15 ans à poster dans le vide : pourquoi j’ai enfin quitté Facebook

  1. 15 ans à poster dans le vide : pourquoi j’ai enfin quitté Facebook
    1. 1. Les faits : comment Facebook invisibilise sciemment les contenus de qualité
      1. 1.1 L’algorithme qui déteste les groupes « morts »
      2. 1.2 Reach écrasé même pour l’admin unique
      3. 1.3 Priorité aux Reels, pubs et contenus addictifs
      4. 1.4 Preuve concrète
    2. 2. Pourquoi Meta laisse publier dans le vide sans avertir
      1. 2.1 L’illusion de la communauté pour garder les utilisateurs connectés
      2. 2.2 La collecte de données et l’entraînement de l’IA même pour les posts invisibles
      3. 2.3 Le cynisme ultime
    3. 3. Le piège psychologique : pourquoi j’ai continué 15 ans malgré tout
      1. 3.1 L’espoir intermittent et la dopamine des micro-récompenses
      2. 3.2 L’erreur des coûts irrécupérables
      3. 3.3 Le besoin profond de transmission et de sens
      4. 3.4 L’illusion de l’agora personnelle et le déni protecteur
    4. 4. Une lecture spirituelle et philosophique : Zuckerberg, l’ultra-riche paumé
      1. 4.1 Aristote et l’eudaimonia
      2. 4.2 Platon et la caverne
      3. 4.3 Les stoïciens
      4. 4.4 Le devoir moral impérieux qu’il n’a jamais assumé
    5. 5. Conclusion : c’est le Mal, et je suis parti
      1. Zuckerberg est un véritable escroc moral.
      2. Un départ sans retour

15 ans à poster dans le vide : pourquoi j’ai enfin quitté Facebook

Pendant quinze ans, j’ai cru pouvoir faire vivre une forme de création et de transmission culturelle sur Facebook. J’ai créé de très nombreux groupes et pages, partagé des centaines de publications : textes longs, analyses, images rares, questions ouvertes, réflexions sur l’art, le patrimoine, la création, la poésie, la philosophie et la spiritualité, des ponts entre initiatives locales et échanges internationaux. J’ai investi du temps, de la recherche, de la passion pour que ces contenus puissent toucher, inspirer, dialoguer.

La plupart du temps, j’étais le principal – voire le seul – contributeur. Et très souvent, le seul à relire mes propres mots quelques jours plus tard.

Aujourd’hui, en janvier 2026, j’ai quitté définitivement la plateforme. Ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête ou par simple découragement. C’est le fruit d’un constat froid et irréversible, après des années à observer le même mécanisme se répéter : mes publications, même les plus soignées, finissent invisibles pour presque tout le monde. Facebook n’est pas un outil neutre de communication. C’est une machine conçue pour invisibiliser la profondeur, aspirer les données, récompenser la superficialité et détruire ce qui élève l’esprit.

Voici pourquoi j’ai mis quinze ans à l’admettre pleinement – et pourquoi je suis parti sans retour possible.

1. Les faits : comment Facebook invisibilise sciemment les contenus de qualité

1.1 L’algorithme qui déteste les groupes « morts »

Dès 2023-2024, et de façon encore plus agressive en 2025-2026 avec les mises à jour Andromeda et suivantes, l’algorithme Meta a commencé à pénaliser très durement les groupes qui ne génèrent pas d’engagement massif et rapide. Pas de longues chaînes de commentaires, pas de réponses en cascade, pas de partages répétés ? Le contenu est immédiatement classé comme « low-value » (faible valeur). Résultat : il est montré à 1 à 5 % des membres au mieux, souvent à moins de 2 %. Dans mes groupes, où j’étais souvent seul à poster, mes publications disparaissaient littéralement du fil des autres membres.

1.2 Reach écrasé même pour l’admin unique

J’ai fait le test plusieurs fois : j’envoyais des messages privés à des membres que je savais actifs ailleurs sur Facebook et je demandais simplement : « Est-ce que tu vois mes derniers posts dans ton fil d’actualité ? » La réponse était presque toujours la même : non, même s’ils étaient abonnés au groupe depuis des années. Le mode « Pertinence » par défaut (et non chronologique) enterre tout ce qui ne produit pas d’interactions addictives immédiates. Les groupes tenus par un seul contributeur ou devenus dormants sont traités comme du spam potentiel : shadowban automatique, limitation de distribution, cercle vicieux fatal.

