
Des quartiers de la Madeleine et du Palais-Royal à ceux du Montparnasse et de Saint-Germain-des-Prés, le poète livre ses rites et ses goûts au cours d’une promenade riche en péripéties et en rencontres avec les plus grands artistes du XXe siècle (Picasso, Stravinsky, Genet, Colette…).
Une approche personnelle de la ville qui a illuminé sa jeunesse et inspiré de nombreuses oeuvres.

Cocteau, Paris. Cela semble un pléonasme. Jean Cocteau est né à Paris, Jean Cocteau est mort à Paris, Jean Cocteau a été Paris. Son appartement du Palais-Royal était un des points de rayonnement de la ville, qu’il illuminait de ses pièces de théâtre et de ses films. Voici, pour la première fois réunis en volume, des textes aussi rares qu’enchanteurs sur la ville-poète :
« Comme les poètes, Paris est de toutes les villes du monde la plus voyante et la plus invisible. »
Ce recueil est suivi de Notes sur l’amour inédites.
Avec un dessin inédit de Jean Cocteau.
Illustration de couverture inédite de Jean Cocteau.
Son appartement du Palais-Royal


Jean Cocteau dans son appartement du Palais Royal Paris, 1944
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2016 l’appartement de Cocteau est Ă vendre
L’appartement oĂą vĂ©cut Jean Cocteau (1889-1963) au Palais-Royal est Ă vendre. SituĂ© Ă l’entresol (entre le rez-de-chaussĂ©e et l’Ă©tage noble) du 36, rue de Montpensier (Ier), ce logement de 96 m 2 est proposĂ© Ă 1 950 000 €. « A 20 000 € le m2, il est au juste prix, Ă quelque chose près, estime Alain d’AndrĂ©, agent immobilier chargĂ© de la vente. SpĂ©cialisĂ© dans le luxe, l’homme qui travaille Ă l’ancienne, sans site Internet, parle d’or : « C’est la quatrième fois que je vends ce bien en quinze ans », prĂ©cise-t-il.
Est-ce la cĂ©lèbre photo qui montre le poète Ă sa fenĂŞtre en arc de ciel ? Plus d’un demi-siècle après la mort de l’artiste, l’immeuble — sur lequel figure une plaque indiquant « De 1939 Ă 1963, Jean Cocteau a vĂ©cu, travaillĂ© et rayonnĂ© dans cette maison » — fascine toujours.
Pourtant, de l’aveu mĂŞme de Cocteau, l’appartement qu’il dĂ©crivait comme un « tunnel bizarre », n’a rien d’exceptionnel. « J’ai louĂ© cette cave minuscule en 1940, lorsque l’armĂ©e allemande marchait sur Paris […] Je m’y soigne Ă prĂ©sent par fatigue, Ă cause de l’impossibilitĂ© de trouver un logement convenable, Ă cause aussi d’un charme que le Palais-Royal exerce sur certaines âmes », Ă©crit-il dans « La difficultĂ© d’ĂŞtre » (1947).
Une garçonnière très théâtrale
L’intĂ©rieur a beau ĂŞtre plutĂ´t sombre, la vue sur les arcades et le jardin oĂą les magnolias sont en pleine floraison, est plaisante. « En fait, explique Alain d’AndrĂ©, Cocteau n’habitait que dans 50 m 2. Le lot contigu — qui appartenait au mari de Mireille du Petit Conservatoire qui, elle, vivait au dernier Ă©tage — a Ă©tĂ© annexĂ© il y a une vingtaine d’annĂ©es ».
PassĂ© depuis entre les mains successives d’un AmĂ©ricain, d’un producteur de tĂ©lĂ©vision, d’un banquier et enfin d’un Français travaillant en Asie, l’appartement constituĂ© d’une enfilade de salons (dont l’un avec cheminĂ©e) et de deux chambres, n’a plus grand-chose Ă voir avec ce qu’il Ă©tait Ă l’Ă©poque de Cocteau et Jean Marais. Il n’empĂŞche : cette garçonnière très théâtrale, peu adaptĂ©e Ă la vie de famille, « sĂ©duira un cĂ©libataire, un peu comme Cocteau, fascinĂ© par le Palais-Royal ou Ă la recherche d’un pied-Ă -terre de luxe », assure Alain d’AndrĂ©. A moins que l’actrice très connue et très inspirĂ©e par les lieux qui avait vu ce bien lui passer sous le nez il y a quelques annĂ©es ne se porte Ă nouveau acquĂ©reur…

L’appartement qu’il habita, Ă partir de 1940, au 36 rue de Montpensier, sera sa dernière adresse parisienne.
Photo © Lee Miller