Raymond Duncan

Raymond Duncan

Un précurseur de la création culturelle

Raymond Duncan n’est pas seulement le frère d’Isadora Duncan, ni une figure marginale de l’hellénisme moderne.

Philosophe, poëte, artisan, danseur, pédagogue et fondateur de l’Akademia Raymond Duncan à Paris, il a tenté de faire de la culture une manière de vivre. Son projet ne consistait pas seulement à admirer la Grèce antique, mais à en retrouver l’esprit dans le corps, le travail, l’artisanat, la pensée, la danse, l’éducation et la vie quotidienne.

À ce titre, Raymond Duncan apparaît aujourd’hui comme l’un des précurseurs les plus singuliers de ce que nous appelons la création culturelle : non pas la production d’œuvres isolées, mais l’invention de formes de vie où l’art, la transmission, le travail et la communauté se rejoignent.

Son parcours résonne fortement avec les recherches menées aujourd’hui autour de l’École de Création Culturelle, du Tourisme Poëtique, des Jumelages Poëtiques et de la Civilisation de l’Amour.

Biographie

Raymond Duncan avec sa femme et son fils Menalkas en 1912.

Raymond Duncan, nĂ© Ă  San Francisco le 1er novembre 1874 et mort Ă  Cavalaire-sur-Mer le 14 aoĂ»t 1966, est un philosophe, artiste, poète, artisan et danseur amĂ©ricain, frère de la danseuse Isadora Duncan.

Fils du banquier Joseph Charles Duncan et de Mary Dora Gray, sĹ“ur cadette du sĂ©nateur de Californie Thomas Gray, il est le troisième de quatre enfants, Elisabeth, Augustin, Raymond et Isadora. S’intĂ©ressant prĂ©cocement Ă  l’art, il conçoit en 1891 Ă  l’âge de 17 ans une thĂ©orie du mouvement qu’il nomme « kinematic — a remarkable synthesis of the movements of labor and of daily life Â» selon laquelle la finalitĂ© du travail rĂ©side dans l’épanouissement du travailleur et non dans sa production ou son revenu.

En 1898, il accompagne sa mère et ses proches Ă  Londres, Berlin, Athènes et Paris. Ă€ Paris, il rencontre le poète itinĂ©rant allemand Gustav Gräser, prophète d’une vie libre et proche Ă  la nature. Raymond devient son disciple et rĂ©pand ses idĂ©es : dĂ©velopper tous ses dons en harmonie, produire tout de ses propres mains, vivre une existence dansante. Sa thĂ©orie sur le mouvement le conduit Ă  collaborer Ă©troitement avec sa sĹ“ur Isadora. Très influencĂ© par la culture de la Grèce antique, il vit avec sa femme grecque, PĂ©nĂ©lope Sikelianou (dĂ©cĂ©dĂ©e en 1925), Ă  proximitĂ© d’Athènes, dans une villa meublĂ©e Ă  la manière des anciens Grecs. Il fabrique lui-mĂŞme ses meubles, ses poteries, ses tapisseries et ses tenues Ă  l’antique, qu’il porte chez lui comme lors de ses voyages, notamment Ă  Berlin en 1907.

En 1909, Raymond et PĂ©nĂ©lope entament aux États-Unis une sĂ©rie de spectacles de chants et de danses traditionnels grecques. Ils passent notamment par Philadelphie, Chicago, Kansas City, San Francisco, Portland, en donnant Ă©galement des confĂ©rences et des cours. Ils passent ensuite plusieurs mois chez les Indiens Klamath sur la cĂ´te nord-ouest des États-Unis. En 1911, de retour Ă  Paris, Raymond et PĂ©nĂ©lope fondent une Ă©cole : l’Akademia. En 1929, Raymond prĂ©sente au Salon des indĂ©pendants la toile Opus ainsi qu’une vitrine contenant des soies tissĂ©es et peintes Ă  la main.

Par ailleurs, Duncan trouve le temps de composer des poèmes et des pièces de théâtre, d’éditer des journaux et articles exposant sa philosophie, qu’il nomme « l’actionalisme Â». Il imprime lui-mĂŞme ses ouvrages en se servant de caractères typographiques de sa fabrication et d’encre Ă  base de murex. Son but ultime n’est rien d’autre qu’une « complète technique de vie Â» synthĂ©tisant travail, art et exercice physique au service de l’accomplissement de l’homme.

Vivre la Grèce plutĂ´t que l’Ă©tudier

Pour Raymond Duncan, la Grèce antique n’Ă©tait pas un objet de musĂ©e ni un simple sujet d’Ă©rudition. Elle reprĂ©sentait un idĂ©al de vie susceptible d’inspirer le monde moderne.

PlutĂ´t que de contempler les vestiges du passĂ©, il chercha Ă  retrouver l’esprit qui les avait fait naĂ®tre. Il adopta une manière de vivre inspirĂ©e des anciens Grecs, confectionnant lui-mĂŞme ses vĂŞtements, ses meubles, ses tapisseries et ses objets du quotidien. Il pratiquait la danse, enseignait la philosophie, Ă©crivait des poèmes, imprimait ses propres ouvrages et faisait de chacune de ses activitĂ©s une expression d’une mĂŞme recherche.

Cette cohĂ©rence est sans doute l’un des aspects les plus remarquables de son Ĺ“uvre. Chez Raymond Duncan, l’art ne se sĂ©pare jamais du travail, le corps de l’esprit, la pensĂ©e de l’action, ni la beautĂ© de la vie quotidienne.

Ă€ travers cette dĂ©marche, il ne cherchait pas Ă  reconstruire l’AntiquitĂ©, mais Ă  montrer qu’une civilisation reste vivante lorsqu’elle continue d’inspirer de nouvelles façons d’habiter le monde.

L’Akademia Ă  Paris

Création :1911
Note : Groupe créé par Raymond Duncan (1874-1966) à Paris pour enseigner les arts, la musique grecque antique et la philosophie
https://data.bnf.fr/…/akademia_raymond_duncan_paris/

L’AkadĂ©mia, situĂ©e au 31 rue de Seine Ă  Paris, est basĂ©e sur l’idĂ©e d’acadĂ©mie platonicienne et se veut « un lieu ouvert Ă  toutes les innovations en théâtre, littĂ©rature, musique et arts plastiques Â». Duncan et son entourage y dispensent gratuitement des cours de danse, de beaux-arts et d’artisanat. Il ouvre par la suite Ă  Londres une deuxième Ă©cole similaire. Parmi les artistes rĂ©putĂ©s qui sont passĂ©s lĂ , on peut signaler qu’Alan Stivell, quand il Ă©tait enfant, dans les annĂ©es 1950, a jouĂ© de la harpe celtique plusieurs fois pour le public de l’Akademia Raymond Duncan.

L’Akadémia de Paris continua ses activités après la mort de Raymond Duncan, grâce au travail de sa seconde épouse Aia (décédée en 1977), jusqu’aux années 1970. L’immeuble abritait entre autres une galerie d’art, un magasin, un atelier d’imprimerie, avec un amphithéâtre dans la cour intérieure. Une plaque orne encore la façade de l’immeuble.

Une partie de l’activité de Raymond Duncan est visible dans le reportage documentaire d’Orson WellesAround the World with Orson WellesSaint-Germain-des-Prés.

L’un des exemples les plus remarquables d’une Ă©cole oĂą la culture devient une manière d’habiter le monde.

Lorsque Raymond Duncan fonde l’Akademia Ă  Paris en 1911, il ne crĂ©e pas une Ă©cole d’art au sens traditionnel du terme. Il imagine un lieu oĂą les diffĂ©rentes formes de la crĂ©ation retrouvent leur unitĂ©.

On y enseigne les arts, la musique grecque antique, la philosophie, la danse, l’artisanat, le tissage, l’imprimerie et la poĂ©sie. Les cours sont gratuits, chacun est invitĂ© Ă  dĂ©velopper ses talents et Ă  participer Ă  une vĂ©ritable communautĂ© de crĂ©ation.

L’Akademia s’inspire de l’AcadĂ©mie de Platon, mais elle rĂ©pond aussi aux dĂ©fis de la sociĂ©tĂ© industrielle du dĂ©but du XXᵉ siècle. Raymond Duncan refuse la sĂ©paration entre l’artiste et l’artisan, entre le travail manuel et le travail intellectuel, entre la crĂ©ation et la vie quotidienne. Pour lui, la culture ne consiste pas Ă  accumuler des connaissances, mais Ă  former des ĂŞtres humains capables de crĂ©er, de transmettre et de vivre en harmonie avec leurs convictions.

Plus d’un siècle plus tard, cette expĂ©rience apparaĂ®t d’une Ă©tonnante modernitĂ©. Ă€ une Ă©poque oĂą les disciplines sont souvent cloisonnĂ©es, l’Akademia nous rappelle que la vĂ©ritable crĂ©ation naĂ®t de la rencontre entre les savoirs, les pratiques et les personnes.

Elle constitue ainsi l’un des exemples les plus remarquables d’une Ă©cole oĂą la culture devient une manière d’habiter le monde.

