Mallarmé et la danse

Le corps dansant chez MallarmĂ© : une quĂȘte d’absolu

Résumé :

Le corps, entitĂ© mystĂ©rieuse et complexe Ă©tudiĂ©e depuis toujours, se transforme chez MallarmĂ© en la figure fĂ©minine d’une danseuse. DĂ©pourvu de tout aspect matĂ©riel et tangible, il devient un tourbillon Ă©vanescent, sensation visuelle vague et indĂ©finie qui se rĂ©pand dans les vers et dans la langue en changeant leur structure profonde. La mĂ©taphore de la danseuse, instrument poĂ©tique et source d’inspiration, contribue Ă  la crĂ©ation d’une poĂ©sie nouvelle, anticipatrice des avant-gardes du XXe siĂšcle.

https://fr.scribd.com/document/419866189/Le-Corps-Dansant-Chez-Mallarme-Une-Quete-de-l-Absolu-Nouvelle-Fribourg

Ballets

… À savoir que la danseuse n’est pas une femme qui danse…

BALLETS

La Cornalba me ravit, qui danse comme dĂ©vĂȘtue ; c’est-Ă -dire que sans le semblant d’aide offert Ă  un enlĂšvement ou Ă  la chute par une prĂ©sence volante et assoupie de gazes, elle paraĂźt, appelĂ©e dans l’air, s’y soutenir, du fait italien d’une moelleuse tension de sa personne.

Tout le souvenir, non ! du spectacle Ă  l’Éden, faute de PoĂ©sie : ce qu’on nomme ainsi, au contraire, y foisonne, dĂ©bauche aimable pour l’esprit libĂ©rĂ© de la frĂ©quentation des personnages Ă  robes, habit et mots cĂ©lĂšbres. Seulement le charme aux pages du livret ne passe pas dans la reprĂ©sentation. Les astres, eux-mĂȘmes, lesquels j’ai pour croyance que, rarement, il faut dĂ©ranger pas sans raisons considĂ©rables de mĂ©ditative gravitĂ© (ici, selon l’explication, l’Amour les meut et les assemble) je feuillette et j’apprends qu’ils sont de la partie ; et l’incohĂ©rent manque hautain de signification qui scintille en l’alphabet de la Nuit va consentir Ă  tracer le mot VIVIANE, enjĂŽleurs nom de la fĂ©e et titre du poĂšme, selon quelques coups d’épingle stellaires en une toile de fond bleue : car le corps de ballet, total ne figurera autour de l’étoile (la peut-on mieux nommer !) la danse idĂ©ale des constellations. Point ! de lĂ  on partait, vous voyez dans quels mondes, droit Ă  l’abĂźme d’art. La neige aussi dont chaque flocon ne revit pas au va-et-vient d’un blanc ballabile ou selon une valse, ni le jet vernal des floraisons : tout ce qui est, en effet, la PoĂ©sie, ou nature animĂ©e, sort du texte pour se figer en des manƓuvres de carton et l’éblouissante stagnation des mousselines lie et feu. Aussi dans l’ordre de l’action, j’ai vu un cercle magique par autre chose dessinĂ© que le tour continu ou les lacs de la fĂ©e mĂȘme : etc. Mille dĂ©tails piquants d’invention, sans qu’aucun atteigne Ă  une importance de fonctionnement avĂ©rĂ© et normal, dans le rendu. Quelqu’un jamais, notamment au cas sidĂ©ral prĂ©citĂ©, avec plus d’hĂ©roĂŻsme passa-t-il outre la tentation de reconnaĂźtre en mĂȘme temps que des analogies solennelles, cette loi, que le premier sujet, hors cadre, de la danse soit une synthĂšse mobile, en son incessante ubiquitĂ©, des attitudes de chaque groupe : comme elles ne la font que dĂ©tailler, en tant que fractions, Ă  l’infini. Telle, une rĂ©ciprocitĂ©, dont rĂ©sulte l’in-individuel, chez la coryphĂ©e et dans l’ensemble, de l’ĂȘtre dansant, jamais qu’emblĂšme point quelqu’un..

Le jugement, ou l’axiome, à affirmer en fait de ballet !

À savoir que la danseuse n’est pas une femme qui danse, pour ces motifs juxtaposĂ©s qu’elle n’est pas une femme, mais une mĂ©taphore rĂ©sumant un des aspects Ă©lĂ©mentaires de notre forme, glaive, coupe, fleur, etc, et qu’elle ne danse pas, suggĂ©rant, par le prodige de raccourcis ou d’élans, avec une Ă©criture corporelle ce qu’il faudrait des paragraphes en prose dialoguĂ©e autant que descriptive, pour exprimer, dans la rĂ©daction : poĂšme dĂ©gagĂ© de tout appareil du scribe.

AprĂšs une lĂ©gende, la Fable point comme l’entendit le goĂ»t classique ou machinerie d’empyrĂ©e, mais selon le sens restreint d’une transposition de notre caractĂšre, ainsi que de nos façons, au type simple de l’animal. Un jeu aisĂ© consistait Ă  re-traduire Ă  l’aide de personnages, il est vrai, plus instinctifs comme bondissants et muets que ceux Ă  qui un conscient langage permet de s’énoncer dans la comĂ©die, les sentiments humains donnĂ©s par le fabuliste Ă  d’énamourĂ©s volatiles. La danse est ailes, il s’agit d’oiseaux et des dĂ©parts en l’à-jamais, des retours vibrants comme flĂšche : Ă  qui scrute la reprĂ©sentation des Deux Pigeons apparaĂźt par la vertu du sujet, cela, une obligatoire suite des motifs fondamentaux du Ballet. L’effort d’imagination pour trouver ces similitudes ne s’annonce pas ardu, mais c’est quelque chose que d’apercevoir une paritĂ© mĂ©diocre mĂȘme, et le rĂ©sultat intĂ©resse, en art. Leurre ! sauf dans le premier acte, une jolie incarnation des ramiers en l’humanitĂ© mimique ou dansante des protagonistes.

Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre

deux ou plusieurs, par paire, sur un toit, ainsi que la mer, vu en l’arceau d’une ferme thessalienne, et vivants, ce qui est, mieux que peints, dans la profondeur et d’un juste goĂ»t. L’un des amants Ă  l’autre les montre puis soi-mĂȘme, langage initial, comparaison. Tant peu Ă  peu les allures du couple acceptent de l’influence du pigeonnier becquĂštements ou sursauts, pĂąmoisons, que se voit cet envahissement d’aĂ©rienne lascivetĂ© sur lui glisser, avec des ressemblances Ă©perdues. Enfants, les voici oiseaux, ou le contraire, d’oiseaux enfants, selon qu’on veut comprendre l’échange dont toujours et dĂšs lors, lui et elle, devraient exprimer le double jeu : peut-ĂȘtre, toute l’aventure de la diffĂ©rence sexuelle ! Or je cesserai de m’élever Ă  aucune considĂ©ration, que suggĂšre le Ballet, adjuvant et le paradis de toute spiritualitĂ©, parce qu’aprĂšs cet ingĂ©nu prĂ©lude, rien n’a lieu, sauf la perfection des exĂ©cutants, qui vaille un instant d’ arriĂšre-exercice du regard, rien.. Fastidieux de mettre le doigt sur l’inanitĂ© quelconque issue d’un gracieux motif premier. Ici la fuite du vagabond, laquelle prĂȘtait, du moins, Ă  cette espĂšce d’extatique impuissance Ă  disparaĂźtre qui dĂ©licieusement attache aux planchers la danseuse ; puis quand viendra, dans le rappel du mĂȘme site ou le foyer, l’heure poignante et adorĂ©e du rapatriement, avec intercalation d’une fĂȘte Ă  quoi tout va tourner sous l’orage, et que les dĂ©chirĂ©s, pardonnante et fugitif, s’uniront : ce sera.. Vous concevez l’hymne de danse final et triomphal oĂč diminue jusqu’à la source de leur joie ivre l’espace mis entre les fiancĂ©s par la nĂ©cessitĂ© du voyage ! Ce sera.. comme si la chose se passait, madame ou monsieur, chez l’un de vous avec quelque baiser trĂšs indiffĂ©rent en art, toute la Danse n’étant de cet acte que la mystĂ©rieuse interprĂ©tation sacrĂ©e. Seulement, songer ainsi, c’est Ă  se faire rappeler par un trait de flĂ»te le ridicule de son Ă©tat visionnaire quant au contemporain banal qu’il faut, aprĂšs tout, reprĂ©senter, par condescendance pour le fauteuil d’OpĂ©ra.
À l’exception d’un rapport perçu avec nettetĂ© entre l’allure habituelle du vol et maints effets chorĂ©graphiques, puis le transport au Ballet, non sans tricherie, de la Fable, demeure quelque histoire d’amour : il faut que virtuose sans pair Ă  l’intermĂšde du divertissement (rien n’y est que morceaux et placage) l’émerveillante Mademoiselle Mauri rĂ©sume le sujet par sa divination mĂȘlĂ©e d’animalitĂ© trouble et pure Ă  tous propos dĂ©signant les allusions non mises au point, ainsi qu’avant un pas elle invite, avec deux doigts, un pli frĂ©missant de sa jupe et simule une impatience de plumes vers l’idĂ©e.

Un art tient la scĂšne, historique avec le Drame; avec le Ballet, autre, emblĂ©matique. Allier, mais ne confondre ; ce n’est point d’emblĂ©e et par traitement commun qu’il faut joindre deux attitudes jalouses de leur silence respectif, la mimique et la danse, tout Ă  coup hostiles si l’on en force le rapprochement. Exemple qui illustre ce propos : a-t-on pas tout Ă  l’heure, pour rendre une identique essence, celle de l’oiseau, chez deux interprĂštes, imaginĂ© d’élire une mime Ă  cĂŽtĂ© d’une danseuse, c’est confronter trop de diffĂ©rence ! l’autre, si l’une est colombe, devenant j’ignore quoi, la brise par exemple. Au moins, trĂšs judicieusement, Ă  l’Éden, ou selon les deux modes d’art exclusifs, un thĂšme marqua l’antagonisme que chez son hĂ©ros participant du double monde, homme dĂ©jĂ  et enfant encore, installe la rivalitĂ© de la femme qui marche (mĂȘme Ă  lui sur des tapis de royautĂ©) avec celle, non moins chĂšre du fait de sa voltige seule, la primitive et fĂ©e. Ce trait distinct de chaque genre théùtral mis en contact ou opposĂ© se trouve commander l’Ɠuvre qui emploie la disparate Ă  son architecture mĂȘme : resterait Ă  trouver une communication. Le librettiste ignore d’ordinaire que la danseuse, qui s’exprime par des pas, ne comprend d’éloquence autre, mĂȘme le geste.

À moins du gĂ©nie disant : « La Danse figure le caprice Ă  l’essor rythmique — voici avec leur nombre, les quelques Ă©quations sommaires de toute fantaisie — or la forme humaine dans sa plus excessive mobilitĂ©, ou vrai dĂ©veloppement, ne les peut transgresser, en tant, je le sais, qu’incorporation visuelle de l’idĂ©e » : cela, puis un coup d’Ɠil jetĂ© sur un ensemble de chorĂ©graphie ! personne Ă  qui ce moyen s’impose d’établir un ballet. Connue la tournure d’esprit contemporaine, chez ceux mĂȘmes, aux facultĂ©s ayant pour fonction de se produire miraculeuses : il y faudrait substituer je ne sais quel impersonnel ou fulgurant regard absolu, comme l’éclair qui enveloppe, depuis quelques ans, la danseuse d’Édens, fondant une cruditĂ© Ă©lectrique Ă  des blancheurs extra-charnelles de fards, et en fait bien l’ĂȘtre prestigieux reculĂ© au delĂ  de toute vie possible.

L’unique entraĂźnement imaginatif consiste, aux heures ordinaires de frĂ©quentation dans les lieux de Danse sans visĂ©e quelconque prĂ©alable, patiemment et passivement Ă  se demander devant tout pas, chaque attitude si Ă©tranges, ces pointes et taquetĂ©s, allongĂ©s ou ballons. « Que peut signifier ceci » ou mieux, d’inspiration, le lire. À coup sĂ»r on opĂ©rera en pleine rĂȘverie, mais adĂ©quate : vaporeuse, nette et ample, ou restreinte, telle seulement que l’enferme en ses circuits ou la transporte par une fugue la ballerine illettrĂ©e se livrant aux jeux de sa profession. Oui, celle-lĂ  (serais-tu perdu en une salle, spectateur trĂšs Ă©tranger, Ami) pour peu que tu dĂ©poses avec soumission Ă  ses pieds d’inconsciente rĂ©vĂ©latrice ainsi que les roses qu’enlĂšve et jette en la visibilitĂ© de rĂ©gions supĂ©rieures un jeu de ses chaussons de satin pĂąle vertigineux, la Fleur d’abord de ton poĂ©tique instinct, n’attendant de rien autre la mise en Ă©vidence et sous le vrai jour des mille imaginations latentes : alors, par un commerce dont paraĂźt son sourire verser le secret, sans tarder elle te livre Ă  travers le voile dernier qui toujours reste, la nuditĂ© de tes concepts et silencieusement Ă©crira ta vision Ă  la façon d’un Signe, qu’elle est.

https://fr.wikisource.org/wiki/Divagations_(1897)/Ballets

LoĂŻe Fuller

« C’est bien MallarmĂ©, de fait, qui parvient Ă  dĂ©finir, dans la forme la plus prĂ©cise et la plus pure, cette rĂ©volution chorĂ©graphique que constitua l’arrivĂ©e de LoĂŻe Fuller Ă  Paris. […] Car voici que, par une des plus Ă©tonnantes convergences qu’aient connues les arts du XIXe siĂšcle, elle lui donnait raison : elle s’offrait comme la figure mĂȘme, visible et plastique, de ses rĂ©flexions sur la danse. Il avait songĂ©, quant aux danseuses, Ă  l’épuisement de leur condition charnelle en scĂšne, Ă  la transfiguration mĂ©taphorique de leur corps absentĂ©, Ă  son Ă©lĂ©vation en signe, Ă  la puissance mĂ©taphorique du mouvement ; et il se trouvait d’un coup exaucĂ©. Une ballerine semblait avoir voulu mettre, terme Ă  terme, ses principes en application : perdue dans ses voiles, elle rĂ©vĂ©lait l’aptitude merveilleuse de la danseuse au symbole. »

Mallarmé au monde. Le spectacle de la matiÚre, Paris, Hermann, 2019, p. 271-287.
1 DE LA PRESQUE NUDITÉ AU SPECTACLE DES VOILES, ET RETOUR
(1886, 1893, 1896-97)

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02513031/document

Divagations (1897) / Les Fonds dans le ballet – MallarmĂ©

AUTRE ÉTUDE DE DANSE

LES FONDS DANS LE BALLET

D’APRÈS UNE INDICATION RÉCENTE

Relativement Ă  la LoĂŻe Fuller en tant qu’elle se propage, alentour, de tissus ramenĂ©s Ă  sa personne, par l’action d’une danse, tout a Ă©tĂ© dit, dans des articles quelque-uns des poĂšmes.

L’exercice, comme invention, sans l’emploi, comporte une ivresse d’art et, simultanĂ© un accomplissement industriel.

Au bain terrible des Ă©toffes se pĂąme, radieuse, froide la figurante qui illustre maint thĂšme giratoire oĂč tend une trame loin Ă©panouie, pĂ©tale et papillon gĂ©ants, dĂ©ferlement, tout d’ordre net et Ă©lĂ©mentaire. Sa fusion aux nuances vĂ©loces muant leur fantasmagorie oxyhydrique de crĂ©puscule et de grotte, telles rapiditĂ©s de passions, dĂ©lice, deuil, colĂšre : il faut pour les mouvoir, prismatiques, avec violence ou diluĂ©es, le vertige d’une Ăąme comme mise Ă  l’air par un artifice.



Qu’une femme associe l’envolĂ©e de vĂȘtements Ă  la danse puissante ou vaste au point de les soutenir, Ă  l’infini, comme son expansion —

La leçon tient en cet effet spirituel —

Don avec ingĂ©nuitĂ© et certitude fait par l’étranger fantĂŽme au Ballet ou la forme théùtrale de poĂ©sie par excellence : le reconnaĂźtre, entier, dans ses consĂ©quences, tard, Ă  la faveur du recul.

