Larronde et Cocteau

Introduction

Olivier Larronde et Jean Cocteau entretinrent une relation marquée par la fascination, la tension et une influence réciproque.  Larronde, né en 1927, monta à Paris en 1943 dans l’objectif de rencontrer Cocteau, qu’il admirait. Il le rencontra en 1945, accompagné de Jean Genet, qui fut immédiatement bouleversé par ses poèmes, tant qu’il reprocha à Cocteau de ne pas avoir reconnu leur génie dès la première lecture.  Cocteau, initialement peu attentif, finit par reconnaître la valeur de Larronde, le qualifiant de « poète véritable » et le soutenant, notamment en aidant à la publication de son premier recueil, Les Barricades mystérieuses (1946), édité par Marc Barbezat. 

Leur lien s’inscrit dans un contexte de création intense et de bohème intellectuelle. Larronde, jeune homme fragile, porteur d’un destin tragique marqué par l’épilepsie, l’addiction à l’opium et une vie errante, fut perçu par Cocteau comme un « être dans le vide le plus pur », à la frontière entre la jeunesse et l’âge adulte, entre l’insouciance et la maturité. Malgré cette reconnaissance, Cocteau n’aurait pas été un soutien constant, et certains, comme André de Richaud, ont vu en lui une figure « perfide » qui attirait des talents pour les exploiter. 

Des traces matérielles de leur relation subsistent, notamment des poèmes manuscrits rédigés ensemble sur une nappe de restaurant, conservés par Georges Hugnet, ami commun.  Ces textes, dont deux poèmes inédits alternent les vers de Cocteau et de Larronde, portent des titres comme L’Écorché vif et Seul, et témoignent d’un dialogue poétique profond, peut-être d’un moment de création partagée en 1945. L’œuvre de Larronde, bien que peu nombreuse (trois recueils publiés, dont les Œuvres poétiques complètes en 2002), est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus originales du XXe siècle, avec une place centrale dans la poésie française contemporaine.

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