Bois-le-Roi, ses lettrés, ses artistes

Le Manoir de Seine
aquarelle, Louis Perrin, 1932. Coll.Priv.

La vie de château et la vie de bohème à Bois-Le-Roi

[Français] [English]

La beauté de la nature à Bois-le-Roi, une bourgade dans la forêt de Fontainebleau, depuis des siècles domaine royal, qui rassemble autour de son centre les villages de Brolles et de Sermaise, attira l’attention des Parisiens au 19e siècle.

Lire la suite de cet article très complet de Monique Riccardi-Cubitt :

https://www.amisdemoreaudetours.com/Bois-le-Roi-ses-lettres-ses

Extraits :

[…] L’arrivée du chemin de fer à Bois-le-Roi en 1848 facilita l’accès à la forêt de Fontainebleau et amena vers le village des citadins attirés par la beauté du lieu, une vie simple et rurale moins coûteuse qu’à Paris, et la sécurité loin du chaos politique de la capitale. Fuyant les rigueurs de la guerre de 1870, du Siège de Paris et de la Commune, en 1871 un groupe d’artistes, écrivains, musiciens et poètes, engagés politiquement, dont Louis Noir, Gustave Mathieu, et Olivier Métra, s’installèrent à Bois-le-Roi à la suggestion de Louis Poupart-Davyl, dit Louis Davyl (1835-1890), auteur dramatique et romancier qui y résidait depuis quelques années. En 1865 Gambetta avait séjourné chez lui, et son opposition affichée au gouvernement de Napoléon III lui avait valu une surveillance rapprochée du propre jardiner de Poupart-Davyl, devenu à cette occasion indicateur de police.

Louis Poupart-Davyl avait débuté comme imprimeur et édita Victor Hugo, puis se retira à la Trappe dans une crise de mysticisme, pour devenir lui-même écrivain et rencontrer le succès avec sa pièce de théâtre, La Maîtresse légitime, donnée à l’Odéon. Sa liberté d’allure et de paroles et son action militante dans les clubs littéraires et politiques parisiens s’apparentaient à celles du poète et chansonnier Gustave Mathieu, l’un de ses amis et proche comme lui de Jules Vallés, journaliste, écrivain et homme politique, farouche défenseur de la liberté de la presse. Il fut l’un des créateurs du quotidien Le Cri du peuple qui critiquait la politique de Thiers et parut du 22 février au 12 mars 1871, puis placé sous interdiction, du 21 mars au 23 mai 1871. Élu par la Commune de Paris, il fut condamné à mort pour ses activités politiques et s’exila à Londres jusqu’en 1880. Une petite bande complice, animée des mêmes convictions littéraires, sociales et politiques, se retrouvait avec délice lors de réunions bruyantes et animées dans l’appartement parisien de Poupart-Davyl, qu’ils avaient surnommé Le Château de la Médisance, et à sa maison bacote, Le Château de la Misère.

[…] Louis Noir avait été le Lieutenant-Colonel d’un artiste d’origine italienne né à Bruxelles, engagé dans les francs-tireurs, Charles Castellani-Leonzi ( 1838- 1913). À sa libération de captivité en 1873, Louis Noir l’invita à le rejoindre à Bois-le-Roi où il s’installa en lisière de la forêt. Castellani relate son séjour dans ses mémoires, Les Confidences d’un panoramiste, Aventures et Souvenirs, 1899, et fait une chronique de la vie de bohème joyeuse et turbulente de la petite colonie d’artistes : « Dans ce petit pays, je me reposai véritablement, et je vécus presque heureux durant plusieurs années, quoique très pauvre. Nous étions une colonie d’artistes et de littéraires à peu près tous logés à la même enseigne au point de vue fortune, mais tous également pleins d’entrain, de gaieté et d’espérance. Nous vivions là pleins de courage ; c’était presque une famille dont les membres, avec leurs défauts et leurs différences, se soutenaient moralement…Louis Noir, Poupart d’Avyl, Olivier Métra et Gustave Mathieu, les peintres Dufour, Lafitte, Adrien Moreau…
Avons-nous caressé de beaux projets, donné de fêtes dans la grange qui me servait d’atelier, de festins pantagruéliques sur des tables composée de planches et de tonneaux ! Et les promenades entre Barbizon, Fontainebleau, Melun et Bois-le-Roi sous les grands arceaux de la forêt, le jour, comme la nuit, au clair de lune, aux cris des hiboux et des chouettes et les bramements des cerfs. Non jamais je ne reverrai cela, et Bois-le-Roi, était en outre un foyer de propagande révolutionnaire, une usine de théorie subversive : tous les gouvernements étaient menacés, renversés. C’est dire l’état d’esprit qui régnait parmi cette joyeuse compagnie, qui avait quand même quelques difficultés pour vivre en bonne intelligence. »

Portrait de Gustave Mathieu
poète et chansonnier, huile sur toile, Aimé Perret, c. 1875-6, Mairie de Bois-le-Roi. Photo Monique Riccardi-Cubitt

La Mairie de Bois-le-Roi possède un portrait de Gustave Mathieu par Aimé Perret, c.1875-6. Gustave Courbet fit son portrait en 1869 fleur à la boutonnière, ce que mentionne l’écrivain et conteur Armand Silvestre : « Chapeau gris sur l’oreille ; oeil toujours émerillonné ; barbe blanche et fleur à la boutonnière ; Gustave Mathieu est un chansonnier qui avait fait de Bois le Roi son pays d’élection. Il était, avec Charles Monselet et Olivier Métra, un des fidèles de cette ravissante commune , à l’orée de la Forêt de Fontainebleau. Son ami Castellani le croque ainsi : Ah ! c’était un type que ce poète gaulois ! …grand, fort, gueulard à se faire entendre de Bois le Roi à Chartrettes. »

Ces deux auberges de Brolles, recevaient des peintres et d’autres artistes qui bien
souvent, pour payer leur écot ou tout simplement par jeu, peignaient sur les murs
et les portes des paysages ou des scènes qu’ils avaient vécues.

Peintres de Bois-le-Roi

Écrivains de Bois-le-Roi

Liens externes :

Voir aussi :

Publié par Michaël Vinson

Poète et créateur culturel.

2 commentaires sur « Bois-le-Roi, ses lettrés, ses artistes »

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