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- Enfance et adolescence au Japon
- Arrivée à Paris
- Parcours artistique
- Oeuvres
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En bref
Foujita, coupe au bol et lunettes rondes sur le nez, fut l’un des grands acteurs des Années folles, adoré pour son exotisme et son originalité. Le plus japonais des peintres de l’École de Paris, Léonard Tsuguharu Foujita (1886–1968), a débarqué dans la capitale en 1913. Ami de Picasso et de Modigliani, l’artiste a fait de la femme et des chats ses sujets de prédilection. Son trait calligraphique rappelle la tradition japonaise dont il est issu. Foujita a connu de nombreux succès pour ses tableaux mondains et, converti au catholicisme, a consacré la fin de sa vie à des sujets mystiques.
En savoir plus Foujita en deux minutes
Enfance et adolescence au Japon
Tsuguharu (HĂ©ritier de la Paix) Fujita (Foujita à son arrivĂ©e en France) est fils du gĂ©nĂ©ral Tsuguakira Fujita, mĂ©decin de l’ArmĂ©e impĂ©riale japonaise et de Masa, qui meurt prĂ©maturĂ©ment en 1891 Ă Â Kumamoto. Tsuguharu a un frère aĂ®nĂ© et deux sĹ“urs qui le protègent au moment de la mort de leur père. Le berceau familial est particulièrement cultivĂ© et ouvert aux idĂ©es occidentales nouvelles pour le Japon de l’Ă©poque.
Inscrit aux cours de français dès l’Ă©cole primaire, Tsuguharu Ă©tudie la peinture de style occidental aux Beaux-Arts de TĹŤkyĹŤ, obtient son diplĂ´me en 1910 et n’a qu’une idĂ©e en tĂŞte : aller Ă Paris. En 1913, il s’embarque finalement pour Marseille et dĂ©barque Ă Paris dans le quartier du Montparnasse le 6 aoĂ»t au matin. Il s’est engagĂ© auprès de sa famille Ă revenir au bout de trois ans, notamment pour Ă©pouser sa fiancĂ©e Tomiko.
Arrivée à Paris

Le lendemain de son arrivĂ©e, le peintre chilien Manuel Ortiz de Zarate, qui l’aborde Ă la terrasse d’un cafĂ©, l’entraĂ®ne chez Pablo Picasso qui provoque le premier grand choc de sa vie d’artiste. Les compositions cubistes et les peintures du Douanier Rousseau de l’atelier de Picasso le poussent Ă oublier ce qu’il sait et Ă se jeter Ă fond dans la bataille des avant-gardes de l’art moderne que livre une centaine d’artistes de son âge dĂ©cidĂ©s comme lui Ă imposer leurs idĂ©es nouvelles Ă Paris. DĂ©jĂ bien avant la Première Guerre mondiale, l’École de Paris existe pour Ă©clore tout Ă fait après 1918. Foujita en devient l’une des stars. Amedeo Modigliani, Jules Pascin, Hermine David, Carl Cohnen, MoĂŻse Kisling, Chana Orloff, ChaĂŻm Soutine, AndrĂ© Derain, Maurice de Vlaminck, Fernand LĂ©ger, Juan Gris, Michális IkonĂłmou, Henri Matisse et, en gĂ©nĂ©ral, tous ses voisins de Montparnasse, dont le peintre japonais Ruytchi Souzouki, deviennent ses amis.
