Contenu symbolique des lettres de l’alphabet grec

  1. Contenu symbolique des lettres de l’alphabet, premiĂšre clef de l’interprĂ©tation des mythes grecs
  2. Tableau synoptique des lettres-symboles de l’alphabet ionien
  3. Ordre des lettres selon l’enchaĂźnement logique dans les graphismes
    1.  Schéma de Construction des lettres-symboles
    2. Iota
    3. Gamma
    4. Pi (Lettre double)
    5. RhĂŽ (Lettre double)
    6. BĂȘta
    7. ZĂȘta
    8. Tau (Lettre double)
    9. Xi
    10. Epsilon
    11. Êta
    12. Kappa (Lettre double)
    13. Lambda (Lettre double)
    14. Alpha
    15. Delta (Lettre double)
    16. Upsilon
    17. Psi
    18. Nu
    19. MĂ»
    20. Khi (Lettre double)
    21. Sigma
    22. Omicron
    23. ThĂȘta
    24. Phi
    25. Oméga
    26. Digamma, San et Koppa : les lettres abandonnées.
  4. Source
  5. Voir aussi v

Contenu symbolique des lettres de l’alphabet, premiĂšre clef de l’interprĂ©tation des mythes grecs

Les clefs de cryptage peuvent ĂȘtre classĂ©es en diffĂ©rentes catĂ©gories plus ou moins complexes.

*La premiĂšre catĂ©gorie utilise les contenus symboliques des lettres de l’alphabet, qui permettent la formation de noms propres dont le sens dĂ©coule en partie de l’arrangement des lettres employĂ©es. Le plus souvent, ces noms (dieux, hĂ©ros, personnages, lieux
), sont constituĂ©s d’une association de lettres signifiantes et de mots du langage courant pour former un rĂ©bus symbolique.
Il y a tout lieu de penser que cette mĂ©thode de cryptage Ă©tait dĂ©jĂ  utilisĂ©e par les Égyptiens. Les Grecs, Ă©voquant les signes Ă©gyptiens, les appelaient « Ta hiera grammata », les lettres sacrĂ©es, ou « Ta hiera glyphica », expression qui signifie « les (lettres) sacrĂ©es gravĂ©es » ou hiĂ©roglyphes. Pourquoi « sacrĂ©es », si ce n’est qu’elles manifestaient, par leur tracĂ©, un contenu symbolique rĂ©vĂ©lateur des « choses sacrĂ©es ».
Les Égyptiens eux-mĂȘmes s’y rĂ©fĂ©raient comme Ă  « l’écriture des mots divins ».

Pour tout savoir sur les lettres symboles https://www.greekmyths-interpretation.com/interpretation…/

Tableau synoptique des lettres-symboles de l’alphabet ionien

Ordre des lettres selon l’enchaĂźnement logique dans les graphismes

L’ordre de prĂ©sentation des lettres ci-dessous suit l’enchaĂźnement logique dans les graphismes, et non celui de l’alphabet utilisĂ© couramment : voir le SchĂ©ma de construction des lettres symboles dans l’onglet divers.

 SchĂ©ma de Construction des lettres-symboles

L’ordre de prĂ©sentation des lettres ci-dessous suit l’enchaĂźnement logique dans les graphismes, et non celui de l’alphabet utilisĂ© couramment : voir le SchĂ©ma de construction des lettres symboles dans l’onglet divers.

Pour chacune d’elles, figure d’abord la lettre ionienne selon l’alphabet officiel imposĂ© par AthĂšnes et sur laquelle est fondĂ©e la composition des noms propres, puis sont notĂ©es Ă  la suite quelques-unes de ses autres formes archaĂŻques illustrant la complexitĂ© de l’évolution, et enfin, la lettre classique et la minuscule de l’époque hellĂ©nistique.

Iota

Forme ionienne : I
Formes classiques : Ι Îč

Cette lettre est Ă©tudiĂ©e en premier lieu, car son graphisme est le plus simple qui soit, un trait vertical. Absente dans l’alphabet phĂ©nicien, elle fut ajoutĂ©e par les Grecs et servit de base au graphisme de dix-sept autres lettres. Elle reprĂ©sente l’idĂ©e premiĂšre sous-jacente Ă  toute manifestation, c’est-Ă -dire la volontĂ© de « densification Â» du SuprĂȘme.
C’est le premier mouvement de cette totalitĂ© indivisible que les VĂ©das nomment Sat-Chit-Ananda, les trois principes Existence-Conscience-FĂ©licitĂ© fondus en l’UnitĂ©.
(A ce niveau de description, nous sommes hors de toute conception mentale, sur un plan qui prĂ©cĂšde la manifestation et Ă  fortiori la crĂ©ation et l’espace-temps.)

Elle prĂ©cĂšde « la projection hors de Soi-mĂȘme Â» et la « contemplation de Soi-mĂȘme Â», illustrĂ©es respectivement par le gamma (Γ) et le rhĂŽ (ÎĄ). Le Rho dessine le mouvement, lancĂ© avec le gamma, qui revient vers sa source afin d’avoir l’expĂ©rience de lui-mĂȘme, expĂ©rience qui est Éros, FĂ©licitĂ©.

Cette densification peut se comprendre aussi comme un ralentissement des vibrations, le RĂ©el vibrant Ă  une vitesse infinie dans une immobilitĂ© totale, et la crĂ©ation, dans son Ă©tat d’apparente stabilitĂ©, nĂ©cessitant des vibrations lentes se dĂ©ployant dans le temps.

Le iota est donc l’expression d’une « densification Â» du SuprĂȘme, une Existence-Conscience, que nous appellerons plus simplement « Conscience Â», qui s’étend des hauteurs de l’Esprit jusqu’aux plus lointaines profondeurs de la MatiĂšre. Symboliquement, et de tous temps, le haut fut attribuĂ© Ă  l’Esprit, et le bas Ă  la MatiĂšre, en raison de notre perception du monde sensible.

Cette approche de la Conscience implique l’existence de diffĂ©rents niveaux de « conscience Â» : ceux des plans minĂ©ral, vĂ©gĂ©tal, animal, humain qui nous sont familiers et plus ou moins perceptibles, et ceux qui s’étendent encore au-delĂ  jusqu’à la conscience de l’Absolu.
L’étude de ces plans, de leurs interactions et des possibilitĂ©s de les intĂ©grer et les perfectionner en nous est l’un des objets de la mythologie.

C’est en suivant cette idĂ©e de densification que les Grecs ont placĂ© le lieu de sĂ©jour de certains dieux au sommet des montagnes (Olympe, Ida), car de mĂȘme que celles-ci relient le ciel et la terre, ces dieux, puissances les plus Ă©levĂ©es du monde mental, font le lien entre l’Esprit d’une part, la vie et la matiĂšre d’autre part.

La Conscience des plans supĂ©rieurs de l’Esprit n’est accessible Ă  l’homme qu’en de rares Ă©clairs, et subit mĂȘme alors quantitĂ© de dĂ©formations et de distorsions, hĂ©ritages Ă  la fois de l’évolution et de la nature individuelle.
Il n’est donc pas possible de la reprĂ©senter sous la forme d’un trait vertical, mais seulement d’une ligne brisĂ©e en zigzag, .
Si l’on considĂšre les alphabets grecs primitifs, dans nombre d’entre eux le iota et le sigma avaient des tracĂ©s similaires : pour le iota, et ou ou encore pour le sigma. Lorsque le tracĂ© ionien fut adoptĂ© dĂ©finitivement par tous, il devint nĂ©cessaire de diffĂ©rencier clairement le iota , le zĂȘta et le sigma . Le iota fut retenu pour la Conscience de VĂ©ritĂ© pure de toute dĂ©formation, le sigma hĂ©rita du sens de « conscience mentale partielle Â» et surtout il symbolisa une circulation de l’énergie entre le bas et le haut dans l’homme mais dans un seul sens. Quant au zĂȘta, il figura le lien dynamique entre l’Esprit et la MatiĂšre, qui, Ă  l’instar de l’éclair, prend le chemin le plus court en tenant compte des obstacles rencontrĂ©s.
(Dans les alphabets phĂ©niciens archaĂŻque et aramĂ©en, on peut supposer que la conscience Ă©tait reprĂ©sentĂ©e par la lettre zayin , puisque le iotan’existait pas.)

Le iota peut ĂȘtre employĂ© Ă  la fois comme voyelle et comme consonne. Il est utilisĂ© comme consonne lorsqu’il se trouve au milieu de deux voyelles et n’appartient pas Ă  la dĂ©sinence, comme dans les mots Gaia, LaĂŻos et AiĂ©tĂšs. Les autres consonnes indiquent alors le « mouvement Â» de cette Conscience. Il sert aussi de consonne lorsqu’il n’est utilisĂ© qu’avec une seule voyelle comme dans le mot Io (ΙΩ), princesse de la dynastie royale d’Argos qui fut aimĂ©e de Zeus puis changĂ©e en gĂ©nisse. Le tracĂ© de la lettre omĂ©ga (Ω) indiquant une ouverture vers l’incarnation, le nom signifie alors une « ouverture de la conscience vers l’incarnation». Io est en effet Ă  l’origine de la lignĂ©e des personnages qui dĂ©crivent le processus de purification/libĂ©ration ou intĂ©gration : HĂ©raclĂšs, ƒdipe et Europe.

En rĂ©sumĂ©, le exprime donc une verticalitĂ©, de l’ordre de la Conscience-Force, non dĂ©viĂ©e par les couches du mental, car c’est ce dernier, et non la vie, qui est la cause des distorsions.

*Mots clefs : conscience, conscience de vérité, force-conscience, plans de conscience.

Gamma

Forme ionienne : Γ
Autres formes archaĂŻques :
Formes classiques : Γ Îł

Le tracĂ© du gamma exprime un mouvement vers l’avant, une impulsion, qui part du sommet du trait vertical de la « conscience Â».
Les deux lettres Γ et nous permettent d’introduire Gaia, la Terre, la Conscience qui se projette hors d’elle-mĂȘme ou principe d’Existence. (Le iota entre deux voyelles doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une consonne.)
Puis, se scindant elle-mĂȘme : « en premier lieu, elle fit naĂźtre Ouranos le ciel Ă©toilĂ©, Ă©gal Ă  elle-mĂȘme (il fallait qu’il pĂ»t la cacher, l’envelopper entiĂšrement), afin qu’il fĂ»t, pour les dieux bienheureux, sĂ©jour Ă  jamais stable », elle se mua en un couple sans pour autant abandonner son unitĂ© : Ouranos, la Force-Conscience concentrĂ©e en elle-mĂȘme, et Gaia, son Énergie ExĂ©cutrice. Les deux membres du couple devaient s’unir Ă  leur tour pour que viennent Ă  la lumiĂšre les puissances de crĂ©ation, les Titans. Le jeu divin de ces deux principes est illustrĂ© par le rhĂŽ (P), qui forme la structure du mot Éros, l’extase divine, ou Ânanda. Lorsque les Titans vinrent enfin Ă  la lumiĂšre, alors s’opĂ©ra le passage de la Force-Conscience/Énergie ExĂ©cutrice Ă  la dualitĂ© de principes Esprit (Ouranos)/ MatiĂšre (Gaia).

Par extension, gamma a plus gĂ©nĂ©ralement le sens d’une impulsion, d’un commencement, d’un mouvement vers l’avant. Cette lettre est Ă  l’origine du mot Gorgo (la Gorgone tuĂ©e par PersĂ©e), symbole d’une impulsion qui revient sur elle-mĂȘme de par l’ajout du Rho.
Les variantes du gamma que l’on trouve Ă  Corinthe, Argos ou en EubĂ©e expriment une projection de la conscience, verticalement ou horizontalement, mais ce graphisme sera finalement retenu pour le lambda.

*Mots clefs : mise en mouvement, impulsion, commencement.

Pi (Lettre double)

Forme ionienne :
Formes classiques : Π π

Le tracĂ© du pi primitif est identique, quelles que soient les rĂ©gions oĂč il est apparu. Son graphisme subit l’inversion classique du sens de l’orientation.
Son tracĂ© poursuit celui du gamma par un court trait vertical vers le bas qui suggĂšre un arrĂȘt du mouvement. Ces deux lettres, gamma et pi, nous Ă©voquent la phrase de Platon « Cet univers oĂč nous sommes, tantĂŽt le dieu lui-mĂȘme dirige sa marche et le fait tourner, tantĂŽt il le laisse aller » ; l’univers, mis en route par le gamma, poursuit avec le pi sur sa lancĂ©e.
Mais le graphisme de cette lettre évoque aussi une instabilité, un repos temporaire.
Dans son tracĂ© dĂ©finitif, le pi est le principe du repos, de l’arrĂȘt, de la stabilitĂ©, de l’immobilitĂ©. Il porte aussi l’image d’un pont, d’un lien entre deux piliers.

*Mots clĂ©s : – repos, arrĂȘt, immobilitĂ© et peut-ĂȘtre inertie.
– lien, Ă©quilibre, stabilitĂ©, Ă©galitĂ©.
– maĂźtrise (domination), rigiditĂ©, fixitĂ© et peut-ĂȘtre dĂ©pendance.

RhĂŽ (Lettre double)

Formes ioniennes :
Autres formes archaĂŻques :
Formes classiques : ÎĄ ρ

La deuxiĂšme lettre issue du gamma est le rhĂŽ. (Il s’écrit comme le P français, mais il est Ă  rapprocher du R). Le mouvement, ici, n’est plus interrompu comme dans le pi, mais revient sur lui-mĂȘme, vers la source. C’est la respiration de l’Absolu, le jeu d’une crĂ©ation qui vient Ă  l’existence puis est rĂ©absorbĂ©e. A un niveau infĂ©rieur, il s’agit d’un retour sur soi-mĂȘme, d’une inversion du sens du mouvement.
Mais les variantes que l’on trouve soit en Ionie () soit dans les autres citĂ©s , indiquent que cette action s’inscrit jusque dans la matiĂšre, qu’elle n’est pas un simple jeu du Divin. Cette lettre est donc aussi le symbole du mouvement fait « en vĂ©ritĂ© Â», de « l’acte juste Â». Et celui-ci gĂ©nĂ©rant la joie, comme cela est admis dans toutes les traditions, on retrouve le rhĂŽ dans le mot Éros, « le plus beau des dieux immortels Â», symbole de la Joie divine, consĂ©quence du jeu de l’éloignement puis de l’attraction du retour vers l’origine Une.
Dans les significations plus tardives de l’Éros, la vibration est descendue dans les plans les plus denses, oĂč elle est devenue « dĂ©sir Â», lequel a pour corollaire le plaisir, lequel n’est qu’une forme dĂ©chue – il faudrait en fait plutĂŽt dire primitive – de la Joie.

Le rhĂŽ () exprime donc le mouvement de l’évolution selon l’ordre juste et vrai, l’ordre vertical (selon l’Esprit), et le nu (Ν), comme nous le verrons, celui de l’évolution selon l’ordre horizontal (selon la Nature). Le premier est pur, non dĂ©formĂ©. Le second est issu de l’inconscience, Ă©tat premier de la nature, dont il supporte les mĂ©langes et les dĂ©sordres.
Le rhĂŽ procĂ©dant du gamma dans son graphisme, il est logique que RhĂ©a (ΡΗΑ), femme de Cronos, puis HĂ©ra (ΗΡΑ), Ă©pouse de Zeus (ces deux noms n’ont que le rhĂŽ comme lettre structurante), succĂšdent Ă  Gaia comme puissances fĂ©minines rĂ©gnantes.

Le (rhĂŽ), lettre double, a aussi Ă©tĂ© utilisĂ© pour exprimer une inversion. Par exemple, le symbolisme du chien Orthros â€“ orthos (droit) dans lequel a Ă©tĂ© insĂ©rĂ© le rhĂŽ – doit ĂȘtre compris comme l’inverse de la droiture, c’est-Ă -dire la faussetĂ©, le mensonge, et non comme la VĂ©ritĂ© se dĂ©ployant selon le mouvement de la SuprĂȘme RĂ©alitĂ©. Quelques scribes, recopiant des manuscrits, ont vu lĂ  une faute d’orthographe et l’ont donc parfois transcrit « Orthos Â». S’agissant d’un monstre reprĂ©sentant le mensonge, la pertinence de l’orthographe « Orthros Â» est Ă©vidente. Autre exemple : le rhĂŽ est la lettre structurante du nom de la dĂ©esse de la discorde, Éris. A un certain niveau, l’inverse de l’attraction (Éros) est en effet la rĂ©pulsion, la discorde.
Un autre exemple, oĂč le Rho insĂ©rĂ© exprime une inversion, est le mot DircĂ© « une maniĂšre d’agir fausse Â» alors que DicĂ© exprime « une juste maniĂšre d’agir Â» comme dans Eurydice.

*Mots clefs : – mouvement vrai ou juste, selon le plan de l’Absolu
– mouvement d’inversion

BĂȘta

Forme ionienne : Β
Formes classiques : Β ÎČ

Le bĂȘta est obtenu en complĂ©tant le rhĂŽ () par symĂ©trie. Le mouvement qui s’effectue dans les plans supĂ©rieurs doit aussi s’opĂ©rer dans les plans infĂ©rieurs : c’est donc l’indication d’un principe de densification et d’incarnation du mouvement supĂ©rieur (comme dans ÉrĂšbe). C’est un mouvement vrai, dans l’ordre des choses.
On trouve le B dans des mots comme NiobĂ©. Avec le N de l’évolution, NiobĂ© signifie « l’évolution du processus d’incarnation Â». Or NiobĂ© est « la premiĂšre femme Â», la « MĂšre des Vivants Â», symbole pour le chercheur du moment oĂč il prend conscience que « Ă§a existe Â», oĂč il a un moment « d’éveil Â». Elle symbolise l’entrĂ©e sur le chemin intĂ©rieur dans le processus de purification/libĂ©ration. Elle symbolise aussi l’entrĂ©e dans l’ñge de la conscience rĂ©flexive, celle qui permet de se regarder soi-mĂȘme et donc de progresser. Et ce qui lui est demandĂ© Ă  ce moment-lĂ , c’est d’incarner l’intelligence et le discernement, car le sĂ©jour au jardin d’Éden touche Ă  sa fin.
Le B figure aussi comme seule lettre structurante dans le nom de la dĂ©esse HĂ©bĂ© (ΗΒΗ), laquelle symbolise la « jeunesse Â» Ă©ternelle dans le plan du mental le plus haut (le surmental, car elle est fille de Zeus et d’HĂ©ra, servant aux dieux le nectar et l’ambroisie), la souplesse qui permet l’adaptation au mouvement du Devenir, la fraicheur et la joie de l’instant prĂ©sent dans l’incarnation.

*Mots clefs : – processus juste d’incarnation (mise en Ɠuvre, pose des fondations
), densification.
– joie de l’acte juste, attention parfaite Ă  l’instant prĂ©sent.

ZĂȘta

Forme ionienne :
Formes classiques : Ζ ζ

Le zĂȘta, qui a repris le tracĂ© du zayin phĂ©nicien, n’a pas variĂ© sauf dans certaines formes d’aramĂ©en oĂč il est reprĂ©sentĂ© seulement par un trait vertical (il Ă©tait sans doute dans cette langue le symbole de la conscience).
Le zĂȘta ne devait pas ĂȘtre confondu avec le iota , malgrĂ© la similitude des tracĂ©s primitifs, ce qui peut expliquer le tracĂ© en zigzag Î– adoptĂ© plus tardivement pour le zĂȘta.

Le zĂȘta ionien primitif est donc formĂ© par le trait vertical de la Conscience du iota entourĂ© de part et d’autre par deux barres horizontales que l’on peut identifier comme le plan de l’esprit, en haut, et celui de la matiĂšre, en bas. Dans sa globalitĂ©, le zĂȘta reprĂ©sente donc une liaison, par la conscience, du monde de l’esprit au monde de la matiĂšre.
Peut-ĂȘtre le tracĂ© en Ζ, Ă  l’image de l’éclair, n’est-il pas fortuit : la liaison semble plus « foudroyante Â», mais moins directe. Toutefois, la base de notre Ă©tude est l’alphabet au temps d’HomĂšre et non les formes tardives. Aussi est-ce la forme ionienne que nous retiendrons.

Pour Ă©clairer sa comprĂ©hension, il faut la rapprocher des deux lettres apparentĂ©es, le tau (΀) et le xi (Ξ en Ă©criture moderne), lequel provient du phĂ©nicien samech. Dans le tracĂ© de ces deux lettres, l’un des traits horizontaux a Ă©tĂ© soit supprimĂ©, soit ajoutĂ© par rapport au zĂȘta.
Ces trois lettres dĂ©finissent donc des nuances dans l’action de la conscience. Avec le zĂȘta il s’établit un rapport direct entre l’Esprit et la matiĂšre, un Ă©quilibre, une rĂ©flexion.
Avec le tau T, la conscience se maintient sur le plan de l’Esprit et ne s’incarne pas. Avec le xi la conscience Ă©tablit un principe d’identitĂ© entre les plans, ceux de l’esprit, de la matiĂšre et du mental/vital, ce dernier Ă©tant le plan intermĂ©diaire oĂč se tient l’homme.
Le zĂȘta se situe donc dans le domaine de l’instantanĂ© : une liaison qui ne passe pas par le mental, une action directe et illuminatrice. C’est la lettre structurante du nom de Zeus, qui illustre le mode d’action direct, mais non permanent, du plan de l’esprit dans la manifestation.
Cette action directe est confirmĂ©e par le tracĂ© de la lettre minuscule ζ, alors que le tracĂ© du xi en minuscule Ο indique bien une action progressive Ă  travers les plans intermĂ©diaires du mental et du vital, et donc sujette Ă  dĂ©formation. (Le trait recourbĂ© vers la terre en bas de chaque lettre minuscule indique que cette action du haut se prolonge jusque dans la matiĂšre.)

*Mots clefs : liaison directe esprit/matiĂšre (non permanente).

Tau (Lettre double)

Forme ionienne :
Formes classiques : ΀ τ

Nous avons dĂ©jĂ  dit l’essentiel du tau dans l’étude du zĂȘta ci-dessus.
Il n’y eut pas, semble-t-il, de variantes dans le graphisme du tau. Les formes phĂ©niciennes et aramĂ©ennes utilisaient le tracĂ© utilisĂ© par les Grecs pour le khi (Χ).
Cette lettre semble appartenir Ă  la catĂ©gorie des lettres doubles. Elle peut ĂȘtre prise dans le sens d’une existence dans la conscience la plus haute, qui est inspiration, ou d’une tension vers l’Esprit (comme dans le mot Titaino « aspirer, tendre vers Â»), mais peut-ĂȘtre aussi d’une fuite dans l’esprit.
On trouve le premier sens avec AiĂ©tĂšs, roi de Colchide, fils du soleil HĂ©lios et frĂšre de la magicienne CircĂ©. Ce roi est le symbole de « la conscience active et totale sur le plan le plus Ă©levĂ© de l’esprit », de l’inspiration et du vrai « pouvoir Â». Celui qui rĂ©side sur le plus haut plan de l’Esprit « connaĂźt Â» et donc « peut Â». Le Tau a donc aussi un sens de pouvoir, de maĂźtrise. (HippotĂšs, ÎčÏ€Ï€Îż+΀, est le conducteur de chevaux attelĂ©s, celui qui maĂźtrise la force vitale.)
Le nom de la dĂ©esse de l’erreur, de la fatalitĂ© et du malheur, AtĂ© (Α΀Η), celle qui inspire toutes les actions mauvaises, dit l’absence de toute inspiration (a-T), de toute connaissance vraie ; chez HomĂšre, « elle Ă©gare tous les hommes et marche sur leurs tĂȘtes Â». Elle est fille d’Éris, dĂ©esse de la discorde, de la « sĂ©paration Â». Cette interprĂ©tation pourrait ĂȘtre confirmĂ©e par le second sens de la lettre, en ce que, pour l’homme, toute action qui n’est pas issue de la RĂ©alitĂ© (oĂč VĂ©ritĂ©) est source d’erreur et de malheurs.

*Mots clefs : – aspiration vers le plan de l’esprit, inspiration.
– existence sur le plan supĂ©rieur de l’esprit (Connaissance), maĂźtrise, pouvoir.
– fuite dans l’esprit, erreur.

Xi

Forme ionienne :
Formes classiques : Ξ Ο

Le tracé du xi a été emprunté à la lettre phénicienne samech et ne semble pas avoir eu de variante, dans aucun des alphabets grec, phénicien ou araméen archaïques.

Nous avons parlĂ© plus haut du xi comme symbole de la conscience qui Ă©tablit une identitĂ© entre les plans, ceux de l’esprit, de la matiĂšre, et du mental/vital, plan intermĂ©diaire oĂč se tient l’homme.
Si l’on considĂšre le tracĂ© de la lettre ionienne, il ne semble pas y avoir de sens de lecture, de haut en bas ou de bas en haut. C’est-Ă -dire que la lettre peut aussi bien indiquer une aspiration de la matiĂšre vers les hauteurs de l’esprit, qu’une descente de la conscience supĂ©rieure de l’esprit vers les plans les plus denses. Toutefois, avec le tracĂ© de la lettre minuscule, les initiĂ©s de l’époque tardive semblent n’avoir retenu que ce dernier sens, l’idĂ©e d’une pĂ©nĂ©tration progressive Ă  travers les plans de plus en plus denses du mental puis du vital.
Si donc le zĂȘta () est la lettre de l’initiĂ© qui perçoit la VĂ©ritĂ© directement, par des Ă©clairs d’illumination, sans passer par le mental, le xi () est plutĂŽt celle du chercheur qui ne la perçoit qu’aprĂšs sa descente Ă  travers les diffĂ©rents plans. Cette vĂ©ritĂ© peut donc subir des dĂ©formations lors de sa traversĂ©e du mental, dans la mesure oĂč ce dernier n’est pas totalement purifiĂ©.
Notons aussi que cette lettre fut, semble-t-il, une combinaison de khi et sigma, indiquant alors « un arrĂȘt de la pĂ©nĂ©tration de la conscience en l’homme Â».
L’illustration la plus Ă©vidente est fournie par l’histoire d’Ixion (ΙΟÎčωΜ), symbole de ce chercheur que les dieux avaient pris en amitiĂ© mais qui bientĂŽt s’en crut l’égal, le principe d’identitĂ© formant la lettre structurante de son nom. Il se rendit coupable d’un crime impardonnable en courtisant l’épouse de Zeus. Ce dernier, aprĂšs lui avoir permis de s’unir Ă  une nuĂ©e d’HĂ©ra  (c’est-Ă -dire Ă  une image rĂȘvĂ©e de la dĂ©esse), l’envoya, pour le punir, tournoyer dans les airs Ă©ternellement, attachĂ© Ă  une roue ailĂ©e.

*Mots clĂ©s : – identitĂ©, identification
– descente progressive de l’Esprit Ă  travers les plans de conscience (infĂ©rieurs).
perception partielle de vérités limitées, image.

Epsilon

Formes ioniennes :
Formes classiques : Ε Δ

Deux lettres dĂ©rivent dans leur tracĂ© de la lettre xi (), principe d’identitĂ© et de perception humaine des vĂ©ritĂ©s supĂ©rieures, epsilon () et ĂȘta (). Ce sont deux voyelles. (Les voyelles, rappelons-le, ne donnent pas le sens fondamental du mot, lequel se dĂ©duit des « lettres structurantes Â», les consonnes, mais agissant Ă  l’instar des dĂ©terminatifs Ă©gyptiens, indiquent le domaine d’action des principes posĂ©s par les consonnes.) L’epsilon reprend le graphisme du hĂȘ phĂ©nicien. Du xi, il hĂ©rite les trois traits horizontaux, symboles des trois plans corps/vital-mental/esprit, mais le trait vertical de la conscience est dĂ©portĂ© sur la gauche.
L’epsilon () reprĂ©sente une moitiĂ© du xi () tandis que l’ĂȘta () en est l’accomplissement. Ces deux lettres sont donc les symboles de l’homme actuel, incomplet, et de l’Homme futur. L’idĂ©e sous-jacente Ă  leur tracĂ© est celle de l’action alternĂ©e dans le mental des deux principes de fusion et de sĂ©paration, s’y manifestant comme intuition et raison, selon de trĂšs longs cycles. L’humanitĂ© se situerait actuellement, et ce, depuis treize mille ans, dans une phase de sĂ©paration nĂ©cessaire au processus d’individuation, la conscience mentale se reposant essentiellement sur l’un de ses deux piliers, le gauche, le mental sĂ©parateur logique ou mental de raison, dont le cerveau gauche est le support. (Cf. l’hypothĂšse Ă©mise par l’auteur dans l’étude intitulĂ©e « Les cycles du mental dans l’histoire de l’humanitĂ© Â».)

L’epsilon est donc un qualificatif pour l’homme de raison actuel qui a quittĂ© depuis de trĂšs nombreux millĂ©naires les « Ăąges de l’intuition Â». Selon Sri Aurobindo, le VĂ©da est un testament des Ăąges de l’intuition (« Le secret du VĂ©da Â»).
L’homme du futur, symbolisĂ© par la lettre ĂȘta , est celui qui saura Ă©quilibrer en lui, malgrĂ© la pression des cycles, raison et intuition, exĂ©cutant parfaitement par la raison ce qu’il percevra par son intuition Ă©clairĂ©e. De maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, l’ĂȘta traduit un Ă©quilibre supĂ©rieur.

Si l’on prend l’équivalent en lettres hĂ©braĂŻques de l’epsilon et de l’ĂȘta, respectivement hĂš Ś” et hĂšt Ś—, le dessin de la premiĂšre lettre Ă©voque une instabilitĂ©, quelque chose de bancal ; d’oĂč les personnages « boiteux Â» dans toutes les mythologies.

