Salons de conversation parisiens

Mallarmé, rue de Rome, en 1894

  1. Converser
  2. Art de la conversation
  3. Un salon littéraire ou salon de conversation
    1. Au XIXe siècle
    2. Au XXe siècle
    3. Au XXIe siècle
  4. Tous les salons parisiens
    1. Les Mardis de Mallarmé
    2. Dans le Salon de Misia Sert…
    3. Nina de Callias, un salon aux épinettes
    4. Dans le salon de Méry Laurent
  5. Agenda
    1. LES NOUVEAUX MARDIS DE MALLARME – Séance du 14 novembre 2023
  6. Voir aussi

Converser

Art de la conversation
Voltaire et Diderot au CafĂ© Procope
Le plus grand usage de la parole
J’appelle Conversation, tous les entretiens qu’ont toutes sortes de gens, qui se communiquent les uns aux autres, soit qu’on se rencontre par hazard, et qu’on ait que deux ou trois mots Ă  se dire ; soit qu’on se promene ou qu’on voyage avec ses amis, ou mesme avec des personnes qu’on ne connoist pas ; soit qu’on se trouve Ă  table avec des gens de bonne compagnie, soit qu’on aille voir des personnes qu’on aime, et c’est oĂą l’on se communique le plus agrĂ©ablement ; soit enfin que l’on se rende en quelque lieu d’assemblĂ©e, oĂą l’on ne pense qu’à se divertir, comme en effet, c’est le principal but des entretiens.
chevalier de MéréDe la Conversation

« MalgrĂ© tous les dĂ©fauts qu’on attribue aux Français, c’est en France, et les Ă©trangers Ă©quitables en conviennent, qu’il faut chercher le talent de la conversation. Il est plus commun et plus estimĂ© chez eux que chez toute autre nation. Le mĂŞme tempĂ©rament qui la leur fait aimer, les dispose Ă  y rĂ©ussir. Â»

— AbbĂ© Trublet

L’art de la conversation, considĂ©rĂ© comme l’un des fleurons de la culture classique française, dĂ©signe une pratique dĂ©veloppĂ©e en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, devenue un spectacle pour toute l’Europe et caractĂ©risĂ©e par la recherche d’une dimension esthĂ©tique et hĂ©doniste dans les Ă©changes mondains. Dans les ouvrages traitant de l’art de la conversation dans la France classique, les auteurs ne dĂ©limitent pas cet art protĂ©iforme dans ses formes ou ses codes. L’expression concerne originellement la conversation mondaine, mais ses pratiques et ses valeurs se sont rĂ©pandues dans l’ensemble de la sociĂ©tĂ© cultivĂ©e, ont eu une influence importante dans la littĂ©rature, et le terme dĂ©signe plus gĂ©nĂ©ralement un art littĂ©raire au sens classique de ce terme.

Pour des raisons culturelles et linguistiques, cet art a concernĂ© essentiellement la France et son apparition a Ă©tĂ© favorisĂ©e par la libĂ©ralisation des mĹ“urs Ă  la mort de Richelieu. Il s’est dĂ©veloppĂ© grâce Ă  l’Ă©mergence d’une sociĂ©tĂ© de Cour rassemblant une noblesse devenue oisive, en conservant ses caractĂ©ristiques originelles, issues du classicisme, dans le langage, la rhĂ©torique et l’esthĂ©tisme, et sa diffusion dans l’ensemble du pays a Ă©tĂ© favorisĂ©e par le dĂ©veloppement des Salons. Il a disparu rapidement lorsque la RĂ©volution a bouleversĂ© les conditions sociologiques qui l’avaient fait naĂ®tre pour faire place Ă  la Â« vĂ©hĂ©mence de l’orateur Â».

Associant l’idĂ©al de l’honnĂŞte homme et la culture du Courtisan, l’humanisme et la grâce, l’art de la conversation exige d’ĂŞtre galant, d’avoir esprit, goĂ»t, bel air et bon ton. Hommes et dames badinent en promenade ou dans les salons, Ă©changent des flatteries, des pointes, dans la recherche d’un plaisir rĂ©ciproque, se dĂ©fiant de la rhĂ©torique du dĂ©bat. L’ensemble d’une sociĂ©tĂ© s’est reconnue dans cette pratique, et de nombreux contemporains en ont laissĂ© un tĂ©moignage important Ă  travers leurs mĂ©moires, leur correspondance, ou des essais littĂ©raires. Ils Ă©voquent le plaisir qu’ils y trouvent, parfois les excès, et aussi ses codes et ses règles informelles. Ce sont ainsi de vĂ©ritables portraits d’artistes qui nous sont parvenus.

