extrait de la lettre au directeur des Marges : « le coup de dés ». p. 622. La Pléiade

  1. Dire Mallarmé
  2. Vidéos
    1. Guillaume Apollinaire lit « Le Pont Mirabeau »
  3. Pages
    1. L’Invitation au Voyage, poème de Charles Baudelaire
  4. Contributions
    1. Autour du Jeu Verbal de Michel Bernardy
  5. Liens externes
  6. Voir aussi
Dire Mallarmé

Vidéos

Guillaume Apollinaire lit « Le Pont Mirabeau »

Pages
L’Invitation au Voyage, poème de Charles Baudelaire

Contributions

Autour du Jeu Verbal de Michel Bernardy

Liens externes
Voir aussi

Publié par Charles - Michaël VINSON

Poëte et Créateur Culturel Pays de Fontainebleau & Carladez : Art, Culture et Territoires Pour une Poëtique de la Vie

Laisser un commentaire

En savoir plus sur 🌍 L'ARCHIPEL POËTIQUE

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture