Étienne Carjat

Affiche dessinée par Carjat pour la nouvelle adresse de son atelier (1867-1868).

Étienne Carjat né à Fareins (Ain) le 28 mars 1828 et mort à Paris le 8 mars 1906 est un photographe, journaliste, caricaturiste et poète français.

En savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Carjat

Portraits photographiques
Le caricaturiste et photographe Étienne Carjat (1828-1906), par lui-même.

Baudelaire (1863)

Victor Hugo (1876).

Portraits poétiques

  Etienne Carjat ( 1828 / 1906 ) Caricaturiste et photographe, ami de Gustave Mathieu

Comme Armand Silvestre qui nous à déjà fait son portrait, Etienne Carjat nous décrit Gustave Mathieu ainsi :


Il était rustique, sa vie était simple, il aimait les champs,
les bois, les eaux, il aimait la forêt de Fontainebleau .
Pour cela il n’avait pas tardé à prendre demeure à Bois le Roi,
près de son admirable Marguerite qu’il à souvent chantée dans ses vers .

Portrait de Gustave Mathieu

L’avez-vous vu passer par un matin d’avril,
          L’œil vif, la joue ardente et la lèvre vermeille?…
          L’avez-vous vu passer, toujours jeune et viril,
          Décoré de muguet, son feutre sur l’oreille?

         
 Faisant sonner son pas sur le grès net et clair,
          Fier comme un mousquetaire en quête d’aventure,
          Il va, la barbe en pointe et la moustache en l’air,
          Aspirer les senteurs de la jeune nature.

   
       A l’heure où le bon Black est encore endormi,
          Il est déjà sous bois, cueillant la violette.
          La forêt le connaît, chaque arbre est un ami
          Qui l’arrête en passant d’un : Bonjour, cher poète !

        
  Il cause avec le chêne et répond au bouleau ;
          Le peuplier lui plaît, le saule l’intéresse;
          Il aime le platane; il protège l’ormeau;
          A la ronce, à l’ortie, il parle avec tendresse.

     
     L’animal et l’oiseau des arbres sont jaloux;
          Nemrod en gai Sylvain n’a rien qui les effraie;
          La biche le regarde avec ses grands yeux doux;
          Perdrix, lièvres, lapins, pour le voir font la haie.

          
Sur la cime d’un hêtre, un corbeau gouailleur
          Lui dit : Comment vas-tu, fol amant d’Amphitrite?
          Le rossignol l’appelle et le coucou railleur
          Lui crie en s’envolant : Prend garde à Marguerite !

        
  Un merle en belle humeur siffle un motif joyeux
          Sur lequel, pour lui plaire, il écrit des paroles,
          Pendant que le ramier, d’un bec licencieux,
          A la chaste colombe apprend des gaudrioles .

          
Pour lui, le papillon ravive ses couleurs
          Et se laisse admirer sur la rose entrouverte;
          Les soirs d’été, parmi les nénuphars en fleurs,
          La rainette à fleur d’eau montre sa tête verte.

          
La nuit, dans le bleu ombre et velouté du ciel,
          Vénus à son poète apparait plus brillante,
          Phœbé qui lui pardonne un quatrain criminel,
          Lui montre en souriant sa face étincelante.

        
  Il suit le vert sentier qui mène à Bois-le-Roi,
          C’est là, qu’est la maison où Marguerite veille;
          La brune incomparable au logis fait la loi,
          Mais elle est bonne femme et cuisine à merveille !

       
   Le rimeur attardé l’embrasse bruyamment,
          Vite, à table ! Chacun mange, boit, rit et cause,
          Puis, le souper fini, tous deux honnêtement
          Vont chercher le repos dans leur chambre bien close.

          Une vague lueur a rosé le lointain;
          Chante-Clair se hérisse et, d’un poumon sonore,
          Fanfare aux paresseux la chanson du matin :
          Gustave, le cou nu, vient saluer l’aurore.

      
    Un petit vent d’ouest tout imprégné de sel,
          Comme un parfum subtil dilate sa narine;
          Il se souvient du Cap et de Coromandel
          Hurrah! L’ancien gabier a senti la marine.

          Il part pour Étretat ou pour Kérouzerai;
          Les pécheurs au teint brun l’attendent sur la grève;
          Leur ayant peint la mer d’un ton robuste et vrai,
          Pour entendre ses vers un vieux Breton l’enlève.

          
Barde de l’océan, il chante tour à tour,
          
La complainte du bord qui fait pleurer le mousse,
          Le refrain du corsaire et la chanson d’amour ,
          Pour laquelle, soudain, sa voix se fait plus douce.

          Il taquine en riant le matelot songeur,
          Blond Médor goudronné qui regrette Angélique;
          Tout son être prend flamme en parlant du Vengeur
          Sombrant pour la patrie et pour la République.

Voir aussi :

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