La France vue par les écrivains japonais

  1. La France vue par les écrivains
  2. Les Japonais de Meiji qui virent la France
    1. ARISHIMA Ikuma, Nan’ō no hi, Shinchōsha, 1916 [F13-A76ウ]
    2. NAGAI Kafū, Shinpen Furansu monogatari, Hakubunkan,1915 [F13-N14-13ウ]
    3. YOSANO Hiroshi et YOSANO Akiko, Pari yori, Kaneobun’endō, 1914 [349-294]
  3. Les Japonais de Taisho qui virent la France
    1. ISHIKAWA Sanshirō, Ichi jiyūjin no hōrōki, Heibonsha, 1929 [595-77]
    2. SHIMAZAKI Tōson, Heiwa no Pari, Sakurashobō, 1915 [71-483]
    3. SHIMAZAKI Tōson, Etoranzē, Shun’yōdō, 1922 [915.6-SH45ウ]
    4. YOSHIE Takamatsu, Furansu bungei inshōki, Shinchōsha, 1923 [950.4-Y87aウ]
    5. TAKEBAYASHI Musōan, Kikatsushin, Shinjidaisha, 1930 [595-236]
  4. Les Japonais de la première moitié de Showa qui virent la France
    1. TSUJI Jun, Zetsubō no sho, Banrikakushobō, 1930 [603-222]
    2. OKAMOTO Kanoko, Sekai ni tsumu hana, Jitsugyōnonihonsha, 1936 [700-71]
    3. HAYASHI Fumiko, Watakushi no kikō, Shinchōsha, 1939 [780-237]
    4. YOKOMITSU Riichi, Ōshū kikō, Sōgensha, 1937 [729-121]
    5. KOMATSU Kiyoshi, Chinmoku no senshi, Kaizōsha, 1940 [915.6-Ko61ウ]
    6. OKADA Yachiyo, Byakuran, Daigensha, 1943 [914.6-O388ウ]
  5. Source
  6. Voir aussi
La France vue par les écrivains

J’aimerais tant aller en France,
Mais la France est si loin.
Je me contente de mon nouveau complet
Pour voyager où bon me semble. (En Voyage)


C’est sur ces mots que HAGIWARA Sakutaro (1886-1942) exprima son sentiment pour la France ; un testament de l’intérêt qu’éprouvaient les intellectuels envers ce pays. Inspirés par NAGAI Kafu (1879-1959) et SHIMAZAKI Toson (1872-1943) qui visitèrent la France en 1907 (an 40 de l’ère Meiji) et 1913 (an 2 de l’ère Taisho) respectivement, de nombreux écrivains, peintres et journalistes les suivirent, en particulier une fois la Première Guerre mondiale achevée. Leurs yeux, au début remplis d’espoir, purent observer la nature réelle, profonde, de la France. Ainsi confrontés à l’écart entre rêve et réalité, leurs réactions oscillèrent entre acceptation et rejet. Le mouvement de l’acceptation de la culture française hérité de Kafu et Toson par YOKOMITSU Riichi (1898-1947) et les autres lettrés fut finalement libéré de son conflit avec le « rêve » par KANEKO Mitsuharu (1895-1975) et son essai autobiographique Nemure Pari (lit. « Endors-toi, Paris ») [KH248-72], dans lequel il décrivit la réalité de la capitale française avec un regard froid, alors qu’il se battait pour arriver à survivre.

Les Japonais de Meiji qui virent la France

ARISHIMA Ikuma, Nan’ō no hi, Shinchōsha, 1916 [F13-A76ウ]
la première page de Nan'ō no hi

Le peintre de style occidental et écrivain ARISHIMA Ikuma (1882-1974) se rendit en Europe en juin 1905 (an 38 de l’ère Meiji) afin d’étudier la peinture et la sculpture, principalement en Italie et en France. Quand son frère aîné Takeo (1878-1923) vint à son tour rejoindre le continent, il en fit le tour avec lui avant de s’attarder à Paris puis de rentrer au Japon en février 1910. À son retour, outre son effort pour introduire l’œuvre de Paul Cézanne (1839-1906) et sa participation à la création de l’association d’artistes Nikakai, ARISHIMA fit son entrée dans le monde littéraire.
Le présent ouvrage est un recueil de nouvelles ayant pour toile de fond les paysages du sud de l’Europe. L’unique nouvelle dont l’action se déroule en France, Tenpuru Fujin (lit. « Madame Temple »), raconte la liaison entretenue par un peintre japonais séjournant à Paris avec une mystérieuse dame de la haute société rencontrée lors d’une exposition.

NAGAI Kafū, Shinpen Furansu monogatari, Hakubunkan,1915 [F13-N14-13ウ]
la première page de Shinpen Furansu monogatari

Après 4 années passées aux États-Unis, NAGAI Kafu se rendit en France en 1907 (an 40 de l’ère Meiji) afin de travailler à la branche lyonnaise de la Yokohama Specie Bank. Il donna sa démission 8 mois plus tard puis séjourna 2 mois à Paris, après quoi il rentra au Japon en juillet 1908. Malgré un séjour assez court, l’influence qu’eut sur Kafu cette expérience française fut très forte, au point que ses œuvres deviennent le point de départ de la fascination affichée pour la France présente dans la littérature japonaise.
Le présent ouvrage est une réédition, modifiée selon les instructions de la maison d’édition à l’encontre de la volonté de Kafu lui-même, de son œuvre précédemment interdite par la censure Furansu Monogatari (lit. « Contes de France »), un recueil de nouvelles écrites à son retour au Japon et publiées dans divers magazines. Les versions publiées à partir de 1918 (an 8 de l’ère Taisho), sont complétées des trois histoires, placées en tête, qui étaient originellement incluses à la fin de son ouvrage Amerika Monogatari (lit. « Contes d’Amérique ») [17-330] : Fune to Kuruma (lit. « Bateau et voiture »), Rōngawa no Hotori (lit. « Sur le Rhône ») et Aki no Chimata (lit. « Rues d’automne »). Il est toutefois possible de lire l’œuvre dans sa composition originale dans le 5ème tome de Kafū Zenshū [KH385-E6], les « œuvres complètes de Kafu » publiées par la maison d’édition Iwanami Shoten.

YOSANO Hiroshi et YOSANO Akiko, Pari yori, Kaneobun’endō, 1914 [349-294]
une illustration d'une Parisienne

En mai 1912 (an 45 de l’ère Meiji), YOSANO Akiko (1878-1942) monta à bord du Transsibérien pour retrouver son époux, Hiroshi (connu sous le pseudonyme Tekkan, 1873-1935), parti en France un an plus tôt.
Le présent ouvrage est un splendide journal de voyage illustré de nombreuses photographies qui fait découvrir de leurs deux différents points de vue la France de la Belle Époque. En opposition à Hiroshi qui décrivait les choses telles qu’elles étaient et ne manquait pas de les comparer au Japon de manière quelque peu détachée, Akiko se plaisait à observer les gens avec grande attention. En particulier, les parisiennes très actives sans oublier pour autant de penser à elles et de rester à la mode lui firent forte impression, comme en témoigne le chapitre Pari no Ryosō yori (lit. « De l’auberge à Paris »). Le couple raconte également sa rencontre inoubliable avec le sculpteur Auguste Rodin (1840-1917) alors âgé de 72 ans (dans Rodan’ō, lit. « Monsieur Rodin »). Malgré un séjour agréable à Paris, Akiko, qui ne pouvait plus rester séparée de ses enfants, rentra à Tokyo en octobre 1912, trois mois avant Hiroshi. Les illustrations incluses dans l’ouvrage sont l’œuvre du peintre TOKUNAGA Ryushu (1871-1936), ami des YOSANO.

Les Japonais de Taisho qui virent la France
ISHIKAWA Sanshirō, Ichi jiyūjin no hōrōki, Heibonsha, 1929 [595-77]
la première page d'Ichi jiyūjin no hōrōki

L’écrivain anarchiste ISHIKAWA Sanshiro (1876-1956) se rendit en France à bord d’un bateau français en mars 1913 (an 2 de l’ère Taisho) afin de fuir l’oppression du gouvernement suite à l’affaire de la Haute trahison de 1910. Il alla d’un pays européen à l’autre avant son retour en octobre 1920 mais son séjour en France fut le plus long.
Le présent ouvrage est un recueil d’essais écrits en grande partie pendant son séjour en Europe et publiés dans des journaux et des magazines. ISHIKAWA y parle avec acuité de la civilisation occidentale et s’en sert comme base d’une réflexion sur le Japon. C’est également une chronique historique très intéressante qui décrit abondamment les expériences de l’écrivain au cours de la Première Guerre mondiale, qui débuta et s’acheva durant son séjour.

