
« La grâce exposée à la solitude »
En 2027, le monde des lettres marquera — ou feindra d’ignorer — le centenaire de la naissance d’Olivier Larronde (2 août 1927).
Poète météore, dernier disciple de Mallarmé par l’exigence et de Cocteau par la ligne, Larronde repose aujourd’hui dans la terre de Samoreau, à quelques pas du Maître de Valvins. Son œuvre, de l’éblouissement des Barricades mystérieuses à l’ascèse de L’Arbre à lettres, demeure un secret trop bien gardé.
Le Manifeste de l’Oubli
Le silence numérique et institutionnel qui entoure cette date symbolique n’est pas un hasard. Il est le symptôme d’une époque que nous analysons, via Fontainebleau Augmenté, comme marquée par une « misère poétique » profonde.
« L’indifférence envers Larronde est le miroir de notre propre manque d’amour. »
Célébrer Larronde en 2027, ce n’est pas seulement honorer un auteur de génie ; c’est opposer une résistance spirituelle à l’inertie ambiante. C’est affirmer que la poésie n’est pas un luxe de bibliophile, mais l’oxygène nécessaire à une humanité augmentée par le sens et le sacré.
La Figure du Poète Maudit : L’Ontologie du Manque d’Amour
L’Archange déchu de la rue de Rome
Olivier Larronde n’est pas « maudit » par choix esthétique, mais par nécessité intérieure. S’il est le successeur spirituel de Mallarmé, il est celui qui a vécu le « Coup de Dés » dans sa chair. Là où le Maître de Valvins sublimait l’absence par le Verbe, Larronde a éprouvé l’absence par le vide : celui des chambres d’hôtel, celui de l’addiction, celui d’une époque qui cessait déjà de savoir lire le sacré.
La Racine du Mal : Le Manque d’Amour
Dans le cadre de nos explorations avec Fontainebleau Augmenté, nous identifions ce « destin maudit » non comme une fatalité romantique, mais comme la manifestation d’une carence d’amour systémique.
- L’Amour comme Reconnaissance : Le poète meurt de l’indifférence. La « misère culturelle » que nous dénonçons est avant tout une incapacité à aimer ce qui ne produit pas de profit, ce qui est « inutilement beau ».
- La Solitude de la Grâce : Comme l’écrivait Cocteau, la grâce de Larronde était « exposée ». Elle l’était au vent de l’histoire, à la pauvreté et à l’oubli. Ce manque d’amour de la part du siècle a transformé le pur diamant de sa poésie en un fardeau insupportable pour l’homme.
Larronde à Paris : Une Géographie de l’Errance
L’itinéraire « Larronde à Paris » que nous traçons n’est pas une visite touristique, c’est une topographie de la déshérence.
- Passer par le Boulevard de Clichy (où il vécut l’amitié fulgurante avec Genet), c’est évoquer la bohème qui bascule dans la marginalité.
- S’arrêter dans le 7e arrondissement (où il s’éteint précocement), c’est mesurer la distance entre l’éclat de ses débuts et le silence final d’un homme que la société n’a pas su — ou voulu — retenir.
Le Projet : Un Itinéraire de la Grâce
Faute de manifestations officielles, ce centenaire sera celui des initiatives buissonnières. Nous proposons un parcours symbolique, une « promenade augmentée » reliant les lieux de sa vie et de ses hantises :
- Paris (Variante « Larronde à Paris ») : Du Paris de Mallarmé (Rue de Rome) au Paris des poètes maudits du XXe siècle (Boulevard de Clichy, Saint-Germain-des-Prés).
- Milly-la-Forêt : L’ombre tutélaire de Jean Cocteau.
- Samoreau / Valvins : L’ultime dialogue avec Mallarmé, là où la poésie rejoint le silence de la forêt de Fontainebleau.
Un Appel à la Flamme Poétique
Ce centenaire ne sera que ce que nous en ferons. Que vous soyez chercheur, promeneur, lecteur ou simple curieux de la « beauté inutile », ce projet est ouvert. Il se veut une action légère — lecture, marche, publication — pour que 2027 ne soit pas l’année d’un centenaire oublié, mais celle d’une transmission retrouvée.
« Si la grâce est exposée à la solitude, elle ne doit plus l’être à l’oubli. »
Comment participer ?
Si l’idée de cet hommage modeste mais vibrant vous inspire, ou si vous souhaitez contribuer à l’élaboration de l’itinéraire « Larronde à Paris », contactez-nous en nous envoyant un message