- Introduction
- 1. La fin de la « donnée fraîche »
- 2. Le modèle de la mine à ciel ouvert
- 3. Le Grand Remplacement Intellectuel
- 4. Une tentative d’élimination de la pensée vivante
- Conclusion : Retirer le carburant
Introduction
En chassant les créateurs de contenus sérieux et en invisibilisant les groupes de réflexion, Meta commet une erreur stratégique historique. Ils pensent optimiser un profit immédiat, mais ils sont en train de créer un désert numérique dont leur propre Intelligence Artificielle sera la première victime.
1. La fin de la « donnée fraîche »
Une IA ne « pense » pas, elle traite des probabilités à partir de ce qu’elle a déjà lu. Pour rester pertinente, elle a besoin de ce que nous appelons la « donnée fraîche » : des recherches originales, des débats d’actualité, de nouvelles analyses sur le patrimoine ou l’art.
En tarissant la source (les auteurs humains), Meta condamne son IA à la consanguinité : elle va finir par s’entraîner sur ses propres textes générés, entraînant une chute brutale de la qualité. C’est ce que les chercheurs appellent « l’effondrement du modèle ».
2. Le modèle de la mine à ciel ouvert
Facebook se comporte comme une compagnie minière qui raserait une montagne pour en extraire l’or, sans comprendre qu’une fois la montagne disparue, il n’y a plus de mine.
En transformant les utilisateurs en « scrolleurs passifs », ils tuent l’écosystème qui produit la valeur. Sans créateurs pour nourrir la machine, la plateforme devient une coquille vide, peuplée de robots qui parlent à d’autres robots.
3. Le Grand Remplacement Intellectuel
Le but ultime de Facebook est de supprimer l’intermédiaire. Demain, l’utilisateur ne cherchera plus un groupe de passionnés ; il posera sa question à l’assistant Meta AI.
L’IA répondra en utilisant vos propres recherches, sans jamais citer votre nom ni vous envoyer de trafic. Ils utilisent votre travail pour devenir la source unique de savoir, rendant votre présence physique sur la plateforme totalement obsolète. C’est une forme d’élimination par substitution : le miroir (l’IA) remplace l’original (l’humain).
4. Une tentative d’élimination de la pensée vivante
Le véritable danger est existentiel. L’algorithme cherche à éliminer la « friction de la pensée ». Réfléchir à une œuvre d’art ou débattre de l’histoire d’un lieu demande un effort. En remplaçant cet effort par un flux de contenus pré-digérés, la plateforme atrophie notre capacité à être des sujets conscients.
« On ne nous rend pas bêtes par accident, on nous rend passifs par stratégie. »
Conclusion : Retirer le carburant
En partant de Facebook, je ne fais pas que protéger ma visibilité. Je retire mon travail d’un système qui l’utilise pour construire ma propre obsolescence. C’est un acte de salubrité intellectuelle.
Quitter ces plateformes, c’est affirmer que la culture n’est pas une donnée, mais un échange entre deux consciences. Si la machine veut apprendre, elle devra désormais venir chercher l’information à la source, sur ce site, selon mes conditions.
Choisissons l’humain, tant qu’il en est encore temps.