Un second japonisme
Le succès de Foujita tient Ă son style tellement original et nouveau qui le situe Ă la frontière de l’Orient et de l’Occident, dans un registre oĂą il excelle. Ses sujets, de prĂ©fĂ©rence occidentaux, sont dessinĂ©s avec sobriĂ©tĂ© et minutie sur des fonds ivoire de sa fabrication, qui lui permettent de dĂ©poser un fin et vigoureux trait noir et des couleurs Ă l’huile transparentes et lĂ©gères. Foujita remet en vigueur un second japonisme. Ses tableaux de femmes, d’enfants et de chats entrent dans les plus grandes collections. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Tsugouharu_Foujita?fbclid=IwY2xjawFmOWVleHRuA2FlbQIxMQABHTezqL6mlc68BVk1gu2QTNGf2-7-f85RG23xXkMfoenXzT6kXty4PxBZmw_aem_HlOm2SYDDdU7jwumGfjojA#Le_triomphe_des_Ann%C3%A9es_folles_%C3%A0_Montparnasse
Parcours artistique
Période des années 1920 et 1930
En 1921, il voyage en Italie. Il est impressionné notamment par les œuvres de Michel-Ange à la chapelle Sixtine. À partir de 1923, il intensifie le modelé de ses corps. Il réalise des études détaillées de l’anatomie à partir d’un travail préparatoire à la mine de plomb, au fusain et à l’encre. Ses fonds semblaient aussi lisses et satinés que de l’ivoire. L’utilisation seule de teintes grisées sur un blanc opale fait écho à la sculpture. L’intérêt de Foujita pour l’art de la Renaissance (les œuvres du XVIe siècle et celles du Trecento) est commun avec d’autres peintres de l’entre-deux guerres. Ce retour au classicisme, à la représentation de la figure humaine et ce goût pour la fréquentation des musées d’art est défini dans la peinture comme un « rappel à l’ordre » (terme emprunté à un opuscule de Jean Cocteau, paru en 1926).
Foujita se distingue cependant de ses contemporains en employant une technique qui ressemble Ă celle de la peinture sur ivoire. Sa technique se caractĂ©rise par l’utilisation du cernĂ© noir rĂ©alisĂ© avec un pinceau fin et l’emploi de couleurs finement poudrĂ©es posĂ©es en transparence. Ă€ une Ă©poque oĂą beaucoup de ses contemporains mettaient en Ĺ“uvre une couleur pure avec une accumulation de la matière, Foujita mettait au point une Ĺ“uvre toute en transparence, plus proche du dessin que de la peinture.
Il ne rĂ©alise plus de grands groupes de nus dans les annĂ©es 1930, mĂŞme si son attrait pour le monumental se poursuit. Ses Ĺ“uvres deviennent plus colorĂ©es, linĂ©aires et narratives. En 1930, il peint quatre tableaux : Le Salon Ă Montparnasse, La Dompteuse au lion, Trois femmes et Le Triomphe de la vie sur la mort. Les formes de ses modèles fĂ©minins sont outrancières : ces Ĺ“uvres d’une cruditĂ© jusque-lĂ inconnue l’Ă©loignent du raffinement et de l’élĂ©gance de ses Ĺ“uvres antĂ©rieures, caractĂ©risĂ©es par une ligne Ă©purĂ©e des personnages, la dĂ©licatesse des tonalitĂ©s et l’aspect quasi Ă©maillĂ© de ses tableaux.

Peu attirĂ© par l’audace des compositions cubistes en vogue Ă son Ă©poque, Foujita prĂ©fère retenir dans la peinture occidentale l’art de la figuration, l’art du rendu des volumes, le sens des ombres qui modulent les formes, la souplesse de la ligne. Il porte une attention particulière Ă l’art du glacis qui, par superposition de fines couches de peinture Ă l’huile, apporte de la transparence aux couleurs d’impression.
Des techniques orientales de la peinture, il retient l’art de l’estampe de l’époque Edo, l’ukiyo-e (travail avec des couleurs Ă l’eau appliquĂ©es par frottement Ă l’aide d’un tampon Ă feuilles de bambou, le baren). La transparence des coloris obtenus valorise le tracĂ© de contour exĂ©cutĂ© Ă l’encre : le sumi. En utilisant simultanĂ©ment la technique de la peinture Ă l’huile et celle des estampes, les Ĺ“uvres de Foujita prĂ©sentent un caractère inĂ©dit. Ses huiles sur toile ressemblent plus Ă des dessins et sa matière picturale semble presque Ă©vanescente. Les critiques français ont employĂ© l’expression « grands fonds blancs » pour qualifier ses Ĺ“uvres, tandis que les critiques japonais ont utilisĂ© la formule « blancheur de lait ».