La maison d’Isadora et Raymond Duncan à Athènes

La maison a été la résidence d’ Isadora Duncan (1877-1927) et de son frère Raymond pendant plusieurs années.

La maison historique d’Isadora Duncan dans la banlieue de Vyronas à Athènes est en cours de rénovation alors que le temps laisse des traces dans la maison où la légendaire danseuse américaine a passé plusieurs années.

La maison historique sur la colline de Kopanas à Byrona sera reconstruite par les autorités municipales locales afin qu’elle puisse continuer sa vie séculaire et en même temps continuer à accueillir un centre d’art et de culture unique en Grèce.

La maison a été la résidence d’ Isadora Duncan (1877-1927) et de son frère Raymond pendant plusieurs années.

Conçu selon les normes grecques antiques, il a été construit en 1903 dans une zone choisie par la grande danseuse américaine de l’époque, afin qu’elle puisse voir l’Acropole et contempler la mer Saronique au loin.

Elle était une amoureuse de la culture grecque antique.

L’un des rares espaces construits spécifiquement pour la danse, 120 ans plus tard, il continue d’abriter le même art. Cette maison était aussi un repaire de grandes figures de l’Art et des Lettres, comme Aggelos Sikelianos -sa sœur Penelope avait épousé Raymond Duncan -, Konstantinos Christomanos et d’autres.

Il abrite aujourd’hui le « Centre d’étude de la danse Isidore et Raymond Duncan », créé en 1980 et un centre dynamique d’étude et de recherche sur l’art de la danse. Il maintient également une École, est un lieu de rencontre de pratique, de théorie et de recherche pour des programmes qui explorent le sous-sol pédagogique et philosophique de la danse, accueille des groupes de danse, ainsi que des programmes de recherche expérimentale, offre un espace de soutien aux jeunes artistes, tandis qu’il dispose d’un réseau international.

En 2006, elle est devenue membre fondateur du réseau européen des maisons de danse EDN (European Dance Houses Network). Au cours des cinq années 2010-2014, le Centre a participé au programme européen MODULDANCE, le plus grand programme de danse culturelle subventionné par l’Union européenne, pour soutenir des formes de mobilité de qualité des jeunes artistes en Europe.

Dans les années 1980, la municipalité de Byron, voulant honorer le travail et la contribution d’Isidora Duncan, entreprend la reconstruction de l’édifice dont les travaux s’achèvent en 1992.

Cependant, le temps a de nouveau laissé des traces, de nouveaux et importants dégâts sont apparus, de sorte que l’autorité municipale actuelle a décidé qu’il était nécessaire d’avoir de nouveaux travaux de reconstruction, dont l’étude a été entreprise par la Fondation Stavros Niarchos. L’objet de cette étude spécifique est la rénovation du bâtiment, mais aussi la régénération des abords.

« Le patrimoine culturel est une prioritĂ© pour nous Â», a dĂ©clarĂ© le maire de Byron Grigoris Katopodis Ă  l’APE-MPE et a poursuivi : « LĂ -haut sur la colline, les Duncan ont construit la maison, qui fonctionnait comme l’un des centres de culture les plus importants au dĂ©but de le siècle dernier. Par la suite, il est restĂ© dĂ©sert et inutilisĂ© pendant des annĂ©es, mais il a Ă©tĂ© rĂ©novĂ© en couches et maintenant le Centre d’étude de la danse et l’école y opèrent.
https://www.keeptalkinggreece.com/2022/08/16/house-of-legendary-dancer-isadora-duncan-in-athens-to-be-renovated/#.YvudcqzTuLg.facebook

La ville de « New Paris York »

Ă€ l’âge de soixante-treize ans, Raymond Duncan imagine un projet aussi audacieux que symbolique : la crĂ©ation d’une ville nouvelle baptisĂ©e « New Paris York », situĂ©e Ă  la latitude 45° Nord et Ă  la longitude 36° Ouest, au cĹ“ur de l’ocĂ©an Atlantique.

Ce choix gĂ©ographique n’a rien d’anecdotique. PlacĂ©e entre l’Europe et l’AmĂ©rique, cette citĂ© idĂ©ale devait devenir un lieu de rencontre entre les peuples, un symbole de coopĂ©ration culturelle internationale et de dialogue entre les civilisations.

Bien plus qu’un projet d’urbanisme, « New Paris York » exprime la conviction profonde de Raymond Duncan que la culture peut constituer un langage commun capable de dĂ©passer les frontières politiques, nationales et idĂ©ologiques.

