La reconnaissance de la musique française au Japon

https://dl.ndl.go.jp/info:ndljp/pid/1089413?__lang=en

  1. La reconnaissance de la musique française
  2. L’éducation musicale des corps de musique de l’armée de terre
    1. L. Maillart, MURAKOSHI Mei (Tr.), Sakusohōnu jikka daizensho yakubun, Mainichishimbunsha [20-9]
    2. Ongakusha henshūkyoku (Ed.), Fusōka, Ongakusha shuppambu, 1912 [特279-258]
  3. La reconnaissance de la musique impressionniste
    1. NAGAI Kafū, Seiyō ongaku saikin no ryūkō (Waseda bungaku [2nd] (35), pp.1-21 [雑8-40] )
  4. Le premier opéra japonais
    1. KOMATSU Kōsuke, Kageki hagoromo, Shūbunkan, 1906 [特67-253]
  5. Les différentes versions de Musunde Hiraite
    1. Monbushō ongakutorishirabegakari (Ed.), Shōgaku shōkashū 1, Monbushō, 1881 [767.7-M753s]
  6. Source
  7. Voir aussi
La reconnaissance de la musique française

La reconnaissance de la musique française débuta avec la musique militaire, qui fut introduite au Japon durant le bakumatsu, la fin du shogunat Tokugawa. Le conseiller étranger Charles Leroux (1851-1926) mit en place les fondements de l’éducation musicale à la française au sein de l’armée. Les musiciens de l’armée permirent à la population de découvrir la musique française en faisant des représentations en plein air au parc Hibiya. De son côté, l’École de musique de Tokyo (à présent Faculté de musique de l’université des arts de Tokyo), qui était au cœur de l’éducation musicale, favorisait la musique allemande, l’académisme ayant toujours eut tendance à négliger la musique française. Cependant, le tout récent impressionnisme musical, conduit par Claude Debussy (1862-1918), gagna le soutien passionné d’une partie des hommes de lettres japonais, dont NAGAI Kafu (1879-1959), NAITO Aro (1883-1977) et SHIMAZAKI Toson (1872-1943). Le critique musical OTAGURO Motoo (1893-1979) participa également à la diffusion de la musique française par ses activités d’écriture et d’organisation de concerts.

L’éducation musicale des corps de musique de l’armée de terre
L. Maillart, MURAKOSHI Mei (Tr.), Sakusohōnu jikka daizensho yakubun, Mainichishimbunsha [20-9]
une illustration d'un saxophone

La première mission militaire française arrivée au Japon en début d’année 1867 (fin de l’an 2 de l’ère Keio) enseigna le clairon aux corps de musique qui devinrent le point de départ de l’introduction de la musique française dans le pays. Bien que l’organisation militaire de la marine fût copiée sur le modèle anglais durant les premières années de Meiji, l’armée de terre continua elle à user de cet instrument pour la transmission des ordres sur le modèle français.
Le présent ouvrage est la traduction d’un manuel utilisé par la fanfare militaire et qui fut publiée, quoi que partiellement, au Japon avant sa sortie officielle en Europe et en Amérique. Son auteur, Louis Adolphe Maillart (1837-1894), était un expert des bois qui joua comme premier saxophone et premier clarinette à l’Opéra de Paris et pour la Garde républicaine. Le traducteur du manuel, MURAKOSHI Mei (dates de naissance et de décès inconnues), est connu pour avoir traduit de nombreux ouvrages de musique français publiés à l’époque.

Ongakusha henshūkyoku (Ed.), Fusōka, Ongakusha shuppambu, 1912 [特279-258]
le couvercle de Fusōka

