La lyre d’Hermès

Photo Lyre of Hermes (7 or 9 strings) – ancient Greek lyre; en savoir plus : https://luthieros.com/product/the-lyre-of-hermes-ancient-greek-lyre-chelys/

Selon la mythologie grecque, le jeune dieu Hermès, fils de Zeus et messager des dieux crĂ©a la lyre Ă  partir d’une grande carapace de tortue qu’il perça pour y fixer des roseaux d’oĂą partaient sept cordes en boyaux de brebis ; l’ensemble Ă©tait recouvert d’une peau de bĹ“uf et se jouait avec un plectre. Hermès cĂ©da ensuite sa lyre Ă  Apollon.

La lyre est l’attribut d’Hermès, son inventeur, d’Apollon musagète, d’OrphĂ©e, d’Érato, muse de la poĂ©sie lyrique et par extension du poète lyrique.

En savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyre

  1. L’invention lĂ©gendaire de la lyre
    1. Le mythe de la naissance d’Hermès
      1. Extraits des Hymnes homériques : à Hermès.
      2. Variantes mythologiques
  2. Constellation de la lyre
  3. Voir aussi

L’invention lĂ©gendaire de la lyre

Amphore reprĂ©sentant une assemblĂ©e des dieux, Apollon jouant de la cithare (au centre) et Hermès Ă  gauche, Staatliche Antikensammlungen ;500 av. J.-C.
Le mythe de la naissance d’Hermès

L’invention de la lyre fait partie du mythe de la naissance du dieu Hermès. On le trouve dans les Hymnes homĂ©riques (Ă  Hermès). Son frère Apollon discutait avec HymĂ©naos, alors qu’il Ă©tait chargĂ© de garder le troupeau d’Admète. Le petit Hermès, Ă  peine nĂ©, en profita, afin de jouer un tour Ă  son frère, pour voler une partie des vaches. Pour camoufler son vol, le jeune voleur attacha des branches aux queues de ces animaux qui effacèrent leurs traces. C’est ainsi qu’il les emmena Ă  travers la Grèce. Finalement, il sacrifia deux gĂ©nisses pour les dieux. Il rentra ensuite dans sa grotte natale, oĂą il trouva une tortue :

Extraits des Hymnes homĂ©riques : Ă  Hermès.

« Il [Hermès] rencontra une tortue et s’en empara. Elle Ă©tait Ă  l’entrĂ©e de la grotte, se traĂ®nant Ă  pas lents et paissant les fleurs de la prairie (…) Hermès dit : « Salut aimable produit de la nature, toi qui peux devenir un instrument mĂ©lodieux, âme de la danse, compagne des festins, tu me combles de joie en m’apparaissant ; tortue qui vis sur les montagnes, charmant joujou, Ă©caille bigarrĂ©e, d’oĂą viens-tu ? (…) Je ne te mĂ©priserai pas, tu seras l’origine de ma fortune (…) Si tu meurs, tu rendras des sons harmonieux. (…) Â» Il arracha ainsi la vie de la tortue des montagnes. Â»

Hermès utilisa la carapace de la tortue comme caisse de rĂ©sonance Ă  sa lyre. Ensuite il continue avec divers matĂ©riaux naturels :

« Hermès accomplit cette Ĺ“uvre avec la rapiditĂ© de la parole. Il coupe des roseaux de bonne taille et leur fait traverser le dos de la tortue Ă  l’Ă©caille de pierre. Tout autour, il tend avec habiletĂ©, une peau de bĹ“uf. Il y adapte un manche, sur lequel il enfonce des chevilles. Puis il y joint 7 cordes harmonieuses de boyaux de brebis. Â»

Hermès n’inventa pas que la lyre, il inventa aussi les chansons joyeuses accompagnĂ©es de la lyre et le plectre pour en jouer :

« L’ouvrage terminĂ©, il (Hermès) soulève l’instrument dĂ©licieux, il le frappe en cadence avec le plectre, et sa main lui fait rendre un son retentissant. Alors le dieu chante en improvisant des vers harmonieux, et comme les gens dans les festins, il s’abandonne Ă  de joyeux propos, de mĂŞme il redit les conversations amoureuses de Zeus et la belle MaĂŻa sa mère. Il cĂ©lèbre sa naissance illustre, il chante les compagnons de la nymphe, ses riches demeures, les trĂ©pieds et les somptueux bassins qui se trouvent dans la grotte ; mais d’autres pensĂ©es agitent son esprit tandis qu’il chante. Il dĂ©pose la lyre harmonieuse dans le berceau sacrĂ©. Â»

lithographie du TrĂ©sor des AthĂ©niens surmontĂ©e d’une Ă©criture musicale. MusĂ©e de Delphes ;-130 av. J.-C. Hymne Ă  Apollon de Delphes Delphic Hymns

Apollon se rend chez MaĂŻa et demande oĂą sont ses gĂ©nisses, en menaçant Hermès de l’envoyer dans le Tartare. Mais le voleur est aussi un menteur. Sur l’Olympe, Zeus demande Ă  Hermès de montrer l’endroit oĂą se cache le troupeau. Alors Hermès sort sa lyre devant Apollon :

