
Biographie

Raymond Duncan, né à San Francisco le 1er novembre 1874 et mort à Cavalaire-sur-Mer le 14 août 1966, est un philosophe, artiste, poète, artisan et danseur américain, frère de la danseuse Isadora Duncan.
Fils du banquier Joseph Charles Duncan et de Mary Dora Gray, sĹ“ur cadette du sĂ©nateur de Californie Thomas Gray, il est le troisième de quatre enfants, Elisabeth, Augustin, Raymond et Isadora. S’intĂ©ressant prĂ©cocement Ă l’art, il conçoit en 1891 Ă l’âge de 17 ans une thĂ©orie du mouvement qu’il nomme « kinematic — a remarkable synthesis of the movements of labor and of daily life » selon laquelle la finalitĂ© du travail rĂ©side dans l’Ă©panouissement du travailleur et non dans sa production ou son revenu.
En 1898, il accompagne sa mère et ses proches Ă Londres, Berlin, Athènes et Paris. Ă€ Paris, il rencontre le poète itinĂ©rant allemand Gustav Gräser, prophète d’une vie libre et proche Ă la nature. Raymond devient son disciple et rĂ©pand ses idĂ©es : dĂ©velopper tous ses dons en harmonie, produire tout de ses propres mains, vivre une existence dansante. Sa thĂ©orie sur le mouvement le conduit Ă collaborer Ă©troitement avec sa sĹ“ur Isadora. Très influencĂ© par la culture de la Grèce antique, il vit avec sa femme grecque, PĂ©nĂ©lope Sikelianou (dĂ©cĂ©dĂ©e en 1925), Ă proximitĂ© d’Athènes, dans une villa meublĂ©e Ă la manière des anciens Grecs. Il fabrique lui-mĂŞme ses meubles, ses poteries, ses tapisseries et ses tenues Ă l’antique, qu’il porte chez lui comme lors de ses voyages, notamment Ă Berlin en 1907.
En 1909, Raymond et PĂ©nĂ©lope entament aux États-Unis une sĂ©rie de spectacles de chants et de danses traditionnels grecques. Ils passent notamment par Philadelphie, Chicago, Kansas City, San Francisco, Portland, en donnant Ă©galement des confĂ©rences et des cours. Ils passent ensuite plusieurs mois chez les Indiens Klamath sur la cĂ´te nord-ouest des États-Unis. En 1911, de retour Ă Paris, Raymond et PĂ©nĂ©lope fondent une Ă©cole : l’Akademia. En 1929, Raymond prĂ©sente au Salon des indĂ©pendants la toile Opus ainsi qu’une vitrine contenant des soies tissĂ©es et peintes Ă la main.
Par ailleurs, Duncan trouve le temps de composer des poèmes et des pièces de théâtre, d’Ă©diter des journaux et articles exposant sa philosophie, qu’il nomme « l’actionalisme ». Il imprime lui-mĂŞme ses ouvrages en se servant de caractères typographiques de sa fabrication et d’encre Ă base de murex. Son but ultime n’est rien d’autre qu’une « complète technique de vie » synthĂ©tisant travail, art et exercice physique au service de l’accomplissement de l’homme.
Création de la ville de « New Paris York »
Ă€ l’âge de 73 ans, Raymond Duncan propose de crĂ©er la ville de « New Paris York » a une latitude de 45 N et une longitude de 36 W, soit au milieu de l’ocĂ©an Atlantique, comme symbole de coopĂ©ration culturelle internationale.
Akademia Raymond Duncan. Paris

Création :1911
Note : Groupe créé par Raymond Duncan (1874-1966) à Paris pour enseigner les arts, la musique grecque antique et la philosophie
https://data.bnf.fr/…/akademia_raymond_duncan_paris/
L’AkadĂ©mia, situĂ©e au 31 rue de Seine Ă Paris, est basĂ©e sur l’idĂ©e d’acadĂ©mie platonicienne et se veut « un lieu ouvert Ă toutes les innovations en théâtre, littĂ©rature, musique et arts plastiques ». Duncan et son entourage y dispensent gratuitement des cours de danse, de beaux-arts et d’artisanat. Il ouvre par la suite Ă Londres une deuxième Ă©cole similaire. Parmi les artistes rĂ©putĂ©s qui sont passĂ©s lĂ , on peut signaler qu’Alan Stivell, quand il Ă©tait enfant, dans les annĂ©es 1950, a jouĂ© de la harpe celtique plusieurs fois pour le public de l’Akademia Raymond Duncan.
L’AkadĂ©mia de Paris continua ses activitĂ©s après la mort de Raymond Duncan, grâce au travail de sa seconde Ă©pouse Aia (dĂ©cĂ©dĂ©e en 1977), jusqu’aux annĂ©es 1970. L’immeuble abritait entre autres une galerie d’art, un magasin, un atelier d’imprimerie, avec un amphithéâtre dans la cour intĂ©rieure. Une plaque orne encore la façade de l’immeuble.
Une partie de l’activitĂ© de Raymond Duncan est visible dans le reportage documentaire d’Orson Welles, Around the World with Orson Welles: Saint-Germain-des-PrĂ©s.
La maison d’Isadora et Raymond Duncan Ă Athènes

