Marie-Laure de Noailles et Olivier Larronde

Marie-Laure de Noailles avec André Gide assis sur une table feuillette “La femme 100 têtes” de Max Ernst, 1930

Née dans le Paris mondain de la Belle Époque, Marie-Laure de Noailles (1902–1970) est la mécène de l’avant-garde par excellence. Généreuse, radicale, excentrique, elle a produit le scandaleux film L’Âge d’or de Buñuel, soutenu les surréalistes et organisé des fêtes restées dans les mémoires depuis sa célèbre villa moderniste à Hyères. Dans cette série, Beaux Arts revient sur le parcours de ces collectionneuses de génie sans qui certains grands musées n’auraient jamais vu le jour. https://www.beauxarts.com/grand-format/marie-laure-de-noailles-vicomtesse-et-mecene-dejantee-des-surrealistes/

La vie extraordinaire de Marie-Laure de Noailles, mécène très audacieuse https://www.harpersbazaar.fr/culture/la-vie-extraordinaire-de-marie-laure-de-noailles-mecene-tres-audacieuse_4628

EntrĂ©e de l’hĂ´tel Bischoffsheim de Noailles, 11 place des États-Unis (devenu le musĂ©e Baccarat en 2014). Si le musĂ©e est dĂ©diĂ© au cristal, l’âme de Marie-Laure imprègne encore les murs (le dĂ©cor de Jean-Michel Frank, les volumes). C’est un partenaire symbolique fort pour Ă©voquer les « salons » de Larronde.

  1. MARIE-LAURE DE NOAILLES ET OLIVIER LARRONDE : L’ARISTOCRATIE DE L’AUDACE
    1. 1. Le Cadre : Le Laboratoire de la Place des États-Unis
    2. 2. L’Axe de la Marge : Le Pont vers Jean Genet
    3. 3. Convergence Esthétique : La Mode et le Sacré
  2. Liens externes
  3. Voir aussi

MARIE-LAURE DE NOAILLES ET OLIVIER LARRONDE : L’ARISTOCRATIE DE L’AUDACE

Si Florence Gould incarne la sanction acadĂ©mique, Marie-Laure de Noailles (1902-1970) reprĂ©sente pour Olivier Larronde la complicitĂ© transgressive. Dans son hĂ´tel particulier du 11, place des États-Unis, elle n’est pas seulement une mĂ©cène ; elle est l’architecte d’un univers oĂą le luxe sert de bouclier Ă  la radicalitĂ© poĂ©tique.

1. Le Cadre : Le Laboratoire de la Place des États-Unis

  • L’HĂ´tel Particulier : Ce n’est pas un salon de conversation classique, mais un centre de collision artistique. Marie-Laure y rĂ©unit les restes du surrĂ©alisme, la haute couture et la jeune garde intellectuelle.
  • Le Statut de Larronde : Contrairement aux artistes qui cherchent une protection financière, Larronde (fort de sa propre aisance) y Ă©volue comme un alter ego. Il est l’un des rares Ă  pouvoir tutoyer l’esprit de « la Vicomtesse » sans ĂŞtre Ă©crasĂ© par son rang.

2. L’Axe de la Marge : Le Pont vers Jean Genet

La relation Noailles-Larronde est fondamentale pour comprendre l’Ă©quilibre de la Galaxie Larrondienne entre le « Monde » et la « Marge ».

  • Le Soutien Ă  l’InfrĂ©quentable : Marie-Laure est celle qui accepte et encourage la part d’ombre. C’est par elle et chez elle que se tissent les liens entre Larronde et Jean Genet.
  • La Protection de l’Archange : Elle ne cherche pas Ă  « civiliser » Larronde. Elle admire sa dĂ©rive autant que son gĂ©nie. Elle offre au poète un espace de libertĂ© totale oĂą l’opium, la poĂ©sie hermĂ©tique et la vie nocturne ne sont pas des scandales, mais des Ă©lĂ©ments du dĂ©cor.

3. Convergence Esthétique : La Mode et le Sacré

  • Le Corps ParĂ© : Marie-Laure est la muse et la cliente principale d’Elsa Schiaparelli. Elle porte les bijoux anatomiques et les coupes surrĂ©alistes qui rĂ©sonnent avec la poĂ©sie de Larronde (le corps morcelĂ©, le fĂ©tichisme de l’objet).
  • L’Image du Poète : Elle favorise les rencontres entre Larronde et les portraitistes de son cercle (Christian BĂ©rard, Jean Cocteau). Elle contribue Ă  fixer l’iconographie de Larronde comme une « idole » moderne, aussi prĂ©cieuse qu’un objet de vitrine.

Liens externes

Voir aussi

Laisser un commentaire