Sonnet marotique et sonnet italien

Par Martine Chantraine

Il s’agissait de préciser la différence entre sonnet marotique et le sonnet italien.

Sites internet sur le sonnet

 â–ş Un excellent site sur le sonnet.
 â–ş Une histoire du sonnet sur le site Cyberpotache.

Les réponses des colistiers

 â–ş Tout d’abord, une rapide dĂ©finition du sonnet : du latin sonare, « sonner Â», le sonnet, nĂ© en Italie avec PĂ©trarque, a Ă©tĂ© introduit en France au dĂ©but de la Renaissance, par Marot notamment (auteur du premier sonnet français). Il s’agit d’une forme fixe de 14 vers rĂ©partis en deux quatrains Ă  rimes embrassĂ©es sur deux rimes, suivis d’un sizain de forme variable, mais qui s’est fixĂ© en une forme canonique d’un distique suivi d’un quatrain, divisĂ© typographiquement en deux tercets (d’après le Lexique des termes littĂ©raires du Livre de Poche, sous la direction de Michel Jarrety, 2001).

 â–ş La plupart des rĂ©ponses tombent d’accord sur un point : la distinction entre les diffĂ©rentes formes de sonnets vient de la disposition des dernières rimes (quatrain final). Mais les sources consultĂ©es par les colistiers proposent des dĂ©finitions diffĂ©rentes, voire opposĂ©es…
 â–ş Selon certaines sources, le sonnet italien s’achève par des rimes embrassĂ©es (ABBA ABBA CCD EED) et le sonnet marotique ou français par des rimes croisĂ©es (ABBA ABBA CCD EDE). Mais pour d’autres, c’est l’inverse ! Le sonnet italien s’achève par des rimes croisĂ©es (ABBA ABBA CCD EDE) et le sonnet marotique ou français par des rimes embrassĂ©es (ABBA ABBA CCD EED) !
 â–ş Les choses se compliquent encore lorsque la forme italienne et la forme marotique sont les mĂŞmes, s’achevant par des rimes embrassĂ©es (ABBA ABBA CCD EED) et s’opposent Ă  la forme française aux rimes croisĂ©es (ABBA ABBA CCD EDE) (d’après le Lexique des termes littĂ©raires du Livre de Poche, sous la direction de Michel Jarrety, 2001).

 â–ş Certaines rĂ©ponses contestent toutefois les distinctions proposĂ©es ci-dessus en apportant des prĂ©cisions sur les sonnets italiens. Ce n’est pas seulement le dernier quatrain qui diffèrerait, mais tout le sizain final, et selon des modalitĂ©s un peu diffĂ©rentes de celles Ă©voquĂ©es ci-dessus. En effet, dans le Canzoniere de PĂ©trarque on trouve des rimes très diverses : CDC/DCC (III), CDE/CDE (VI), CDE/DCE (C), CDC/ECE (XLIV). On peut donc penser que le sonnet italien ne connaĂ®t pas vraiment de règles pour ses tercets, alors que le sonnet français, notamment marotique, est davantage « encadrĂ© Â». Une autre rĂ©ponse va dans le mĂŞme sens : les Italiens n’apprĂ©cient guère les rimes plates, et les Ă©vitent donc, d’oĂą les schĂ©mas majoritaires CDE/CDE, CDC/DCE, CDC/ECE, alors que le sonnet marotique prĂ©sente toujours un distique Ă  l’entrĂ©e du sizain (CC/DEDE ou CC/DEED).

ComplĂ©ment : le sonnet Ă©lisabĂ©thain

 â–ş Le sonnet Ă©lisabĂ©thain, aussi appelĂ© sonnet anglais ou shakespearien (et qui sera repris par MallarmĂ©), prĂ©sente Ă©galement 14 vers, mais les rimes sont diffĂ©rentes : il est constituĂ© de trois quatrains Ă  rimes croisĂ©es, suivis d’un distique. Formes mentionnĂ©es par les colistiers : ABAB CDCD EFEF GG / ABAB ABAB CDC DEE.

Petite conclusion

 â–ş Ă‰videmment, et comme d’habitude, c’est Ă  partir de lĂ  que le travail commence : quid, maintenant, de l’interprĂ©tation de ces diffĂ©rences en matière de sens ? ClĂ´ture, par exemple, de la rime embrassĂ©e par rapport Ă  une certaine ouverture de la rime croisĂ©e, ou rapport entre les deux premiers quatrains et ce dernier selon que ses rimes sont pareilles que celles des deux premiers ou diffĂ©rentes, et ainsi de suite…

– Dernières publications de Martine Chantraine 

source : https://www.weblettres.net/spip/spip.php?article295

Voir aussi

Publié par Charles-Michaël VINSON

Poëte et Créateur Culturel Pays de Fontainebleau & Carladez : Art, Culture et Territoires Pour une Poëtique de la Vie

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