Cette intuition apparaĂ®t aujourd’hui d’une Ă©tonnante actualitĂ©. Ă€ l’heure oĂą les Ă©changes culturels se dĂ©veloppent Ă  l’Ă©chelle mondiale, oĂą les technologies rapprochent les continents et oĂą les dĂ©fis planĂ©taires appellent de nouvelles formes de coopĂ©ration, le projet de Raymond Duncan prend une dimension presque prophĂ©tique.

Sans avoir jamais vu le jour, « New Paris York » demeure ainsi l’une des premières utopies modernes d’une citĂ© mondiale fondĂ©e sur la crĂ©ation, la transmission et le dialogue des cultures.

Une autre idée de la culture

Raymond Duncan dĂ©fend une conception de la culture qui demeure Ă©tonnamment actuelle. Pour lui, la culture n’est ni un divertissement, ni un luxe rĂ©servĂ© Ă  une Ă©lite, ni mĂŞme un ensemble d’Ĺ“uvres conservĂ©es dans les musĂ©es. Elle est une manière de vivre.

CrĂ©er, enseigner, fabriquer, chanter, danser, Ă©crire, construire, transmettre : toutes ces activitĂ©s participent d’une mĂŞme dĂ©marche d’accomplissement de la personne et de la communautĂ©.

Cette vision rompt avec la sĂ©paration moderne entre les disciplines artistiques, les mĂ©tiers et les savoirs. Elle invite chacun Ă  devenir acteur de sa propre culture plutĂ´t que simple consommateur d’Ĺ“uvres produites par d’autres.

Plus d’un siècle après la fondation de l’Akademia, cette conception retrouve une Ă©tonnante actualitĂ©. Face aux bouleversements technologiques, aux dĂ©fis Ă©ducatifs et aux mutations de nos sociĂ©tĂ©s, la culture apparaĂ®t plus que jamais comme une force capable de relier les personnes, les gĂ©nĂ©rations et les territoires.

L’hĂ©ritage de Raymond Duncan nous rappelle ainsi que la crĂ©ation ne consiste pas seulement Ă  produire des objets ou des spectacles, mais Ă  inventer des formes de vie porteuses de sens.

Raymond Duncan et l’École de CrĂ©ation Culturelle

L’expĂ©rience menĂ©e par Raymond Duncan au dĂ©but du XXᵉ siècle demeure d’une Ă©tonnante actualitĂ©. Bien avant que n’apparaisse l’expression « crĂ©ation culturelle », il cherchait dĂ©jĂ  Ă  dĂ©passer les frontières entre les disciplines pour faire de la culture une vĂ©ritable manière de vivre.

Son Akademia ne sĂ©parait ni les arts, ni les savoirs, ni les mĂ©tiers. Philosophie, poĂ©sie, danse, musique, artisanat, architecture, imprimerie ou tissage participaient d’une mĂŞme vision de l’ĂŞtre humain. L’Ă©ducation n’avait pas pour seul objectif la transmission de connaissances, mais l’Ă©panouissement de la personne et sa capacitĂ© Ă  contribuer Ă  la vie de la communautĂ©.

Cette intuition rejoint l’une des ambitions de l’École de CrĂ©ation Culturelle : former des crĂ©ateurs capables non seulement de rĂ©aliser des Ĺ“uvres, mais aussi d’imaginer des projets, de relier des disciplines, de rĂ©vĂ©ler des patrimoines et de faire naĂ®tre de nouvelles formes de coopĂ©ration culturelle.

L’Ă©poque a changĂ©. Les outils numĂ©riques, l’intelligence artificielle et les nouveaux moyens de communication ouvrent aujourd’hui des perspectives que Raymond Duncan n’aurait pu imaginer. Pourtant, la question demeure la mĂŞme : comment mettre la crĂ©ation au service de l’accomplissement de l’ĂŞtre humain et du bien commun ?

Plus d’un siècle après la fondation de l’Akademia, son expĂ©rience nous rappelle qu’une vĂ©ritable Ă©cole de crĂ©ation ne transmet pas seulement des techniques. Elle apprend avant tout Ă  habiter le monde avec intelligence, sensibilitĂ© et crĂ©ativitĂ©.

Raymond Duncan et le Tourisme Poëtique

Raymond Duncan fut aussi un grand voyageur. Mais ses voyages ne relevaient ni du tourisme de consommation ni de la simple dĂ©couverte des paysages. Ils Ă©taient une manière d’aller Ă  la rencontre des cultures pour en comprendre l’esprit et en prolonger l’Ă©lan crĂ©ateur.

De San Francisco Ă  Athènes, de Paris Ă  Londres, il ne cessait de tisser des liens entre les peuples, les traditions et les formes artistiques. Chaque lieu devenait pour lui une source d’apprentissage, d’inspiration et de transformation.