*Mot clef : ce qui caractĂ©rise l’homme de raison actuel

Êta

Formes ioniennes : Η
Formes classiques : Η η

Le ĂȘta a repris le tracĂ© de la lettre phĂ©nicienne heth . La forme plus tardive Η ne fait pas figurer les traits du haut et du bas, sans doute pour Ă©viter les risques de confusion avec le thĂȘta.
Une autre hypothĂšse voudrait que l’on considĂšre que ces deux traits sont implicitement contenus dans celui du milieu, car si l’homme a rĂ©alisĂ© l’équilibre des Ă©nergies des deux « piliers Â», alors il a aussi automatiquement rĂ©alisĂ© en lui l’équilibre esprit/matiĂšre.
Cette lettre est donc aussi en rapport avec le plan des dieux, Ă©tape intermĂ©diaire que l’homme futur doit avoir intĂ©grĂ©e.

*Mot clef : l’Homme futur. (Équilibre des Ă©nergies horizontales et verticales, du ciel et de la terre).

Kappa (Lettre double)

Forme ionienne :
Formes classiques : Κ Îș

Le tracĂ© du kappa (K), qui n’a pas de variante, sauf en aramĂ©en archaĂŻque, dĂ©crit un mouvement issu du milieu du trait vertical de la Conscience-Force et s’éloigne dans deux directions.
Il transmet une impression de dynamisme, d’ouverture, avec l’idĂ©e d’une projection de la conscience vers l’avant, et aussi d’une sĂ©paration, d’une distinction.

Une variante du tracĂ© du upsilon se rapproche du kappa , puisqu’elle n’en diffĂšre que par la suppression du trait orientĂ© vers le bas. L’upsilon traduisant un Ă©tat de rĂ©ceptivitĂ© (voir plus loin), le exprime alors la conscience qui reçoit d’en haut et dans un mĂȘme Ă©lan, projette vers la matiĂšre : un Ă©tat de simultanĂ©itĂ© de la rĂ©ception et de l’action.

Il figure dans le nom de quatre Titans – Koios, Krios, Kronos et OkĂ©anos -, lesquels sont des puissances de crĂ©ation issues d’une premiĂšre « diffĂ©renciation Â».

*Mots clefs : – ouverture ou Ă©largissement de la conscience ; projection de la conscience, crĂ©ation, mise en mouvement.
– diffĂ©renciation, distinction, sĂ©paration.

Lambda (Lettre double)

Formes ioniennes :
Autres formes archaĂŻques :
Formes classiques : Λ λ

Le lambda est certainement la lettre dont le graphisme a le plus variĂ©. Sa forme de crosse retournĂ©e dans les Ă©critures phĂ©nicienne et aramĂ©enne archaĂŻques diffĂšre beaucoup de la forme grecque finale Λ.
Dans la forme ionienne primitive , il y a l’idĂ©e d’une projection vers la matiĂšre depuis les hauteurs de l’esprit, mais aussi d’une sĂ©paration. Les formes en usage dans les autres citĂ©s grecques indiquent aussi une projection de la conscience, mais issue d’autres niveaux ( ).
La forme finale Λ introduit un Ă©quilibre, une harmonie. Elle induit le principe fondamental de la crĂ©ation par lequel la Conscience-Une se manifeste en une multiplicitĂ© de points de conscience appelĂ©s Ă  un processus d’individuation.
On peut penser que les Grecs, retenant la direction verticale pour signifier le rapport Conscience/Existence ou Esprit/MatiĂšre, avaient logiquement fait jaillir ce principe d’individuation de la conscience suprĂȘme. Ils ont donc fait pivoter en consĂ©quence les graphismes phĂ©niciens de 90 degrĂ©s ou 180 degrĂ©s selon les cas, pour les trois lettres Λ, Α et Δ.
Si lambda Λ est un principe d’élargissement qui conduit vers la libertĂ© – le principe d’individuation – alors alpha Α indique ce processus Ă  mi-course et delta Δ en fin de parcours, lorsque tous les Ă©lĂ©ments sĂ©parĂ©s ont retrouvĂ© leur unitĂ©. Alpha Ă©tant une voyelle, seule la progression de Λ Ă  Δ doit ĂȘtre prise en compte, alpha Α indiquant un Ă©tat intermĂ©diaire entre l’individuation et la rĂ©-union.
Le lambda est aussi la lettre essentielle du mot HĂ©lios, le soleil, « celui qui voit tout Â» (Panoptes), au sens d’une « conscience totale Â».
Il est possible de considĂ©rer aussi le graphisme du lambda dans son mouvement d’ascension, et donc illustrant un principe de concentration tournĂ© vers le haut. Toutefois, peu de noms semblent avoir Ă©tĂ© construits sur cette base.

*Mots clefs : – Ă©largissement, individuation, libertĂ©.
– sĂ©paration, division (multiplicitĂ©, diversitĂ©, dispersion).
– vision ou conscience totale.
– absorption, engloutissement.

Alpha

Formes ioniennes : A
Autre forme archaĂŻque :
Formes classiques : Α α

La lettre alpha a conservĂ© l’aspect originel de la lettre phĂ©nicienne archaĂŻque , bien qu’elle ait subi une rotation de 90°. La barre transversale s’étendait aussi de part et d’autres des branches inclinĂ©es.
Lorsque les formes furent figĂ©es, les anciens voulurent probablement que son tracĂ© dĂ©rive du lambda, la phase finale du processus Ă©tant le delta : Λ -â€ș Α -â€ș Δ.
Si lambda Λ est le germe du processus d’individuation, alpha Α en serait la rĂ©alisation sur le plan vital/mental (demi-rĂ©alisation), et delta Δ la rĂ©-union finale avec l’Absolu, la nature et les autres.
Alpha Ă©tant une voyelle, elle dĂ©signe le plan vital/mental comme champ d’application des consonnes auxquelles elle est liĂ©e.
Tandis qu’epsilon Ε et ĂȘta Η concernent respectivement l’homme prĂ©sent et l’Homme futur dans leur globalitĂ©, alpha indique une Ă©tape Ă©volutive liĂ©e au mental. Et puisque cette individuation mentale est la premiĂšre Ă©tape sur le chemin de la libertĂ©, alpha est restĂ©e, comme chez les PhĂ©niciens, la premiĂšre lettre de l’alphabet. La derniĂšre, le point culminant, est l’omĂ©ga, qui est ouverture Ă  l’Absolu, non pas au Divin en Esprit, mais au RĂ©el dans la matiĂšre, dans le corps (le tracĂ© de l’Ω est celui du O qui s’ouvre vers le bas).

*Mot clefs : – le plan humain vital/mental ordinaire.
– une demi-rĂ©alisation.

Delta (Lettre double)

Forme ionienne : Δ
Formes classiques : Δ ÎŽ

Comme Ă©voquĂ© ci-dessus, le delta est l’aboutissement du processus d’individuation et le symbole de la « rĂ©-union Â».
Cette lettre n’a subi que peu de variantes dans son tracĂ©. En EubĂ©e, le triangle semble s’ĂȘtre fermĂ© Ă  partir du lambda primitif . En Argolide, sa forme en D prĂ©figure le graphisme latin et exprime aussi la fin d’un processus : ce qui a commencĂ© avec le gamma termine sa course en rejoignant la conscience dans la matiĂšre.
On retrouve cette lettre dans de trĂšs nombreux noms tels DanaĂ© (Ă©volution vers l’union), DiomĂšde (celui qui a le dessein d’ĂȘtre divin, qui se soucie de l’Un, de l’Union), et surtout DĂ©mĂ©ter, la MĂšre de l’Union (Δη-Όητηρ), c’est-Ă -dire la puissance qui Ɠuvre en chacun pour la rĂ©alisation de l’unitĂ© intĂ©rieure.
Dans certaines formes de la dĂ©clinaison grecque, le delta remplaça zĂȘta (le gĂ©nitif de Zeus est Dios, datif Dii
) et chez les Latins, Zeus devint Deus. Le principe d’union devint ainsi prĂ©pondĂ©rant, du moins dans l’enseignement religieux exotĂ©rique.
Il serait aussi surprenant que delta soit la consonne structurante du nom HadĂšs (ΑÎčΎης), le dieu du monde souterrain, si l’on ne considĂ©rait que ce dieu travaille Ă  l’union jusque dans l’inconscient matĂ©riel.

