« Tous les chemins de l’art » pour un monde meilleur!

Un monde meilleur commence par l’imagination « 

M. Yunus, prix Nobel de la paix en 2008.

Ou quand tout commence par le simple désir d’une mère de confectionner un gâteau au chocolat original à l’occasion de l’anniversaire de sa fille Lola, « apprentie-violoniste »…

« Tous les chemins de l’art » est une initiative qui vise à mettre en place une dynamique créative collective au service du développement culturel, social et économique d’un territoire.

Tout d’abord, interrogeons le mot « art ».

Son étymologie nous renvoie à  » manière d’être » et à « façon d’agir ». Entrer dans un chemin artistique veut dire ainsi entrer dans une transformation de sa manière d’être au monde et sa façon d’agir. Nous voyons donc que cela concerne chacun et non pas essentiellement les « artistes dits professionnels ». Entrer dans un chemin artistique dans lequel l’imagination et la créativité sont sollicitées, permet à chacun de « retrouver l’artiste qui est en lui ». Certains auteurs parlent de « retrouver son artiste intérieur », voir son « enfant intérieur », et il est vrai qu’il s’agit de retrouver d’une certaine manière une aptitude à « jouer ». Le jeu faisant partie intégrante de la création.

Maintenant, allons sur notre sujet et je vais tenter de vous montrer simplement en quoi consiste cette initiative ludique et très porteuse en terme de développement socio-économique.

Tout dans la vie, chaque situation, chaque objet, chaque phénomène, chaque activité, peut devenir un thème artistique et qui peut être traité selon chacune des disciplines : l’écriture (nouvelles, poésie, théâtre), cinéma, sculpture, peinture, happening etc.. Elles offrent donc chacune la possibilité de s’initier à ces différentes formes d’expression artistique.

Prenons, pour la démonstration, un seul exemple, et choisissons le « thème du chocolat ».

Qu’est ce que nous inspire cette matière?

Déjà, nous pouvons écrire quelques mots sur ce qui nous vient à l’esprit quand nous voyons du chocolat. Fermons les yeux, si cela nous est plus facile, et laissons apparaître une image de chocolat. Que voyons nous? une fève? des paysans qui les récoltent? une tablette de chocolat dans un super marché? un gâteau au chocolat dans la vitrine du boulanger du village?

Nous n’avons plus qu’à noter ces images et les impressions qu’elle nous donnent (on peut faire appel à ses cinq sens). Nous avons là un deuxième « matériau chocolaté » sous forme d’un texte court. A partir de là, nous pouvons traiter ce texte sous la forme d’un poème ou bien d’une petite nouvelle. Et de ce matériau nous pouvons même, pour les plus chevronnés, en extraire le synopsis d’un film ou d’une pièce de théâtre.

Nous pouvons aussi, plus simplement, avoir envie de confectionner un gâteau au chocolat.

Mais pour quelle occasion? Un mariage, un anniversaire, un goûter pour les enfants, ou une soirée entre amis? Selon l’occasion, on choisira alors le thème de la décoration. Imaginons que ce gâteau soit pensé pour fêter la réussite de l’un de ses enfants à un examen de violon au conservatoire municipal. Alors on pourra imaginer le décorer avec des notes de musique en pâte d’amande et mettre une petite violoniste en chocolat au milieu. Imaginons maintenant un magasin de mode qui voudrait faire quelque chose d’orignal. Alors, il peut, comme cela s’est d’ailleurs déjà fait très brillamment, s’essayer à la confection de robes en chocolat. Le chocolat est un matériau qui permet de sculpter toutes les formes que nous voulons. On peut faire des statues en chocolat, des petites voitures en chocolat, des instruments de musique en chocolat, et même reconstituer une gare miniature ou la place d’un village en chocolat. En fait, on peut tout imaginer avec cette matière très malléable.

Puis, selon les pays d’origine du chocolat, on pourra s’inspirer de leur art et de leur culture. Pour un chocolat brésilien par exemple, on pourra s’inspirer des costumes ou des instruments de musique du Brésil. Le chocolat, dont la culture est présente dans de nombreux pays, est donc une source d’inspiration très vaste.

“L’art sur le chemin du chocolat”

Maintenant, allons au plus près de cette question de développement socio-économique que nous permet de dynamiser cette initiative de « tous les chemins de l’art » et plus particulièrement ici de “l’art sur le chemin du chocolat”. Pour arriver à ses fins, la mère de famille qui voulait confectionner un gâteau au chocolat original, un « gâteau artistique » donc, puisque toute recherche d’originalité s’inscrit dans un processus créatif, devra justement « ouvrir un chemin » pour aller se procurer le chocolat dans des magasins d’alimentation ou chez le boulanger. Elle ouvrira ainsi un premier itinéraire de chez elle au lieu de vente. Elle aura traversé différents quartiers du village, éventuellement échangé avec des connaissances rencontrées par hasard. Voir même assisté à des événements imprévus ou vu des choses et des personnes nouvelles. C’est une petite histoire qu’elle à commencé à écrire. Et elle pourra d’ailleurs noter tout ce qu’elle aura vu durant son petit voyage, ce qui pourra donner naissance à des « nouvelles littéraires » par exemple. Mais surtout, cette prise de note lui permettra d’avoir non seulement un matériau pour créer mais également de développer son sens de l’observation. Le même voyage, que l’on fait peut être deux fois par jour, n’est jamais le même, pour peu qu’on lève un peu la tête de ses pensées et que l’on se mette tout simplement à observer ce qui se passe autour de nous. « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », disait un auteur grec de l’antiquité.

La voici donc arrivée chez le boulanger du village pour lui acheter du chocolat. Mais cette fois-ci, ce sera un peu différent, parce qu’elle va provoquer un échange nouveau avec lui. Elle pourra l’informer qu’elle cherche du chocolat pour faire des petites sculptures pour décorer le gâteau de son fils Maxence qui a réussi son examen de violon. De là, le boulanger ira chercher le meilleur matériau chocolaté ainsi que des modèles. La maman et le boulanger vont ainsi engager une discussion créative et donc stimuler mutuellement leur propre créativité tout en engageant ou approfondissant des liens d’amitié. Puis la maman va proposer une transaction à son boulanger en lui disant. « Si je fais une sculpture en chocolat et que j’exposerai dans votre vitrine mais aussi dans d’autres magasins ou établissements du village et que je mettrai une petite affiche de votre boulangerie en disant que c’est grâce à votre générosité que j’ai pu réaliser ces sculptures, seriez-vous prêt à me fournir gratuitement le chocolat? Ce sera pour vous une façon originale et amusante de faire votre publicité, car cela montrera que vous êtes tout prêt à soutenir toute initiative originale dans le village ».

A partir de là, à moins que la boulangère ne soit vraiment pas joueuse et n’ait pas le sens du commerce, elle devrait accepter. Et si non, tant pis, la maman ira chez un autre boulanger. Ce qui lui permettra d’ailleurs d’ouvrir son champ relationnel en rencontrant de nouvelles personnes et en traversant de nouvelles situations. Et de découvrir aussi d’un œil neuf un nouvel itinéraire géographique. Peut-être même qu’aucun boulanger du village n’acceptera de rentrer dans cette initiative, alors elle ira dans un autre village, et peut-être encore dans un autre village, le Pays de la Forêt de Fontainebleau (NDA ce texte est écrit à la base pour ce territoire mais peu s’ouvrir non seulement à tous les villages de France mais aussi du monde) est vaste et comporte de nombreux villages. Sans le savoir encore, elle est en train d’ouvrir un itinéraire touristique autour du chocolat. D’où l’importance de noter tout ce qu’elle a vécu à son retour à la maison car cela servira à un développement touristique « de proximité » et « participatif » (avec tous ceux qui auront envie de participer à son aventure).

Là voilà maintenant rentrée chez elle pour confectionner son « gâteau artistique en chocolat ». Elle ouvre internet pour se documenter et, pensant que le mieux étant de commencer par faire quelques recherches sur le pays d’origine du chocolat afin de trouver des recettes originales et confectionner les statuettes en chocolat _ et comme au centre du gâteau il y aura une violoniste avec son violon _ alors elle tape sur google image : « violon + Brésil ». Et une foule de violonistes brésiliens, en costumes bigarrés, apparaissent sur son écran comme autant de sources d’inspiration.

Puis, au hasard de ses recherches, elle pourra rencontrer une danseuse folklorique brésilienne qui danse au son d’un violon sur google image. « Tiens, pourquoi n’ajouterais-je pas une petite danseuse en chocolat »? se dit-elle? Et là voilà à s’amuser à modeler ce petit violoniste et cette petite danseuse avec son chocolat d’origine brésilienne. Peut être que cela lui paraîtra un peu difficile et elle ira là encore sur google voir si elle peut trouver des conseils. Peut être même que dans son quartier il existe un artiste plasticien qui pourra la conseiller. Par chance, il existe un cours d’arts plastiques dans son village et, en discutant avec le professeur, celui-ci lui dit que ce serait intéressant de proposer cette démarche à une des ses amies, sculptrice et couturière de mode. La maman y va et cette dernière se montre tout à fait intéressée. Elle va alors à son tour se lancer dans une recherche de chocolat, mais « en gros » parce qu’elle aura besoin de beaucoup de matière pour confectionner ses robes en chocolat. Et elle proposera le même « deal » au grossiste en chocolat : “vous me donnez gratuitement le chocolat et même je vous invite à sponsoriser le défilé de mode de robes en chocolat que je pourrais organiser dans des boutiques de prêt à porter”. Là encore, si le grossiste à le sens du commerce, et en général il l’a vu que c’est son métier, il acceptera de sponsoriser pour son plus grand profit cette initiative originale.

A ce stade de l’histoire, nous avons ainsi plusieurs personnes qui travaillent ensemble sur le même projet : la maman qui confectionne un gâteau artistique en chocolat, le professeur d’art plastique et ses élèves qui confectionnent des statuettes en chocolat et la sculptrice créatrice de mode qui invente des robes en chocolat. Voilà de quoi faire déjà un bel anniversaire bien original!

Tout le monde travaille ainsi dans son coin, tout en échangeant sur leurs difficultés et cherchant à trouver des solutions ensemble, selon les compétences de chacun. La maman qui travaille à son gâteau artistique en chocolat se trouve alors portée par l’inspiration. Et elle se dit : « puisque je veux faire un gâteau avec une petite violoniste et une petite danseuse, ce serait bien que j’aille au conservatoire pour voir si je ne pourrais pas organiser chez moi un petit concert avec quelques élèves de la classe mon enfant et des élèves de la classe de danse”.

Elle part ainsi voit le directeur du conservatoire qui se voit emballé par cette proposition et qui lui dit : « dans ces conditions, pourquoi ne pas organiser cet anniversaire si original dans la grande salle du conservatoire et faire venir d’autres élèves et leurs parents? Ce serait une manière originale de développer de la convivialité et de permettre à cette dynamique créative collective d’avoir encore plus d’échos. ». La maman, à son tour emballée, et qui n’aurait jamais cru que cette simple initiative ait pu donner un développement aussi riche, accepte de tout cœur. Elle a juste un peu le trac de ne pas arriver à faire un gâteau à la hauteur de l’événement. “Mais avec un peu d’aide, tout devrait bien aller”, se dit-elle.

Et voilà le directeur du conservatoire occupé dans son bureau à chercher sur internet des partitions de musique traditionnelle brésilienne, tandis que la professeur de danse fait des recherches similaires sur la danse folklorique de ce pays. Bien sûr, le directeur aura trouvé quelques partitions faciles à jouer mais, au cours de ses recherches, il s’est intéressé à l’enseignement de la musique au Brésil et il est tombé sur El Systéma, une organisation qui travaille à l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté dans les favelas par le biais de la musique classique. Il étudie alors le travail de cette organisation et s’aperçoit qu’il y a de nombreux éléments qui pourraient être repris en France pour rendre la musique classique plus attractive et lui faire jouer un rôle social important. Il prend contact avec le directeur de ce conservatoire brésilien qui est enchanté de trouver une personne intéressée par ses activités novatrices. Ils entrent ainsi en correspondance et peu à peu se dessine l’idée d’organiser une sorte de jumelage artistique et culturel entre les deux villes de France et du Brésil, Bois-le-Roi et Sao Paulo par exemple, pour le Pays de Fontainebleau. Le directeur français lui parle notamment de ce « projet artistique autour du chocolat », ce qui emballe le directeur du conservatoire brésilien au point de décider de faire la même chose dans son quartier de Sao Paulo. « Décidément, ce tout petit premier voyage entre chez moi et la boulangerie du village à déjà largement franchi les frontières, comme c’est étonnant et exaltant! » S’exclama, toute joyeuse, la maman derrière son fourneau.

Et nous voici, le jour de l’anniversaire, dans la grande salle du conservatoire municipal. Tous les élèves sont réunis et la salle est éteinte. Maxence, l’apprenti-violoniste entre, et d’un coup, la lumière s’allume au son des violons qui jouent une danse brésilienne très chaleureuse, comme les brésiliens s’y entendent, tandis que de jeunes danseuses en costumes de chocolat entrent l’une après l’autre pour former le chœur. Puis, a la fin de la danse d’accueil, la lumière s’éteint de nouveau et on voit apparaître les 10 bougies allumées des 10 ans de la jeune violoniste luire dans l’obscurité et éclairer un magnifique gâteau en chocolat avec une petite violoniste et une petite danseuse en chocolat dessus. Le reporter vidéaste local filme l’ensemble de la scène afin que la vidéo puisse circuler partout, dans les écoles et les conservatoires, et bien sûr être envoyée au Brésil. En attendant que le nouveau partenariat artistique et culturel franco-brésilien se développe et que des événements communs puissent être organisés en temps réel par téléconférence. Les parents présents s’extasient devant la beauté des robes en chocolat et, séduits par l’originalité de la démarche, promettent à l’artiste d’aller visiter son atelier pour découvrir son œuvre ainsi que d’assister aux défilés qu’elle organisera dans les boutiques de mode. Puis ils disent bonjour chaleureusement à la boulangère pour la remercier d’avoir participé à cet événement hors du commun . Bien sûr, les autres boulangers qui n’auront pas voulu participer s’en mordront les doigts quand ils seront mis au courant du succès de cette initiative. Mais ce n’est pas non plus grave car le mouvement étant lancé et comprenant maintenant jusqu’où cela peut aller (à l’infini!), ils pourront entrer en jeu quand ils le voudront. En effet, cet événement ayant suscité un si fort désir de participer dans la population que les boulangers du village voient de nouveaux et nombreux parents venir chercher du chocolat pour faire à leur tour des gâteaux artistiques en chocolat sur le thème de leur choix pour l’anniversaire de leurs enfants, ou pour recevoir des amis d’une manière originale.

Et l’art sur le chemin du chocolat est parti et plus rien ne pourra l’arrêter!

Le grossiste qui était présent a été si heureux de participer à cet événement qui lui a fait une si belle publicité qu’il a décidé d’entrer lui aussi en jeu et de mettre à disposition gratuitement, non seulement la matière première, mais aussi d’ouvrir à cette initiative son réseau international, et particulièrement d’ouvrir son réseau brésilien. “L’art sur le chemin du chocolat” partit dès lors pour sa grande tournée mondiale! Les sponsorings se multiplièrent et l’argent, né d’une dynamique artistique, culturelle et sociale sans cesse en ouverture et en progression, commença à affluer, permettant de financer son développement et même de créer des emplois, et pas en chocolat! Toutes ces recherches auront permis de relier des hommes et des lieux et auront donné une base pour créer un itinéraire artistique et participatif qui pourra aller de boulangerie en boulangerie, de lieu d’exposition en lieu d’exposition, c’est-à dire-tous les espaces privés pouvant accueillir un peu de public, hall d’hôtel, salle de restaurant etc. et exposer les « créations en chocolat ». Elles auront alors permis d’ouvrir un premier circuit touristique gastronomique, artistique et participatif au sein du village et qui relie tous les villages du pays de Fontainebleau (et pour les habitants d’autres villages, autour de leur propre localité) . Et « l’art sur le chemin du chocolat » aura initié d’une manière organique le développement de ce que l’on appelle le « mécénat de proximité » et le sponsoring local et international.

Ce chemin d’art sur le thème du chocolat pourra se connecter à d’autres chemins d’art, comme déjà ceux qu’il aura permis ici de relier : « l’art sur le chemin de la gastronomie », « l’art sur le chemin de la musique », « l’art sur le chemin de la danse », « l’art sur le chemin de la mode » et qui eux-mêmes pourront établir d’autres connexions avec une multitude d’autres “chemins d’art” et ouvrir de nouveaux itinéraires de tourisme à thème. En partant de la simple idée de faire un gâteau au chocolat original, nous avons vu ici tous les développements que cela permet, tous les fils qu’il est possible de tirer. Ainsi, non seulement toute idée peut devenir l’objet d’un chemin d’art mais tous les chemins d’art peuvent se connecter entre eux et ouvrir de nouveaux chemins touristiques. Et tout ceci pour le plus grand bien des populations qui y verront l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes autour d’initiatives créatives, et ce qui permet ainsi de stimuler la créativité de chacun et d’aller ensemble vers de la création de richesse et qui n’est pas seulement à comprendre sur un plan uniquement monétaire. Et nous pouvons aussi remarquer que tout ceci n’a pas eu besoin d’argent public pour se développer et montre, dans les faits, que l’art et la culture sont le véritable moteur de la création de richesse dans un territoire. C’est ce que l’on peut comprendre par l’expression de « développement culturel, social et économique » et qui n’est autre qu’une appellation un peu technique du fait de « construire ensemble un monde meilleur« .

Art sur le Chemin du Chocolat

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