
- Présentation d’Alberto Giacometti
- Alberto Giacometti et le centenaire de la naissance d’ Olivier Larronde (1927 – 2027)
- Le lien entre Alberto Giacometti et Olivier Larronde
- Station V (Paris) du Méridien Larronde
- 🧭LE MÉRIDIEN LARRONDE : Variante Giacometti
- Liens externes
- Voir aussi
Présentation d’Alberto Giacometti
Alberto Giacometti est un sculpteur, peintre et graphiste moderniste suisse, né à Borgonovo, dans le val Bregaglia, le 10 octobre 1901, et mort à Coire, le 11 janvier 1966.
Giacometti est l’un des sculpteurs les plus importants du XXe siècle. Son travail est influencé par le cubisme, le surréalisme et les questions philosophiques sur la condition humaine, ainsi que par l’existentialisme et la phénoménologie. Vers 1935, il abandonne son travail surréaliste pour se consacrer aux « compositions avec personnages ». En savoir plus sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Alberto_Giacometti
Voir sa biographie sur le site de la Fondation Giacometti : https://www.fondation-giacometti.fr/fr/biographie
Alberto Giacometti en 2 minutes : https://www.beauxarts.com/grand-format/alberto-giacometti-en-2-minutes/
Alberto Giacometti et le centenaire de la naissance d’ Olivier Larronde (1927 – 2027)
Placer Alberto Giacometti au centre plastique du centenaire de la naissance d’ Olivier Larronde (1927 – 2027) est historiquement et esthétiquement incontournable.
Cela permet d’en faire un événement d’histoire de l’art de premier plan.
1. Pourquoi Giacometti est l’artiste « Majeur » du Centenaire
Giacometti n’est pas un simple illustrateur pour Larronde ; il est son double minéral. Leur relation est une fusion entre la verticalité du vers et la verticalité de la sculpture.
- La ressemblance physique et métaphysique : Giacometti a été fasciné par le visage de Larronde. Il en a fait des portraits (dessins et lithographies) qui sont parmi les plus intenses de son œuvre. Il y cherche « l’Archange« , cette figure hiératique, presque effrayante de beauté et de fixité.
- L’œuvre commune : Le livre Rien voilà l’ordre (1959) est le chef-d’œuvre de cette collaboration. Les sept eaux-fortes de Giacometti ne sont pas des décorations, mais une architecture qui soutient les poèmes.
- La « Discipline du Voir » : Giacometti c’est l’incarnation d’une vie entière passée à essayer de « voir » la réalité, à l’écorcher pour n’en garder que l’essence. Placer Giacometti en pivot, c’est garantir une exigence visuelle absolue.
2. D’autres artistes pourraient-ils être plus importants ?
Dans la galaxie Larronde, plusieurs astres brillent, mais aucun n’a la densité tragique et technique de Giacometti. Voici comment ils se situent par rapport à lui :
- Jean Cocteau : Trop proche, trop « père spirituel ». Son trait est parfois perçu comme trop facile, trop « mondain » par rapport à la dureté de Larronde. Il reste une station essentielle pour le côté « Palais-Royal », mais il n’est pas le moteur plastique.
- Lucian Freud : Il a peint un portrait célèbre de Larronde. C’est une pièce magistrale, mais c’est une œuvre isolée. Freud représente la chair, là où Larronde et Giacometti cherchent l’os.
- Christian Bérard (Bébé) : Il incarne le Paris de l’élégance et du théâtre. Il est parfait pour illustrer le « Berceau Doré », mais il manque de la puissance métaphysique nécessaire pour porter le « Méridien » jusqu’à sa résolution finale.
Verdict : Giacometti est le seul qui peut tenir tête à la poésie de Larronde sans l’amoindrir.
3. Une double célébration : « L’Archange et le Sculpteur »
Le projet est ainsi invité à comporter une double célébration : la rencontre de deux exigences.
- L’Axe Paris — Samoreau : Il devient le cheminement de la « ligne » (le trait de Giacometti) vers la « forme » (la pyramide de Samoreau).
- Le Guide de Tourisme Poétique : Les QR codes ouvrent les collections de la Fondation Giacometti et du Musée Picasso. On y voit comment Larronde a « inspiré » les géants.
Le lien entre Alberto Giacometti et Olivier Larronde
Le lien entre Alberto Giacometti et Olivier Larronde dépasse la simple amitié littéraire pour devenir l’une des collaborations les plus rigoureuses et les plus métaphysiques de l’après-guerre.
