La Princesse jaune

Femme japonaise, par Hokusai Katsushika. Library of Congress

Une œuvre orientaliste

La Princesse jaune, dont la première représentation a lieu le 12 juin 1872 à l’Opéra Comique, est un opéra en un acte, s’inscrivant entièrement dans une influence orientaliste propre au XIXe siècle. Ce courant artistique dominant à cette période témoigne d’un intérêt pour les cultures de l’Orient, une recherche de l’exotisme qui bouleverse toute la société. Les expositions universelles renforcent cet engouement pour la vie coloniale même si, musicalement, les compositeurs s’en inspirent véritablement depuis le XVIe siècle.

Genèse de l’oeuvre

Camille Saint-Saëns a écrit douze opéras, La Princesse jaune est son troisième. Alors que l’avènement de l’opéra-comique est supposé être révolu en 1872, Camille Du Locle, alors tout juste nommé à la tête de l’Opéra Comique, commande une pièce à Camille Saint-Saëns, avec deux autres œuvres, en un acte chacune, pouvant constituer une soirée. Du Locle présente Camille Saint-Saëns à Louis Gallet. Les deux hommes, partageant les mêmes goûts artistiques, décident de créer une œuvre japonaise en accord avec les inspirations culturelles de l’époque. Mais Du Locle, ne voulant pas prendre le risque de déplaire au public, demande aux auteurs d’en faire une pièce mi-hollandaise, mi-japonaise.

Une renommée symbolique

Cinq représentations de la pièce sont ainsi données, et reçoivent un accueil mitigé par la critique. Néanmoins, La Princesse jaune marque l’histoire de l’opéra, entre autres pour deux raisons. D’une part, l’oscillation entre la réalité et le rêve n’avait alors jamais été transposée dans une partition, et d’autre part, c’est la première fois qu’une création artistique évoque le Japon en France, et la France au Japon. L’œuvre est le symbole d’une réelle avancée musicale vers l’orientalisme tout en conservant les traditions occidentales dans l’exercice de composition.

L’argument

La scène se passe en Hollande, dans la maison parentale de Léna où son cousin Kornélis possède son atelier. Sur un panneau, une figure de femme japonaise. Le jeune Kornélis, sous l’influence de la drogue, rêve d’une princesse lointaine japonaise en contemplant le portrait, et projette sur ce dernier tous ses fantasmes d’exotisme. Léna, alors amoureuse de lui, tente de le faire redescendre sur terre en lui clamant son amour.

La musique

Vive et légère, la musique évolue tout au long de la pièce, au gré des instants fantastiques des scènes. Alors qu’il l’avait déjà employé dans des pièces telles Anat Wadô ou Orient et occident, Saint-Saëns use avec parcimonie de la gamme pentatonique faisant ainsi écho aux inspirations japonaises de Kornélis.

La Princesse jaune fait preuve de trouvailles mélodiques inédites pour l’époque, notamment à travers l’emploi de clochettes. Écrite en un acte, la pièce ne compte qu’une demi-douzaine de morceaux reliés par de courts dialogues, conformément au genre de l’opéra-comique. L’Andantino de l’ouverture introduit avec douceur la romance japonaise. Le placement du chœur derrière le rideau, le rendant ainsi invisible aux yeux du public, donne une dimension plus large à la pièce.

En savoir plus : https://pad.philharmoniedeparis.fr/0819987-la-princesse-jaune-de-camille-saint-saens.aspx

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