Au sujet des musées

  1. A quoi servent les musées?
  2. Paul ValĂ©ry, “Le problĂšme des musĂ©es.” (1923)
    1. Paul Valéry et la nausée des musées
    2. L’ICOM approuve une nouvelle dĂ©finition de musĂ©e
  3. Agenda
    1. Journée européenne des amis de musées 2024
      1. Commentaire
  4. Voir aussi

A quoi servent les musées?

Pourquoi aller au musĂ©e ? Avec le scroll infini, rester chez soi sur un compte Instagram fera l’affaire. Et puis les musĂ©es se ressemblent tous, Ă  quoi bon ? Bien Ă©videmment entrer au musĂ©e provoque l’inverse : toute Ɠuvre est singuliĂšre et l’aura du musĂ©e est unique.

Pour moi, pour vous ici, pour les auditeurs et les auditrices, il est assez probable que ce soit plutĂŽt au musĂ©e que nous ayons vus nos premiers tableaux de grands peintres. Tout le monde n’est pas collectionneur et tout le monde ne retrouve pas un tableau perdu d’un grand maĂźtre dans le grenier de sa grand-mĂšre.
Invention française dans la lignĂ©e de la RĂ©volution, le musĂ©e tel que nous le connaissons encore aujourd’hui est un fait dĂ©mocratique majeur : l’art qui Ă©tait rĂ©servĂ© aux collectionneurs privĂ©s et Ă  leurs salons est dĂ©sormais conservĂ©, exposĂ© et ainsi rendu accessible Ă  tous. Il devient patrimoine culturel commun et partagĂ©.

Le problĂšme est qu’il n’est pas certain que le musĂ©e rende vraiment service aux Ɠuvres qu’il expose. Le poĂšte Lamartine par exemple lui reproche de n’ĂȘtre qu’un « cimetiĂšre de l’art Â» en ne prĂ©sentant que des Ɠuvres mortes, coupĂ©es de leur contexte de crĂ©ation. Paul Valery dans un texte, trĂšs mĂ©chant intitulĂ© Le problĂšme des musĂ©es critique violemment le principe du musĂ©e en lui reprochant notamment d’ĂȘtre un « dĂ©sordre organisĂ© Â» dans lequel les Ɠuvres s’annulent les unes les autres Ă  force d’ĂȘtre juxtaposĂ©es et dans lequel le visiteur erre dans les salles comme un ivrogne errant de comptoirs en comptoirs, ne trouvant plus aucun dĂ©lice Ă  cette visite.

Pourtant, les musĂ©es continuent de tenir une place cruciale dans la politique culturelle de notre pays. Ils attirent des touristes du monde entier et rayonnent Ă  l’international.

Et puis ils contribuent Ă  la transmission des Ɠuvres et Ă  l’éducation des nouvelles gĂ©nĂ©rations, mais on pourrait aussi questionner cela. Les Ɠuvres sont aujourd’hui directement accessibles sur n’importe quel Ă©cran reliĂ© Ă  Internet dans un confort et une qualitĂ© de reproduction inĂ©dite, il y a mĂȘme des animations qui permettent de s’immerger dedans, d’en augmenter les dĂ©tails ou de se crĂ©er son propre musĂ©e numĂ©rique.

Alors pourquoi continuer Ă  aller au musĂ©e si ce sont des cimetiĂšres dĂ©sordonnĂ©s et limitĂ©s ?

Peut-ĂȘtre faut-il en revenir Ă  penser prĂ©cisĂ©ment le statut de ce qui est prĂ©sentĂ© au musĂ©e. MĂȘme s’il y a aujourd’hui des musĂ©es de tout et d’à peu prĂšs n’importe quoi, la fonction premiĂšre du musĂ©e est d’exposer des Ɠuvres d’art. Or, l’Ɠuvre d’art n’est prĂ©cisĂ©ment pas un objet comme les autres. Il ne se consomme pas, ne s’use pas, ne se transmet pas comme les autres. Sa valeur ne se rĂ©duit pas Ă  une utilitĂ© ou Ă  un prix. Les Ɠuvres d’art sont des objets qui font exception et qui nous invitent donc Ă  les considĂ©rer diffĂ©remment, notamment Ă  contempler leur singularitĂ©, ce que le philosophe Walter Benjamin appelle « l’aura Â» des Ɠuvres d’art. Cette « aura Â» n’est accessible que lorsqu’on les rencontre rĂ©ellement, lorsqu’on se tient en face d’elles et de ce petit miracle d’une Ɠuvre qui existe en faisant prĂ©cisĂ©ment exception Ă  tout ce qui existe par ailleurs. Rien ne remplace cette expĂ©rience, car la simple reproduction ou photographie d’une Ɠuvre, fait disparaĂźtre cette « aura Â».

