Ganymède

Thorvaldsen, Ganymède et l’aigle (marbre), 1817.

La mythologie grecque nous rapporte que Zeus, le maĂ®tre des Dieux, connut un jour une grande passion pour Ganymède. « Pour garder toujours auprès de lui celui qu’il estimait le plus beau des mortels, il rĂ©solut de l’enlever de la terre et d’en faire dans l’Olympe son gracieux Ă©chanson. Or, un soir que Ganymède, encore jeune berger, tout en gardant son troupeau sur les pentes herbeuses du mont Ida, Ă©tait assis sur un rocher et jouait de la flĂ»te, Zeus, transformĂ© en aigle de grand vol, s’abattit soudain derrière lui. Il agrippa ses serres, rendues inoffensives, aux flancs du jouvenceau, piqua son bec en ses cheveux, dĂ©ploya ses ailes vigoureuses, et enleva ce bel adolescent. Au lieu de fromage et de lait, il se nourrit comme les Dieux, de nectar et d’ambroisie, et il obtint ainsi, pour charmer le regard heureux des Immortels, le privilège d’une Ă©ternelle jeunesse.

Sur un plan symbolique, mentionnons tout d’abord que Ganymède Ă©tait un berger. Or, en raison du fait que les bergers passent de longues heures Ă  observer les troupeaux dont ils ont la charge, ils dĂ©veloppent gĂ©nĂ©ralement une rĂ©ceptivitĂ© particulièrement vive face Ă  tout ce qui les entourent. En outre, la solitude associĂ©e Ă  leur tâche nourrit bien souvent chez eux une vie intĂ©rieure intense. Dans cette perspective, Ganymède reprĂ©sente celui qui, totalement ouvert et disponibles aux rĂ©alitĂ©s intĂ©rieures (Ă  celles de l’esprit), rayonne tout autour de lui une lumière spirituelle (ce que reprĂ©sente sa beautĂ©). Quand Ă  Zeus, il incarne bien Ă©videmment la divinitĂ© elle-mĂŞme qui affranchit l’homme de toute structure limitative inhĂ©rente Ă  sa condition terrestre pour le faire participer aux rĂ©alitĂ©s divines. A ce titre, il apparut d’ailleurs Ă  Ganymède sous la forme d’un aigle. Or, les anciens considĂ©raient cet oiseau comme l’emblème de la divinitĂ©. En ce sens, ils lui attribuaient la rĂ©putation d’Ă©voluer dans les plus hautes rĂ©gions du ciel.

Participant dès lors aux rĂ©alitĂ© divines, Ganymède fut donc chargĂ© de communiquer l’amour dont il Ă©tait porteur. En ce sens, le vase, rempli de l’Ă©lixir de vie (de l’amour), qu’il tient entre ses mains, symbolise le cĹ“ur de celui qui, devenu totalement disponible Ă  l’influx divin, permet Ă  cette force divine de s’Ă©couler sur le monde pour le fĂ©conder et le conduire Ă  sa rĂ©demption. Quand Ă  l’ambroisie des dieux dont il se nourrit et qu’il distribue autour de lui, elle correspond Ă©videmment Ă  l’amour. En effet, tout comme l’ambroisie confère l’immortalitĂ©, l’amour transcende le plan terrestre, affranchissant l’ĂŞtre des limites de l’espace et du temps. De mĂŞme, comme l’ambroisie est un baume qui panse toute plaie, l’amour se rĂ©vèle une vĂ©ritable panacĂ©e contre les maux de la Terre.

Source : Astrologie sacrée et symbolisme initiatique. CR Payeur.

Ganymède est associé au signe du Verseau.
Voir aussi : Barbizon, le Village du Nouveau Monde, dans le signe du Verseau, du 21 janvier au 19 fĂ©vrier

Saint Jean l’EvangĂ©liste

Nous pouvons voir en la personne de Jean, le Ganymède chrétien, d’autant plus que l’attribut associé traditionnellement à ce disciple est un aigle, ce même oiseau qui transporta le bel adolescent vers la demeure de Zeus. Plus encore, saint Jean fut très souvent représenté en Occident sous les traits d’un adolescent vierge et imberbe, une autre caractéristique qu’il partage avec Ganymède qui obtint des dieux le privilège d’une éternelle jeunesse.

Publié par Michaël VINSON

Poëte et Créateur Culturel Pays de Fontainebleau & Carladez : Art, Culture et Territoires Pour une Poëtique de la Vie

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