*Mots clefs : – union, unitĂ©, rĂ©union, lien.
– division, crainte, sĂ©paration.

Upsilon

Forme ionienne :
Autres formes archaĂŻques :
Formes classiques : ΄ υ

Son tracé était utilisé en phénicien et en araméen pour le waw.
Comme psi (), upsilon est une combinaison des formes Ι et V, du trait vertical de la conscience et du V de la rĂ©ceptivitĂ© ; mais avec upsilon, le trait vertical de la conscience ne pĂ©nĂštre pas dans le V : il n’y a pas nĂ©cessairement action de la conscience. C’est-Ă -dire que cette voyelle reprĂ©sente seulement un Ă©tat de rĂ©ceptivitĂ©.

*Mots clefs : Ă©tat d’ouverture, de rĂ©ceptivitĂ© au niveau de la conscience (Concentration, convergence).

Psi

Forme ionienne :
Autre forme archaĂŻque :
Formes classiques : Κ ψ

Pour indiquer « l’action pĂ©nĂ©trante de la conscience dans un Ă©tat de rĂ©ceptivitĂ©, d’ouverture Â», les anciens grecs créÚrent une nouvelle lettre, le psi. (Il semblerait toutefois que la nĂ©cessitĂ© de cette consonne n’apparut que tardivement, des groupes de consonnes Ă©tant utilisĂ©s auparavant, ΊΣ et ΠΣ, sinon pour traduire la mĂȘme idĂ©e, du moins pour obtenir la mĂȘme consonance.)

Cette action peut entraĂźner aussi bien une « vision Â» qu’une « expression Â», d’oĂč les deux sens du mot « Ops, Οι Â», regard et voix.
Au psi peuvent donc ĂȘtre aussi associĂ©es les notions d’illumination, d’inspiration et de rĂ©vĂ©lation.
Cette lettre nous permet d’introduire le mot PsychĂ© ΚυΧη , qui peut ĂȘtre compris comme « l’action de la conscience supĂ©rieure, dans un Ă©tat de rĂ©ceptivitĂ©, au centre de l’ĂȘtre Κ+Χ Â». Elle y construit « l’ĂȘtre psychique Â». Dans ce livre, ce terme dĂ©signera donc ce corps qui grandit au fil des incarnations successives autour du germe de l’« Ăąme Â». Ces termes, « Ăąme Â» et « psychique Â», ne seront donc pas employĂ©s dans le sens habituel. « L’ñme est une Ă©tincelle du feu de l’Absolu au cƓur de l’ĂȘtre manifestĂ©. Elle descend dans la manifestation afin de soutenir son Ă©volution. L’ĂȘtre psychique (ou individualitĂ© d’ñme), PsychĂ©, est formĂ© par l’ñme au cours de son Ă©volution. Il soutient le mental, le vital et le corps, croĂźt par leurs expĂ©riences, porte la nature de vie en vie. Il est d’abord voilĂ© par le mental, le vital et le corps, mais au cours de sa croissance, il devient capable de venir en avant et de dominer ces plans de l’ĂȘtre ».
Ceci semble en accord avec les termes employĂ©s par HomĂšre pour dĂ©signer les diffĂ©rentes parties de l’ĂȘtre. En particulier, PsychĂ© dĂ©signe ce qui transmigre de vie en vie, une « Ăąme Â» plus ou moins consciente selon l’évolution de chacun. Ce terme dĂ©signe aussi les « ombres Â» parvenues au royaume d’HadĂšs, c’est-Ă -dire les expĂ©riences ou processus Ă©volutifs achevĂ©s qui, en tant que mĂ©moires, s’intĂšgrent Ă  l’ĂȘtre psychique dans le royaume de l’inconscient matĂ©riel.

*Mots clefs : – action de la conscience supĂ©rieure dans un Ă©tat de rĂ©ceptivitĂ©, d’ouverture.
– fĂ©condation.
– illumination (rĂ©ceptive), inspiration, rĂ©vĂ©lation.

Nu

Formes ioniennes :
Formes classiques : Ν Μ

Bien que dans leurs formes dĂ©finitives, les lettres lambda Λ, nu Ν et mu Μ soient assez diffĂ©rentes, elle se prĂ©sentent dans leur tracĂ© primitif ( , , et ) comme un dĂ©veloppement : l’entrĂ©e d’une Ăąme dans la manifestation depuis les hauteurs de l’esprit avec le lambda () se poursuit par le retour de cette Ăąme vers son origine avec le nu (), puis le processus se renouvelle avec le mĂ» ().
Le nu est donc un principe d’évolution par une « descente Â» dans l’incarnation et une « remontĂ©e Â» vers l’origine. C’est ce que les traditions Ă©sotĂ©riques appellent « chemin de l’aller » vers la matiĂšre et « chemin de retour » vers la lumiĂšre. Ainsi, de nombreuses Ă©popĂ©es dans la mythologie grecque sont appelĂ©es des « retours Â». Lorsqu’Ulysse doit s’en retourner Ă  Ithaque au prix de mille Ă©preuves pour retrouver son Ă©pouse PĂ©nĂ©lope, il ne s’agit de rien d’autre pour lui que de retrouver sa nature divine par la rĂ©alisation de la transparence totale dans son ĂȘtre.
Dans cette aventure de l’incarnation, l’ñme, en endossant le vĂȘtement temporaire de la personnalitĂ© vitale-mentale et du corps, participe Ă  la formation de l’ĂȘtre psychique, lequel peut ensuite, lorsqu’il vient progressivement au premier plan, utiliser librement les plans infĂ©rieurs et rĂ©aliser toutes ses potentialitĂ©s.
Le nu est sans doute l’une des rares lettres Ă  avoir gardĂ© sa signification profonde depuis l’alphabet protosinaĂŻtique oĂč il figurait un serpent, symbole de l’évolution dans toutes les traditions. Ce dernier est le tentateur dans la GenĂšse, c’est-Ă -dire celui qui ouvre la voie d’une nouvelle Ă©volution. Et c’est la partie rĂ©ceptrice de l’homme, le fĂ©minin en l’homme symbolisĂ© par Ève, qui ressent la premiĂšre cette nĂ©cessitĂ© d’évolution en prĂ©sentant la pomme Ă  l’homme aprĂšs y avoir goĂ»tĂ© elle-mĂȘme.