Alors au fond, le musĂ©e a sans doute les dĂ©fauts de ses qualitĂ©s : il rassemble des Ɠuvres d’artistes diffĂ©rents et d’époques diffĂ©rentes certes, mais cela permet de les confronter et d’en rĂ©vĂ©ler d’autres significations.
Il conserve et transmet, mais ce faisant, il permet Ă  de nouvelles gĂ©nĂ©rations d’artistes de s’inscrire dans une histoire et de crĂ©er autre chose que leur nombril.
Il nous apprend enfin à contempler et non pas seulement à regarder ou à voir, mais en changeant notre maniÚre de voir, il nous révÚle un autre monde en plus de celui qui tombe sous nos yeux tous les jours.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/philosophie/philosophie-du-vendredi-16-juin-2023-3589285

Paul ValĂ©ry, “Le problĂšme des musĂ©es.” (1923)





“ Le problĂšme des musĂ©es ”


Je n’aime pas trop les musĂ©es. Il y en a beaucoup d’admirables, il n’en est point de dĂ©licieux. Les idĂ©es de classement, de conservation et d’utilitĂ© publique, qui sont justes et claires, ont peu de rapport avec les dĂ©lices.
Au premier pas que je fais vers les belles choses, une main m’enlĂšve ma canne, un Ă©crit me dĂ©fend de fumer.
DĂ©jĂ  glacĂ© par le geste autoritaire et le sentiment de la contrainte, je pĂ©nĂštre dans quelque salle de sculpture oĂč rĂšgne une froide confusion. Un buste Ă©blouissant apparaĂźt entre les jambes d’un athlĂšte de bronze. Le calme et les violences, les niaiseries, les sourires, les contractures, les Ă©quilibres les plus critiques me composent une impression insupportable. Je suis dans un tumulte de crĂ©atures congelĂ©es, dont chacune exige, sans l’obtenir, l’inexistence de toutes les autres. Et je ne parle pas du chaos de toutes ces grandeurs sans mesure commune, du mĂ©lange inexplicable des nains et des gĂ©ants, ni mĂȘme de ce raccourci de l’évolution que nous offre une telle assemblĂ©e d’ĂȘtres parfaits et d’inachevĂ©s, de mutilĂ©s et de restaurĂ©s, de montres et de messieurs


L’ñme prĂȘte Ă  toutes les peines, je m’avance dans la peinture. Devant moi se dĂ©veloppe dans le silence un Ă©trange dĂ©sordre organisĂ©. Je suis saisi d’une horreur sacrĂ©e. Mon pas se fait pieux. Ma voix change et s’établit un peu plus haute qu’à l’église, mais un peu moins forte qu’elle ne sonne dans l’ordinaire de la vie. BientĂŽt, je ne sais plus ce que je suis venu faire dans ces solitudes cirĂ©es, qui tiennent du temple et du salon, du cimetiĂšre et de l’école
 Suis-je venu m’instruire, ou chercher mon enchantement, ou bien remplir un devoir et satisfaire aux convenances ? Ou encore, ne serait-ce point un exercice d’espĂšce particuliĂšre que cette promenade bizarrement entravĂ©e par des beautĂ©s, et dĂ©viĂ©e Ă  chaque instant par ces chefs-d’Ɠuvre de droite et de gauche, entre lesquels il faut se conduire comme un ivrogne entre les comptoirs ?
La tristesse, l’ennui, l’admiration, le beau temps qu’il faisait dehors, les reproches de ma conscience, la terrible sensation du grand nombre des grands artistes marchent avec moi.
Je me sens devenir affreusement sincĂšre. Quelle fatigue, me dis-je, quelle barbarie ! Tout ceci est inhumain. Tout ceci n’est point pur. C’est un paradoxe que ce rapprochement de merveilles indĂ©pendantes mais adverses, et mĂȘme qui sont le plus ennemies l’une de l’autre, quand elles se ressemblent le plus.
Une civilisation ni voluptueuse, ni raisonnable peut seule avoir Ă©difiĂ© cette maison de l’incohĂ©rence. Je ne sais quoi d’insensĂ© rĂ©sulte de ce voisinage de visions mortes. Elles se jalousent et se disputent le regard qui leur apporte l’existence. Elles appellent de toutes parts mon indivisible attention ; elles affolent le point vivant qui entraĂźne toute la machine du corps vers ce qui l’attire