SHIMAZAKI Tōson, Heiwa no Pari, Sakurashobō, 1915 [71-483]
le couvercle de Heiwa no Pari

Cet ouvrage regroupe les correspondances que SHIMAZAKI Toson, qui habitait à Paris depuis mai 1913 (an 2 de l’ère Taisho), envoya au journal Tōkyō Asahi Shinbun d’août 1913 à mai 1914. Elles se poursuivent jusqu’à l’évacuation de Toson à Limoges suite à l’éclatement de la Première Guerre mondiale. Ce séjour en France était un moyen pour fuir la responsabilité que fut le scandale de sa relation incestueuse avec sa nièce, racontée plus tard dans son œuvre Shinsei (lit. « Nouvelle vie ») [377-133]. À leurs débuts, ces correspondances se contentaient principalement de décrire les impressions superficielles de Toson et les évènements en cours. Cependant, on constate qu’un changement de ton s’opère en route et qu’il se met à aborder un aspect plus profond de la France : la relation entre tradition et créativité qui opère au sein de la civilisation et qu’il retrouve dans l’apparence de Paris qui « fonctionne dans son ensemble comme un grand plan, un grand modèle » (Futatabi Pari no Ryosō nite, lit. « De nouveau à l’auberge à Paris », 4). Toson y aborde aussi la souplesse d’esprit particulière des Japonais leur permettant d’assimiler les cultures et arts étrangers et insiste sur la nécessité pour eux d’avoir la capacité à se juger et s’évaluer avec justesse (Ongakukai no Yo, Sonota, lit. « Soir de concert, etc. », 2).

SHIMAZAKI Tōson, Etoranzē, Shun’yōdō, 1922 [915.6-SH45ウ]
la première page de Etoranzē

Toson, qui retourna à Paris depuis Limoges en novembre 1914 (an 3 de l’ère Taisho), rentra au Japon en juillet 1916 en montant à bord du navire Atsuta-maru.
Le présent ouvrage est un recueil des textes publiés sous le même titre dans le journal Tōkyō Asahi Shinbun de septembre 1920 à janvier 1921 puis dans la revue Shin Shōsetsu (lit. « Nouveaux romans ») [雑8-30], renommés Furansu Kikō (lit. « Voyage en France »), d’avril 1921 à avril 1922. Il s’agit de souvenirs de son séjour à Paris écrits 4 ans après son retour et une période durant laquelle il était, de son propre aveu, « encore à moitié en voyage » (Préface). Il y raconte surtout ses rencontres et relations avec les Japonais croisés durant son séjour. Il est aussi intéressant de voir les descriptions des faits qui marquèrent Toson, comme l’atmosphère de Paris à l’approche de la guerre et sa vie proche de la nature à Limoges.

YOSHIE Takamatsu, Furansu bungei inshōki, Shinchōsha, 1923 [950.4-Y87aウ]
la première page de Furansu bungei inshōki

YOSHIE Takamatsu (1880-1940) était un poète et chercheur en littérature française qui se rendit à Paris en 1916 (an 5 de l’ère Taisho), en plein cœur de la Première Guerre mondiale, afin d’étudier à la Sorbonne. Après son retour au Japon en 1920, il fonda le département de littérature française à l’université Waseda et y exerça comme enseignant, formant ainsi la nouvelle génération, à laquelle appartenait SAIJO Yaso (1892-1970), poète et chercheur en littérature française comme son professeur. YOSHIE est également connu pour avoir introduit et traduit diverses œuvres de la littérature française.
Le présent ouvrage est une réflexion sur des écrivains tels que Paul Claudel (1868-1955) et Anatole France (1844-1924) ainsi qu’un commentaire sur des tendances telles que les nouveaux drames historiques et le théâtre populaire. Les descriptions concernant les hommes, la nature et ses paysages illustrées de citations célèbres de la littérature française font également très forte impression.