La conversation orale reprĂ©sentait alors un modèle pour les diffĂ©rents genres littĂ©raires, avec sa propre rhĂ©torique et l’exigence formelle du classicisme, et s’inscrivait dans le courant esthĂ©tisant des Belles-lettres. Cette littĂ©rature de dialogues est devenue Ă  son tour un modèle pour l’Ă©ducation sociale des aristocrates nobles et bourgeois, favorisant ainsi sa diffusion dans l’ensemble des cercles intellectuels, littĂ©raires et mondains.

Dès le dĂ©but du XIXe siècle, et aujourd’hui encore, des rĂ©cits et des Ă©tudes expriment intĂ©rĂŞt et nostalgie pour cet art disparu. Dans une Ă©poque oĂą la communication rejette parfois dans l’indiffĂ©rence la langue que l’on parle et le style dans lequel on s’adresse Ă  autrui, cet article invite Ă  Â« dĂ©couvrir la passion que des temps moins Ă©clairĂ©s mirent Ă  disputer sur les qualitĂ©s de leur langage, sur l’honneur qu’il pouvait faire Ă  autrui et sur la faveur qu’il pouvait valoir au sujet parlant Â».

Lire l’article : https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_de_la_conversation

Un salon littĂ©raire ou salon de conversation

Un salon littĂ©raire ou salon de conversation est une rĂ©union Ă  date convenue d’hommes et de femmes lettrĂ©s, bourgeois ou nobles Ă  l’origine attirĂ©s vers les Belles-lettres et la poĂ©sie, la littĂ©rature et le théâtre, et souvent autrefois les arts et les sciences. Les participants sont des familiers habituĂ©s du salon ou bien choisis irrĂ©gulièrement ou parfois invitĂ©s exceptionnellement, par les personnalitĂ©s organisatrices qui s’efforcent de « tenir salon Â», souvent une ou plusieurs maĂ®tresses de maison Ă  tour de rĂ´le. Ă€ l’instar de la puissance invitante, ils doivent s’engager Ă  montrer de « belles manières Â» et Ă©viter toute rancĹ“ur et toutes disputes aigres, rancunières et violentes, malgrĂ© des constats de diffĂ©rence et de dĂ©saccords Ă©vidents entre eux. Il s’y est dĂ©veloppĂ© un art de la conversation polie et de la discussion argumentĂ©e.

Leur frĂ©quentation Ă©tait plus ou moins recherchĂ©e selon les centres d’intĂ©rĂŞt ou les tendances d’opinion affichĂ©e du salon, la gĂ©nĂ©rositĂ© ou l’hospitalitĂ© des maĂ®tres de maison qui offrent souvent repas, boissons ou collations, mais aussi en fonction de la profondeur des sujets exposĂ©s ou frĂ©quemment Ă©voquĂ©s et surtout la prĂ©sence des personnalitĂ©s de premier plan dans un domaine. Avant le xixe siècle, de telles rĂ©unions Ă©taient qualifiĂ©es de « sociĂ©tĂ© Â» ou de « cercle Â».

Ces rencontres rĂ©gulières, afin de discuter d’actualitĂ© de l’époque concernĂ©e, philosophie, littĂ©rature, journalisme, morale, avancĂ©es ou constat de progrès en un champ choisi, observations des rĂ©gressions, etc. ont pu Ă©voluer vers un formalisme courtisan ou devenir un lieu nĂ©cessaire de la vie bourgeoise ou mondaine. Mais parfois, les meilleurs salons, toujours associĂ©s Ă  des vieux thèmes de prĂ©dilection, pouvaient ou peuvent vivifier un ou plusieurs milieux intellectuels ou de savoir particulier. Les salons littĂ©raires se distinguent des cafĂ©s littĂ©raires comme le Procope, lieux publics oĂą les discussions se tenaient sans invitation, ni horaire, ni sujet prĂ©cis.