L’oreille ne supporterait pas d’entendre dix orchestres Ă  la fois. L’esprit ne peut ni suivre, ni conduire plusieurs opĂ©rations distinctes, et il n’y a pas de raisonnements simultanĂ©s. Mais l’Ɠil, dans l’ouverture de son angle mobile et dans l’instant de sa perception se trouve obligĂ©, d’admettre un portrait et une marine, une cuisine et un triomphe, des personnages dans les Ă©tats et les dimensions les plus diffĂ©rents ; et davantage, il doit accueillir dans le mĂȘme regard des harmonies et des maniĂšres de peindre incomparables entre elles.

Comme le sens de la vue se trouve violentĂ© par cet abus de l’espace que constitue une collection, ainsi l’intelligence n’est pas moins offensĂ©e par une Ă©troite rĂ©union d’Ɠuvres importantes. Plus elles sont belles, plus elles sont des effets exceptionnels de l’ambition humaine, plus doivent-elles ĂȘtre distinctes. Elles sont des objets rares dont les auteurs auraient bien voulu qu’ils fussent uniques. Ce tableau, dit-on quelquefois, TUE tous les autres autour de lui
 Je crois bien que l’Égypte, ni la Chine, ni la GrĂšce, qui furent sages et raffinĂ©es, n’ont connu ce systĂšme de juxtaposer des productions qui se dĂ©vorent l’une l’autre. Elles ne rangeaient pas des unitĂ©s de plaisir incompatibles sous des numĂ©ros matricules, et selon des principes abstraits.
Mais notre hĂ©ritage est Ă©crasant. L’homme moderne, comme il est extĂ©nuĂ© par l’énormitĂ© de ses moyens techniques, est appauvri par l’excĂšs mĂȘme de ses richesses. Le mĂ©canisme des dons et des legs, la continuitĂ© de la production et des achats, – et cette autre cause d’accroissement qui tient aux variations de la mode et du goĂ»t, Ă  leurs retours vers des ouvrages que l’on avait dĂ©daignĂ©s, concourent sans relĂąche Ă  l’accumulation d’un capital excessif et donc inutilisable.
Le musĂ©e exerce une attraction constante sur tout ce que font les hommes. L’homme qui crĂ©e, l’homme qui meurt, l’alimentent. Tout finit sur le mur ou dans la vitrine
 Je songe invinciblement Ă  la banque des jeux qui gagne Ă  tous les coups.
Mais le pouvoir de se servir de ces ressources toujours plus grandes est bien loin de croßtre avec elles. Nos trésors nous accablent et nous étourdissent.
La nĂ©cessitĂ© de les concentrer dans une demeure en exagĂšre l’effet stupĂ©fiant et triste. Si vaste soit le palais, si apte, si bien ordonnĂ© soit-il, nous nous trouvons toujours un peu perdus et dĂ©solĂ©s dans ces galeries, seuls contre tant d’art. La production de ce millier d’heures que tant de maĂźtres ont consumĂ©es Ă  dessiner et Ă  peindre agit en quelques moments sur nos sens et sur notre esprit, et ces heures elles-mĂȘmes furent des heures toutes chargĂ©es d’annĂ©es de recherches, d’expĂ©rience, d’attention, de gĂ©nie !
 Nous devons fatalement succomber. Que faire ? Nous devenons superficiels.

Ou bien, nous nous faisons Ă©rudits. En matiĂšre d’art, l’érudition est une sorte de dĂ©faite : elle Ă©claire ce qui n’est point le plus dĂ©licat, elle approfondit ce qui n’est point essentiel. Elle substitue ses hypothĂšses Ă  la sensation, sa mĂ©moire prodigieuse Ă  la prĂ©sence de la merveille ; et elle annexe au musĂ©e immense une bibliothĂšque illimitĂ©e. VĂ©nus changĂ©e en document.
Je sors la tĂȘte rompue, les jambes chancelantes, de ce temple des plus nobles voluptĂ©s. L’extrĂȘme fatigue, parfois, s’accompagne d’une activitĂ© presque douloureuse de l’esprit. Le magnifique chaos du musĂ©e me suit et se combine au mouvement de la vivante rue. Mon malaise cherche sa cause. Il remarque ou il invente, je ne sais quelle relation entre cette confusion qui l’obsĂšde et l’état tourmentĂ© des arts de notre temps.
Nous sommes, et nous nous mouvons dans le mĂȘme vertige du mĂ©lange, dont nous infligeons le supplice Ă  l’art du passĂ©.
Je perçois tout Ă  coup une vague clartĂ©. Une rĂ©ponse s’essaye en moi, se dĂ©tache peu Ă  peu de mes impressions, et demande Ă  se prononcer. Peinture et Sculpture, me dit le dĂ©mon de l’Explication, ce sont des enfants abandonnĂ©s.
Leur mĂšre est morte, leur mĂšre Architecture. Tant qu’elle vivait, elle leur donnait leur place, leur emploi, leurs contraintes. La libertĂ© d’errer leur Ă©tait refusĂ©e. Ils avaient leur espace, leur lumiĂšre bien dĂ©finie, leurs sujets, leurs alliances
 Tant qu’elle vivait, ils savaient ce qu’ils voulaient

– Adieu, me dit cette pensĂ©e, je n’irai pas plus loin.


FIN DU TEXTE

Paul Valéry

Paul Valéry et la nausée des musées

Lire la suite (ou télécharger le PDF https://www.persee.fr/doc/fdart_1265-0692_1998_num_3_1_1145

L’ICOM approuve une nouvelle dĂ©finition de musĂ©e

Prague aoĂ»t 22 LA NOUVELLE DÉFINITION DU MUSÉE

“Un musĂ©e est une institution permanente, Ă  but non lucratif et au service de la sociĂ©tĂ©, qui se consacre Ă  la recherche, la collecte, la conservation, l’interprĂ©tation et l’exposition du patrimoine matĂ©riel et immatĂ©riel. Ouvert au public, accessible et inclusif, il encourage la diversitĂ© et la durabilitĂ©. Les musĂ©es opĂšrent et communiquent de maniĂšre Ă©thique et professionnelle, avec la participation de diverses communautĂ©s. Ils offrent Ă  leurs publics des expĂ©riences variĂ©es d’éducation, de divertissement, de rĂ©flexion et de partage de connaissances.”

Aprùs Tokyo, 2019 pour info CELLE ÉVITÉE DE JUSTESSE grñce à ICOM FRANCE

« Les musĂ©es sont des lieux de dĂ©mocratisation inclusifs et polyphoniques, dĂ©diĂ©s au dialogue critique sur les passĂ©s et les futurs. Reconnaissant et abordant les conflits et les dĂ©fis du prĂ©sent, ils sont les dĂ©positaires d’artefacts et de spĂ©cimens pour la sociĂ©tĂ©. Ils sauvegardent des mĂ©moires diverses pour les gĂ©nĂ©rations futures et garantissent l’égalitĂ© des droits et l’égalitĂ© d’accĂšs au patrimoine pour tous les peuples.

Les musĂ©es n’ont pas de but lucratif. Ils sont participatifs et transparents, et travaillent en collaboration active avec et pour diverses communautĂ©s afin de collecter, prĂ©server, Ă©tudier, interprĂ©ter, exposer, et amĂ©liorer les comprĂ©hensions du monde, dans le but de contribuer Ă  la dignitĂ© humaine et Ă  la justice sociale, Ă  l’égalitĂ© mondiale et au bien-ĂȘtre planĂ©taire. »

Voir aussi « Marie Sallantin »

Agenda

Journée européenne des amis de musées 2024

5 septembre 2024

Pour cĂ©lĂ©brer la communautĂ© des amis de musĂ©es (un million de passionnĂ©s dans toute l’Europe), les fĂ©dĂ©rations nationales ont créé en 2023 la JournĂ©e annuelle europĂ©enne des amis de musĂ©es chaque deuxiĂšme dimanche d’octobre.