Alors que le trait vertical reprĂ©sente l’échelle de la conscience, depuis le plan matĂ©riel le plus dense jusqu’aux plus hautes vibrations de l’esprit, le trait horizontal, lui, est le symbole de la nature. Le nu Ν est associĂ© Ă  cette Ă©volution selon la nature – physique, vitale et mentale – et donc aussi Ă  ses rythmes. À l’opposĂ©, l’évolution selon le plan SuprĂȘme qui peut imposer sa loi Ă  la nature car elle la transcende, est symbolisĂ©e par le rhĂŽ .
On comprend alors pourquoi YahvĂ©, furieux contre le serpent tentateur, lui imposa de marcher sur le ventre, au lieu de rester dressĂ© : l’entrĂ©e dans le mental de discernement faisait passer l’humanitĂ© de l’évolution selon la loi divine (loi verticale puisqu’elle Ă©voluait alors dans le vital non dĂ©formĂ© par le mental) Ă  l’évolution selon la loi de nature (loi horizontale soumise Ă  un mental issu de l’ignorance).
Le nu est souvent utilisĂ© dans la construction des noms de la mythologie grecque. PlacĂ© en fin de mot, il exprime l’évolution de ce qui prĂ©cĂšde. Ainsi DĂ©ion (Δ+Ι+Ν) est l’ Â« Ă©volution de la conscience en vue de l’union Â». PhoronĂ©e est celui « qui porte l’évolution Â» (ÎŠÎżÏ porter et N). Le nom du troyen ÉnĂ©e, personnage repris par Virgile pour en faire le fondateur de la lignĂ©e qui devait gouverner Rome, n’est formĂ© que d’une seule consonne, le nu : c’est donc un pur symbole de l’évolution. HomĂšre, ayant condamnĂ© la lignĂ©e de Tros qui rejetait la matiĂšre pour accĂ©der Ă  l’esprit, ouvrit cependant la porte Ă  l’évolution future : situant ÉnĂ©e dans la descendance d’Assarakos, frĂšre de Tros, il invitait l’humanitĂ© Ă  cheminer au-delĂ  de l’union avec le Divin en l’esprit.

*Mots clefs : – Ă©volution (selon la nature),
– Ă©volution par le processus d’ascension/intĂ©gration.

MĂ»

Formes ioniennes :
Formes classiques : Μ ÎŒ

Dans le tracĂ© primitif du mĂ» , le mouvement d’aller-retour dans l’incarnation se produit une seconde fois. Le retour au monde de l’esprit, la mort, ne met pas fin aux pĂ©rĂ©grinations de l’ñme qui revient sur terre afin de continuer son travail d’évolution. Le mĂ» serait donc, dans son tracĂ© le plus ancien, le symbole d’un principe de recommencement, de rĂ©incarnation. Peut-ĂȘtre aussi de causalitĂ© selon la « loi karmique Â», laquelle n’est pas le principe de rĂ©tribution que les hommes imaginent, mais l’opportunitĂ© de dĂ©passer l’obstacle.
En Ă©voluant vers le tracĂ© final (M), qui dessine une rĂ©ceptivitĂ© (le V) qui s’exerce dans un cadre strict et Ă©quilibrĂ©, celui des deux piliers de l’Arbre des SĂ©phiroth (les Ă©nergies de puissance concentrĂ©e et de rĂ©alisation), les anciens ont introduit une notion de soumission librement acceptĂ©e et d’obĂ©issance, laquelle est la « virginitĂ© spirituelle Â» ou consĂ©cration.

Cette lettre, dans toutes les langues d’origine sĂ©mitique, exprime la rĂ©ceptivitĂ© de la mĂšre, l’ouverture, la soumission vraie.
On la rencontre dans de nombreux noms de la mythologie grecque : Minos, roi de CrĂȘte et grand lĂ©gislateur, Μ+Ν « l’évolution de la rĂ©ceptivitĂ© Â» ; Maia, « la consĂ©cration de la conscience Â», etc.

*Mots clefs : – obĂ©issance, rĂ©ceptivitĂ©, virginitĂ©, « surrender Â» (don de soi), consĂ©cration.
– Ă©quilibre des pĂŽles force-conscience/Ă©nergie exĂ©cutrice sur chaque plan (raison/intuition, etc.).
– (peut-ĂȘtre liĂ©e aux concepts de rĂ©incarnation, causalitĂ©, loi karmique).

Khi (Lettre double)

Forme ionienne :
Formes classiques : Χ χ

Le tracĂ© grec du khi reprend celui du tav phĂ©nicien/aramĂ©en, dont le nom a Ă©tĂ© employĂ© par les Grecs pour le tau (T). Ces permutations laissent supposer que les anciens ne souhaitaient pas conserver les anciennes valeurs symboliques, sans doute pour Ă©viter tout risque d’erreur.
Lettre double, elle symbolise le centre, l’origine, la concentration, l’intĂ©gration, l’intĂ©riorisation et l’accomplissement, mais aussi la suppression, l’annulation, l’arrĂȘt.
Selon HĂ©siode, « Aux tous premiers temps, naquit Chaos
 Â». Ce terme « chaos ΧΑΟΣ Â», l’abĂźme bĂ©ant, dont le khi « X Â» est l’élĂ©ment premier (il semblerait que le suffixe OS, prĂ©sent dans presque tous les noms des premiĂšres gĂ©nĂ©rations des dieux, signale une Ă©volution selon la Nature), est le symbole de la Force-Conscience concentrĂ©e en elle-mĂȘme.
On trouve aussi le khi dans le nom du passeur des Ăąmes dans le royaume d’HadĂšs, Charon (ΧαρωΜ) : il est celui qui accompagne le mouvement en vĂ©ritĂ© (ÎĄ) de l’ñme dans son voyage de retour vers le centre (Χ).
Le Khi au sens d’accomplissement est celui qui figure dans le nom d’Achille (Χ+ΛΛ), le hĂ©ros qui accomplit la totale libĂ©ration sur les plans du mental et du vital.

La lettre prend sa signification opposĂ©e dans le nom de la vipĂšre Échidna, la mĂšre des quatre grands monstres (l’Hydre de Lerne, CerbĂšre, le chien Orthros et la ChimĂšre) et y exprime « l’arrĂȘt du mouvement de progression dans l’unitĂ© Â» (X+ΔΝ).

*Mots clefs : – centre, origine, concentration, intĂ©gration, intĂ©riorisation et accomplissement.
– suppression, vide, annulation, arrĂȘt.

Sigma

Formes ioniennes :
Formes classiques : ÎŁ σ ς

Le graphisme Ă©voque l’éclair, symbole de l’intuition foudroyante, qui fut rĂ©servĂ© par la suite Ă  Zeus, et donc au zĂȘta. La forme ionienne archaĂŻque puis la forme finale ÎŁ se sont Ă©loignĂ©es de cette image pour induire finalement l’idĂ©e d’une Ă©nergie dĂ©viĂ©e de son cheminement le plus direct.
On a vu aussi, lors de l’étude du iota, que le trait vertical brisĂ© pouvait indiquer une descente de la force-conscience supĂ©rieure se dĂ©formant en traversant les couches plus denses.

Si l’on considĂšre l’homme d’abord comme un ĂȘtre mental, le sigma serait alors le reprĂ©sentant de la conscience « mentale Â» sous ses deux aspects, raison et intuition. Tant que l’intuition n’est pas parfaitement purifiĂ©e, elle subit une dĂ©formation avant de parvenir Ă  la conscience, d’oĂč la ligne brisĂ©e.
Tantale, symbole de « l’aspiration la plus haute Â», le hĂ©ros qui endure un si cĂ©lĂšbre chĂątiment dans l’HadĂšs, rĂ©gnait sur les terres situĂ©es autour du mont Sipulos (ÎŁ+Ï€Ï…Î»ÎżÏ‚, la porte du Sigma), image du plus haut niveau mental prĂ©cĂ©dant celui des dieux. Il Ă©tait rĂ©putĂ© pour ses richesses, celles obtenues par un mental vaste et puissant.
De mĂȘme, le nom Ulysse (Odysseus Δ+ÎŁÎŁ) Ă©voque l’union des deux courants qui unissent l’esprit et la matiĂšre au plus haut du mental.