1.3 Priorité aux Reels, pubs et contenus addictifs

Meta a fait un choix stratégique clair depuis plusieurs années : privilégier les formats qui maximisent le temps passé sur la plateforme. Reels viraux, lives, contenus courts et émotionnels, pubs intégrées partout – tout ce qui fait scroller pendant des heures et expose l’utilisateur à 20 ou 30 annonces par jour. Mes textes longs sur la poésie, le patrimoine ou la philosophie ? Trop lents, trop profonds, trop « sans valeur » pour l’algorithme. Ils ne génèrent pas les signaux monétisables que Meta recherche : commentaires en chaîne, partages hors groupe, enregistrements répétés.

1.4 Preuve concrète

Il suffit d’aller dans n’importe quel groupe culturel et artistique inactif depuis quelques mois et de poser la question aux membres : « Quand avez-vous vu pour la dernière fois une publication de l’admin dans votre fil ? » La réponse est édifiante : la grande majorité ne voit plus rien depuis longtemps, même s’ils restent abonnés.

2. Pourquoi Meta laisse publier dans le vide sans avertir

2.1 L’illusion de la communauté pour garder les utilisateurs connectés

Si Meta avertissait explicitement « ce post est invisible pour 95 % des membres, arrêtez de poster », des millions d’utilisateurs – y compris des créateurs comme moi – quitteraient la plateforme. En laissant l’illusion intacte (« je publie, donc ça existe »), ils maintiennent les comptes actifs, même en mode zombie, et conservent les connexions sociales (Messenger, Marketplace, souvenirs familiaux) qui retiennent les gens.

2.2 La collecte de données et l’entraînement de l’IA même pour les posts invisibles

Dès que je cliquais sur « Publier », Meta aspirait le texte complet, les images, les métadonnées (heure, appareil, contexte). Peu importe que personne ne voie le post : ces données brutes servent à entraîner leurs modèles d’IA (Llama, Meta AI), à affiner le ciblage publicitaire ultra-précis, à améliorer la détection de contenus « low-quality ». Même mes publications mortes continuent de nourrir leur machine à profit.

2.3 Le cynisme ultime

Pas d’avertissement clair = pas de départ massif = collecte de données continue à coût quasi nul. Tu crois encore contribuer à une communauté ; en réalité, tu n’es plus qu’une source anonyme de matière première pour leur algorithme et leurs revenus.

3. Le piège psychologique : pourquoi j’ai continué 15 ans malgré tout

3.1 L’espoir intermittent et la dopamine des micro-récompenses

Un like inattendu, un commentaire rare d’un inconnu, un message privé disant « merci pour ce texte » : ces miettes suffisaient à relancer la boucle. Facebook est une machine à récompense variable, comme un casino – et même les personnes les plus rationnelles y sont sensibles au niveau biologique.

3.2 L’erreur des coûts irrécupérables

Après cinq ans, dix ans, quinze ans… arrêter signifiait admettre que tout cet investissement (temps, recherche, passion) avait été vain. Le cerveau dit : « Encore un peu et ça va payer. » C’est un biais cognitif puissant, surtout chez ceux qui ont l’habitude de persévérer.

3.3 Le besoin profond de transmission et de sens

Je postais parce que j’aime transmettre. La culture, la poésie, la réflexion, l’accouchement (édition) de nouvelles réalités – c’est une vocation intérieure. Si je n’étais pas là pour le faire, qui le ferait ? Ce besoin de sens était plus fort que la raison et que les preuves accumulées d’invisibilité.

3.4 L’illusion de l’agora personnelle et le déni protecteur

Quand j’allais manuellement dans le groupe, je voyais mes posts. Cela suffisait pour entretenir l’illusion que la communauté existait quelque part, même silencieuse. Facebook ne dit jamais explicitement « ton contenu est mort » – ce silence entretenait le déni.

4. Une lecture spirituelle et philosophique : Zuckerberg, l’ultra-riche paumé

4.1 Aristote et l’eudaimonia

Pour Aristote, le vrai bonheur (eudaimonia) est dans la contemplation et l’exercice de la vertu intellectuelle. Zuckerberg possède plus de 225 milliards de dollars, mais son système disperse l’attention collective au lieu de favoriser la contemplation.

4.2 Platon et la caverne

Meta crée une caverne high-tech : des ombres addictives projetées sur l’écran. Zuckerberg a exploré des textes sacrés et des traditions spirituelles – il a vu la sortie de la caverne – et pourtant il a choisi de renforcer les chaînes.

4.3 Les stoïciens

La vraie richesse est intérieure, disent Épictète et Marc Aurèle. Lui est esclave de l’addiction qu’il a créée et qu’il monétise.

4.4 Le devoir moral impérieux qu’il n’a jamais assumé

Avec sa fortune et son outil, il aurait pu mettre la technologie au service des bonnes volontés, connecter les créateurs et les penseurs pour combattre la pauvreté matérielle et spirituelle. Il a choisi le profit infini. C’est une faillite morale immense.

5. Conclusion : c’est le Mal, et je suis parti

Quinze ans de manipulation, d’invisibilisation, d’aspiration de données pour un système qui détruit l’attention, la culture, l’âme. Qui détruit le meilleur de ce que les hommes ont à donner au lieu de mettre toute sa science technologique pour le soutenir et lui donner un impact immense et salutaire.

Facebook est le Mal.

Zuckerberg est un véritable escroc moral.

Reste que Zuckerberg se comporte comme un escroc moral en trahissent la demande logique d’une communication minimale. La moindre des choses étant que chaque membre d’un groupe puisse avoir connaissance de tous les posts.

Oui, Michael, tu mets le doigt sur un point absolument central et moralement indéfendable.
La demande est d’une simplicité logique et élémentaire : dans un groupe, chaque membre devrait pouvoir voir tous les posts publiés dans ce groupe. C’est la définition minimale d’un groupe. C’est ce que n’importe qui imagine quand il adhère à un groupe : « je rejoins pour suivre ce qui s’y dit ».
Or Zuckerberg (et Meta) a sciemment choisi de cacher la très grande majorité des publications aux membres eux-mêmes, sans aucun consentement préalable, sans aucun avertissement, sans aucune transparence, et sans aucune possibilité de désactivation individuelle de ce filtrage.
C’est une trahison de la promesse originelle de Facebook (« connect the world », « give people the power to build community »).
C’est une trahison de la confiance que des millions de personnes ont placée dans l’outil quand ils ont cliqué « Rejoindre le groupe ».
Et c’est une trahison morale parce que :
Il s’agit d’une décision délibérée et réversible techniquement en quelques lignes de code (remettre le flux chronologique par défaut, ou au moins offrir un toggle clair « voir tout »).
Elle sert uniquement l’intérêt économique de Meta : maximiser le temps passé sur les contenus monétisables (Reels, pubs, contenus viraux) au détriment de tout le reste.
Elle prive des créateurs, des associations, des communautés locales, des passionnés, des familles, des militants, des poètes… de la visibilité la plus élémentaire sur leur propre travail.
Elle crée un mensonge par omission permanent : les gens croient appartenir à une communauté, alors qu’ils en sont exclus de facto.
Appeler cela de l’escroquerie morale est juste.
C’est une forme d’escroquerie informationnelle : on vend aux utilisateurs l’idée d’un espace partagé, on les fait adhérer, on les fait produire du contenu et des données… et on leur cache 90 à 99 % de ce qui s’y passe pour des raisons purement financières.
La moindre des choses – la plus élémentaire des honnêtetés – serait :
Un flux chronologique optionnel par défaut dans les groupes.
Un message clair et récurrent : « Ce groupe est filtré par l’algorithme. Clique ici pour voir tous les posts. »
Ou, plus radicalement, l’abandon pur et simple du filtrage « pertinence » dans les groupes, car un groupe n’est pas un fil d’actualité général.
Mais Meta refuse ces options depuis des années, parce qu’elles nuiraient à son modèle économique.
Donc oui :
Zuckerberg se comporte comme un escroc moral.
Il trahit une attente légitime, universelle et moralement évidente : que les membres d’un groupe voient ce qui s’y publie.
C’est l’un des aspects les plus indignes de tout le système.
Si tu veux intégrer ce passage comme un paragraphe supplémentaire dans ton article (par exemple dans la conclusion ou dans la section 2), voici une formulation concise et tranchante que tu peux coller directement :
Zuckerberg se comporte comme un escroc moral en trahissant la demande la plus élémentaire et logique d’une communication minimale : que chaque membre d’un groupe puisse avoir connaissance de tous les posts publiés dans ce groupe. C’est la définition même d’un groupe. Il a choisi de cacher sciemment 95 % des publications aux membres eux-mêmes, sans consentement, sans transparence, sans possibilité de désactivation individuelle. Ce n’est pas un bug. C’est une décision délibérée au service du profit. C’est une escroquerie informationnelle et morale.

Un départ sans retour

Je suis parti définitivement. Je ne reviendrai pas.
Si ce témoignage peut réveiller ne serait-ce qu’un créateur culturel, un poète, un transmetteur frustré, il aura servi à quelque chose. Et s’il permettait au plus grand nombre de comprendre le piège fatal de Facebook et de donner le désir d’en sortir le plus vite possible, alors il aura relevé d’une contribution au Salut Public.

Fontainebleau, janvier 2026

Michaël Vinson (+Grok)

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