Dujardin au Val-Changis

Portrait d’Édouard Dujardin par son fils, Emile. Val Changis, 8 mars 1905

Le 5 décembre dernier, j’annonçais ici que les poètes auraient bientôt, dans le département de Seine-et-Marne, leur maison de repos. Le Conseil général de ce département avait en effet, sur la proposition de MM. Pierre Mortier et Jacques-Louis Dumesnil, sénateur, voté une somme annuelle de vingt-cinq mille francs destinée à assurer la vie matérielle d’un vieux poète dans un domaine appartenant présentement à un écrivain dont je ne me croyais pas autorisé à dire le nom, domaine qui deviendrait la maison de repos des poètes, des poètes symbolistes de préférence.
Rien ne s’oppose plus aujourd’hui à ce que je sorte de la réserve qui s’imposait encore il y a deux mois. Disons donc que la propriété donnée au département de Seine-et-Marne, à charge pour lui d’y faire les frais d’un « lit » auxquels seront joints d’autres « lits » entretenus par d’autres bienfaiteurs, n’est autre que le Val-Changis d’Edouard Dujardin. Depuis trente-cinq ans tout ce qui compte dans la littérature symboliste, post-symboliste et même dans le roman et le journalisme, tous les pèlerins de Valvins ont passé sous les beaux ombrages du Val-Changis et dîné aux flambeaux dans la grande salle à manger au mur de laquelle s’enlève, peint par Anquetin, un nébuleux mais vraiment triomphal triomphe d’Apollon.

Source : https://www.paperblog.fr/1424924/petite-histoire-de-l-academie-mallarme-les-preparatifs/

Portrait d’Édouard Dujardin (1898) par Vallotton

Édouard Émile Louis Dujardin, né à Saint-Gervais-la-Forêt (Loir-et-Cher) le 10 novembre 1861 et mort à Paris le 31 octobre 1949, est un romancier, poète et auteur dramatique français. Sa nouvelle Les lauriers sont coupés fit de lui l’un des précurseurs de la technique du courant de conscience.

En savoir plus sur wikipedia

Édouard Dujardin
http://www.apophtegme.com/ALBUM/MARIE/dujardin.htm

Quelques visites enchantent les jours. Le 26 août 1894, Mallarmé prend le train jusqu’à Marlotte où villégiaturent Dujardin et son ami le peintre « cloisonniste » Louis Anquetin. Le repas est l’occasion de nombreuses réminiscences : les beaux temps de La Revue Wagnérienne, ceux de la Revue Indépendante. A l’heure où ils déroulent ces souvenirs, Régnier, invité en Touraine au château de Nazelles chez Viélé-Griffin, parle du maître bien aimé, de ses minuties, de ses madrigaux admirables et de la « Bible » latente qu’il conçoit et dont parfois pour ses auditeurs il dessine le mirage. « C’est la plus étonnante aventure littéraire de ce siècle », conclut-il alors que la nuit tombe.

(J.L. Steinmetz, p. 395)


Brünnhilde, lithographie par Odilon Redon. (RW, 8 août 1885)

Dandy célèbre pour ses gants blancs, Édouard Dujardin fonde en 1884, avec Houston Chamberlain (1855-1927), le gendre de Wagner, La Revue wagnérienne, à laquelle collabore Mallarmé, Mendès, Villiers, Elémir Bourges. En 1885 Mallarmé écrit pour cette revue Richard Wagner, rêverie d’un poète français « moitié article, moitié poème en prose » comme il le dit dans une lettre du 5 juillet 1885.

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