TAKEBAYASHI Musōan, Kikatsushin, Shinjidaisha, 1930 [595-236]
le couvercle de Kikatsushin

TAKEBAYASHI Musoan (1880-1962) gagna la France en 1920 (an 9 de l’ère Taisho) en compagnie de son épouse Fumiko (1888-1966) peu après leur mariage et rentra en deux ans plus tard après la naissance de leur fille Yvonne (Ioko, 1920-1965). Ils retournèrent en France l’année suivante mais se trouvèrent rapidement en difficulté financière, ce qui força Fumiko à travailler, comme gestionnaire d’un restaurant ou danseuse, pour soutenir la famille. d’un naturel peu enclin à se conformer aux normes, cette dernière continua d’ailleurs à soutenir son époux même après qu’elle emménageât avec un homme d’affaires japonais. Ils rentrèrent de nouveau au Japon en 1934 (an 9 de l’ère Showa).
Le présent ouvrage est un recueil des impressions sur son expérience parisienne qu’il envoya à des revues japonaises pendant son séjour. Ses écrits ne se limitent pas un style donné et on y trouve des épisodes sur ses pérégrinations amoureuses et ses relations sociales sous diverses formes telles que des nouvelles à la première personne dans le style japonais shishōsetsu, des essais ou encore des confessions.

Les Japonais de la première moitié de Showa qui virent la France
TSUJI Jun, Zetsubō no sho, Banrikakushobō, 1930 [603-222]
un dessin animé de TSUJI Jun

Le critique littéraire TSUJI Jun (1884-1944) se rendit en France en janvier 1928 (an 3 de l’ère Showa) en tant que 1er correspondant littéraire à Paris du journal Yomiuri Shinbun, emmenant avec lui son fils Makoto (1913-1975) né de son union avec la militante féministe ITO Noe (1895-1923). Il rentra au Japon en janvier 1929 en empruntant le Transsibérien.
Le chapitre du présent ouvrage intitulé Pari no geta (lit. « Les socques de Paris ») est un recueil des correspondances que TSUJI envoya au Yomiuri Shinbun. TSUJI, qui se réclamait du dadaïsme, faisait paraître ses critiques de la civilisation de son point de vue unique tout en menant une vie de vagabond. On le découvre indifférent devant les sites célèbres, absorbé par la lecture du roman Daibosatsu-tōge (lit. « Le col Daibosatsu »), ou triste de voir que la culture propre au Japon est en déclin suite à l’introduction de la civilisation occidentale. À la lecture de l’ouvrage, on le devine cherchant à se définir à nouveau au sein d’une civilisation qui lui est étrangère.

OKAMOTO Kanoko, Sekai ni tsumu hana, Jitsugyōnonihonsha, 1936 [700-71]
le couvercle de Sekai ni tsumu hana

OKAMOTO Kanoko (1889-1939), son époux le célèbre mangaka Ippei (1886-1948), son fils Taro (1911-1996) et deux jeunes hommes qui vivaient avec eux gagnèrent ensemble la France fin 1929 (an 4 de l’ère Showa). Les droits d’auteur touchés par Ippei permirent à la famille de séjourner confortablement à Paris, possédant par exemple une maison sur chaque bord de la Seine. Cette aisance financière permit à Kanoko d’apprécier jusqu’à satiété une vie sans contrainte : elle put ainsi se rendre à l’opéra ou dans des restaurants de luxe et visiter les expositions des peintres à la mode quand bon lui semblait. Le couple OKAMOTO rentra au Japon en 1932. Taro, quant à lui, resta à Paris pour étudier la philosophie et l’ethnologie à la Sorbonne tout en fréquentant de nombreux artistes et se rapprocha des mouvements abstrait et surréaliste.
Le présent ouvrage est un recueil de journaux de voyage, proches des contes dans leur forme, écrits par Kanoko qui débuta une carrière de romancière à son retour. Les titres et illustrations entre chaque chapitre sont également son œuvre. l’illustration décorant la page de titre de Furansu-hen (lit. « Le chapitre sur la France ») représente un couple venu assister aux courses sur l’hippodrome de Longchamp.

HAYASHI Fumiko, Watakushi no kikō, Shinchōsha, 1939 [780-237]
le couvercle de Watakushi no kikō

HAYASHI Fumiko (1903-1951) emprunta le Transsibérien en novembre 1931 (an 6 de l’ère Showa) avec pour destination la France. Pour Fumiko, qui se fit connaître grâce au succès de son roman autobiographique Hōrō-ki (« Chronique de mon vagabondage ») [596-254], ce voyage était l’occasion de chercher une nouvelle source d’inspiration. Le présent ouvrage décrit son voyage en solitaire effectué en train de troisième classe, toutes ses dépenses jusqu’à Paris notées en détails (dans le chapitre Pari made Seiten, lit. « Beau temps jusqu’à Paris »). Le yen n’avait pas grande valeur dans un Paris touché par la Grande dépression et Fumiko fut contrainte de mener un train de vie des plus modestes. On la découvre toutefois absorber pleinement l’atmosphère de Paris afin d’affûter sa sensibilité : fréquentant les cafés et boulangeries des quartiers populaires, visitant les galeries, les salles de cinéma et, parfois, les lieux de plaisir. Après un séjour de 6 mois, Fumiko rentra au Japon en juin 1932 pour se relancer avec une énergie nouvelle dans l’écriture.