Cette manière de voyager rejoint l’esprit du Tourisme PoĂ«tique. Voyager, ce n’est pas seulement changer de dĂ©cor ; c’est apprendre Ă  regarder autrement, rencontrer un territoire Ă  travers ses habitants, son patrimoine, ses artistes et ses rĂ©cits. C’est accepter qu’un lieu puisse nous transformer autant que nous le dĂ©couvrons.

L’exemple de Raymond Duncan montre qu’un voyage peut devenir une vĂ©ritable aventure culturelle. En faisant dialoguer la Grèce antique avec le monde contemporain, il ouvre une voie qui demeure pleinement actuelle : celle d’un tourisme fondĂ© sur la crĂ©ation, la transmission et la rencontre entre les cultures.

Ă€ ce titre, il apparaĂ®t comme l’un des prĂ©curseurs d’une manière d’habiter le monde oĂą voyager, apprendre et crĂ©er participent d’une mĂŞme expĂ©rience humaine.

Raymond Duncan aujourd’hui

L’Ĺ“uvre de Raymond Duncan dĂ©passe largement le cadre de l’histoire de la danse ou de l’hellĂ©nisme. Elle nous invite Ă  repenser la place de la culture dans nos sociĂ©tĂ©s.

Ă€ une Ă©poque oĂą les disciplines se spĂ©cialisent toujours davantage, oĂą la crĂ©ation est souvent rĂ©duite Ă  la production d’Ĺ“uvres ou Ă  la consommation culturelle, Raymond Duncan rappelle que la culture peut redevenir un art de vivre. Son expĂ©rience montre qu’il est possible de rĂ©unir la pensĂ©e, les arts, l’artisanat, l’Ă©ducation, le travail, le corps et la vie quotidienne dans une mĂŞme dĂ©marche de crĂ©ation.

Plus d’un siècle après la fondation de l’Akademia, les questions qu’il posait demeurent d’une Ă©tonnante actualitĂ©. Comment former des ĂŞtres humains crĂ©atifs ? Comment faire dialoguer les disciplines ? Comment transmettre un patrimoine sans le figer ? Comment inventer des communautĂ©s oĂą la culture ne soit pas un supplĂ©ment, mais un principe d’organisation de la vie collective ?

Ces interrogations rejoignent aujourd’hui celles de l’École de CrĂ©ation Culturelle, du Tourisme PoĂ«tique, des Jumelages PoĂ«tiques et, plus largement, de la recherche d’une Civilisation de l’Amour fondĂ©e sur la rencontre, la crĂ©ation et la transmission.

RedĂ©couvrir Raymond Duncan, ce n’est donc pas seulement rendre justice Ă  une personnalitĂ© mĂ©connue. C’est retrouver l’intuition qu’une autre manière de vivre la culture est possible, et qu’elle reste plus que jamais Ă  inventer.

Publications

  • Le Vrai But du travail, confĂ©rence faite Ă  l’UniversitĂ© populaire Saint-Antoine, le 7 fĂ©vrier 1912
  • Les Moyens de grève, confĂ©rence donnĂ©e Ă  la Bourse du travail, Paris, le 5 mai 1912
  • La Danse et la gymnastique, confĂ©rence faite Ă  l’UniversitĂ© hellĂ©nique, le 4 mai 1914
  • La Musique et l’harmonie, confĂ©rence faite Ă  l’UniversitĂ© hellĂ©nique, le 6 mai 1914
  • Les Travaux d’HĂ©raklès, confĂ©rence faite Ă  l’UniversitĂ© philosophique, Paris, le 9 mars 1919
  • Poèmes de parole torrentielle, 1927
  • Initiation aux arts. De la parole Ă  l’idĂ©al, ou de la PoĂ©sie, confĂ©rence faite rue de la Sorbonne, Paris, le 11 fĂ©vrier 1928
  • L’Amour Ă  Paris, confĂ©rence donnĂ©e le 22 janvier 1932
  • Étincelles de mon enclume, 2e Ă©dition, extraits de confĂ©rences et d’articles de 1912 Ă  1937 sĂ©lectionnĂ©s et rĂ©unis par Alia Bertrand, 1957
  • Je chante et je dis, poèmes, s. d.
  • De la caverne au temple, ou de l’Architecture, s. d.

Théâtre

  • Oidipous, tragĂ©die en cinq actes, un passage et un Ă©pilogue, Paris, Théâtre Femina, 6 avril 1927

Articles

L’Odyssée des Duncan, Isadora et Raymond

Actes du 23e colloque de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer les 5 et 6 octobre

2012 https://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2013_act_24_1_1488

Voir aussi

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