Léonard de Vinci : l’art pour dire Dieu

Saint Jean-Baptiste, 1513-1516, ParisMusée du Louvre, no ref INV 775.

  1. L’art pour dire Dieu : La Sainte Anne peinte par Léonard de Vinci
    1. Prier pour les grands-parents
  2. Le mythe De Vinci
  3. De Vinci, Dieu et son «personnel au sol»
    1. Déchiffrer le «Livre de la Création»
    2. Le secret de la Joconde
    3. Vols d’oiseaux et dissection de cadavres
  4. Voir aussi

La Sainte Anne peinte par Léonard de Vinci, huile sur bois, 1503-1519

Composition ambitieuse restée inachevée à la mort de Léonard de Vinci, l’œuvre réunit dans un paysage sainte Anne, la Vierge Marie et l’enfant Jésus soit trois générations.

Les positions des bras, les corps qui reposent les uns sur les autres, et les regards échangés mettent en valeur le lien qui les unit.

On pourra lire une étude plus approfondie du tableau sur le site du Musée du Louvre.

L’art pour dire Dieu : La Sainte Anne peinte par Léonard de Vinci

L’art pour dire Dieu, L’Oasis n°13 : Papy, Mamie, racontez-moi !

Dans son numéro consacré aux grands-parents, la rédaction de L’Oasis offre au regard de ses lecteurs un tableau de Léonard de Vinci représentant l’enfant Jésus, sa mère et sa grand-mère : Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant jouant avec un agneau, dite La Sainte Anne. En contemplant ce tableau, on pourra découvrir et s’approprier les mots de la prière du pape Benoît XVI pour les grands-parents.

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Prier pour les grands-parents

Une prière du pape Benoit XVI, que l’on peut réciter en regardant la reproduction du tableau « La Sainte Anne » de Léonard de Vinci :

Seigneur Jésus, Tu es né de la Vierge Marie
fille des Saints Joachim et Anne.
Regarde les grands-parents du monde entier.

Protège-les ! Ils sont une source d’enrichissement pour les familles,
pour l’Église et pour toute la société. Soutiens-les !

Tandis qu’ils vieillissent, puissent-ils continuer à être pour leurs familles
de solides piliers de la Foi évangélique,
des gardiens des nobles idéaux familiaux,
des trésors vivants de profondes traditions religieuses.

Fais d’eux des maîtres de sagesse et de courage,
afin qu’ils puissent transmettre aux générations futures
les fruits de leur mûre expérience humaine et spirituelle.

Seigneur Jésus, aide les familles et la société à apprécier
la présence et le rôle des grands-parents.

Qu’ils ne soient jamais ignorés ou exclus mais
rencontrent toujours respect et amour.

Aide-les à vivre sereinement et à se sentir accueillis
durant toutes les années de vie que Tu leur accordes.

Marie, Mère de tous les vivants,
garde les grands-parents constamment sous Ta garde,
accompagne-les dans leur pèlerinage terrestre,
et par Ta prière, accorde à toutes les familles d’être un
jour réunies dans la Demeure du Ciel,
où Tu attends toute l’humanité pour
la grande étreinte de la Vie sans fin.

Amen.

Pape Benoît XVI – 2006

Source : https://catechese.catholique.fr/outils/images-peinture/307660-art-sainte-anne-leonard-de-vinci/

Le mythe De Vinci

 De Vinci ne respectait pas les canons de l’époque, et remettait même en question la philosophie aristotélicienne. Il ne se bornait pas à imiter ses pairs. Il innovait, même si ses décisions étonnaient. Ses méthodes ont dû paraître curieuses. Quand il peignit La Cène, on dit qu’il lui arrivait de monter dans un échafaudage et d’y observer la toile pendant des journées, pour ensuite rectifier un simple trait. Le résultat fut loin d’être conventionnel : on se demandera longtemps pourquoi il a introduit dans ce tableau une femme (ou un homme à l’allure féminine), pourquoi Judas est difficilement identifiable. On s’interrogera entre autres sur la symbolique des aliments, sur la correspondance possible entre certains apôtres et d’autres hommes connus, philosophes ou personnes de son entourage.

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Remis à l’avant-scène de l’actualité par le roman de Dan Brown, Da Vinci Code, publié en 2003 et vendu à plus de 86 millions d’exemplaires, le Florentin Léonard de Vinci (1452-1519) fascine toujours. Croiriez-vous que cet intellectuel catholique, ayant vécu à l’époque de la Renaissance, ait été transformé en un prototype du sceptique athée moderne ?

L’histoire nous apprend notamment que De Vinci n’a rien publié de son vivant, bien que plus de cinq mille feuillets composés de sa main aient été retrouvés. Ces feuillets portaient sur ce qu’on a appelé ses « inventions », mais ils n’étaient pas vraiment connus à son époque. Quant aux machines dont De Vinci revendiquait la paternité, elles avaient la plupart du temps déjà été dessinées par des ingénieurs anonymes. Il faut ajouter que certains engins conçus par De Vinci posaient problème : on cite le cas d’un char d’assaut qui aurait risqué d’asphyxier son équipage ou d’un parachute si lourd qu’il aurait écrasé le parachutiste en arrivant au sol. Certaines des créations les plus originales de De Vinci reposent sur des analogies ou des liens étroits avec des phénomènes naturels. C’est par exemple l’observation attentive du vol d’un oiseau qui lui a donné l’idée de la « vis aérienne » qui deviendra plus tard l’hélicoptère.