Les tracĂ©s de la lettre sous sa forme cursive expriment un principe d’intĂ©riorisation/extĂ©riorisation, ou d’alternance, tantĂŽt de l’extĂ©rieur vers l’intĂ©rieur, tantĂŽt de l’intĂ©rieur vers l’extĂ©rieur. Ces deux mouvements, retour sur le moi et ouverture au non-moi, sont Ă  la base du fonctionnement de la conscience humaine.
En effet le sigma minuscule s’écrit de deux façons diffĂ©rentes. Lorsqu’il est Ă  l’intĂ©rieur d’un mot, il s’écrit « Ïƒ Â», Ă©voquant un enroulement, un rassemblement de l’énergie. SituĂ© en fin de mot, il s’écrit « Ï‚ Â» : tournĂ© vers l’extĂ©rieur, le sigma s’ouvre pour l’action.

*Mot clefs : – conscience (ou Ă©nergie) mentale (partielle ou dĂ©formĂ©e).
– l’une des alternances du mental.

Omicron

Forme ionienne :
Formes classiques : Ο Îż

Les derniĂšres lettres que nous allons Ă©tudier sont construites Ă  partir du cercle. Celui-ci exprime une totalitĂ© : soit celle de l’ĂȘtre humain, le microcosme, soit celle du cosmos, le macrocosme.
Le tracĂ© de l’omicron est identique au tracĂ© phĂ©nicien.
Comme voyelle qualifiante, cette lettre indique que le contexte fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’humanitĂ© en gĂ©nĂ©ral, dans son Ă©volution actuelle.

*Mots clefs : – totalitĂ©.
– l’homme dans la totalitĂ© de sa personnalitĂ©.

ThĂȘta

Formes ioniennes :
Formes classiques : Θ Ξ

Le tracĂ© du thĂȘta fut dĂšs l’origine composĂ© d’un cercle et d’une indication de son centre par une croix ou un point. L’attention est attirĂ©e sur « ce qui advient Â» dans le cercle .
Le thĂȘta indique donc ce qui est ou croĂźt au centre de l’homme : le Divin intĂ©rieur, ou encore « l’ĂȘtre psychique Â» qui grandit autour de l’ñme ou Ă©tincelle divine qui, elle, n’est pas Ă©volutive.
La meilleure illustration de cette lettre nous est donnĂ©e par le nom de la dĂ©esse AthĂ©na. Avec les deux lettres structurantes Θ+Ν, elle symbolise la puissance qui veille sur « l’évolution de ce qui est au centre de l’homme, sur la croissance de son ĂȘtre psychique Â». En d’autres mots, elle reprĂ©sente le « maĂźtre intĂ©rieur Â».

*Mots clefs : – l’ĂȘtre intĂ©rieur, la RĂ©alitĂ© intĂ©rieure, l’ĂȘtre psychique (en croissance).
– plus gĂ©nĂ©ralement, ce qui est Ă  l’intĂ©rieur, au centre.

Phi

Formes ioniennes :
Formes classiques : Ί φ

Le phi a empruntĂ© son tracĂ© au qof phĂ©nicien, lettre qui n’a pas Ă©tĂ© utilisĂ©e par les Grecs.
Le graphisme rĂ©sulte de la combinaison du Ο et du Ι, du trait vertical de la force-conscience qui pĂ©nĂštre (ou traverse) la matiĂšre, sans la dĂ©formation ni l’attĂ©nuation introduite dans le xi (), gĂ©nĂ©rant par lĂ  mĂȘme un rayonnement.
Mais, compte tenu des mots formĂ©s Ă  partir du phi, il semblerait qu’il faille davantage se baser sur la forme archaĂŻque, oĂč le trait vertical se situe totalement Ă  l’intĂ©rieur du cercle. ApparaĂźt alors davantage la notion de la maturitĂ© de l’ĂȘtre psychique dont le germe provient du thĂȘta. D’oĂč un « rayonnement Â» depuis l’intĂ©rieur, distinguant cette lettre du psi qui symbolise davantage un Ă©tat d’ouverture, de rĂ©ceptivitĂ© et de pĂ©nĂ©tration de la force-conscience.
D’oĂč les racines Ία, Ίη, Ίω, etc signifiant « briller Â» et Ίυ « naĂźtre, croĂźtre.
On retrouve cette lettre dans les noms de personnages qui « rayonnent Â» : PhaĂ©ton, PhĂšdre, Pasiphaé 
Dans sa valeur nĂ©gative, le phi a le sens d’obscuritĂ©

*Mots clefs : – pĂ©nĂ©tration directe de la force conscience.
– rayonnement.
– obscuritĂ©

Oméga

Forme ionienne :
Formes classiques : Ω ω

De mĂȘme que l’Ionie fut le lieu de la transformation de nombreuses lettres phĂ©niciennes, il semblerait qu’elle fut aussi Ă  l’origine de la crĂ©ation de l’omĂ©ga.
Le tracĂ© de cette lettre est dĂ©rivĂ© de celui de l’omicron (O) par une ouverture situĂ©e Ă  la base, laquelle traduit une ouverture de la conscience vers l’incarnation. Elle implique alors en gĂ©nĂ©ral dans les mots oĂč elle figure un saut Ă©volutif plus ou moins important.
En effet, les initiĂ©s exprimĂšrent par son tracĂ© une « brĂšche Â», non pas vers le haut, le monde de l’esprit – ouverture rĂ©alisĂ©e depuis longtemps dans l’humanitĂ© par toutes sortes d’expĂ©riences spirituelles -, mais vers le bas, dans le corps, dans la matiĂšre.
A l’extrĂȘme, omĂ©ga Ω peut exprimer une possibilitĂ© de dĂ©passer des obstacles sur la voie Ă©volutive jusque-lĂ  rĂ©putĂ©s infranchissables, afin de contacter l’Absolu cachĂ© dans la matiĂšre et de rĂ©aliser l’Homme. Cette rĂ©orientation est au cƓur mĂȘme du mythe de la guerre de Troie et du pĂ©riple d’Ulysse.
Toutefois, cette ouverture ne repose pas uniquement sur l’évolution mentale, mais illustre un long cheminement dont nous allons dĂ©crire les Ă©tapes au fur et Ă  mesure, comme les Grecs les avaient perçues.

L’alpha et l’omĂ©ga sont connus comme les symboles du commencement et de la fin. Or, de mĂȘme qu’alpha n’est pas, dans cette Ă©tude, le signe d’un commencement absolu, mais seulement celui d’un homme Ă  mi-parcours de son Ă©volution vers l’individualitĂ©, de mĂȘme omĂ©ga ne reprĂ©sente pas une fin absolue mais le dĂ©but d’une autre phase Ă©volutive dans l’humanitĂ©, l’entrĂ©e dans un au-delĂ  du mental.

*Mots clefs : – ouverture de la conscience vers (ou dans) la matiĂšre, dans l’incarnation.
– transformation ou transmutation.

Digamma, San et Koppa : les lettres abandonnĂ©es.

Certaines lettres furent progressivement abandonnĂ©es. Soit parce que leurs contenus symboliques ou leur utilisation pour le langage n’étaient plus nĂ©cessaires, soit parce que leur graphisme pouvait ĂȘtre confondu avec celui d’autres lettres, ce qui parait Ă©vident pour le san dont la forme fut utilisĂ©e pour le mĂ», et probable pour le koppa qui risquait d’ĂȘtre confondu avec le phi.
Le digamma s’est maintenu un peu plus longtemps, car on le retrouve dans les premiers manuscrits des textes homĂ©riques.

Source

Voir aussi v

Publié par Michaël VINSON

Poëte et Créateur Culturel Pays de Fontainebleau & Carladez : Art, Culture et Territoires Pour une Poëtique de la Vie

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