« De sa main gauche prenant sa lyre, il (Hermès) frappe en mesure les cordes avec le plectre. Sous ses doigts, l’instrument rend un son retentissant. Le brillant Apollon sourit de plaisir, les divins accents pĂ©nètrent son âme et remplissent son cĹ“ur d’une vive Ă©motion. Le fils de MaĂŻa, ainsi rassurĂ©, fait rĂ©sonner sa lyre mĂ©lodieuse. Assis près d’Apollon, il joint ses chants aux accents de sa lyre ; sa voix est douce et harmonieuse, il cĂ©lèbre la naissance des dieux (…) d’abord il consacre ses chants Ă  MnĂ©mosyne, la mère des Muses ; elle comble de dons gracieux le fils de MaĂŻa (…) De vifs dĂ©sirs de possĂ©der cette lyre sonore se rĂ©pandent dans le cĹ“ur d’Apollon. Â»

Apollon devient tout Ă  coup plus amical au son de la lyre d’Hermès et il dit Ă  Hermès :

« Â« Tu viens de me faire entendre des accords tout nouveaux et une voix admirable que jamais aucun homme, aucun habitant de l’Olympe ne peut Ă©galer, je pense (…) d’oĂą te vient cet art ? Quelle Muse peut ainsi dissiper les noirs chagrins ? Quelle est cette harmonie ? J’y trouve rĂ©unis toutes les voluptĂ©s, le plaisir, l’amour, et le penchant au doux sommeil. Moi-mĂŞme, compagnon habituel des Muses de l’Olympe, ami des douces chansons, des accents mĂ©lodieux de la lyre et des accords des flĂ»tes, moi-mĂŞme je ne goĂ»tai jamais autant de plaisir en prĂŞtant l’oreille aux refrains que rĂ©pètent les jeunes gens au sein des repas (…) j’admire quels sons merveilleux tu sais tirer de ta lyre. Â»

Hermès s’en aperçoit et, malin comme il est, il profite de l’Ă©tat de grâce d’Apollon et lui dit :

« Puisque tu souhaites jouer de la lyre, chante, prĂ©lude, livre ton cĹ“ur Ă  la joie en la recevant de mes mains. Ainsi c’est toi qui me combles de gloire. Chante donc, en t’accompagnant de cet instrument mĂ©lodieux qui sait rendre avec justesse toutes les modulations. Heureux et fier, tu la porteras ensuite dans les festins, au milieu des chĹ“urs aimables des danses et des fĂŞtes splendides qui charment la nuit et le jour. Qu’un homme habile en son art interroge cette lyre, de suite elle rĂ©vèle Ă  son âme mille dĂ©licieuses pensĂ©es (…) mais si quelque ignorant la touche avec rudesse, elle ne murmure plus que des sons vagues et sourds (…) accepte donc cette lyre, glorieux fils de Zeus, Apollon (…) En disant ses mots, il prĂ©sente la lyre Ă  PhĂ©bus ; celui-ci la reçoit, donne en Ă©change un fouet Ă©tincelant et charge Hermès des soins de ses gĂ©nisses. Â»

Apollon saisit la lyre, qui devient son attribut :

« De la main gauche (…) frappe en cadence avec le plectre ; l’instrument rĂ©sonne en mĂ©lodieux accords, et le dieu (Apollon) marie les accents de sa voix aux sons de la lyre (…) sur le sommet neigeux de l’Olympe, ils se rĂ©jouissent au son de la lyre, et Zeus joyeux resserre les liens de cette intimitĂ©. Depuis ce jour, et maintenant encore, Hermès a toujours aimĂ© le fils de LĂ©tĂ´, auquel il avait donnĂ© sa lyre. Â»

Variantes mythologiques

La Muse Polymnie passe Ă©galement pour avoir inventĂ© la lyre. Et la poĂ©tesse Sappho aurait inventĂ© le plectre.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyre

Constellation de la lyre

La Lyre : de la tortue d’Hermès au drame d’Orphée

Ce qu’il faut en retenir

Il faut quand même faire un sacré effort pour imaginer une lyre dans cette constellation. De nombreuses cultures et civilisations y voyaient plutôt un vautour, ce qui explique que sur les atlas anciens, on trouve souvent les deux images de la lyre et du vautour superposées. En mythologie grecque, fait rarissime, les dieux olympiens ont ici positionné dans le ciel un objet et non un personnage ou un animal. Deux légendes se superposent pour expliquer cette lyre. La première tient à la naissance d’Hermès et au conflit qui l’oppose à son demi frère Apollon. Hermès invente la lyre à partir d’une carapace de tortue et s’affirme comme un expert dans le maniement de l’instrument. C’est ainsi qu’il charme Apollon à qui il avait volé des bœufs. En jouant de la lyre, Hermès apaise la colère de son demi frère. Et en guise de réconciliation, il lui donne cette lyre, qui devient alors l’un des attributs privilégiés d’Apollon.


https://www.astroclub-andromede.fr/435+la-lyre-de-la-tortue-d-hermes-au-drame-d-orphee.html

Voir aussi

Publié par Michaël VINSON

Poëte et Créateur Culturel Pays de Fontainebleau & Carladez : Art, Culture et Territoires Pour une Poëtique de la Vie

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