En 1928, il réalise quatre tableaux de format carré mesurant chacun trois mètres sur trois. Cet ensemble composé de deux diptyques propose d’une part des lutteurs (diptyque Combats) et, d’autre part, des personnes enlacées et alanguies (diptyque Grande composition avec le panneau de gauche intitulé Composition au lion et le panneau de droite Composition au chien). Deux atmosphères antagonistes se dégagent de l’ensemble avec une vision dynamique (Combats) d’un côté et plus sereine de l’autre (Grande composition).
Les corps des personnages des tableaux sont inspirĂ©s par ceux de la sculpture grecque (les kouroi), de Michel-Ange et de Rodin (Le Baiser), des Ĺ“uvres de la Renaissance italienne, de L’Enlèvement des Sabines, de Poussin et de VĂ©nus Ă son miroir, de Diego VĂ©lasquez. L’iridescence des fonds qui rappellent l’utilisation, par les artistes de l’ukiyo-e, de mica, de coquillage et la sĂ»retĂ© du trait tĂ©moignent de l’influence orientale. Foujita commence par rĂ©aliser sur papier des dessins Ă la mine de plomb, au fusain et Ă l’encre. Sur ces premières esquisses, il ajoute des ombres. Il reprend ensuite chacun des motifs sur des calques, parfois teintĂ©s, reproduisant plusieurs fois son tracĂ©. Ce dessin prĂ©paratoire sur papier transparent est inspirĂ© de l’art de l’estampe japonaise, oĂą le peintre trace d’abord le sujet Ă grands traits, le dessin Ă l’encre Ă©tant ensuite repris par le graveur qui fait ressortir les lignes en un tracĂ© continu et fin. Foujita s’inspire de cette technique en utilisant des calques pour en relever les contours sur la toile, soit par transparence en les apposant au revers du tableau qu’il Ă©claire, soit de mĂ©moire en plaçant le dessin Ă cĂ´tĂ© de son châssis. Il utilise directement l’encre ou l’huile avec un pinceau fin japonais.
Parfois, Foujita peut réaliser un dessin préparatoire d’ensemble, comme pour le tableau Avec qui voulez-vous lutter ? (1957). Il découpe ensuite le papier figure par figure, avant de réaliser le tableau définitif. Cette technique, inspirée de la tradition japonaise, lui permet de reproduire plus facilement à main levée son motif sur la toile en séparant chacune des figures. Dans l’art du tsukuri-e (« dessin construit »), le peintre dessine une première esquisse très détaillée puis la reproduit plusieurs fois plus ou moins librement avant de commencer son travail définitif en découpant scène par scène sa composition. Foujita dessinait souvent en étant accroupi comme le font beaucoup de peintres japonais.
La reproduction de mémoire des esquisses préparatoires permet au peintre d’intégrer un jeu de représentations en miroir en recopiant des figures inversées. Dans la Grande composition, il reproduit deux fois la figure du Baiser, influencé par la sculpture de Rodin, mais en inversant le sens des modèles et en invertissant le coloris des chevelures des personnages. Il les a représentés sur deux panneaux différents, contribuant ainsi à créer un lien entre les deux tableaux et à intensifier la diagonale du diptyque. Après avoir posé le contour de chaque figure, Foujita façonne le modelé de ses modèles par frottements et essuyages. Il applique ensuite à la brosse et en très fines couches des jus à l’huile colorés en petite quantité (huile de lin, blanc de plomb, silicate de magnésium [talc], de carbonate de calcium [craie] et de pigments d’origine végétale ou organique).