Toujours une banalité flotte entre le spectacle dansé et vous.

La dĂ©fense que cet Ă©blouissement satisfasse une pensive dĂ©licatesse comme y atteint par exemple le plaisir trouvĂ© dans la lecture des vers, accuse la nĂ©gligence de moyens subtils inclus en l’arcane de la Danse. Quelque esthĂ©tique restaurĂ©e outrepassera des notes Ă  cĂŽtĂ©, oĂč, du moins, je dĂ©nonce, Ă  un point de vue proche, une erreur ordinaire Ă  la mise en scĂšne : aidĂ© comme je suis, inespĂ©rĂ©ment, soudain par la solution que dĂ©ploie avec l’émoi seul de sa robe ma trĂšs peu consciente ou volontairement ici en cause inspiratrice.


Quand, au lever du rideau dans une salle de gala et tout local, apparaĂźt ainsi qu’un flocon d’oĂč soufflĂ© ? furieux, la danseuse : le plancher Ă©vitĂ© par bonds ou dur aux pointes, acquiert une virginitĂ© de site pas songĂ©, qu’isole, bĂątira, fleurira la figure. Le dĂ©cor gĂźt, latent dans l’orchestre, trĂ©sor des imaginations ; pour en sortir, par Ă©clat, selon la vue que dispense la reprĂ©sentante çà et lĂ  de l’idĂ©e Ă  la rampe. Or cette transition de sonoritĂ©s aux tissus (y a-t-il, mieux, Ă  une gaze ressemblant que la Musique !) est, uniquement, le sortilĂšge qu’opĂšre la LoĂŻe Fuller, par instinct, avec l’exagĂ©ration, les retraits, de jupe ou d’aile, instituant un lieu. L’enchanteresse fait l’ambiance, la tire de soi et l’y rentre, par un silence palpitĂ© de crĂȘpes de Chine. Tout Ă  l’heure va disparaĂźtre comme dans ce cas une imbĂ©cillitĂ©, la traditionnelle plantation de dĂ©cors permanents ou stables en opposition avec la mobilitĂ© chorĂ©graphique. ChĂąssis opaques, carton cette intrusion, au rancart ! voici rendue au Ballet l’atmosphĂšre ou rien, visions sitĂŽt Ă©parses que sues, leur Ă©vocation limpide. La scĂšne libre, au grĂ© de fictions, exhalĂ©e du jeu d’un voile avec attitudes et gestes, devient le trĂšs pur rĂ©sultat.

Si tels changements, Ă  un genre exempt de quelque accessoire sauf la prĂ©sence humaine, importĂ©s par cette crĂ©ation : on rĂȘve de scruter le principe.


Toute Ă©motion sort de vous, Ă©largit un milieu ; ou sur vous fond et l’incorpore.


Ainsi ce dĂ©gagement multiple autour d’une nuditĂ©, grand des contradictoires vols oĂč celle-ci l’ordonne, orageux, planant l’y magnifie jusqu’à la dissoudre : centrale, car tout obĂ©it Ă  une impulsion fugace en tourbillons, elle rĂ©sume, par le vouloir aux extrĂ©mitĂ©s Ă©perdu de chaque aile et darde sa statuette, stricte, debout — morte de l’effort Ă  condenser hors d’une libĂ©ration presque d’elle des sursautements attardĂ©s dĂ©coratifs de cieux, de mer, de soirs, de parfum et d’écume.

Tacite tant ! que profĂ©rer un mot Ă  son sujet, durant qu’elle se manifeste, trĂšs bas et pour l’édification d’un voisinage, semble impossible, Ă  cause que, d’abord, cela confond. Le souvenir peut-ĂȘtre ne sera pas Ă©teint sous un peu de prose ici. À mon avis, importait, oĂč que la mode disperse cette Ă©closion contemporaine, miraculeuse, d’extraire le sens sommaire et l’explication qui en Ă©mane et agit sur l’ensemble d’un art.

https://fr.wikisource.org/wiki/Divagations_(1897)/Les_Fonds_dans_le_ballet

Voir aussi

Publié par Michaël VINSON

Poëte et Créateur Culturel Pays de Fontainebleau & Carladez : Art, Culture et Territoires Pour une Poëtique de la Vie

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