La poésie à la cour de François Ier

Au-delà de son goût pour les arts et de sa politique culturelle dans la France de la Renaissance, qui en ont fait un roi emblématique pour la postérité, François Ier s’est personnellement adonné aux plaisirs de la poésie puisqu’on lui attribue aujourd’hui plus d’une centaine de poèmes en français. Prince parmi les poètes, il fut aussi un mécène éclairé et sut faire de la cour un lieu où la poésie, française et néo-latine, occupait une place prépondérante. Si les noms de Marot et de Saint-Gelais sont encore aujourd’hui associés à cette période, on oublie parfois que le règne de François Ier fut aussi celui qui vit la généralisation de la poésie imprimée et l’adoption, pour les livres de poésie, de normes qui se sont durablement imposées. C’est également l’époque où fleurissent des recueils collectifs de poésies, illustration des loisirs de la cour ; composés de pièces joyeuses et parfois lestes, de poèmes d’amour, ces recueils reflètent aussi des pratiques étroitement liées à la vie de la cour : tombeaux collectifs qui déplorent la disparition des grands du royaume ou querelles qui intéressent le petit monde des courtisans. La poésie revêt, à l’occasion, une dimension politique : la protection accordée par le roi aux poètes italiens en est un bon exemple. Elle entre enfin en résonance avec les autres formes d’expression artistique goûtées par le roi, qu’il s’agisse des descriptions poétiques d’œuvres d’art chères au monarque ou des mises en musique qui assurent aux poèmes une diffusion bien supérieure à ce que l’imprimé ou le manuscrit permettait alors.

https://sup.sorbonne-universite.fr/catalogue/litteratures-francaises-comparee-et-langue/cahiers-saulnier/la-poesie-la-cour-de-francois-ier

Portrait de Clément Marot par Corneille de Lyon, huile sur bois, XVIe siècle Précurseur de la Pléiade, il est le poète officiel de la cour de François Ier. Poète du premier renouveau de la poésie au XVIe siècle, Clément Marot (1496 ou 1497-1544) ne tourne pas le dos à la poésie du Moyen Âge et à la seconde rhétorique. Dans L’Adolescence clémentine (1532), il montre sa fidélité envers ses maîtres François Villon (1431-après 1463) qu’il édite, Guillaume Cretin et son père Jean Marot, en réutilisant les formes héritées du Moyen Âge. Il inscrit également son œuvre dans l’humanisme par le recours aux modèles antiques : la traduction de la première églogue des Bucoliques de Virgile, une héroïde d’inspiration ovidienne. Par la suite, Marot assouplit sa poésie. Il délaisse les formes les plus exigeantes et privilégie la chanson, l’épître, l’élégie, ainsi que des formes brèves, comme l’épigramme et le sonnet. Sa poésie, plus légère et plus libre, prend souvent le ton d’une conversation familière avec le lecteur et une connivence s’installe entre eux. Sympathique aux idées nouvelles d’Érasme et de Luther, il participe à la diffusion du protestantisme, notamment par sa traduction des psaumes. Ainsi, du Moyen Âge aux querelles religieuses, en passant par l’humanisme, Clément Marot synthétise toutes les problématiques de son époque. Marot est le maître de toute la génération de poètes qui vient après lui. En 1535, la publication du « Blason du beau tétin » donne lieu à un concours de blasons auquel participent la majorité des poètes de ce temps et qui est remporté par Maurice Scève. L’influence de Marot se poursuit après sa mort : dans son Art poétique français (1548), Thomas Sébillet prescrit le recours aux formes souples, ainsi qu’au sonnet et à l’ode, actant ainsi la rupture opérée par Marot avec la poésie du Moyen Âge. Marot et le marotisme