L’objectif de cette journĂ©e est de fĂȘter et rendre visibles les Amis de MusĂ©es en Europe avec l’organisation d’évĂ©nements sur un thĂšme commun europĂ©en, le mĂȘme jour, sur le territoire de chaque association de chaque pays.

La deuxiĂšme Ă©dition de cette manifestation soutenue par 8 fĂ©dĂ©rations europĂ©ennes est fixĂ©e au dimanche 13 octobre 2024. PlacĂ©e sous le thĂšme de Â« Vos musĂ©es, notre passion ! Â» cette journĂ©e sera l’occasion pour les Amis de MusĂ©es de valoriser sur leur territoire les actions qu’ils mettent en Ɠuvre tout au long de l’annĂ©e pour transmettre leur passion et participer au rayonnement de leurs musĂ©es. Ces actions seront relayĂ©es au niveau national par la fĂ©dĂ©ration française et au niveau europĂ©en par la coordination europĂ©enne de la fĂ©dĂ©ration mondiale des amis de musĂ©es.

Cet événement est placé sous le haut patronage du Président de la République, du Parlement européen et le ministÚre de la Culture a renouvelé son parrainage pour la deuxiÚme année consécutive.

https://www.ffsam.org/2024/09/journee-europeenne-des-amis-de-musees-2024/?fbclid=IwY2xjawFs52NleHRuA2FlbQIxMQABHcQ8DNUboUKEarmXm644zcNKvNGBmu2Fk7g5vm-_d72-wXjNLnOgrYnXiQ_aem_jK6tPV6HwqVAEcrwGBY1AQ

Commentaire

J’ai créé cet article afin d’avoir des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion pour s’ajuster sur cette notion « d’amitiĂ© Â» et qui me semble impliquer celles de rĂ©ciprocitĂ© et d’inclusion, ou alors une « association-amie de musĂ©e Â» ne devient qu’un porte-voix publicitaire gratuit et docile de l’institution avec laquelle il est en relation et espĂ©rons-le en dialogue. Quand bien mĂȘme l’enjeu serait de tenter de crĂ©er une vie culturelle autour d’un musĂ©e, si cette vie est toute entiĂšre orientĂ©e vers la promotion des activitĂ©s Ă©manant uniquement de lui, nous restons ici dans le domaine de la promotion, ce qui paralyse par essence tout esprit de recherche et tout Ă©change constructif. Or l’enjeu d’une association des amis d’un musĂ©e me parait tien plus importante, ce que l’on peut voir en prenant connaissance de la nouvelle dĂ©finition de « musĂ©e Â», telle qu‘approuvĂ©e rĂ©cemment par l’ICOM  : â€œUn musĂ©e est une institution permanente, Ă  but non lucratif et au service de la sociĂ©tĂ©, qui se consacre Ă  la recherche, la collecte, la conservation, l’interprĂ©tation et l’exposition du patrimoine matĂ©riel et immatĂ©riel. Ouvert au public, accessible et inclusif, il encourage la diversitĂ© et la durabilitĂ©. Les musĂ©es opĂšrent et communiquent de maniĂšre Ă©thique et professionnelle, avec la participation de diverses communautĂ©s. Ils offrent Ă  leurs publics des expĂ©riences variĂ©es d’éducation, de divertissement, de rĂ©flexion et de partage de connaissances.”

VoilĂ  donc une prise de conscience importante car il est un fait que la vie culturelle française se dĂ©finit par un « off » sans aucun moyen et un « in » s’accaparant toutes les ressources et largement autiste Ă  tout ce qui se fait Ă  la marge, soit la crĂ©ation. C’est-Ă -dire, pour ĂȘtre trĂšs clair, menant Ă  l’exclusion de la majoritĂ© des artistes de toutes les instances officielles de reprĂ©sentation. La question est donc de savoir si les musĂ©es d’aujourd’hui seront en capacitĂ© de relever le dĂ©fi de cette inclusion et seront ainsi fidĂšles Ă  leur mission de service public au service de l’art et de la culture.

Michaël Vinson

Voir aussi : ami et place de la peinture dans l’art contemporain

Voir aussi

Publié par Michaël VINSON

Poëte et Créateur Culturel Pays de Fontainebleau & Carladez : Art, Culture et Territoires Pour une Poëtique de la Vie

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