La maison historique d’Isadora Duncan dans la banlieue de Vyronas Ă Athènes est en cours de rĂ©novation alors que le temps laisse des traces dans la maison oĂą la lĂ©gendaire danseuse amĂ©ricaine a passĂ© plusieurs annĂ©es.
La maison historique sur la colline de Kopanas Ă Byrona sera reconstruite par les autoritĂ©s municipales locales afin qu’elle puisse continuer sa vie sĂ©culaire et en mĂŞme temps continuer Ă accueillir un centre d’art et de culture unique en Grèce.
La maison a Ă©tĂ© la rĂ©sidence d’ Isadora Duncan (1877-1927) et de son frère Raymond pendant plusieurs annĂ©es.
Conçu selon les normes grecques antiques, il a Ă©tĂ© construit en 1903 dans une zone choisie par la grande danseuse amĂ©ricaine de l’Ă©poque, afin qu’elle puisse voir l’Acropole et contempler la mer Saronique au loin.
Elle était une amoureuse de la culture grecque antique.
L’un des rares espaces construits spĂ©cifiquement pour la danse, 120 ans plus tard, il continue d’abriter le mĂŞme art. Cette maison Ă©tait aussi un repaire de grandes figures de l’Art et des Lettres, comme Aggelos Sikelianos -sa sĹ“ur Penelope avait Ă©pousĂ© Raymond Duncan -, Konstantinos Christomanos et d’autres.
Il abrite aujourd’hui le « Centre d’Ă©tude de la danse Isidore et Raymond Duncan », créé en 1980 et un centre dynamique d’Ă©tude et de recherche sur l’art de la danse. Il maintient Ă©galement une École, est un lieu de rencontre de pratique, de thĂ©orie et de recherche pour des programmes qui explorent le sous-sol pĂ©dagogique et philosophique de la danse, accueille des groupes de danse, ainsi que des programmes de recherche expĂ©rimentale, offre un espace de soutien aux jeunes artistes, tandis qu’il dispose d’un rĂ©seau international.
En 2006, elle est devenue membre fondateur du rĂ©seau europĂ©en des maisons de danse EDN (European Dance Houses Network). Au cours des cinq annĂ©es 2010-2014, le Centre a participĂ© au programme europĂ©en MODULDANCE, le plus grand programme de danse culturelle subventionnĂ© par l’Union europĂ©enne, pour soutenir des formes de mobilitĂ© de qualitĂ© des jeunes artistes en Europe.
Dans les annĂ©es 1980, la municipalitĂ© de Byron, voulant honorer le travail et la contribution d’Isidora Duncan, entreprend la reconstruction de l’Ă©difice dont les travaux s’achèvent en 1992.
Cependant, le temps a de nouveau laissĂ© des traces, de nouveaux et importants dĂ©gâts sont apparus, de sorte que l’autoritĂ© municipale actuelle a dĂ©cidĂ© qu’il Ă©tait nĂ©cessaire d’avoir de nouveaux travaux de reconstruction, dont l’Ă©tude a Ă©tĂ© entreprise par la Fondation Stavros Niarchos. L’objet de cette Ă©tude spĂ©cifique est la rĂ©novation du bâtiment, mais aussi la rĂ©gĂ©nĂ©ration des abords.
« Le patrimoine culturel est une prioritĂ© pour nous », a dĂ©clarĂ© le maire de Byron Grigoris Katopodis Ă l’APE-MPE et a poursuivi : « LĂ -haut sur la colline, les Duncan ont construit la maison, qui fonctionnait comme l’un des centres de culture les plus importants au dĂ©but de le siècle dernier. Par la suite, il est restĂ© dĂ©sert et inutilisĂ© pendant des annĂ©es, mais il a Ă©tĂ© rĂ©novĂ© en couches et maintenant le Centre d’Ă©tude de la danse et l’Ă©cole y opèrent.
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Publications
- Le Vrai But du travail, confĂ©rence faite Ă l’UniversitĂ© populaire Saint-Antoine, le 7 fĂ©vrier 1912
- Les Moyens de grève, conférence donnée à la Bourse du travail, Paris, le 5 mai 1912
- La Danse et la gymnastique, confĂ©rence faite Ă l’UniversitĂ© hellĂ©nique, le 4 mai 1914
- La Musique et l’harmonie, confĂ©rence faite Ă l’UniversitĂ© hellĂ©nique, le 6 mai 1914
- Les Travaux d’HĂ©raklès, confĂ©rence faite Ă l’UniversitĂ© philosophique, Paris, le 9 mars 1919
- Poèmes de parole torrentielle, 1927
- Initiation aux arts. De la parole Ă l’idĂ©al, ou de la PoĂ©sie, confĂ©rence faite rue de la Sorbonne, Paris, le 11 fĂ©vrier 1928
- L’Amour Ă Paris, confĂ©rence donnĂ©e le 22 janvier 1932
- Étincelles de mon enclume, 2e Ă©dition, extraits de confĂ©rences et d’articles de 1912 Ă 1937 sĂ©lectionnĂ©s et rĂ©unis par Alia Bertrand, 1957
- Je chante et je dis, poèmes, s. d.
- De la caverne au temple, ou de l’Architecture, s. d.
Théâtre
- Oidipous, tragédie en cinq actes, un passage et un épilogue, Paris, Théâtre Femina, 6 avril 1927
Articles
L’Odyssée des Duncan, Isadora et Raymond
Actes du 23e colloque de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer les 5 et 6 octobre 2012 https://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2013_act_24_1_1488