Les trois lectures de l’année : astronomique, météorologique et vivant
Pourquoi les Huit Fêtes du Vivant situent-elles l’Entrée en Automne au 1er août, alors que le calendrier météorologique fixe le début de l’automne au 1er septembre et le calendrier astronomique autour du 22 septembre ?
Cette question revient souvent. Elle repose sur une idée largement répandue selon laquelle il n’existerait qu’un seul découpage possible des saisons.
En réalité, plusieurs lectures de l’année coexistent depuis longtemps. Elles ne s’opposent pas ; elles répondent simplement à des objectifs différents.
Le calendrier astronomique
Le calendrier astronomique est fondé sur la position de la Terre par rapport au Soleil.
Il fait commencer les saisons aux équinoxes et aux solstices :
- le printemps à l’équinoxe de mars ;
- l’été au solstice de juin ;
- l’automne à l’équinoxe de septembre ;
- l’hiver au solstice de décembre.
Ce découpage est celui de l’astronomie. Il décrit les grandes étapes du mouvement apparent du Soleil et la durée du jour au cours de l’année.
Le calendrier météorologique
Les climatologues utilisent un autre découpage.
Pour faciliter les comparaisons statistiques, ils font commencer les saisons le premier jour des mois de mars, juin, septembre et décembre.
Ce calendrier ne cherche pas à décrire les mouvements de la Terre, mais à analyser les évolutions moyennes du climat.
Il constitue aujourd’hui le découpage le plus familier pour une grande partie du public.
Le calendrier du vivant
Bien avant l’apparition de la météorologie moderne, les sociétés agricoles observaient l’année selon un autre critère : les grandes étapes du vivant.
Les semailles, les mises au pâturage, les floraisons, les premières récoltes, les vendanges, la chute des feuilles ou l’entrée dans la mauvaise saison rythmaient la vie quotidienne bien davantage que les dates astronomiques.
De nombreuses traditions en témoignent.
Chez les Celtes, par exemple, les grandes fêtes de Samain, Imbolc, Beltane et Lugnasad marquaient les principales transitions du cycle pastoral et agricole. Lugnasad, célébrée autour du 1er août, ouvrait le temps des premières récoltes. Il ne s’agissait pas d’annoncer un changement de météo, mais de reconnaître que le vivant entrait dans une nouvelle étape.
D’autres civilisations ont développé des lectures comparables, chacune selon son climat, son agriculture et sa culture.
Le point commun de ces calendriers est de prendre le vivant comme référence.
Le choix des Huit Fêtes du Vivant
Les Huit Fêtes du Vivant s’inscrivent dans cette troisième approche.
Elles ne proposent ni un calendrier météorologique, ni un calendrier astronomique.
Elles proposent un calendrier culturel fondé sur les grandes étapes du vivant.
L’Entrée en Automne, célébrée le 1er août, ne signifie donc pas que l’été climatique est terminé.
Elle signifie que le vivant commence à entrer dans le temps des récoltes, de la maturation et de la transmission.
De même, les autres fêtes correspondent chacune à une étape majeure du cycle annuel observé dans la nature.
Trois lectures complémentaires
Ces trois calendriers ne sont pas concurrents.
Ils répondent à trois questions différentes.
Le calendrier astronomique demande :
« Où en est la Terre dans sa course autour du Soleil ? »
Le calendrier météorologique demande :
« Comment évolue le climat au cours de l’année ? »
Les Huit Fêtes du Vivant demandent :
« Que nous enseigne le vivant à ce moment de l’année ? »
Ces trois approches sont complémentaires.
L’une éclaire les phénomènes astronomiques.
La deuxième décrit les réalités climatiques.
La troisième cherche à renouer le dialogue entre les rythmes du vivant, la culture et la vie humaine.
C’est dans cette perspective que s’inscrivent les Huit Fêtes du Vivant.
Elles ne prétendent pas remplacer les autres calendriers.
Elles proposent une manière supplémentaire d’habiter le temps : non plus seulement en fonction du ciel ou du climat, mais aussi en fonction des grandes étapes du vivant, afin d’en faire une source de création culturelle, de rencontres et de croissance humaine.