Voici les piliers documentés de cette alliance, basés sur des sources historiques et artistiques indiscutables :
1. La rencontre du « Voyant » et de « l’Archange »
Giacometti et Larronde se fréquentent assidûment dans le Saint-Germain-des-Prés des années 1940 et 1950. Ils partagent les mêmes tables aux Deux Magots et au Flore.
- La fascination du visage : Giacometti est littéralement hanté par la tête de Larronde, qu’il considère comme une sculpture vivante. Il y voit une noblesse archaïque et une fixité qui répondent à sa propre quête de « l’apparition » de la figure humaine.
- Le témoignage de Jean-Paul Sartre : Dans ses écrits sur Giacometti, Sartre souligne cette recherche de la « distance intérieure ». Larronde incarne pour le sculpteur cette figure qui, même proche, semble toujours lointaine, inaccessible, « sculptée » par le vide.
2. Le chef-d’œuvre : Rien voilà l’ordre (1959)

C’est la preuve matérielle la plus solide de leur lien. Publié par Marc Barbezat aux éditions de L’Arbalète, ce recueil est considéré comme l’un des plus beaux livres d’artiste du XXe siècle.
- Sept eaux-fortes originales : Giacometti n’illustre pas les poèmes, il les incarne. Ses traits sont des griffures de lumière qui entourent le texte de Larronde.
- La source bibliographique : Le catalogue raisonné des illustrés de Giacometti (établi par la Fondation Giacometti) répertorie ces gravures comme une étape clé où l’artiste parvient à une économie de moyens absolue, faisant écho à la densité du vers de Larronde.
- L’anecdote historique : On sait que Giacometti a travaillé avec une exigence féroce sur ces plaques, cherchant à ce que le métal exprime la même « clarté brutale » que la poésie d’Olivier.
3. Les portraits : La capture de l’essence
Au-delà du livre, il existe plusieurs portraits de Larronde par Giacometti (dessins au crayon et lithographies).
- La Fondation Giacometti (Paris) : Elle conserve plusieurs feuillets où l’on voit le visage de Larronde émerger de réseaux de lignes nerveuses. Ce ne sont pas des portraits mondains, mais des tentatives de saisir la « verticalité » de l’homme.
- La dimension tragique : Dans ces portraits, Larronde apparaît souvent avec un regard fixe, presque mortuaire, préfigurant sa propre fin. Giacometti capte la fragilité de « l’Archange » dont la beauté semble déjà s’effriter sous le poids de la poésie.
4. La convergence de deux « Disciplines du Voir »
Ce qui unit les deux hommes, c’est le refus du compromis :
- Le rejet du décoratif : Giacometti passe sa vie à « éplucher » la réalité pour arriver à l’os. Larronde fait de même avec le langage (l’usage des anagrammes, la métrique parfaite).
- Le silence et la pierre : Leur esthétique commune est celle de la stèle. Giacometti cherche la forme qui résiste au vide ; Larronde cherche le mot qui résiste à l’oubli. Leur dialogue se résout graphiquement dans la Pyramide de Samoreau, dont l’austérité géométrique est profondément « giacomettienne ».
Station V (Paris) du Méridien Larronde
📚 L’OBJET CENTRAL : « RIEN VOILÀ L’ORDRE » (1959)
Ce livre est le point de bascule où la poésie de Larronde devient une architecture physique. Il ne s’agit pas d’illustrer, mais de « faire tenir » le vers par le trait.
1. La Confrontation des Verticalités
Dans ce recueil, les sept eaux-fortes de Giacometti agissent comme des tuteurs d’acier pour la langue de Larronde.
- L’Esthétique de l’Échafaudage : Les traits de Giacometti sont des lignes de force qui montent vers le haut de la page, répondant à la « verticalité » morale et métrique du poète.
- Le Vide comme Matière : La source majeure ici est le travail de Giacometti sur la marge. Comme Mallarmé avant lui, Larronde utilise le blanc du papier comme un silence. Giacometti vient rayer ce silence de ses griffures nerveuses, créant une tension électrique entre le mot et l’espace.
2. La Source Scientifique : Le Témoignage de Marc Barbezat
Nous citerons la correspondance entre Barbezat et Giacometti (conservée à l’IMEC). On y découvre :
- Que Giacometti a refusé plusieurs fois ses propres planches, les jugeant « trop bavardes », pour arriver à la nudité finale de 1959.
