Noël avec Cocteau à Milly-la-Forêt

Les faons dans la maison de Cocteau à Milly

« Noël 1955 : nous avons fêté Noël chez Francine. A minuit, nous sommes rentrés à Milly où Louis et Juliette avaient décoré l’arbre. Francine avait fait porter les deux admirables biches chinoises de bronze dont j’avais admiré les photographies il y a un mois ». A la page 353 du 4e tome de son journal « Le Passé défini », l’artiste aux multiples facettes Jean Cocteau évoque deux sculptures qui trônent toujours de part et d’autre de la cheminée de sa maison de Milly-la-Forêt, devenue aujourd’hui un musée (lire ci-dessous). « Ces lignes sont assez rares. Il parle peu de ses objets dans sa littérature », confie Pascale Léautey, la directrice des lieux. Outre les deux biches, qui se révèlent d’ailleurs être des faons, Louis, son jardinier, et Juliette, sa cuisinière, c’est surtout Francine, Weisweiller de son nom, riche et mondaine mécène du poète, qui est mise lumière dans le texte de Jean Cocteau. Son habile mise en scène pour offrir les bronzes et cette jolie surprise ont touché l’artiste. La confection des faons, ni datés ni signés, a été située en Chine au XVIIIe siècle. La patine brune qui les recouvre a disparu sur le haut de leur tête, entre les deux oreilles. Ces traces d’usure s’expliquent certainement par l’irrépressible envie de caresses que suscitent les deux Bambis. En 2015, Dominique Marny, la petite-nièce de Cocteau, les a d’ailleurs empruntés pour une exposition sur les contes de fée à Evian (Haute-Savoie).

Les deux sculptures trônent toujours de part et d’autre de la cheminée de la maison de l’artiste. Jean Cocteau vivait au milieu d’une ménagerie artificielle. Passionné d’arts forains, il avait récupéré des animaux de manège en bois, vaches, chevaux. Les objets de la maison de Milly fluctuaient au gré des amours et des rencontres de l’artiste. Au dessus de la cheminée rayonne un imposant soleil baroque offert par Coco Chanel. A côté de la fenêtre, un jazzman noir, présent de Jean Marais, est assis. Deux palmiers en laiton, aux feuilles démontables, n’ont, eux, jamais livré leurs mystères. « On ne sait pas du tout d’où ils viennent, explique la directrice. Jean Cocteau avait un grand-père collectionneur d’art. Il a été initié très tôt, gardant beaucoup d’objets familiaux et faisant les antiquaires ».

Le dernier refuge du poète

Jean Cocteau a passé les 16 dernières années de sa vie dans sa maison de Milly-la-Forêt, jusqu’à son décès en 1963. (DR) « C’est la maison qui m’attendait. J’en habite le refuge, loin des sonnettes du Palais-Royal. Elle me donne l’exemple de l’absurde entêtement magnifique des végétaux. J’y retrouve les souvenirs de campagnes anciennes où je rêvais de Paris comme je rêvais plus tard, à Paris, de prendre la fuite. L’eau des douves et le soleil peignent sur les parois de ma chambre leurs faux marbres mobiles. » Pour le poète Jean Cocteau, sa maison de Milly-la-Forêt agit comme un refuge. Il y vit les 16 dernières années de sa vie, jusqu’à sa mort en 1963, dans cette vaste bâtisse, à l’époque recouverte de lierre. Là, il crée dans son bureau, où les blocs de papier à dessin et pinceaux semblent l’attendre. Il y reçoit ses amis, la fine fleur des arts, Coco Chanel, Yves Saint-Laurent, Edith Piaf, Pablo Picasso, Colette. Il y aime aussi, d’abord l’acteur Jean Marais puis son dernier compagnon et fils adoptif Edouard Dermit. A la mort de Cocteau, l’ultime amant du poète ferme à clé trois pièces de la maison de Milly, avec tous les objets qui s’y trouvent. Plus tard, Edouard Dermit eut un fils, Stéphane, dont le parrain, Pierre Bergé, s’est démené pendant des années, jusqu’au 23 juin 2010, pour transformer les lieux en musée.J.H. Renseignements au 01.64.98.11.53 ou sur le site maisoncocteau.net.

Source : le Parisien.fr

COCTEAU, Jean. Poème autographe, 4 vers écrit à Noël 1939, avec un très beau dessin original couvrant la moitié de la page, un jeune homme au clair de lune (212 x 175 mm.). Signé de l’étoile.


Cette nuit Noël va descendre

Pour nous réchauffer un peu.

Ce dernier vers est la stophe finale du poème ‘La chambre d’Eliane’. Publié dans la Pléiade. Cocteau. p. 1241.

Facebook (page officielle du Comité Jean Cocteau)

Jean Cocteau avait l’habitude d’envoyer à sa mère, pour Noël, un dessin accompagné d’un acrostiche. Ce petit chevalier est un clin d’œil à son projet de pièce : « Les Chevaliers de la Table Ronde »

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