Le nom de Marot, dit La Harpe, « est la première époque vraiment remarquable dans l’histoire de notre poésie, bien plus par le talent qui lui est particulier, que par les progrès qu’il fit faire à notre versification. Ce talent est infiniment supérieur à tout ce qui l’a précédé, et même à tout ce qui l’a suivi jusqu’à Malherbe. La nature lui avait donné ce qu’on n’acquiert point : elle l’avait doué de grâce. Son style a vraiment du charme et ce charme tient à une naïveté de tournure et d’expression qui se joint à la délicatesse des idées et des sentiments. Personne n’a mieux connu que lui, même de nos jours, le ton qui convient à l’épigramme, soit celle que nous appelons ainsi proprement, soit celle qui a pris depuis le nom de madrigal, en s’appliquant à l’amour et à la galanterie. Personne n’a mieux connu le rythme du vers à cinq pieds, et le vrai ton du genre épistolaire, à qui cette espèce de vers sied si bien. Son chef-d’œuvre en ce genre est l’épître où il raconte à François Ier comment il a été volé par son valet. C’est un modèle de narration, de finesse et de bonne plaisanterie. » Cette estime pour les poésies de Marot a triomphé du temps et des vicissitudes du langage. Boileau a dit dans les beaux jours du siècle de Louis XIV : Imitez de Marot l’élégant badinage. La Fontaine a prouvé qu’il était plein de sa lecture. « II n’y a guère, dit la Bruyère, entre Marot et nous que la différence de quelques mots. » Jean-Baptiste Rousseau, qui lui adresse une épître, fait gloire de le regarder comme son maître. Jean-Marie-Bernard Clément l’a défendu contre Voltaire, qui s’est attaché à le décrier dans ses derniers ouvrages, probablement par haine pour Jean-Baptiste Rousseau, coupable, selon lui, d’avoir donné le dangereux exemple du style marotique, qu’il est plus aisé d’imiter que le talent de Marot. « Mais, dit encore Laharpe, il fallait que la tournure naïve de ce poète fût bien séduisante, puisqu’on empruntait son langage depuis longtemps vieilli pour tâcher de lui ressembler. »

Oeuvres de Clément Marot sur wikisource

Le nom de « Pléiade » est emprunté par Ronsard en 1553 à un groupe de sept poètes d’Alexandrie qui avaient choisi, au IIIe siècle avant notre ère le nom de cet amas astronomique pour se distinguer (voir Pléiade poétique (IIIe siècle av. J.-C.)) La Pléiade est un groupe de sept poètes français du XVIe siècle, dont Pierre de Ronsard et Joachim Du Bellay ont fait partie. À travers leurs œuvres littéraires et leurs textes théoriques, leur ambition était de renouveler la langue française, afin de la rendre indépendante d’autres idiomes alors plus « nobles » comme le latin. Le but politique était de participer à l’unification de la France à travers la langue française.

Paul Valéry voit dans la constitution de ce groupe de poètes un « fait pleinement national » qui marque le commencement de « ce que l’on pourrait nommer le système littéraire français », de même que la Renaissance « crée véritablement l’Europe, au sens moderne du mot ». (« l’esprit de la pléiade »)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pl%C3%A9iade_(XVIe_si%C3%A8cle)

Illustration possesseur : Estienne, Henri, 1528-1598 information possesseur : Imprimeur et libraire français. Helléniste, il publia en 1572 son « Trésor de la langue grecque ». Humaniste passionné pour la langue française, il publia notamment en 1591 son livre de « La précellence du langage français ». marque : Ex-libris manuscrit – Annotations marginales – transcription : – Ex-libris manuscrit « Ex libris Henrici Stephani » au titre. Annotations manuscrites d’Henri Estienne dans les marges du recueil. – Exemple 1: ses annotations au début du texte insistant sur l’importance pour le sens, du moindre détail – Exemple 2: ses notes de lecture – Ex-libris manuscrit en grec – Sa signature et ses notes sur un autre ouvrage (Rés 321831-832 : La Defense et illustration de la langue francoise… Paris : De l’Imprimerie de Federic Morel, 1561) https://numelyo.bm-lyon.fr/f_view/BML:BML_06PRV01000Rs160466225

La Défense et illustration de la langue française (La Deffence et Illustration de la Langue Francoyse dans l’orthographe originale) est un texte de théorie littéraire de la Renaissance, écrit en 1549 par le poète français Joachim du Bellay, et souvent considéré comme le « manifeste » des poètes de la Pléiade.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_D%C3%A9fense_et_illustration_de_la_langue_fran%C3%A7aise

Pierre de Ronsard
poète français (1524 – 1585)
Regroupement des poèmes trouvés ça et là
https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Pierre_de_Ronsard

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