On peut se demander pourquoi, malgré ses imperfections, De Vinci suscite encore aujourd’hui toujours autant d’intérêt. C’est vrai que l’enfant fut exceptionnel. Né de parents qui n’étaient pas mariés, élevé par la famille de son père sans passer par l’apprentissage du grec et du latin, il fut en quelque sorte réduit à chercher hors des sentiers battus les connaissances dont il avait soif, et aiguisa ainsi son sens de l’observation. Il tâta de tous les métiers, devenant à la fois peintre et sculpteur (avec le soutien de Verrocchio, il est vrai), également musicien, architecte, ingénieur, humaniste, urbaniste, géologue, physicien et anatomiste. Comme il était gaucher, il développa une « écriture en miroir », sorte de code secret qui demandait à être lu à l’envers. Il reste curieux qu’on représente De Vinci surtout en vieillard à la longue barbe blanche, symbole de sagesse s’il en est, même s’il ne connut aucune relation amoureuse stable, qu’il fut accusé de sodomie, que son humeur fluctuait d’un extrême à l’autre et que ses extravagances vestimentaires étaient notoires. Dans ses travaux, il magnifie le corps humain, exalte le vol majestueux des oiseaux, scrute les mouvements du corps dans l’eau comme dans l’air, autant de moyens de rêver et de se projeter vers l’infini. De Vinci s’intéressait en particulier aux mouvements de l’âme qu’il entendait suggérer dans ses toiles à même le corps de ses personnages. On a dit de La Scapigliata, un tableau illustrant une jeune fille décoiffée, que l’aspect angélique de son visage évoquait l’intériorité, tandis que les cheveux évoquaient les turbulences d’une âme passionnée. Au dire même de De Vinci, les mouvements du visage de la fameuse Joconde porteraient la marque de la passion tandis que le sourire à peine esquissé de cette femme évoquerait la joie dissimulée en son âme.

Ces quelques considérations montrent assurément le caractère éclectique de De Vinci : il se savait un touche-à-tout, un homme extrêmement versatile qui ne se laissait guider que par son immense curiosité. Quitte à se tromper ou à choquer, il n’avait jamais eu peur de tenter de nouvelles expériences. Il innovait sans vergogne. Le Saint Jean-Baptiste, une sorte d’androgyne assez éloigné de l’ascète des évangiles, a dû paraître audacieux, mais De Vinci ne s’est jamais expliqué sur ses choix. De Vinci ne respectait pas les canons de l’époque, et remettait même en question la philosophie aristotélicienne. Il ne se bornait pas à imiter ses pairs. Il innovait, même si ses décisions étonnaient. Ses méthodes ont dû paraître curieuses. Quand il peignit La Cène, on dit qu’il lui arrivait de monter dans un échafaudage et d’y observer la toile pendant des journées, pour ensuite rectifier un simple trait. Le résultat fut loin d’être conventionnel : on se demandera longtemps pourquoi il a introduit dans ce tableau une femme (ou un homme à l’allure féminine), pourquoi Judas est difficilement identifiable. On s’interrogera entre autres sur la symbolique des aliments, sur la correspondance possible entre certains apôtres et d’autres hommes connus, philosophes ou personnes de son entourage. L’envers d’une si intense activité, en peinture comme en d’autres domaines, c’est qu’il est souvent arrivé à De Vinci d’interrompre ses projets, de ne pas les mener à terme, comme s’il ne savait pas exactement où il allait.

Depuis cinq cents ans, les études sur les œuvres de De Vinci se sont multipliées. On y relève souvent leur caractère ésotérique, la présence d’éléments cachés que seuls certains initiés pouvaient comprendre. L’ésotérisme florissait à la Renaissance, un filon que Dan Brown n’a pas manqué d’exploiter dans son roman. À cette époque, en effet, nombre de philosophes, de médecins et de religieux, cherchaient par la magie, l’astrologie et l’alchimie, à percer les secrets de l’univers. De Vinci s’inscrit dans cette quête spirituelle. On reconnaît ce penchant vers l’ésotérisme en particulier dans sa conception de la Nature comme être vivant. En elle se superposeraient divers niveaux, tous reliés entre eux, qu’ils fassent partie du microcosme ou du macrocosme. Dieu, de qui émane la Nature, se trouverait au-dessus du cosmos. L’être humain, quant à lui, procéderait de la Nature. De Vinci faisait de l’expérience intérieure le moteur de la quête de compréhension du monde et c’est elle qui motivait ses recherches. On passe ainsi de l’Âme vers l’Intellect pour finalement atteindre l’Un. Ces aspects ésotériques firent en sorte que l’abbé Barruel, en 1789, supposa que De Vinci faisait partie des Illuminati, les membres d’un groupe fictif ayant provoqué la Révolution française afin de renverser la monarchie et l’Église catholique. Dan Brown préfère penser que De Vinci fait partie du Prieuré de Sion, une organisation secrète qui, dès 1099, aurait connu et protégé un secret dont la révélation pourrait causer la perte de l’Église catholique mais dont l’existence réelle échappe en fait à toute investigation sérieuse.