Le peintre emploie le blanc non comme une matière couvrante mais en transparence2. L’utilisation du talc permet d’obtenir la dĂ©licatesse des carnations et les grisĂ©s du modelĂ© des corps humains. Les sujets du tableau sur un fond blanc immaculĂ©2 semblent flotter sans repères et un aspect dĂ©sordonnĂ© se dĂ©gage de l’ensemble. Foujita unifie son Ĺ“uvre en terminant par le fond qu’il grise et façonne avec un tissu imprĂ©gnĂ© de pigments noirs. Une zone blanche est laissĂ©e autour des contours mettant en relief chaque motif. Cette unitĂ© tĂ©nue grâce au fond grisĂ© est confortĂ©e par une ligne d’horizon pour le diptyque Combats et un jeu de draperies pour le celui de Grande composition.
L’unité des deux huiles sur toile est obtenue par la représentation de deux hommes soulevant un tonneau, répartie sur chacun des deux panneaux du diptyque.
Période de la guerre au Japon
Il rĂ©alise des tableaux de propagande respectant les contraintes imposĂ©es (sujet, format, modalitĂ© d’exĂ©cution) par le gouvernement japonais. Ses premières Ĺ“uvres prĂ©sentent une vision hĂ©roĂŻque idĂ©alisĂ©e. Cet engagement du peintre auprès de l’armĂ©e impĂ©riale traduisait Ă la fois une ambition picturale et un respect filial Ă la tradition. Il avait pourtant rĂ©ussi Ă prendre ses distances. En effet, ces commandes Ă©taient destinĂ©es Ă valoriser l’acte guerrier. Mais le peintre y rĂ©pondra en mettant en valeur les dĂ©sastres de la guerre. Ainsi, Ă partir de 1942, et notamment avec son tableau Le dernier jour de Singapour, ses toiles mettent en relief la destinĂ©e tragique des soldats dans leur singularitĂ© et leur anonymat. Avec La Mort lumineuse aux Ă®les d’Attu (1943), Foujita a mis en scène 2 500 rĂ©servistes japonais affrontant les troupes amĂ©ricaines. Combattants, blessĂ©s et soldats morts se mĂŞlent dans un corps Ă corps qui occupe les deux tiers du tableau. L’Ĺ“uvre fait Ă©cho Ă La TranchĂ©e, d’Otto Dix et au Radeau de la MĂ©duse, de ThĂ©odore GĂ©ricault. Cette Ĺ“uvre se caractĂ©rise par l’absence de personnage central, d’ordre, de hiĂ©rarchie entre les personnages et de premier plan. Le spectateur est happĂ© par la violence macabre de l’Ĺ“uvre, soldats amĂ©ricains et japonais semblant ĂŞtre unis dans une destinĂ©e tragique. La prĂ©sence de fleurs bleues près de la signature du peintre semble lancer un message d’espoir.
Foujita a cependant rĂ©digĂ© pendant la guerre des Ă©crits, amplement diffusĂ©s, mettant en relief son engagement patriotique, qui contrastent avec le dĂ©sespoir qui l’anime en peignant ses tableaux.
On peut s’interroger sur l’origine de ces Ă©crits et se demander si Foujita ne les dĂ©couvrit pas au mĂŞme moment que les lecteurs.
Après la capitulation du Japon le 15 aout 1945, les États-Unis, pour faire disparaitre tout signe de propagande impĂ©rialiste et d’antiamĂ©ricanisme, s’intĂ©ressent aux commandes de tableaux par l’armĂ©e japonaise. Le gouvernement japonais est sollicitĂ© par le bureau tokyoite de la section des biens historiques du dĂ©partement de guerre pour obtenir la mise Ă disposition de Foujita — qui est l’artiste considĂ©rĂ© comme le plus pertinent pour rassembler ces Ĺ“uvres. Les Ĺ“uvres transportĂ©es par les États-Unis après la guerre ont Ă©tĂ© restituĂ©es sous forme de prĂŞt Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e au Japon en 1970. Ces Ĺ“uvres sont conservĂ©es actuellement au musĂ©e national d’art moderne de la ville de Tokyo.
Cette mission fera basculer Foujita du statut de hĂ©ros Ă traĂ®tre et collaborateur. Cette remise en cause a Ă©tĂ© ressentie comme une injustice par le peintre. DĂ©sirant quitter le Japon pour toujours, il obtient un visa auprès des États-Unis en mars 1949. Il rappelle qu’un peintre ne doit s’occuper que de peinture. Seuls « la paix et le beau vĂ©ritable » doivent ĂŞtre recherchĂ©s avec obstination. Cette nouvelle vision de la place de l’artiste dans la sociĂ©tĂ© allait contribuer Ă crĂ©er une rupture dans son parcours artistique.
L’après-guerre
Son univers artistique change après la guerre. Il représente un environnement idéalisé, avec des enfants et des paysages paisibles. Foujita met en scène des personnages inspirés de Francisque Poulbot. Il se prononce pour le parti des « verts paradis des amours enfantines ».
Si l’âpretĂ© de l’existence n’est jamais visible, les Ĺ“uvres prĂ©sentent quand mĂŞme un aspect inquiĂ©tant et sombre. Dans ses tableaux Hommage Ă La Fontaine (1949), des animaux sont rassemblĂ©s autour d’une table pour prendre leur repas. Au mur apparaĂ®t une Ĺ“uvre de l’artiste. Avec un maniĂ©risme allĂ©gorique intensifiĂ©, ces toiles tĂ©moignent de la dĂ©fiance d’un homme blessĂ© par les critiques. Il essaie de reconstruire un monde Ă©loignĂ© des affres de la guerre et des conflits internationaux.
Le Baptême des fleurs reprend le thème issu du tableau des Trois Grâces de Raphaël. Les femmes ressemblent à des personnages issus des contes de fées, mais le spectateur éprouve une crainte sourde et une menace diffuse à la vision de ce trio.
La peinture religieuse
Foujita s’est intĂ©ressĂ© très tĂ´t Ă l’art religieux. Il a Ă©tudiĂ© l’art occidental et ses racines grĂ©co-romaines, le monde antique du Proche-Orient (comme l’art Ă©gyptien qui est fortement ancrĂ© dans le religieux). Il connait parfaitement l’iconographie religieuse grâce Ă la dĂ©couverte de ses reprĂ©sentations lors de ses pĂ©riples en Europe, en AmĂ©rique latine et dans la frĂ©quentation de tous les musĂ©es internationaux. Il participe brièvement Ă l’expĂ©rience insolite de Raymond Duncan, frère d’Isadora Duncan, qui a créé l’Akademia Duncan Ă Paris, oĂą sont proposĂ©s des ateliers de tissage, de danse et de sculpture. Raymond Duncan, peintre, sculpteur et poète, passionnĂ© par la Grèce antique, enseignait dans son acadĂ©mie le retour Ă l’hellĂ©nisme, y compris dans la vie courante. En 1908, il avait aussi créé Ă Berlin une colonie grecque. En 1917, il peint plusieurs versions de La Mort de Bouddha. En 1918, il rĂ©alise plusieurs sujets religieux comme la Vierge Ă l’enfant, des femmes en prière ou le Christ en croix. Il a peint de grandes figures stylisĂ©es Ă la manière des primitifs (peinture italienne et française du XIVe siècle) et des imagiers du Moyen Ă‚ge abordant des thèmes de la lĂ©gende chrĂ©tienne.
Une importante exposition Ă Paris en 1904 avait mis Ă l’honneur les primitifs. Elle avait Ă©tĂ© marquĂ©e par l’entrĂ©e de Pieta d’Avignon, Ĺ“uvre d’Enguerrand Quarton, peinte autour de 1445, dĂ©couverte par Prosper MĂ©rimĂ©e dans une Ă©glise paroissiale de Villeneuve-les-Avignon en 1834. Elle avait profondĂ©ment impressionnĂ© Foujita qui avait pu admirer les tableaux peints sur bois, les contours incisĂ©s, la nettetĂ© des aplats qui valorisaient le plissĂ© des draperies. Il y retrouvait certaines rĂ©miniscences de l’art japonais : prĂ©cision et nettetĂ© du trait, fonds dorĂ©s, mise en Ĺ“uvre de la couleur par grands aplats. Mais la personnalitĂ© de Foujita imprègne ses Ĺ“uvres : sa ligne est plus nerveuse et il a une attention particulière au rendu de l’arrière-plan. Auparavant, il rĂ©alisait un travail s’apparentant plus Ă une patine. DĂ©sormais, il applique des feuilles disjointes qui laissent apparaitre Ă certains endroits des fonds blancs. Un effet gĂ©omĂ©trique anime l’arrière-plan des toiles religieuses.
