COMMENT ORGANISER UNE FÊTE DES HUIT AMOURS ?

Guide pratique pour les villages, les villes et les territoires

Une fĂȘte Ă  inventer, pas Ă  reproduire

La FĂȘte des Huit Amours n’est pas un Ă©vĂ©nement conçu pour ĂȘtre reproduit Ă  l’identique.

Elle est une invitation à créer.

Chaque village, chaque ville, chaque quartier, chaque Ă©cole, chaque association ou chaque territoire est appelĂ© Ă  imaginer sa propre maniĂšre de cĂ©lĂ©brer les Huit Amours en s’appuyant sur son histoire, ses paysages, ses habitants, ses talents et sa culture.

Il n’existe donc pas de modĂšle unique.

Une FĂȘte des Huit Amours organisĂ©e Ă  Bois-le-Roi ne ressemblera pas Ă  celle d’un village des Cyclades, d’une commune de montagne, d’un quartier de Paris ou d’une ville d’Afrique, d’Asie ou d’AmĂ©rique.

Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui fait sa richesse.

Ce qui unit toutes ces fĂȘtes n’est pas leur forme.

C’est leur intention.

CrĂ©er, le temps d’une journĂ©e, des expĂ©riences qui permettent de faire grandir la qualitĂ© des relations humaines.

La FĂȘte des Huit Amours n’est pas un spectacle.

Elle est une Ɠuvre collective.

Une Ɠuvre oĂč chacun peut devenir acteur de la Civilisation de l’Amour.

Partir du territoire

La plus grande erreur serait de commencer par chercher des animations.

Une FĂȘte des Huit Amours ne se construit pas Ă  partir d’un catalogue d’activitĂ©s. Elle naĂźt d’abord de l’identitĂ© d’un lieu.

Chaque territoire possĂšde dĂ©jĂ  des richesses : un paysage, une riviĂšre, une forĂȘt, une place, une Ă©glise, une Ă©cole, une salle des fĂȘtes, un marchĂ©, des associations, des artistes, des artisans, des commerçants, des agriculteurs, des habitants de tous Ăąges.

La premiÚre étape consiste donc à regarder autrement ce qui existe déjà.

Quelles sont les personnes qui savent rassembler ?

Quels lieux invitent naturellement Ă  la rencontre ?

Quelles traditions mĂ©riteraient d’ĂȘtre redĂ©couvertes ?

Quels talents pourraient ĂȘtre mis en lumiĂšre ?

La FĂȘte des Huit Amours ne vient pas ajouter un Ă©vĂ©nement de plus au calendrier.

Elle révÚle ce qui est déjà vivant.

C’est pourquoi deux fĂȘtes ne seront jamais identiques.

À Bois-le-Roi , la forĂȘt et la Seine inspireront naturellement certaines expĂ©riences.

À Syros, ce seront la mer ÉgĂ©e, les places d’ErmoĂșpoli et l’histoire des Cyclades.

Dans un village de montagne, ce seront peut-ĂȘtre les sentiers, les pĂąturages ou les savoir-faire locaux.

Chaque territoire devient ainsi l’auteur de sa propre fĂȘte.

Les Huit Amours offrent une direction commune.

Le territoire en invente la forme.

Faire vivre les Huit Amours

Les Huit Amours ne constituent pas le programme de la journée.

Ils en sont l’esprit.

L’objectif n’est pas de prĂ©voir huit confĂ©rences, huit spectacles ou huit ateliers correspondant chacun Ă  une forme d’amour.

L’objectif est de crĂ©er des situations oĂč les habitants pourront vivre concrĂštement ces diffĂ©rentes dimensions de la relation humaine.

Certaines seront trĂšs simples.

Un repas partagĂ© fera naturellement grandir la StorgĂȘ et la PhilĂ­a.

Une promenade dans la nature éveillera la Biophilía.

Une exposition ou un concert donnera une place Ă  la PhilokalĂ­a.

Un débat public ou un Café des Souhaits favorisera la Philosophía.

Un geste de solidaritĂ© permettra d’expĂ©rimenter l’AgapĂš.

Une danse, une poĂ©sie ou une dĂ©claration d’amour rappelleront la place d’Érƍs dans la vie humaine.

Un moment de silence, de mĂ©ditation ou d’Ă©criture personnelle invitera chacun Ă  retrouver la PhilautĂ­a, cette juste estime de soi sans laquelle il devient difficile d’aimer les autres.

Les Huit Amours ne doivent donc pas ĂȘtre enfermĂ©s dans huit cases.

Ils se rĂ©pondent, se croisent et s’enrichissent mutuellement.

Une mĂȘme activitĂ© peut faire vivre plusieurs amours Ă  la fois.

L’organisateur n’a pas pour mission de tout contrĂŽler.

Il crĂ©e les conditions pour que les rencontres puissent avoir lieu et que chacun reparte avec le sentiment d’avoir vĂ©cu une journĂ©e qui l’a rapprochĂ© des autres, du vivant et de lui-mĂȘme.

Concevoir la fĂȘte comme une Ɠuvre collective

Organiser une FĂȘte des Huit Amours, c’est moins programmer une succession d’activitĂ©s que composer une Ɠuvre collective dont les habitants seront les principaux acteurs.

Comme un jardinier prépare un terrain avant de semer, le créateur culturel prépare les conditions qui permettront aux rencontres de naßtre naturellement.

Avant de choisir les animations, il est utile de se poser quelques questions simples.

Quel est le lieu qui symbolise le mieux notre territoire ?

Une place, un parc, une forĂȘt, une plage, un chĂąteau, une riviĂšre ou une rue peuvent devenir le cƓur de la fĂȘte.

Quelles personnes aimerions-nous voir se rencontrer ?

Les enfants et les anciens, les nouveaux habitants et les familles installĂ©es depuis longtemps, les artistes, les commerçants, les associations, les Ă©lus, les visiteurs…

La qualité de ces rencontres compte davantage que leur nombre.

Que souhaitons-nous faire vivre ?

Un sentiment de gratitude ?

La joie de créer ensemble ?

Le plaisir de partager un repas ?

La découverte du patrimoine ?

Le dialogue entre les générations ?

La solidarité ?

La contemplation de la nature ?

Les réponses à ces questions guideront naturellement le choix des activités.

Enfin, il est important de laisser une place Ă  l’imprĂ©vu.

Les plus beaux moments d’une fĂȘte ne figurent pas toujours dans le programme. Ils naissent souvent d’une conversation inattendue, d’une rencontre, d’un chant improvisĂ©, d’un enfant qui entraĂźne les autres dans un jeu ou d’un inconnu qui dĂ©cide de raconter son histoire.

Une FĂȘte des Huit Amours rĂ©ussie est celle oĂč chacun repart avec le sentiment d’avoir participĂ© Ă  quelque chose qui le dĂ©passe, parce qu’il a contribuĂ©, Ă  sa maniĂšre, Ă  crĂ©er un peu plus de confiance, de beautĂ© et de fraternitĂ© autour de lui.

Les grandes Ă©tapes de l’organisation

Une FĂȘte des Huit Amours peut ĂȘtre prĂ©parĂ©e en quelques semaines ou sur plusieurs mois. L’essentiel n’est pas sa taille, mais la qualitĂ© de la dĂ©marche.

1. Constituer une équipe

Aucune personne ne peut porter seule une telle fĂȘte.

Commencez par réunir quelques habitants motivés : élus, responsables associatifs, enseignants, artistes, commerçants, bénévoles ou simples citoyens.

Cette Ă©quipe n’a pas vocation Ă  tout faire elle-mĂȘme. Elle devient le catalyseur des Ă©nergies du territoire.

2. Choisir un fil conducteur

Chaque Ă©dition peut mettre l’accent sur une dimension particuliĂšre.

Par exemple :

  • la gratitude ;
  • les gĂ©nĂ©rations ;
  • le vivant ;
  • les arts ;
  • l’amitiĂ© entre les peuples ;
  • la transmission ;
  • les paysages ;
  • le dialogue.

Les Huit Amours demeurent présents, mais un thÚme donne une couleur particuliÚre à la journée.

3. Associer les acteurs locaux

Une FĂȘte des Huit Amours rĂ©ussie mobilise naturellement les forces dĂ©jĂ  prĂ©sentes sur le territoire.

Les Ă©coles peuvent prĂ©parer des Ɠuvres.

Les musiciens peuvent proposer un concert.

Les associations peuvent animer des ateliers.

Les commerçants peuvent décorer leurs vitrines ou participer à un repas partagé.

Les agriculteurs peuvent faire découvrir leurs productions.

Les habitants peuvent raconter leur mémoire du village.

Chacun apporte quelque chose.

Personne n’est simple spectateur.

4. Concevoir le parcours de la journée

La fĂȘte doit alterner naturellement les temps de rencontre.

Des moments festifs.

Des temps de création.

Des espaces de dialogue.

Des instants de contemplation.

Des repas.

Des promenades.

Des spectacles.

Cette diversité permet à chacun de trouver sa place.

5. Prévoir un héritage

Une FĂȘte des Huit Amours ne s’achĂšve pas lorsque les participants rentrent chez eux.

Elle laisse une trace.

Un arbre planté.

Une Ɠuvre collective.

Un livre de témoignages.

Une photographie.

Une chanson.

Un nouveau projet.

Une amitié.

Chaque édition devient ainsi une pierre supplémentaire dans la construction de la vie du territoire.

Une infinitĂ© de fĂȘtes possibles

La FĂȘte des Huit Amours ne possĂšde pas de format officiel.

Elle peut prendre des formes trĂšs diffĂ©rentes selon les lieux, les moyens disponibles et les personnes qui l’organisent.

Dans un petit village, quelques dizaines d’habitants rĂ©unis autour d’un repas partagĂ©, d’une promenade et d’un concert peuvent dĂ©jĂ  faire vivre pleinement son esprit.

Dans une ville, la fĂȘte pourra investir plusieurs quartiers, associer les Ă©coles, les associations, les artistes, les commerçants et proposer des animations tout au long de la journĂ©e.

Une école pourra consacrer une journée entiÚre aux Huit Amours à travers des ateliers, des créations artistiques, des lectures, des jeux coopératifs et des projets solidaires.

Une université pourra organiser des conférences, des débats, des expositions et des rencontres internationales.

Une entreprise pourra choisir de mettre Ă  l’honneur la coopĂ©ration, la transmission des savoirs, le bien-ĂȘtre au travail et l’engagement envers le vivant.

Une maison de retraite pourra inviter les habitants Ă  partager les souvenirs, les chansons et les histoires des anciens.

Une paroisse ou toute autre communautĂ© spirituelle pour laquelle la question de l’amour du prochain occupe une place essentielle pourra y voir une occasion de tĂ©moigner de cette dimension fondamentale de sa foi, tout en ouvrant largement la fĂȘte Ă  des personnes d’autres convictions.

La FĂȘte des Huit Amours n’a pas vocation Ă  se substituer aux traditions spirituelles ou philosophiques. Elle offre un espace de rencontre oĂč chacune peut contribuer, avec sa sensibilitĂ© propre, Ă  faire grandir la qualitĂ© des relations humaines.

Partout, l’esprit demeure le mĂȘme.

Faire de la fĂȘte un moment oĂč les relations humaines deviennent plus fortes, plus belles et plus vivantes.

La rĂ©ussite d’une FĂȘte des Huit Amours ne se mesure ni au nombre de participants, ni au budget engagĂ©.

Elle se mesure Ă  la qualitĂ© des rencontres qu’elle aura rendues possibles.

C’est pourquoi une fĂȘte rĂ©unissant cinquante personnes peut parfois laisser une empreinte plus profonde qu’un grand festival accueillant plusieurs milliers de visiteurs.

L’essentiel n’est pas la taille de l’Ă©vĂ©nement.

L’essentiel est la qualitĂ© de l’expĂ©rience humaine qu’il fait naĂźtre.

Une fĂȘte qui peut transformer un territoire

La FĂȘte des Huit Amours ne se limite pas Ă  une journĂ©e de cĂ©lĂ©bration.

Elle peut devenir le point de dĂ©part d’une dynamique durable.

Lorsqu’un territoire apprend Ă  faire dialoguer ses habitants, Ă  mettre en valeur ses talents, Ă  associer les gĂ©nĂ©rations, Ă  prendre soin de son patrimoine et du vivant, il ne crĂ©e pas seulement un Ă©vĂ©nement rĂ©ussi.

Il renforce peu à peu sa capacité à vivre ensemble.

Les liens de confiance se développent.

De nouvelles initiatives voient le jour.

Des projets naissent entre des personnes qui ne se connaissaient pas auparavant.

Les habitants dĂ©couvrent qu’ils partagent un bien commun plus prĂ©cieux encore que leurs Ă©quipements ou leurs infrastructures : la qualitĂ© de leurs relations.

C’est pourquoi la FĂȘte des Huit Amours peut devenir un rendez-vous annuel.

Chaque édition ne répÚte pas la précédente.

Elle raconte une nouvelle étape de la vie du territoire.

Au fil des annĂ©es, la fĂȘte devient une mĂ©moire vivante.

Elle accompagne les joies, les épreuves, les transformations et les espérances de celles et ceux qui habitent ce lieu.

Ainsi, un village, une ville ou un quartier ne cĂ©lĂšbre plus seulement une fĂȘte.

Il apprend progressivement à habiter poëtiquement son territoire.

Et, en rejoignant d’autres communes qui organisent Ă  leur tour une FĂȘte des Huit Amours, il contribue Ă  faire naĂźtre un vaste rĂ©seau d’expĂ©riences, de rencontres et de crĂ©ations.

Une fĂȘte locale devient alors un geste universel.

Car la Civilisation de l’Amour ne se dĂ©crĂšte pas.

Elle se construit, territoire aprĂšs territoire, rencontre aprĂšs rencontre, fĂȘte aprĂšs fĂȘte.

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