On comprend peut-être mieux maintenant pourquoi Léonard de Vinci est devenu un mythe illustrant certaines valeurs d’aujourd’hui. À son époque, De Vinci apparaissait déjà comme une figure mythique du génie latin, notamment au plan religieux. Dès la fin du XIXe siècle, alors que la sécularisation des sociétés européennes s’est accompagnée de la sacralisation d’une science qui s’est construite en s’opposant radicalement à la religion, on en est arrivé à dépeindre ce génie comme une incarnation du progrès et du rationalisme. En acceptant de hisser De Vinci au rang de héros moderne, en en faisant un personnage plus grand que nature, n’est-on pas en train de dire qu’une science qui donne accès à toute connaissance devient un succédané de la religion ?

Pour en savoir davantage :

De Vinci, Dieu et son «personnel au sol»

Par Protestinter

https://www.reformes.ch/culture/2019/04/de-vinci-dieu-et-son-personnel-au-sol-culture-art-spiritualite-histoire-de-lart

30 avril 2019

A l’occasion des 500 ans de la mort du peintre, son biographe rappelle combien Léonard de Vinci était finalement un homme plus religieux que ce fameux «esprit libre» que l’on se représente. Explications.

Léonard de Vinci (1452-1519) n’était pas un «esprit libre», selon son biographe Klaus-Rüdiger Mai, mais «un religieux avec l’immensité de la Renaissance». Si seulement quelques-unes de ses manifestations religieuses lui ont survécu, l’artiste, chercheur et inventeur avait bien compris le monde de son temps comme la création de Dieu, affirme l’auteur de «Leonardo’s Secret», publié ce printemps par l’Evangelische Verlagsanstalt (Leipzig), à l’occasion du 500e anniversaire de la mort du peintre.

Cependant, Léonard de Vinci avait vu l’Église comme une institution séculière avec scepticisme et s’était moqué des erreurs du «personnel au sol».

Déchiffrer le «Livre de la Création»

«Ce qui a poussé Léonard de Vinci, c’est la curiosité, la passion de découvrir ce qui unit le monde en son centre, comment la création de Dieu a été conçue», poursuit cet expert de la Renaissance. «Il voulait déchiffrer le « Livre de la Création ».» Le fait que Léonard de Vinci ait travaillé comme peintre, mais aussi comme naturaliste et constructeur, n’était pas une transgression des frontières, comme on pourrait le penser aujourd’hui. Les frontières entre la peinture, l’architecture et la technologie étaient plutôt floues à l’époque.

La pensée de Léonard de Vinci a été déterminée par l’hypothèse de base que la nature renvoyait l’image de l’harmonie divine. Il voulait l’interpréter correctement, par exemple dans la recherche de la forme humaine parfaite, qu’il a inscrite dans «L’homme de Vitruve» (1492). Il s’agit du dessin d’un homme aux bras et aux jambes écartés, dont les doigts et les orteils touchent un cercle et un carré.

Le secret de la Joconde

Le peintre, qui menait une vie ouvertement homosexuelle, s’intéressait particulièrement à l’androgynie, la bisexualité ou l’intersexualité. «L’image idéale de l’homme est androgyne, ni femme, ni homme, ni masculin, ni féminin, il flotte», explique encore l’expert. Il voit une racine de la pensée de Léonard de Vinci dans «Le Banquet» de Platon, dans l’histoire de l’humain idéal constitué de deux parties, puis divisé en homme et femme, qui s’attirent dès lors spontanément et mutuellement. L’origine de l’amour selon le philosophe antique.

De plus, dans la théologie de la Renaissance, Dieu est compris comme l’homme et la femme en même temps et en même temps comme l’incarnation de la plus haute perfection, enchaîne le biographe. Le secret très apprécié de la «Joconde» (1503-1506) remonte au fait que Léonard de Vinci a commencé cette peinture comme un portrait de Lisa del Giocondo, qu’il «peignit ensuite, couche par couche, de plus en plus androgyne».

Vols d’oiseaux et dissection de cadavres

«Léonard de Vinci peint lui-même le monde. La peinture est pour lui une façon de reconnaître le monde»,  formule Klaus-Rüdiger Mai. Pourtant, sa vision du monde n’est pas moderne, mais s’inscrit dans la «pensée analogue» de son temps. Ainsi, au Moyen-Âge, toutes les choses de la nature sont considérées comme les correspondances d’un seul créateur. Dans cette conviction spirituelle, Léonard de Vinci avait commencé à mener des recherches très concrètes, telles que l’observation du vol des oiseaux, l’examen des tourbillons d’eau ou encore la dissection des cadavres ainsi que leur documentation. C’est ce qu’il y a de moderne chez lui. EPD / Protestinter

Voir aussi

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