Le choix de la reprĂ©sentation de la religion chrĂ©tienne chez le peintre japonais Foujita s’explique par la frĂ©quentation rĂ©gulière des musĂ©es oĂą ses thĂ©matiques dans l’art pictural sont nombreuses et sa volontĂ© d’afficher son intĂ©gration Ă la France, pays Ă dominante catholique oĂą les signes religieux sont prĂ©sents dans la vie quotidienne. Foujita s’est converti au catholicisme et a Ă©tĂ© accompagnĂ© dans sa dĂ©marche par des personnalitĂ©s religieuses Ă©minentes, comme le cardinal DaniĂ©lou.

Ă€ partir de 1927, il interrompt sa production de tableaux en lien avec la religion pour la reprendre Ă partir de 1951. En 1963, il peint une Ĺ“uvre singulière : Adoration. Foujita et sa femme Kimiyo y sont reprĂ©sentĂ©s en donateurs. Le peintre a Ă©tĂ© influencĂ© par la tradition des tableaux de dĂ©votion avec commanditaires, si nombreux dans l’Europe du Nord et chez les primitifs italiens. En arrière-plan, Ă droite, est reprĂ©sentĂ©e sa maison de Villiers-le-Bâcle avec le paysage de la vallĂ©e de Chevreuse oĂą Foujita vivait. Ă€ gauche, toujours en arrière-plan, est dessinĂ©e la campagne italienne. Le couple porte des habits qui n’appartiennent Ă aucun ordre religieux. Foujita y arbore la mĂ©daille offerte par le pape Jean XXIII lors d’une audience privĂ©e en 1960. Au premier plan, les oiseaux Ă©voquent Saint François d’Assise parlant aux oiseaux de Giotto, et le lapin fait Ă©cho au lièvre gravĂ© par DĂĽrer ou Ă La Vierge au lapin, du Titien. Le peintre a donc pris une certaine libertĂ© avec les codes de la symbolique chrĂ©tienne.
Son baptême à la cathédrale de Reims a été suivi par 17 télévisions venues du monde entier. Il choisit pour prénom de baptême Léonard en hommage à Léonard de Vinci, entre autres.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Tsugouharu_Foujita
Oeuvres
Autoportrait au chat, 1927

Exercice classique du peintre, l’autoportrait est un moyen pour Foujita de se mettre en scène avec son chat, un animal pour lequel il avouait une prédilection. L’artiste se représente le pinceau à la main, regardant le spectateur à travers ses lunettes rondes, qui le rendent identifiable parmi tous les artistes de Montparnasse. Le chat, Miké, ne quitte pas son maître des yeux. Foujita témoigne de la relation qu’il entretenait avec l’animal : un lien fait de confiance, d’intimité et d’absolue fidélité (à la différence des nombreuses femmes qu’il a connues).
Intérieur de la Chapelle Notre-Dame-de-la-Paix à Reims, 1966

Vidéos
La conversion de Foujita
Liens externes
- https://www.mcjp.fr/fr/bibliotheque/les-dossiers-de-la-bibliotheque/dossier-sur-leonard-foujita (dossier Maison du Japon)
- Chapelle Foujita Ă Reims https://musees-reims.fr/fr/musees/la-chapelle-foujita/?fbclid=IwY2xjawFmRhpleHRuA2FlbQIxMQABHU_DMX3Rjsc2ZLVCXdMOwnuxMGhkZR1UwujGuyak_fyU2cShburRWtWsEA_aem_oiPtTb5u8Hrp2imq1xdGpA
- https://www.facebook.com/FondationFoujita