YOKOMITSU Riichi, Ōshū kikō, Sōgensha, 1937 [729-121]
le couvercle d'Ōshū kikō

YOKOMITSU Riichi entama son voyage en Europe en février 1936 (an 11 de l’ère Showa) à l’occasion des Jeux Olympiques de Berlin auxquels il assista comme envoyé spécial du journal Tokyo Nichinichi Shinbun. Le présent ouvrage est une compilation de son journal de voyage et de ses lettres réalisée après son retour, en août de la même année. YOKOMITSU effectua ce voyage non pas de sa propre volonté mais poussé par son entourage et il y raconte ainsi son arrivée usant d’un grand nombre d’expressions négatives (« Morosité à Paris », « J’ai l’impression d’avoir été cassé en mille morceaux »). Toutefois, il prend peu à peu une posture plus objective et commence à décrire l’apparence de Paris en pleine tourmente politique face à la montée en puissance du fascisme. On y découvre par ailleurs sa connaissance de l’art alors qu’il visite les expositions d’Henri Matisse (1869-1954) et Paul Cézanne (1839-1906) et compare l’évolution du style de ce dernier à la littérature. Tout comme Ryoshū (lit. « Solitude de voyage »), le chef-d’œuvre des dernières années de sa vie basé sur son expérience française, l’ouvrage ici présent décrit le conflit interne propre à quiconque se trouve plongé dans une culture différente incompatible avec la sienne.

KOMATSU Kiyoshi, Chinmoku no senshi, Kaizōsha, 1940 [915.6-Ko61ウ]
la première page de Chinmoku no senshi

KOMATSU Kiyoshi (1900-1962) se rendit pour la première fois en France en 1921 (an 10 de l’ère Taisho). À son retour en 1931 (an 6 de l’ère Showa), il introduisit au Japon le mouvement littéraire français conduit entre autres par André Malraux (1901-1976) avec qui il fit connaissance durant son séjour. KOMATSU retourna en France avec son épouse en 1937 comme envoyé spécial en Europe du journal Hōchi Shinbun. Il donna sa démission quelque temps plus tard mais continua à vivre en France, envoyant des contributions à des revues et participant à l’édition du magazine d’échange culturel France – Japon [Z51-B510].
Le présent ouvrage est une chronique débutant juste avant le début de la Deuxième Guerre mondiale, en août 1939, qui retrace l’avancée des troupes allemandes, la fuite de Paris avant sa chute en juin 1940, et le trajet jusqu’à Lisbonne où attendait le Haruna-maru, le bateau de rapatriement. On y trouve des descriptions où se croisent amour de la France et tristesse : L’angoisse ressentie par les parisiens au début des hostilités côtoyant une certaine décontraction en raison de la distance les séparant des champs de bataille, et qui se transforme plus tard en peur croissante avec la marche en avant de l’armée allemande. Outre sa valeur littéraire, c’est une œuvre précieuse sur le plan documentaire.

OKADA Yachiyo, Byakuran, Daigensha, 1943 [914.6-O388ウ]
le couvercle de Byakuran

OKADA Yachiyo (1883-1962) était la sœur du metteur en scène et dramaturge OSANAI Kaoru (1881-1928) et la cousine du peintre FUJITA Tsuguharu (Léonard Foujita, 1886-1968), qui se fit un nom en France. Yachiyo, connue comme romancière et critique de théâtre, se rendit en France en 1930 (an 5 de l’ère Showa) avec son époux, le peintre OKADA Saburosuke (1869-1939). Le couple s’entendant de plus en plus mal, Yachiyo resta en France jusqu’en octobre 1934, bien après le départ de Saburosuke. Le présent ouvrage, qui contient nombre de ses essais écrits pendant son séjour à Paris, aborde avec un style éclatant à la représentation riche en couleurs divers thèmes appréciés par les femmes, tels que les paysages de la ville, les gâteaux et les fleurs de saison.

Source

https://www.ndl.go.jp/france/fr/part2/s1_1.html

Voir aussi

Publié par Michaël Vinson

Poète et créateur culturel.

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