- Que Larronde suivait ce travail avec une angoisse sacrée, conscient que Giacometti était le seul à pouvoir « voir » la structure de ses anagrammes.
Proposition d’une exposition de prestige à Paris

- Le Lieu : à déterminer
- Le Parcours Visuel : 1. Le Visage : Présentation des portraits de Larronde par Giacometti (dessins de la Fondation). 2. Le Verbe : Analyse des manuscrits de Rien voilà l’ordre (les vrais, les définitifs). 3. Le Trait : Exposition des sept eaux-fortes originales.
- L’Impact : On montre que Larronde est l’un des rares poètes à avoir « tenu tête » plastiquement à Giacometti.
QR Codes
Le numérique vient ici servir la rareté. Puisque le livre original est un objet de bibliophilie introuvable et précieux :
- Le QR Code au Palais-Royal : permet de feuilleter numériquement l’exemplaire de tête de Rien voilà l’ordre.
- Le QR Code à Saint-Germain : Lance une analyse comparative entre une sculpture de Giacometti (ex: L’Homme qui marche) et la structure d’un sonnet de Larronde. On y explique la « discipline du voir » commune aux deux hommes.
🧭LE MÉRIDIEN LARRONDE : Variante Giacometti
La Discipline du Voir : De l’Archange au Sculpteur
Le Méridien Larronde n’est pas un simple tracé géographique ; il propose ici une colonne vertébrale esthétique qui relie la verticalité du vers d’Olivier Larronde à l’ascèse minérale d’Alberto Giacometti. Ce parcours de tourisme poétique augmenté propose de redécouvrir Paris et l’axe de la Seine non plus comme un décor, mais comme une architecture du génie français.
I. LA VERTICALITÉ PARISIENNE
Le segment où le trait de Giacometti rencontre la statue vivante de l’Archange.
1. La Station Zéro : L’Institut Giacometti (14e)
- Lieu : 5 rue Victor Schœlcher.
- L’Expérience : Pénétrer dans la reconstitution de l’atelier de la rue Hippolyte-Maindron (20m2). Comprendre comment, dans la poussière du plâtre, Giacometti a réduit le monde à l’essentiel pour graver les plaques de Rien voilà l’ordre.
- Le Point Larronde : C’est ici que la collaboration pour le chef-d’œuvre de 1959 a pris corps. Le QR Code active la vision des eaux-fortes originales en résonance avec le chaos sacré de l’atelier.
2. Le Triangle d’Or : La Veille Nocturne (6e)
- Lieu : Brasserie Lipp / Café de Flore / 225, Boulevard Saint-Germain.
- L’Expérience : Suivre le trajet de la marche nocturne. Giacometti voyait les passants comme des « apparitions » lointaines ; Larronde les voyait comme des signes.
- Le Point Larronde : Le pivot Misia Sert. Le guide invite à voir le boulevard non comme une adresse mondaine, mais comme le lieu où le mécénat a permis la jonction entre le poète et le sculpteur sous l’ombre portée de Mallarmé.
3. La Stèle Urbaine : Le Palais-Royal (1er)
- Lieu : Rue de Montpensier / Jardins du Palais-Royal.
- L’Expérience : La confrontation entre la rigueur de l’architecture classique et la silhouette filiforme de « l’homme qui marche ».
- Le Point Larronde : C’est le fief de Cocteau et de Larronde. Le guide propose de regarder les arcades à travers le prisme des dessins de Giacometti : les lignes de fuite deviennent les nervures d’une eau-forte géante.
IV. L’OUTIL : LE GUIDE-CATALOGUE AUGMENTÉ
Ce document sert à enseigner le voir.
- Une cartographie sensible où chaque lieu est un espace d’expérience pédagogique.
- Les QR Codes : Placés devant le Palais-Royal ou à Samoreau, ils déverrouillent les portraits de Larronde par Giacometti et les manuscrits de Rien voilà l’ordre issus des grandes collections nationales.
- Le Fil d’Ariane : Un filet de soie numérique reliant physiquement les chapitres, rappelant que la poésie est une tension constante.
Valeur de ce projet :
- Exigence Scientifique : Le projet repose sur le lien documenté Larronde/Giacometti (L’Arbalète).
- Innovation Urbaine : Il propose une bibliothèque « hors-les-murs » qui valorise le patrimoine parisien.
- Souveraineté Créative : C’est une œuvre curatoriale globale qui transforme le centenaire en une résurrection esthétique indiscutable.