Au XIXe siècle

Un cĂ©lèbre salon, au XIXe siècle fut celui de Juliette RĂ©camier Ă  l’Abbaye aux Bois ; ainsi que celui de Charles Nodier Ă  la bibliothèque de l’Arsenal oĂą se retrouvaient les hommes les plus illustres dans le monde des lettres et des arts que la France ait produits au cours du XIXe siècle. Ă€ son arrivĂ©e au poste de bibliothĂ©caire de Monsieur, en remplacement de l’abbĂ© Grosier, Nodier amena Ă  l’Arsenal la brillante plĂ©iade des Ă©crivains et des artistes de l’école romantique, qui trouvèrent dans leur aĂ®nĂ© de vingt Ă  trente ans, un guide et un appui. Victor HugoLamartineAlfred de MussetAlexandre DumasBalzacSainte-BeuveAlfred de VignyÉmile DeschampsJules JaninEugène Delacroix, les frères JohannotRobert-FleuryJean-Jacques ChampinLisztAmable Tastu, et bien d’autres encore, Ă©taient les habituĂ©s de ce salon situĂ© au premier Ă©tage de l’Arsenal.

Sous la Troisième RĂ©publique, de nombreux salons littĂ©raires virent le jour Ă  Paris : celui de la princesse Mathilde, de la comtesse Potocka, de la comtesse Diane, de Juliette Adam, de Geneviève HalĂ©vy ou de Rosalie von Gutmann, comtesse de Fitz-James. On y rencontrait des gens de lettres tels que Marcel ProustPaul BourgetPaul HervieuJules LemaĂ®treRobert de Montesquiou ou Guy de Maupassant.

Au XXe siècle

Au cours du XXe siècle, l’histoire des salons connaĂ®t des tournants dĂ©cisifs ; alors qu’ils sont au dĂ©but du siècle Ă  leur apogĂ©e – devenant des lieux de mondanitĂ©s artistiques incontournables – ils connaissent finalement un dĂ©clin dĂ» aux bouleversements modernes du milieu littĂ©raire et artistique.

Les salons sont toujours portĂ©s par des femmes, gĂ©nĂ©ralement Ă©pouses d’hommes importants : politiques, artistes, Ă©crivains, etc.

De plus en plus, ils sont des lieux de vie littĂ©raire oĂą les rĂ©putations se font et se dĂ©tĂ©riorent. Chaque salonnière a ses protĂ©gĂ©s, des artistes qu’elle invite, porte, dĂ©fend et met sur le devant de la scène. Ce sont des lieux oĂą sont organisĂ©es de nombreuses lectures, des reprĂ©sentations. Certains artistes sont lancĂ©s par des salons, comme Marcel Proust dans le salon de Madame Madeleine Lemaire. D’autres deviennent des personnalitĂ©s mondaines importantes : Proust, toujours, Cocteau…

Par ailleurs, les salons littéraires apparaissent à cette période comme un lieu d’expression débridée de l’homosexualité de leurs participants. Encore considérée comme une pratique dépravée, chacun – a fortiori les hommes – trouve dans ces salons la possibilité de laisser libre cours à l’homosexualité que la société réprime. Il n’en ressort pas moins des inégalités entre les hommes et les femmes, puisque ces dernières sont beaucoup plus mal vues que les hommes en fréquentant une personne du même sexe ou en se travestissant.

Pendant la pĂ©riode d’entre-deux guerres, le succès des salons, bien qu’atteint par les Ă©vĂ©nements, subsiste. Ce succès ne rĂ©siste pas Ă  la fĂ©brilitĂ© des annĂ©es folles et draine encore dans les appartements de nombreuses salonnières quantitĂ© d’artistes.

C’est dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et durant les dĂ©cennies suivantes que ces salons connaissent un dĂ©clin. BouleversĂ©s par des modes de divertissement diffĂ©rents – l’apparition de la tĂ©lĂ©vision notamment – ils se font plus rares, avant de disparaĂ®tre.

Quelques grands salons du xxe siècle sont ceux de Natalie Clifford Barneyla comtesse GreffuhleMadeleine Lemaire, Mme MĂĽhfeld, Anna de NoaillesMadame StrausEdith Wharton.

Au XXIe siècle

Bienvenue à Paris en Poésie, et plus particulièrement sur les chemins du tourisme poétique sur les pas de Mallarmé à Paris

Tous les salons parisiens
Les Mardis de MallarmĂ©

Dans le Salon de Misia Sert…


Nina de Callias, un salon aux Ă©pinettes

Dans le salon de MĂ©ry Laurent

Agenda
LES NOUVEAUX MARDIS DE MALLARME – SĂ©ance du 14 novembre 2023

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