Fusō-ka (« Marche japonaise »), le chant militaire composé par Charles Leroux en 1885 (an 18 de l’ère Meiji) alors qu’il formait les corps de musique de l’armée de terre, fut sélectionné comme chant de marche de l’armée de terre japonaise en 1902. Sa partition fut également publiée en France en deux versions : pour instruments à vent et pour piano solo. Leroux arriva au Japon en 1884 en tant que membre de la troisième mission militaire française. Il organisa un groupe d’enseignants pour les corps de musique et mit en place une formation de base méthodique incluant l’enseignement du solfège, l’écriture de partitions et la pratique des divers instruments. Par ailleurs, il étudia de son côté la musique asiatique au cours de son séjour et publia à son retour La musique classique japonaise [780.952-L618m], considéré comme étant le premier ouvrage français d’études de la musique de cour gagaku. NAGAI Kenshi (1865-1940), membre d’un corps de musique formé par le conseiller français, partit étudier en France en 1903 auprès de la fanfare du 98ème régiment d’infanterie d’armée dirigée par Leroux. À son retour, il accéda au poste de chef du corps de musique de l’Académie militaire de Toyama, position à laquelle il se dévoua et pour laquelle il reste toujours dans les mémoires.

La reconnaissance de la musique impressionniste
NAGAI Kafū, Seiyō ongaku saikin no ryūkō (Waseda bungaku [2nd] (35), pp.1-21 [雑8-40] )
la première page de Seiyō ongaku saikin no ryūkō

Se considérant lui-même comme amateur de musique éclairé, NAGAI Kafu assista à de nombreux concerts lors de son séjour en France et put ainsi se familiariser avec la musique moderne. Dans le présent article publié en octobre 1908 (an 41 de l’ère Meiji) dans la revue Waseda Bungaku, Kafu compare les compositeurs, de premier plan à l’époque, qu’étaient Richard Strauss (1864-1949), d’Allemagne, et Claude Debussy, de France. Il y fait l’éloge du génie de Strauss qu’il considère comme l’héritier de Richard Wagner (1813-1883) et loue Debussy pour avoir créé « un nouveau son que l’ensemble du monde de la musique européenne n’avait jusqu’à ce jour jamais entendu. »

Le premier opéra japonais
KOMATSU Kōsuke, Kageki hagoromo, Shūbunkan, 1906 [特67-253]
le score de l'opéra Hagoromo

KOMATSU Kosuke (1884-1966) était un compositeur, critique de musique et enseignant actif durant les ères Meiji et Showa. En 1906 (an 39 de l’ère Meiji), il fonda, avec YAMADA Gen’ichiro (1870-1927) et KOBAYASHI Aiyu (1881-1945), la société Gakuenkai avec pour but l’étude de l’opéra. Par la suite, il prit lui-même la plume pour composer et écrire le premier véritable opéra japonais, Hagoromo (lit. « Robe de plumes »). Le présent document est sa partition pour piano avec une préface de MINAMOTO Takashizu (MORI Ogai). Il devint par la suite secrétaire général de la rédaction de la revue Ongakukai [雑35-5] en 1908 puis, en 1920 (an 9 de l’ère Taisho), étudia la composition au Conservatoire de Paris alors qu’il effectuait un voyage d’un an. À une époque où l’image de l’Allemagne en tant que pays de la musique était très forte au sein des cercles de musiciens, il porta très tôt son attention sur la musique française, rédigeant un ouvrage à ce sujet : Gendai Furansu Ongaku (lit. « La musique française contemporaine ») [564-90].

Les différentes versions de Musunde Hiraite
Monbushō ongakutorishirabegakari (Ed.), Shōgaku shōkashū 1, Monbushō, 1881 [767.7-M753s]
le score de Musunde hiraite

La musique de la célèbre chanson pour enfants Musunde Hiraite (« Ouvrez les mains, fermez les mains ») tirée de l’intermède Le Devin du village de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778, des thèses mettent cependant en doute sa paternité) fut originellement transmise au Japon sous la forme d’un hymne. Dans le présent ouvrage, rédigé par le bureau de la recherche musicale du ministère de l’Éducation, la mélodie est utilisée pour le morceau intitulé Miwataseba (lit. « Si l’on parcourt du regard »), qui servait de comptine dans l’enseignement primaire. Par la suite, on la retrouve utilisée pour le morceau Sentō-ka (lit. « Chant de combat ») inclus dans le recueil de chants militaires Daitō Gunka (lit. « Chants militaires du Japon ») [45-189] publié en 1895 (an 28 de l’ère Meiji).

Source
Voir aussi

Publié par Michaël Vinson

Poète et créateur culturel.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :