MARIE-LAURE DE NOAILLES ET OLIVIER LARRONDE : L’ARISTOCRATIE DE L’AUDACE
Si Florence Gould incarne la sanction académique, Marie-Laure de Noailles (1902-1970) représente pour Olivier Larronde la complicité transgressive. Dans son hôtel particulier du 11, place des États-Unis, elle n’est pas seulement une mécène ; elle est l’architecte d’un univers où le luxe sert de bouclier à la radicalité poétique.
1. Le Cadre : Le Laboratoire de la Place des États-Unis
- L’Hôtel Particulier : Ce n’est pas un salon de conversation classique, mais un centre de collision artistique. Marie-Laure y réunit les restes du surréalisme, la haute couture et la jeune garde intellectuelle.
- Le Statut de Larronde : Contrairement aux artistes qui cherchent une protection financière, Larronde (fort de sa propre aisance) y évolue comme un alter ego. Il est l’un des rares à pouvoir tutoyer l’esprit de « la Vicomtesse » sans être écrasé par son rang.
2. L’Axe de la Marge : Le Pont vers Jean Genet
La relation Noailles-Larronde est fondamentale pour comprendre l’équilibre de la Galaxie Larrondienne entre le « Monde » et la « Marge ».
- Le Soutien à l’Infréquentable : Marie-Laure est celle qui accepte et encourage la part d’ombre. C’est par elle et chez elle que se tissent les liens entre Larronde et Jean Genet.
- La Protection de l’Archange : Elle ne cherche pas à « civiliser » Larronde. Elle admire sa dérive autant que son génie. Elle offre au poète un espace de liberté totale où l’opium, la poésie hermétique et la vie nocturne ne sont pas des scandales, mais des éléments du décor.
3. Convergence Esthétique : La Mode et le Sacré
- Le Corps Paré : Marie-Laure est la muse et la cliente principale d’Elsa Schiaparelli. Elle porte les bijoux anatomiques et les coupes surréalistes qui résonnent avec la poésie de Larronde (le corps morcelé, le fétichisme de l’objet).
- L’Image du Poète : Elle favorise les rencontres entre Larronde et les portraitistes de son cercle (Christian Bérard, Jean Cocteau). Elle contribue à fixer l’iconographie de Larronde comme une « idole » moderne, aussi précieuse qu’un objet de vitrine.